Les p’tits phénomènes

Les p’tits phénomènes
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Quelquechose se pointe à la mine du crayon
Démarche en trame
Descente d’escalier
La chouette effraie.
…..

La lumière projette l’aventure sur les murs
Un conte à dormir debout
S’arrache au cœur de la nuit
Quand nos destins se croisent.
~
Mirliton
~
Passé leurs palis réciproques,
deux corps s’invitent en souriant.
Sous un coeur tatoué en l’air,
ils engagent le vent.
De son côté, beau comme l’heure,
le chat-pianiste joue.
Mais pointe là ou pointe ailleurs,
l’horizon trace tout.
~
Caroline D.
~
*

Notes nocturnes

Découpes de fugitives
facilement lointaines.
grimée d’ombres
Passe une souris.
nuages épais
La lune cachée sombre
dévorée de caresses
Comme tu l’aimes.
Tapi sous les fougères
L’œil en bille de lumière
Enveloppé de peurs
Couve la nuit.

Mirliton
~
Qu’elle s’y love et s’y noie,
penchée sur le faiseur de nuits
et l’orbe caché des couleurs.
Bien sûr, et pourquoi pas.
C’est toujours si bon et vivant.
Le corbeau et le daim. Le lapin et le chat.
Et là que la taupe s’en mêle.
Autant de beaux minois.
Non mais vraiment, pourquoi pas.
Ainsi. Voilà.
Vois là, qui s’y love et s’y noie.
~
Caroline D.
~
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Icare

Icare s´y prépare, se colle,

S’habille en noir de plumes

Semblant l’oiseau qui vole

& prendre l’air déjà

d’un rêve d’aventure.

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Mirliton

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Et même si à genoux

au seuil de son regard

un autre lui redit tout ce qu’il sait déjà,

la vie reste la vraie joueuse

et elle enflamme son rouge pion.

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Caroline D.

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Découpes & couleurs

L’ombre s’achemine

Les découpes en sont jetées

D’une matière grise

Le noir tire les éléments.

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« En grande conversation « ~ coloriage~ j’yb~2020

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Et j’y saurai le monde

Comme elles l’auront su

Dans la vérité pure

Et le mensonge vif

Le vert, le bleu, le rouge

Olive royale et prune

Tout sera vrai et faux

Mais je serai vivante.

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Caroline D.

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Carnet : Destins

Être alerte.À l’arme.La larme vacille.Trop docile.Certes,elle,habile,se déshabille.c’est l’abîme. Le pli est pris.la piscine couverte.

& y plongeons.et ta bouée? T’es pas gonflée. Tu vas couler.

Être amer.À rames. La barque coquille.Trop oscille.Soudain,elle s’abîme, s’échoue. C’est l’abysse. Le repli,la dérive. La panique assurée .

& y cherchons la bouée.la brasse agitée et pas couler.

Dessins & couleurs j’yb 2020

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Et son abîme qui s’excite

à la vue du charbon

Le pli est clair

la coulée franche

Elle y lit l’endroit de papier

docile, certes, mais habile

la volée entrouverte

comme autant d’âmes au bord de l’eau

rêvant devant l’oiseau.

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Caroline D.

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Autoportrait

Le mirliton

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Le poète s’enflamme

Y’fait feu de tout bois

Boit, dérive, s’extase

Juste encore un doigt!

~

La poésie hésite

S’arrime à un son chaud

Sa voix clame & pensa

« l’enclume, chant du marteau!»

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Le papier a la griffe

L’encre est enfin jetée

Le stylo bave, écume

des meilleurs bouts rimés.

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L’oiseau qui passe hélas

dit en alexandrin:

« Sous couvert de bons mots,

Mirliton n’est qu’une plume! »

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Morale

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Moi , je pense que l’gominé

Genre canard laqué

N’est pas le mieux placé

Pour être un plumassier.

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Non mais!

Mirliton

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Il danse des oiseaux

sur ses ciels de papier

mais son dos se fait rond

et sa mine chagrin

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« Encore la même chanson »

dit l’homme diligent

« le jour pousse chez moi

son camaïeu de rose.»

~

Et sur autant de pieds,

la muse qui entonne :

« Vous m’êtes enlevant,

de pinceau comme de vers. »

~

Morale

Chacun son ciel

Huit pieds ou pas

Le temps y fait

bien mieux que soi.

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Merci Mirliton!

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Caroline D.

Chaperon

Le chaperon

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Le vois-tu ce Filou Velu

Foula-t-il le talus à mains nues?

Gambadant à bride abattue

Sous les bois il s’est dissout

Malin plaisir caché sous la cendre

Reprends ton souffle, expire,

L’empire du conte respire.

Toi, tu t’époumones à tue-tête

T’épouvantes, te lamentes déçue

Réduite à l’amande perdue.

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Mirliton

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Mambila

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~

Et la cendre, et le souffle, et l’amande.

Tu chantes à bois perdu

et dans la minute qui suit,

te voilà gambadant où le plaisir entend.

Surtout restes-y nue,

tous les filous s’y trompent.

~

Caroline D.

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Le répit

Le répit

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Peinture sur toile 2019/ j’ybeaujean

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Entre eux,

La caresse prend l’accent d’un répit.

Ils ronronnent sous la langue,

Se lèchent des blessures

& le temps d’un repli,

Ils se redonnent la force

D’affronter dans la course

Les morsures des ronces,

La griffe des épines.

~

Mirliton

~

~

Quand leurs couleurs se mêlent

d’entre la chair et l’âme,

le ciel s’ouvre à nouveau.

Tout redevient possible.

Les baisers trouvent l’oeil

comme des gouttes d’eau,

des ondées salvatrices.

~

Caroline D.

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L’envoleur

L’envoleur

d’une cour de récré

Joue

À la course effrénée.

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Un mélange d’envolée de plumes

Chien, effrayeur de poulettes

Au loup!

En sueur, en peur

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& la p’tite?

Plongée dans ses pensées

Kék’ t’as encore trouvé?

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Mirliton

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Et y voir

l’étoffe du temps

Des parfums de terre

sur un clair d’enfance

Un instant innommable

entre les oiseaux doux

Caroline D.

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Chavire

Chavire

~

Dans mon sommeil, une barque,

Sous le feu, sous la lame,

décroche une flamme.

~

Un chat rigole en masque,

Son masque laid grimace,

Rigole en cascade.

~

La chouette, elle, me frôle le visage,

Eventail de caresses,

Monte mon désir de lèvres.

~

Mirliton

~

Et l’instant qui chavire
sur les lèvres en sommeil.
Le masque se fait cascade,
et le visage, caresse.

Caroline D.

Bande de nuées

Ange aime à poursuivre l’histoire des nuages

Jamais rassasiée de leurs révolutions.

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Les nuages racontent des mythologies sourdes

Où les géants paraissent au bord des précipices

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les ondines surprises par un souffle rauque

S’enfuient,mais trop tard, se nappant de nuées.

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& l’instant d’après, c’est une autre histoire

Où les personnes se touchent et s’évanouissent

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Alors, souvent, elle peut s’en émouvoir

& mouiller une larme dans un coin de coton.

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Mirliton

Entre deux eaux

1

Le regard loin des vagues, au creux du brouillard bleu.

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2

Je te le dis tout bas, elle s’enfuira sous l’eau.

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3

En état d’apesanteur sous-marine.

La mine noire sous un silence d’image.

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4

Au fond, règne les épaves, un vent d’algues la frôle.

~

Mirliton

Tout bas aussi : il n’y aura pas d’histoire vaine.

La sienne s’emparera d’un grand ciel rose et clair, à travers la surface.

Et on verra tourner le vent sur un souffle de temps.

Caroline D.

L’appel

🌬Écho & Silhouette

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le voyageur dessine son chemin dans le sable,

l’orteil s’inscrit dans l’histoire du paysage.

Trop heureux de briser le silence du désert,

il répond à l’ oiseau qui passe.

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Parfois, elle aussi chemine

& se souvient des mots, les lisse.

L’écho, cet étrange vent de signes,

lui revient comme oiseau qui passe.

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Mirliton

Byéri Fang

Byéri Fang

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Elle vaquait en esprit.

Quelquefois des flots

De pensée en pensée

L’animaient loin d’ici.

~

Le paysage fouetté

D’une onde verte ,

D’un tremble courbé,

S’accrochait au coteau.

~

Elle tremblait, elle aussi,

clouée au bord de l’eau,

Restait figée, pensive,

sans avoir l’air d’entendre

~

& prenait, du Byéri,

Sans savoir, la pose.

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Amical Mirliton

Couple

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Comme aux parois d’une grotte
Chaque relief prend vie.
(La nuit toujours propice)
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Les Associés timides encore
Se balancent en couple,
(la peur d’être seuls)
Se livrent à découvert
À chaque différence
Toi, les cotes du dos,
Moi mon sexe intérieur
L’œil, aussi, plus beau,
& la courbe qui tente
Vibre en microsillon.
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Ici la différence
Crée l’exploration
L’autre, énigme,
Qui veut bien se laisser parcourir.
~
Mirliton