L’incommuniqué

*

L’incommuniqué
*
Un vieil if
Toujours indécis
Redoutant l’approche de la scie
Si semblable à l’adolescent
N’osa
*


Aimer toujours
Un instant perdu,
suspendu aux pupilles dilatées,
à de si délicats sémaphores
s’enivre.
*
La belle à l’Iris
à l’intérieur pétille.
Décide de ne pas entendre,
Retenue d’être tendre
l’ignore.
*
🌬💨mirliton
Dessins j’y bEaujEan 2020

la,la,la(nocturne)

la,la,la(nocturne)
⚪️
La lune doit rebondir sur la dune
pour que le sable frise en vagues.
⚪️
La chaleur transpire encore du sol.
⚪️
La voie lactée traîne en banderole
un ciel épinglé dans la toile.
⚪️
🌗mirliton🌓
|\|

💎

Et mon coeur suit la vague.
Propice bris de mer.
Et mon âme de la terre
se déploie et s’emmène.
Jamais que ça à faire
suivant la chose humaine.
Quand cette chose éclaire
d’en être belle et tendre.
🦚
CaRoLiNe D.
🦚

La grande bleue

Là bas, l’océan nous éloigne.
{°}
Nous accostons agrippés au sable,
livrant nos yeux au balancement des vagues.
Troublant mouvement qui se finit en brume
où le ciel fond une masse de nuages.
{°}
Lorsque la mer, devenue impalpable,
à peine surnage, arraché, un fouillis d’algues,
Nous y voyons, livré à sa surface,
Comme un souvenir de ces lointains naufrages.
{°}
🌬Mirliton🌊
*
Et des espaces et des tempêtes
accolés à la vague.
Au regard des miroirs
et des amours vaillants.
Celui d’un dauphin et d’un chat
dans une histoire d’eau.
Et de l’homme qui regarde.
Au loin de l’intérieur.
Pour y toucher toujours
l’océan à rêver.
*
🐚caRoliNe d.🚣🏿‍♀️
*

Extrait lunatique

Extrait lunatique
~
Avant de s’éventer,
Elle s’évada,
S’évanouit,
Dénudée
dans la nuit.
*
La belle ensommeillée
En coiffe éventail
Sa peau bleuet
sucrée salée
L’illumine.
*
Les yeux fermés,
Un parfum d’étoile,
La vraie voie lactée
Constellée
De rousseurs.
~
🌓Mirliton🌗
~
!
Veneris
!
À vent de voile, les yeux
Bleus ici, bleus là-bas
Cent fois bleus d’océan
*
La tête penchée
Et l’échelle en offrande
*
À sang donné d’immensité
Tant de couleurs
En valse belle
~
🌗caroline D.🌓

*

L’oubli

L’oubli
&
Quelquefois on aimerait que les mots nous manquent,
qu’ils ne soient plus que des sons,
des zonzons zoubliés de chansons,
des Don Quichotte de carton prenant le sens du vent
& Éole à volonté.
De même
l’image en paysage microscopique
n’est jamais un lointain spectacle qu’on retrouve au fin fond de l’écran
mais une suite inconnue de plis, de fourrages;la terre fait l’ouvrage & craque.
Les tiges improvisent les sillages,
découpent et griffent le visage.
Ici les feuilles sont mortes en tâches brunes belles ou rousses,
mises aux chiffons.
& moi, l’idiot du village,
je m’enfouis la tête en bête sauvage dans une coulée
pour mieux y voir des traces, humer l’humus, le terreau.
« Braconne, Sherlock »
la baronne est sous le pavillon
& un nuage de jupons cache sa soudaine ondée.
Ailleurs les rives serpentent, les bas fonds sont sondés
& moi je m’improvise en poisson;
je m’enfuis.
*
🥨mirliton🥨
[°{•^•}°]
*
Songeuse
*
Cependant qu’on voudrait
qu’ils dérivent d’eux-mêmes.
Les mots.
D’entre les coups du vent
à en perdre la tête.
En attendant…
elle dort, tu crois?
Étendue sous sa veste
tissée d’ombre et de lin,
le soleil en mots tendres?
Peut-être.
Car n’irait-on pas sur l’eau pâle
jusqu’à la fin du jour
attendre même les idiots
pour y trouver la lune
dans les plis de leur âme?
*
🦚caroline D.🦚
•{°~°}•
¥

Mémoire de femme grenouille

Mémoire de femme grenouille
*
Pensant qu’un souvenir puisse devenir commun,
sa mémoire doit alors devenir incertaine.
*
Elle devine que refaire l’image suffisante
doit surgir en quelques traits.
*
Est-elle à la fois brune & blonde ?
Elle gronde, la couleur la dépasse.
La nuit des formes rappelle sa présence.
*
Les appâts, que veux tu,
les sirènes les tendent aux poissons.
*
°} mirliton {°
*
Écho d’hirondelle

Qu’on y fasse, dit la belle,
autant que le ciel en demande.
Petites oreilles et petit nez,
corps d’anguille en robe de Krou,

mais la grenouille ne saurait faire
sans un Picasso dans son cou.
Elle va vers un coteau de sable…
ou est-ce une patte tendue?

Enfin, enfin.
Si le grognon s’y tord à voir,
le grège l’a bel entouré.
*
🌬Caroline D.

Ballotin de l’Aricover (Aventure)

*
à l’ombre d’une douce amère,
Plongée sur son passé,
L’amande pistachère.
*
*
Le chat noir s’acharne,
S’agace à perdre la boule
Où? Là, dessous la moustache.
*
*
Y’s’balance en bleu de chauffe.
L’isolé brûle d’aller
seul, au foyer du naufrage.
*
°} Mirliton {
*
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, qu’elle lui dit
avec moi et le chat
On s’ fera une histoire
une belle histoire à trois
où y aura des cosses et des graines
bien longues et bien pleines
des graines et des cosses
loin loin de Carabosse
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, viens là-bas
autour d’un feu de bois
y aura que toi et moi
toi et moi et le chat

Caroline D.
🧶

Un chemin tracé d’ocre

Un chemin tracé d’ocre.
~
Autour, la florescence,
en courbes, en oriflammes
qui naviguent au vent
avec un bruit très lent.
~
De grandes feuilles déployées
s’échappent à mes côtés;
je les frôle, elles me guident
& balancent un moment.
~
°} mirliton {°
~
(Peinture sur bois 100×80)
j’Y.b
~
& mon coeur qui se mêle
à la danse des jours,
pieds nus dessus l’argile
à y toucher l’amour.
*
& mon corps qui se prend
aux nervures de tout
issues de matière d’âme,
de poussières de nous.
~
🌬caroline D
^

Certaines résolutions

Certaines Résolutions
~
Brûler de désir
la langue du poète
Juste pour enflammer ses lèvres.
~
Fausset
~
L’après midi sans voix,
dire les mots qui déclenchent
une vague d’avalanche.
~
Y’aller piano
~
Caresser l’idée
de pianoter en dos
les aigus des vertèbres.
~
Saxo
~
Sourire aux lèvres,
suivre in extenso
la courbe d’une hanche.
~
Batterie
~
Baisser les yeux,
à la croisée des jambes
sans cesse trépigner.
~
Au cœur du rebond
°} Mirliton {°
!
Peintures sur bois 100×80
j’Y bEaujEan -avril 2020
!
Échos lointains
*
À s’inventer de dos
contre un beau bois de lune.
*
Long contralto de veille
*
Une ligne de désir
insinuée sur le sable.
*
Une note de mer
*
Un printemps exigu
sur une portée claire.
*
Aucun bémol à l’horizon
#
[caroline D.]
!

Repliée

~
Mine chiffon,
son visage doux grisé,
Elle s’imagine poupée.
Ses bras tombent sans façon
& Ensemble, ses deux yeux
clignent à l’unisson.
~
~
Elle s’interroge timide
N’osant, pas trop tranquille,
Regarder son reflet.
Une image enlumine,
Tracé fragile & trouble
La moue & le chignon.
~
~
« Est-ce là mon destin,
traits pour traits
arrêtée pour toujours
idéale prisonnière
d’une image de papier?»
~
°Mirliton°
~
à peine éveillée plissent les yeux
de la première dans l’ombre du matin bleu encore ensommeillée
la seconde écarquillée peine à reconnaître
à qui sont ces mêches blondes est-ce son reflet ?
elle plisse le regard et déplie son kimono froissé la troisième demoiselle attentive à sa toilette du matin est-ce une bulle de savon ou le premier rayon du soleil levant
~
*jF.RoMain*
~
L’endroit resta l’endroit.
Et le monde resta le monde.
Du bleu et des lignes.
Des yeux et des âmes.
À en faire le tour.
Le tour de soi et des jours.
Du coeur et des autres.
~
}caroline D.{
~

Dernières pâleurs des jours

Peurs
Pleurs
Pâleurs
~
La prison est dehors
Nous avalons la clef &
Venons à souhaiter en exil
L’infini coffre fort
~
~
Les pilleurs de naufrages
Aux dernières lueurs
Scrutent un souffle, un nuage
une brume de sueur.
~
Pâleurs
Pleurs
Peurs
~
°Mirliton°
~
*
On y met l’absolu.
Et l’absolu s’enfarge.
On y met l’illusion
Et l’illusion s’enfarge.
On y met le moment.
Et le moment se donne.
~
}Caroline D.{

~