À l’abandon

Toujours,

Griphon fait des gammes
Patine du crayon
Il cherche dans l’ébauche
L’ombre des dames comme une apparition.
Elle,
est posée,
s’installe dans un coin, sur la roche
Un sentier suit la côte
&
Son âme noyée aux algues
Elle laisse aller sa larme.
Oubliant l’horizon & le reflux en vagues
Le nez dans ses chaussons
Elle renifle son histoire d’abandon.
🌑
[mirLitOn]

J’éternue

J’éternue

J’étais renue ? encore remuée
murée dans l’admiration
du miroir de l’armoire
dans l’éther d’argent, mise à nue
à l’aise dans la profondeur de la surface
je reste un moment à l’arrêt………

…..faut quand même qu’j’me dépêche
que j’mette les voiles, la carapace
me carapate avant qu’l’émir arrive.

L’émir est, dit-on, un peu lyrique,
lubrique aussi quoi qu’il fabrique
du regard insistant y t’déshabille
Il veux toujours renouer avec la une
des mirages des mille et une nuits.

L’émir Lit-on?

🦚
Pendant ce temps l’oiseau
n’y pourra que l’oiseau
comme le vent
n’y saura que le vent


Si les nuits d’écritoire
fabriquent des images
et les voeux oratoires
tricotent des mirages
il reste que le ciel
suit son propre chemin
prêtant son soleil clair
aux matins grands ouverts

caroline D.
🦚

La cadence

La forme en cadence

La suie du crayon dérape
& griffe d’un dessin le grain du papier
Quand une gomme arrive & bave
Elle salit, l’illusion d’un terrain vague
La forme n’est plus qu’une cadence
qui gesticule dans le cadre.

Mirliton

L’est triste


L’est triste

« À la lyre, tu t’isoles,
t’es triste à pâlir d’envie.
T’as qu’à voir la démone
Déesse qui virevolte en piste.
Montre lui tes ailes, hélice
& visse les regards en coin. »

Mirliton
…………………Et cette Espagne au loin
où cascade le ciel

Si c’était là peut-être
que se terre le rêve.
Derrière un océan
à faire rosir le monde
jusqu’au vent de la peau………………
🪶
caroline D.

Penn sardine

Penn sardine

Tes yeux grimés
de poudre d’escampette.
au loin,
le gris trouble de l’horizon
avec ces griffes d’arbres en branches
l’attente nait de l’illusion.

~
Mirliton

~
peinture sur bois.*2021* 120/80*j’y beaujean
~
🌕
Je deviens du bonheur, souffle-t-elle,
quand le rêve me reprend.
Quand couchées sur le bois
les couleurs me retracent,
donnant vie à mon âme
de bohème et de vent.
~
carOline D.
~

Kinklañ

🌑
« Ces ombres se figurent sortir, fuir du cadre
Un temps dans le faisceau d’un théâtre éclectique.
Elles gesticulent, s’activent à découper l’espace
& se figent en une pose, la figure agitée de grimaces. »
🌑
Mirliton

🌑
« Partout oui, les visages méfiants et les regards béants
Qu’on les orne de bleu et d’oeuvres gymnastiques
& que par la chimie – si incendiaire soit-elle –
s’ouvre le couloir vers le ciel. »

⚪️caroline D.⚪️

Papiers

L’instant

Comme la figure laisse une empreinte fugitive
dans le blanc silence de papier,
le crayon se dépêche de ne pas oublier ses traits.
Statuette
Bembé

Comme un sculpteur Bembé habile à faire vivre de petites figurines
moi, je m’imagine sculpteur de papier.

⚪️mirliton⚪️

N’est-ce pas que d’y voir
depuis la fibre blanche
surgir l’encre de l’âme?

🌑caroline D.🌑

Se voir en peinture

Se voir en peinture

En corps!

Le corps en peinture doit apparaitre plus vrai que photographique. L’image photographique décrit surtout la forme extérieure, voire sa mise en esthétique. Le dessin doit tenter une autre expérience du corps,notre connaissance du corps . Nous nous connaissons par l’exploration de nos sensations,

(La langue au contact des dents avant la parole.),

nous nous connaissons par le toucher,la chaleur, le contact, la souplesse, l’articulation, l’odeur, le mouvement, l’ampleur, l’intérieur….Cette somme de connaissances internes, bien avant la vue, nous décrit. La vue est au mieux toujours partielle, partiale(!), extérieure.

Connaissons nous notre dos?

L’image dans le miroir est aussi une vision externe, inversée, photographique.Par habitude, certains s’y reconnaissent.

Alors que notre regard brownien est comme un phare qui balaye son champ restreint, déforme. Le sentiment de notre propre forme rassemble ces parcelles d’impressions en un arbre encyclopédique. Dépeindre un corps, c’est tenter de donner une place à ces sensations, d’amalgamer nos sens. Sans doute le peintre projette sa connaissance intime, personnelle sur d’autres corps, le nu va chercher le corps sous l’habit mais la figure de toute façon doit être imaginaire.

Alors le corps peint ressemblera à notre conscience intime.

👓

Les mémoires du Chevalier Bavard

🌒

Et le mien de corps, tout barbouillé qu’il est, j’en fais quoi?
Mes épaules bleuies par l’histoire, mes hanches blanchies de soleil, et mes bras fleuris de vermeil…

Y a-t-il moyen de tourner clair ? De n’y voir que ce qu’il n’est pas – en y voyant tout ce qu’il est?

Quoi qu’il en soit, cher chevalier, où que vous soyez dans le temps, je vous salue. Depuis le reflet d’un miroir aussi transparent que lointain. Et bien amicalement, c’est sûr.

🧚🏿caroline D.🧚🏿

Les promeneurs

Les promeneurs

Un chemin d’ombre où les feuilles frémissent.
Sans doute l’hélice du vent.
Voilà Médor arrive.
Épris d’une folie cavalière,
Il se grise, ironise au moindre bout de bois.
Des oiseaux aux abois s’interrogent
Vite se volatilisent.

🪶Mirliton🪶

L’immobile

L’immobile
Sur le quai

Quand se croisent les idées d’une surface.
Un mouvement vague, à peine frémissant,
Où mon esprit s’agace, sous son air immobile,
À voir bouger la couverture du monde
À la lisière du vent et le pointu des vagues.

🌬 Mirliton 🌊

Et toujours de l’esprit
qui frémit devant l’aube :
Aussi sagace soit-il,
le monde l’emportera.
Le mouvement est encore
plus grand qu’une seule vague.

🌬caroline D.🌊

L’aplomb

L’aplomb
🐞
Sous un ciel de crevettes
Quel aplomb du soleil de nous faire de l’œil
Quand l’eau aux orteils est encore aux glaçons.
Dans les cabines nous échangeons nos maillots
& remontons la cote, frigorifiés.
🐞
mirliton

L’éblouissement

L’éblouissement

Sous la paille du chapiteau, l’ombre du chapeau.
Le soleil qui s’immisce par les pores en rayons
La chaleur baigne douce & ralentit les corps,
l’air devient épais, j’avale
& puis me relevant en deux temps trois mouvements,
La tête me tourne un moment en étoiles.
🌬………………🤸🏿
Mirliton

🤸🏿‍♂️
chap1.
« Ce fut comme une apparition. Elle était assise, au milieu du banc, toute seule; ou du moins il ne distingua personne, dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses yeux…
Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle… »

🌬…………..🤸🏿‍♂️
Flaubert. L,éducation sentimentale
🤸🏿
Et je la reconnais, tu vois.
C’est elle qui touche l’aube
du bout de son chapeau.
Elle toujours et pareil
qui laisse le soleil
lui embrasser la peau.
C’est la beauté de l’innocence
dans les jardins de la conscience.
🌬…………….🤸‍♀️
caroline D.

Elle,

Elle,

Elle désire sans fin
Se délier, se remplir
Faire corps avec l’air du paysage
Se recouvrir de vagues
& puiser dans la sueur son plaisir d’essences.

⚪️
Mirliton
🌑
crayon sur papier * j’yb*2021
⚪️

C’est elle, encore,
qui du bout des orteils
pénètre l’entendement.
Toute la grandeur de l’eau
pour y toucher le temps.


🌑caroline D.🌑

Vagues à l’âme

Vagues à l’âme

Cristalline Fée moustique
Tu te guides à la chaleur du corps
Cette fièvre de vie

Piques
& t’accouples à la chair rayonnante.
La chaleur & l’envie

Vague à l’âme


Son visage en souvenir
Même la découpe de l’ombre te le rappelle.
Sans vouloir voir le paysage, lasse ,
tu somnoles au fauteuil du jardin

Caresses
« La chaleur » dit elle

Mirliton

🐞
c’est la peine qui s’accroche, ou non
l’amour qui s’effiloche à force de le porter
comme un bourgeon sans âme
devant le poste mort


je sais, c’est équivoque ou pas
ce qu’on perd ou qu’on troque
à l’envers du jardin

et pouf
v’la le soleil qui décroche ou non
et moi (ou était-ce elle) qui fait la roche
ou pas

faut sans doute l’excuser
c’est un constat d’époque
ou de poques –
comme on dit par chez nous

Amitiés
car Oline D.

L’illusion vagabonde

L’illusion vagabonde

(Survol d’un corbeau)
La sirène en vigie a l’envie vagabonde.
La ronde de l’oiseau s’étend-il en mirage?

(Attendre)
La peau encore salée quand s’ouvre la varaigne,
Elle est prête à essuyer à nouveau des lames
& entend chaque marée la délivrer, l’emporter,
La changera d’escale.

(Le sel du ciel est bleu)
Son bassin est tendu, s’ouvre à la vague,
Mais, dévisageant l’amarre,
Encore noyée de larmes,
Elle se voit à jamais prisonnière d’un rivage.

Mirliton

⚪️

(Cependant)
Étrangement la mer au milieu de sa chambre.
Tant que la vague dure, si chimérique soit-elle,
elle fuit dans les parfums de son corps et du monde
.

Caroline D.
⚪️

Ombres

Ombres

Sombre héros au manteau
La découpe d’un chemin en creux
Tout le portrait d’un oiseau.
⚪️
Feuille
Clairière… un temps de silence
Le soir l’entoure de clandestins
Qui se retrouvent, s’élancent.
⚪️
Flamme
Belle, te nourrit de trémolos
La voir vibrer de tout son corps
& plus si aficionados.

Mirliton

⚪️
Dessin brownien//j’y beaujean/ 2021