Dernières pâleurs des jours

Peurs
Pleurs
Pâleurs
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La prison est dehors
Nous avalons la clef &
Venons à souhaiter en exil
L’infini coffre fort
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Les pilleurs de naufrages
Aux dernières lueurs
Scrutent un souffle, un nuage
une brume de sueur.
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Pâleurs
Pleurs
Peurs
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Mirliton
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Copieur!

Photographié
Par dessus l’épaule
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Page blanche
pointe fine
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En traits
Une mine noire gratte en lacet
Entrainé au passage des nuages
La figure s’imagine lui ressembler
La main gauche sculpte le virage
Le papier freine le dérapé
Un drapé doux de visage
N’est pas un front fripé.
~
Mirliton
~
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On copie qui
On copie quoi
Et la trace
Monte, monte
Les yeux fermés
Tu l’y trouveras
Mine, mine
Cherche, cherche
Ce qui s’y trouve déjà
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Caroline D.
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Divaguer

(Peinture sur bois-2020)
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Divaguer
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Arrondir les anges
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Tourterelles sans aile
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Les pictes s’expliquent
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le tournis Coriolis
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En volant d’hélice
Hélas entre en lice
La malice élastique
d’un saut en précipice
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Mirliton
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Vas-y, j’te vois,
Nage jusqu’au coucher de lune
Le ciel dans son allant
Sera partant de nous
Et le jour, joli fou
N’y verra que du temps
Alors vas-y, vers ça
Vases communicants
Le jour versera
Mille champs en pignons
Près de nids bien rondelles
En bordure de l’étang
Où la grande diva
Embrasée sur le bois
Qu’elle soit gation ou pas
Y est encore si belle…
~
Caroline D.
~
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Procuration

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Maintenant que la porte est close
Restons assise à la fenêtre
Quand l’ombre des nuages passe en coton
de noirs oiseaux tracent les liens au dessus des maisons.
Un moelleux de mousse vert sombre
colle aux pattes, à l’ardoise
Immobile, je les suis dans les airs, je voyage.
~
Mirliton
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Un banc comme une crête
au milieu de la mer.
D’où l’on voit la galère et
le tous azimuts.
Pas besoin de fracas,
la vague en fait déjà.
Là où le temps trouve maison,
le poème a mille saisons.
~
Caroline D.
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Les p’tits phénomènes

Les p’tits phénomènes
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Quelquechose se pointe à la mine du crayon
Démarche en trame
Descente d’escalier
La chouette effraie.
…..

La lumière projette l’aventure sur les murs
Un conte à dormir debout
S’arrache au cœur de la nuit
Quand nos destins se croisent.
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Mirliton
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Passé leurs palis réciproques,
deux corps s’invitent en souriant.
Sous un coeur tatoué en l’air,
ils engagent le vent.
De son côté, beau comme l’heure,
le chat-pianiste joue.
Mais pointe là ou pointe ailleurs,
l’horizon trace tout.
~
Caroline D.
~
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Virevolte

Virevolte


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Une révolution de ballet!
Rayonnante d’énergie,
Elle s’enivre & se grise.
Sous l’emprise des spirales,
Son vertige d’étoile la délasse.
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En espadrilles, tu glisses,
Enroules
Un volant dérobant;
Dévoiles
le diamant des regards.
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« Au hasard heureux de l’escarpolette ».
Dixit Fragonard
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Mirliton
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Ô mais l’aube…
Qu’on l’emmène elle aussi…
Les rêves coulent à flot
dessous les souliers plats.
Et regarde le temps
qui s’en donne à coeur vent…
Alors en balançoire, tout l’monde!
Et n’oublions pas l’aube
pour y semer le jour!
On n’a jamais assez de jour…
Ni de nuit, d’ailleurs…
~
Caroline D.
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L’amazone

À

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Chercher aux antipodes

l’équation à une inconnue

Gratter la terre plate

L’horizontale en large

Cultive le paysage.

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Peinture sur bois •100×80 • j’ybeaujean • 2020

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Assise dans les nuages

Rester là,accrochée à une place

L’âme au ciel

À forger les images

À tendre des mirages.

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Mirliton.

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On s’en voudrait de n’avoir pas le temps
Devant les cercles poudreux de chaleur
Les ciels bleus de bonheur
Et le monde devant soi
On s’en voudrait, n’est-ce pas.

Caroline D.

Mines de plomb

Gris ,gris…La mine courbe l’allusion.
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La peau de pèche?…Un velours de crayon.
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Figures de bain,…Perspective de corps.
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Mirliton
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À force de les taire
ou à force d’éther, les
mots qui se déterrent,
les mines qui s’animent.
Les traits gris qui se grivifient,
c’est la lumière qui s’en échappe.
C’est vivifiant, chuchote l’une,
tellement grisant, lui répond l’autre,
y a vraiment qu’à se laisser faire,
leur chante la troisième.
Ainsi leurs courbes s’offrent
entières
à l’errance de la main
agrippeuse de bois
de bois
enveloppeur de plomb
pendant que tout un chacun
et chacune
se rêve
éperdu comme libre

Caroline D.
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Notes nocturnes

Découpes de fugitives
facilement lointaines.
grimée d’ombres
Passe une souris.
nuages épais
La lune cachée sombre
dévorée de caresses
Comme tu l’aimes.
Tapi sous les fougères
L’œil en bille de lumière
Enveloppé de peurs
Couve la nuit.

Mirliton
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Qu’elle s’y love et s’y noie,
penchée sur le faiseur de nuits
et l’orbe caché des couleurs.
Bien sûr, et pourquoi pas.
C’est toujours si bon et vivant.
Le corbeau et le daim. Le lapin et le chat.
Et là que la taupe s’en mêle.
Autant de beaux minois.
Non mais vraiment, pourquoi pas.
Ainsi. Voilà.
Vois là, qui s’y love et s’y noie.
~
Caroline D.
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L’éclat

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Le vent soulève la jupe
sous la voute d’étoiles
La toison brille d’étincelles.
Demi-ciel de saison!
Je te vois Lactée,
Emportée,isolée
Constellée
La nuit à l’abandon.
Prisonnier de sa toile
De l’écrin de charbon
brille la pointe de l’étoile,
Comme un enfant nu, rosé,
Qui se plaint sur la dalle,
Larmes oubliées de l’espace.
~
Mirliton
~

Et toison, ô tendresse
Toi qui encore l’obsèdes
N’y viens pas sans le vent surtout

Le jour a besoin d’air
Et d’or d’horizon

Le regard est géant
Jusqu’au sureau céleste
Pour autant de fruits
À y prendre

Caroline D.

Carnet : Destins

Être alerte.À l’arme.La larme vacille.Trop docile.Certes,elle,habile,se déshabille.c’est l’abîme. Le pli est pris.la piscine couverte.

& y plongeons.et ta bouée? T’es pas gonflée. Tu vas couler.

Être amer.À rames. La barque coquille.Trop oscille.Soudain,elle s’abîme, s’échoue. C’est l’abysse. Le repli,la dérive. La panique assurée .

& y cherchons la bouée.la brasse agitée et pas couler.

Dessins & couleurs j’yb 2020

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Et son abîme qui s’excite

à la vue du charbon

Le pli est clair

la coulée franche

Elle y lit l’endroit de papier

docile, certes, mais habile

la volée entrouverte

comme autant d’âmes au bord de l’eau

rêvant devant l’oiseau.

~

Caroline D.

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Bleu Vénus

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L’atmosphère féerique de l’oxyde de cobalt.

Lèvres pourpres, pulpes sanguines.

Nus bleus propre au trouble d’une planète.

Quant au sol,il résonne en lapis-lazuli.

Nous irons & rirons en éclats de zircon.

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Mirliton

~

« Le jour du bleu Vénus,

le vent fut binaire.

Et les corps, fidèles,

thermiques et métalliques,

se donnèrent à la lettre.

Mais librement toujours.

Sans ad litteram. »

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Caroline D.

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Crachins

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secret

de bouche à oreille

Maquiller la vérité.

~

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« Le bleu, le gris,

et plus ou moins le ventre.

La courbe du Centaure

sous la chevelure folle.

Et sûr, d’entre les jours,

la neige, dormante.

Pour qu’une joue donnée

dans un rêve d’oiseau

se baigne enfin de lune. »

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Caroline D.

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Parfum

la couleur de l’essence

L’indifférence

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nez au vent

Mouvement en vagues

des nuages font encore leur ciné

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Mirliton

Chaperon

Le chaperon

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Le vois-tu ce Filou Velu

Foula-t-il le talus à mains nues?

Gambadant à bride abattue

Sous les bois il s’est dissout

Malin plaisir caché sous la cendre

Reprends ton souffle, expire,

L’empire du conte respire.

Toi, tu t’époumones à tue-tête

T’épouvantes, te lamentes déçue

Réduite à l’amande perdue.

~

Mirliton

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Mambila

~

~

Et la cendre, et le souffle, et l’amande.

Tu chantes à bois perdu

et dans la minute qui suit,

te voilà gambadant où le plaisir entend.

Surtout restes-y nue,

tous les filous s’y trompent.

~

Caroline D.

~