Tomber des nues

Tomber des nues

~

Sans caricature,

Le mouvement déployé,

Chacune d’ailes s’étire

Le corps articulé

En un langage de gestes

Déforme l’espace d’un instant

Un lit de sable ou d’herbes

Où s’étire l’allusive.

~

Mirliton

~

En mer rouge ou bleue,

à bras ouverts.

Sous un ciel blanc ou gris,

d’emblée dansante sans y perdre

dans l’ocre des jours et des nuits.

Son corps éperdu de renaître,

à chaque instant,

pour toujours à vents d’éphémères.

~

Caroline D.

~

Traits

L’intraitable

Intrépide Escalade

La nuit, la grande ourse

s’illumine de neige.

Statique, elle plonge

son regard à l’horizontale.

~

j’Y’b en Mirliton

~

Depuis les balcons de l’âme,

elle guette l’animal.

Puis elle poursuit sa danse.

Sur des états de neige,

des mouvements de novembre.

~

Caroline D.

Carnet

Marqueur sur papier chiffon.

Le papier est rugueux

Le feutre crisse

Patinage

Le papier absorbe la moindre goutte d’encre.

Comme un fleuret, je survole la feuille

& me laisse aller à l’ effleurer

Quand la figure m’apparait.

Ne pas trop en faire

Sinon elle se brouille.

~

Mirliton

~

Et le temps d’elle qui retiendra

d’un papier et d’une figure

un feutré d’âme en gouttes d’encre

semblable aux fleurs séchées devant.

Celles qu’en tombant la neige effleure

depuis des heures maintenant.

~

Caroline D.

Découpes

Grisant de réalité,

Une pluie de lumière

cadrée par l’écrin

imagine en verre

une suite

panoramique.

~

Mirliton

~

Et elle n’y trouva rien

qui ne soit déjà là

dans l’écrin d’une pluie

suivant son cinéma

La marche sur le pont

d’un homme au pas léger

dans un matin de clair

obscur panorama

~

Caroline D.

~

Silence

Pécheur de perles

~

~

Silence

~

L’eau brume est passagère,

Chargée de minuscules morceaux.

Flottant dans la lumière,

Une neige lente se balance entre deux eaux.

Les rayons s’y perdent jusqu’au fond

Où un sable gris poussière décante.

Par endroit un vert de mousses et d’algues.

Au fond les coquilles rampent

La gueule ouverte au secret du coffre.

~

Mirliton

Son corps tiède

près des rocheux osseux,

là où l’achigan glisse, discret,

sur le coulant du sable,

l’homme étire son rêve

vers la rumeur du fond.

~

Caroline D.

~

peinture sur toile/j’ybeaujean/fond marin

adagp2019

Picoreurs

Certain picoreur

invétéré,

préoccupé de la moindre miette,

Au petit matin, au café,

se faufile en douce sous les tables.

Peut être un espoir

d’éclats adorés de croissant?

~

Mirliton

Entre le mauve et

le turquoise,

le bleu qui se prend à rêver

d’oiseaux de café et

d’ardoise

et d’ambrosiaques

quartiers de lune.

~

Caroline D.

Crayon ( pages de carnet)

Le dessin est brownien .

Les éléments se mettent en place

En modelant une place dans la page,

En concentrant le dessin sur l’expression du visage.

Reste ensuite juste à reconstituer

une posture possible.

De dos sur une chaise,

Elle oublie un moment

de penser

Mirliton

~°~

Pendant ce temps, ailleurs
Le monde haletant
barre les portes de l’âme.
Nos vies de lait encore
n’y savent presque rien.
Mais quelque part sur la page,
tandis que l’amour le révèle
et que la pensée plie bagage,
Apparaît l’expression,
Le Visage vivant.

Caroline D

~°~

La langue vivante

~

Deux amies discutent.

Leur accord tacite

est la musique des mots.

Les paroles s’envolent

en postillons de sons,

de l’une à l’autre à l’une,

rebondissent en éclats de sourires

& doucement roulent sur leurs lèvres

des moments de silence.

~

Mirliton

~

Et le temps,
qui dessine le geste.
Jusqu’à tout y danser.
~
Cambrures belles et corps vivants.

~

Caroline D.

Les choucas

Le soir tombant,

Les choucas rejoignent

des interstices de toits,

des cheminées, des soupentes

où se trouvent

leurs nids de petits bois.

~

Mirliton

~

Peinture acryl/ toile 2019 j’ybeaujean

~

Et il arrive parfois,
de nuit ou de jour, qui sait?
qu’un gazou s’attèle
à belle capture.
Y tendre une toile tendre.
Question de les aimer.
Sans les déranger.

~

Caroline D.

Songeuse,

Songeuse,

~

Elle nourrissait quelques pensées obscures

Qu’elle aimait reprendre;

Ajuster ses mots.

~

& quand le soir venu , allumé par la lune,

Elle voulait les redire

À son reflet dans l’eau.

Mirliton

~

Obscure
Elle voulait quelques lunes
Pour nourrir le reflet
Celui des mots et de l’eau
Dans le soir venu

Caroline D.

Bande de nuées

Ange aime à poursuivre l’histoire des nuages

Jamais rassasiée de leurs révolutions.

~

Les nuages racontent des mythologies sourdes

Où les géants paraissent au bord des précipices

~

les ondines surprises par un souffle rauque

S’enfuient,mais trop tard, se nappant de nuées.

~

& l’instant d’après, c’est une autre histoire

Où les personnes se touchent et s’évanouissent

~

Alors, souvent, elle peut s’en émouvoir

& mouiller une larme dans un coin de coton.

~

Mirliton

L’appel

🌬Écho & Silhouette

~

le voyageur dessine son chemin dans le sable,

l’orteil s’inscrit dans l’histoire du paysage.

Trop heureux de briser le silence du désert,

il répond à l’ oiseau qui passe.

~

Parfois, elle aussi chemine

& se souvient des mots, les lisse.

L’écho, cet étrange vent de signes,

lui revient comme oiseau qui passe.

~

Mirliton

Byéri Fang

Byéri Fang

~

Elle vaquait en esprit.

Quelquefois des flots

De pensée en pensée

L’animaient loin d’ici.

~

Le paysage fouetté

D’une onde verte ,

D’un tremble courbé,

S’accrochait au coteau.

~

Elle tremblait, elle aussi,

clouée au bord de l’eau,

Restait figée, pensive,

sans avoir l’air d’entendre

~

& prenait, du Byéri,

Sans savoir, la pose.

~

Amical Mirliton