Barbouillée

Jean- Yves Beaujean -Peinture sur bois -123/63cm 2021

Barbouille
Fruits confits par une larme de rhum

Fatiguée de supporter sa solitude
Bariolée comme un arbre de noël
Elle espérait revivre dans l’ivresse
Des souvenirs d’échappées belles
Où le désir s’échange de caresses
& l’intime se découvre des audaces

dans le silence nu de la nuit noire.

🌬miirliiton

Sur la pierre du monde & des coeurs à chanter,
la distance inventée par d’étranges folies.
Comme un pas de recul devant l’air vivant,
la montagne sanguine & la mer opaline.

Est-ce la nostalgie d’un grand jeu de couleurs,
d’un tissu d’âmes lestes & de soleils levants?
Ou seulement un regard & un coeur balourd
qui a tourné le dos au doré de l’aurore?

Caroline D.
🌬

Traits de caractère

Colores

Diable d’Andalousie
Aux ombres émouvantes
Tu tires ta frimousse
& montes, déhanchant,
Tes belles dents.

Bigre d’Hannibal
Aux moindres échalas
Tu te carapates
& montres à la dérobée
l’élégant bon ton.

Fille de Galipette
Aux sons d’un clairon
Tu te désarticules
& mates à la fine fleur
Tes jolies détours.

Mirliton
Chercheuses de poux

Le vieux en épouvantail

Le vieux en épouvantail

épouvantable venteux
vénérable avec l’âge
la main hésite à se copier
voudrait se retenir de l’illusion
pour retrouver un lointain souvenir
une image composite de l’émotion.

mirliton

🪞
Ce doit être la vastitude
des images et du monde
tous les recoins de l’âme
et du terrain à vivre


Ce doit être la plénitude
des années à se faire
pour tous les amours à la ronde
et le temps qui s’en mêle


🌬caroline D.
🪞

En écho
ces deux « haiku » de Issa:


« Dans mon vieil âge,
même devant l’épouvantail,
j’ai honte »


« La claire pleine lune,
comme si rien d’extraordinaire,
l’épouvantail, là. »

De la figure

De la figure

Les corps sont là pour briser les lignes du cadre;
l’espace trop rigide du tableau.
Une fenêtre s’organise en figure déliée, courbe.
La courbe appelle le corps & le corps la danse.
L’habit étant souvent l’oubli du corps
ou l’aveu d’une mise en scène
.
🍥
La perspective des traits peut devenir une simple mise en volume.
Le vertige des courbes invente alors des personnages.
Ils doivent nous convaincre de leur existence
Simplement par leur présence
Se tourner vers nous, nous observer
Quelquefois nous séduire.
🍥
J’y en Mirliton
-Nov 2021-Peinture sur bois 123/63cm –
Jean-Yves Beaujean

🍥
.Et la ligne se trace depuis le sang, la glace,
déversant sur le soir toutes les couleurs de l’ombre.
On y voit à travers la beauté nébuleuse –
c’est la danse des corps qui dessine l’histoire.

Et la nuit qui redonne novembre.
Les pieds pansés d’argile, sept fois,
au grand tournant du jour.
🦚
Caroline D.

L’amazone

Pensée rétroactive

Hâtons nous d’activer la musique
Hasardons, une mutine
Gesticulation de mimiques

S’aima fort

Appuyées aux fenêtres,
des gamines,
Rien à voir avec le paysage,
en guirlande,
S’illuminent de regards.

Aux commissures des lippes
Un sourire se dessine
Elles plissent & font des mines
À l’amazone.

Mirliton
Amazones

La grive musicienne

La grive musicienne

La pose des phalanges………….. ………espacée
à la corde agile ………………………………pincée
dilate un temps une note …………………tenue
les clés tendues à l’extrême …………d’accord
les nerfs mis à l’épreuve ………………..l’effort
susurrent …Une harmonie de combinaisons
un son qui n’est plus que vibrations.

la grive s’accorde un moment de silence…

Répondant à l’écho ……………………lointain
Elle s’étonne, écoute ……………………captive
l’appel qui reprend enfin …..mélodie litanie

où es-tu mon amie?
Mirliton.
Sans doute que j’y étais
Quelque part à l’envers
Dans les veines du sable
Et de la mer chantante


Le soleil était las
De tant de faux silences
Et les bras qui s’ouvraient
N’en savaient que le vent


La musique est venue

Comment viendrait une âme
Au milieu d’une plage
À falaise rompue


Sans doute que j’y étais

Quelque part à l’endroit
Il est toujours savant
De ne pas trop savoir


Et mes doigts qui valsaient
Et mon âme pareil


caroline D.

L’artifice de la nuit

*L’artifice de la nuit

Je déambule sans but ni ombre

Les rues sont brillantes d’une pluie

& reflètent dans la pénombre

Des talons tricotant la nuit.

Des corps brumeux de silhouettes

Passent & repassent aussi

Dans ma nuit, qui les emmènent

Ont elles une même envie?

L’envie d’aborder le nuage

De se défaire, de l’oubli

& d’aller, mêlées d’ombres vagues,

S’éprendre au noir, à l’abri.

Mirliton

On peut ici se demander
le qui est dans le quoi.
L’accident, le sens ou le noir,
ou l’étranger qui pérégrine.

La bête a dormi dans le cirque,
à l’ombre de l’immensité.
Il ne s’y trouve plus rien à voir,
le spectacle a tout avalé.

Avancez mesdames et messieurs,
et passez votre tour.
Quoi qu’on vous y plante au chapeau,
au bras ou aux azimutaux,
vous aurez encore la nuit.

Caroline D.

Manières


Ma requise
À l’arme aiguise &
S’épuise en larmes
De mille feuilles

Ma lisse aux lèvres
Rouge & prises
C’est mise en femme
De Montreuil

Ma braise
Aux pieds s’échauffe
S’apaise au charme
Du fauteuil

Ma rengaine
Aux rimes désarme
Les rousses en boucle
D’écureuils

Ma liste : Mirliton

🌚

« Il se trouve que j’y étais
le jour où elles se rencontrèrent
avec du temps pour y jouer
et un bout de plancher

& big et big
& bang et bang

elles y dansèrent tous les bals
autant les masqués que les autres
les dés étaient jetés
sur un moulant d’éternité »
⚪️
caroline D.

Vitrage

Le désordre des reflets
Se couvre insensiblement d’une fine buée.

À la vitre encrassée
Un décor d’éléments d’une géométrie parfaite
se répète en effets.

Seule tinte par moments une sonnette
déglinguée d’avoir trop sonné.

Absorbé par ce paysage,
J’attends son arrivée.

MiiirliTon