Souvent la fable…

Tu dis quoi ?

Souvent la fable
veut nous convaincre
Du caractère animal du bon sens

Les objets en demeure de faire pareil ou même
S’arment de patience.

Ainsi
Les seaux ont bien des anses
Attendant de pouvoir voyager
& les murs des oreilles
Tout en restant très muets.

À l’inverse, il est vrai
Les sots ont des oreilles
& trainent les rumeurs
Avec certaine aisance.

mirliton

Sortir du bois

Chevalier à l’épée de bois
Écuyer en pattes de grenouille
Du zinc d’une lessiveuse
J’te fais l’éclat d’un écu
&
Teins! v’là la princesse!
Bon sang , j’cours bouter le dragon
Hors d’ici, hors du bois charmant
que j’te délivre, Mirabelle
mais
Dépêche-toi d’sortir du bois
De descendre de l’épicéa
Moi, j’débroussaille…….j’contrôle des fois
qu’y en aurait encore là.

mirliton
Par tous mes penchants d’éternel
Mes yeux et mes boucles de ciel
Je trouve que c’est gentil à toi
De vouloir me sortir du bois
&
Sûr que ta sollicitude
Rencontre toute ma gratitude
On n’a d’amis que ceux qu’on voit
Je t’avais remarqué déjà
mais
Sache que si je viens au bois
C’est pour pallier le désarroi
Celui des poules et des rois
Et des grands dragons avec ça.

Caroline D.

Femme grenouille

Femme grenouille
🧚🏿
À prendre ton élan en ressort
Ton idée, tendre l’arc au départ
& l’essor du mouvement : parabole
🧚🏿
Mais comment prévoir gagner l’envol
quand prise du désir indéfini d’espace
tu voudrais suspendre à l’instant
l’inéluctable gravité de la chute?
🧚🏿
« Tu cherches tes ailes, grenouille
aux regrets des ricochets,
à la merci de l’arrivée,
Tu rejoins,triste, ta flaque. »
🧚🏿
mìíRlįTon
Blanche d’Espagne

Des rails

Des rails

🎢Vive démesure dans la nature des choses
Des mobiles policés s’expriment.

L’épicé mise cul & chemise,
sur la voie rapide du discours où l’on
déplore, déploie les lèvres encore humides,
les mots sous l’emprise du rail.

À coiffer la lune d’un voile noir
ajouré de vertiges & mensonges,
la langue où tu glisses ta voix
se pourlèche toujours d’un écho.

Reste ainsi enivré l’esprit vague,
voyageur immobile du roulis.

🌪
miRliTon


🌬Mais le voile, dis-moi,
qui l’y avait mis?
Était-ce un coup du temps peut-être,
d’une plage sans personne?


Il se rendait pourtant sans mal
jusqu’au bout du matin.
Surtout là où le jour ne tenait qu’à un lac,
parfois une rivière.


Il débarquerait donc sans hâte
le moment venu.
À l’instant de l’exactitude.


D’ici là, il y avait la fenêtre.
🧚🏿
caroline D.

Belle

Belle

Belle adore fredonner le refrain
aimable comme un chien fou
Elle accueille en vadrouille
une souris qui piétine malhabile
dégringole attirée par le vide.

Attifée dans un gros grain de tulle
le bassin en bas flotte , ondule
de décors en fleurs de spleen.

Quand la voilà qui rentre
La nuit déjà grise mine
Elle s’inquiète d’une ombre
alors qu’une fine lune se voile
d’une larme de romance,
Une lame de cratères s’illumine.

mìíRlïtøn

Naïve chanson

Peinture sur bois 70/89 j’y beaujean
⚪️
Naïve chanson

Les bourgeons au bout des arbres
Se tendent & du bout des lèvres,
Des oiseaux inquiets se chantent,
D’arbre en branche, la fin de l’hiver.



Les fenêtres chauffent aux rayons.
Derrière, baigne une douce paresse.
Ton bleu ciel de papillons,
Viens reprendre les caresses.

Le sol s’ouvre sous l’impression.
Dehors, pointent les premières graines.
Les lombrics sortent & se taisent
Quand fredonnent les mirlitons.

Mirliton

⚪️
Postlude

lapin joli
lapin midi
qui saute au ciel
et à l’envie

ciel de maïs
et terre de lait
serait-ce pour l’amour
d’une rose ?

une chanson
comme de raison
trois petits tours
et mirliton


🌬caroLine D.
⚪️

La femme hirondelle

La femme hirondelle

D’en haut, les voyages ressemblent à de lointains rivages
& L’air où l’on se pose, emporte la voile au large.
La terre prend des allures froissées de cartes
Où se balance, en un rêve immobile, un corps léger de femme
Une hirondelle éprise de soleil qui dérive noire d’orage
& ses lèvres s’entr’ouvrent pour qu’une plume parle,
Parte, se décolle du naufrage & cherche dans sa chute l’extase.
⚪️
Mirliton
⚪️
Ni de s’attendre au ciel, dit-elle.
Ni aux chemins dormants.
On n’y voit bien le temps qu’à hauteur d’âme.
Sans jamais trop savoir. Ni le bleu ni le noir.
Sur les lignes de brumes comme sur les courants.
Dans les vents comme ailleurs.
Au jour du temps qui passe.
⚪️
caroline D.
⚪️

Le mystère du persil

Le mystère du persil

L’élan autoritaire bravache
La moustache de travers
Fusilla du regard
Faucha la persillade
& fit lever un lièvre
Amène & innocent
Un goût de sang
Amère & indécent
Au bord des lèvres.
…………….
Mirliton
……………
&
Là dans la brillance
d’un vent de découpage,
il déposa la gerbe
d’une pousse en partance.
Après dans la cadence
d’un soir tué d’avance,
il y trouva le pieu
qui y tiendrait le beau.
*
…………… caroline D. …………….

Loup y es tu?

« loup y es tu? »
⚪️
À l’orée de la forêt
Y’a tout l’temps un loup,
Dès le moindre arbre caché
Y’a une entourloupe!
Qui trick, qui crac la chaumière
V’là la petite aux abois.
Pas l’temps dire ouf!
L’innocente interloque.
⚪️

Pourtant, les chaperons,
C’est gourmand,c’est charmant
Quand ils mordent à l’hameçon,
Çà s’dit:
« Voyons voir où qu’y
Vivent & piquent les colégram,
l’univers où se trame
le plus drôle de la fable.»
⚪️
Sans compter que ça m’a
un arrière goût de drame,
Dans le noir de la nuit,
la chair est faible, hélas!
⚪️
Mirliton
🐺
Lou, Lou, que fais-tu?
🌔

Qui se cache derrière Lou
quand Lou ne cherche rien
ni soir ni ciel ni gare au loup
ni trace de vaurien…
⚪️
Apportez-moi de quoi
faire briller mes diamants
je vous donnerai de quoi
y arroser le temps

⚪️
Au fond, l’effroi vous traque
jusqu’à la sépulture
les vieux matins patraques
la tête dans vos murs
⚪️
N’y voyez pas le pire
le plaisir est sans roi
cueillez-y mon sourire
multiplié par trois

⚪️
… et petit chat retrousse
bain d’orée, bain de mousse.
⚪️
🐺caroline D.🐺

Parole d’Aigrette

Parole d’aigrette
☁️
Ma plume cavaleuse s’envole
sur la coiffe d’un robin malin.
☁️
L’aventurier des bois soudain
se retrouve à chercher un coin.
☁️
Moi qui le suis de ma branche,
Je vois bien que c’est un gamin.
☁️
Quand il s’oubliera sur les plantes,
J’irai récupérer mon bien.
⛅️
🦚Mirliton🦚

Sur l’intervalle humaine


La belle déposait des coeurs bleus
dans sa tête de nid.

C’est toujours ainsi, disait-elle,
que les oiseaux naissent.

Aigrettes sur le coup de midi
ou robins en caresse.


Il n’est point de paresse
dans le vent qui se donne.


🦚caroline D.🦚
💎

L’incommuniqué

*

L’incommuniqué
*
Un vieil if
Toujours indécis
Redoutant l’approche de la scie
Si semblable à l’adolescent
N’osa
*


Aimer toujours
Un instant perdu,
suspendu aux pupilles dilatées,
à de si délicats sémaphores
s’enivre.
*
La belle à l’Iris
à l’intérieur pétille.
Décide de ne pas entendre,
Retenue d’être tendre
l’ignore.
*
🌬💨mirliton
*
Le visible

À l’arrière, une colline
plantée dans la mer

Par elle, foetus
et son regard déjà
Le rêve qui existe
avant même de naître

Toujours celui du coeur
Par télégraphe ou pas
Au vent des seules aurores
du ciel des sans-oublis

🌬💨Caroline D.
Dessins j’y bEaujEan 2020

L’oubli

L’oubli
&
Quelquefois on aimerait que les mots nous manquent,
qu’ils ne soient plus que des sons,
des zonzons zoubliés de chansons,
des Don Quichotte de carton prenant le sens du vent
& Éole à volonté.
De même
l’image en paysage microscopique
n’est jamais un lointain spectacle qu’on retrouve au fin fond de l’écran
mais une suite inconnue de plis, de fourrages;la terre fait l’ouvrage & craque.
Les tiges improvisent les sillages,
découpent et griffent le visage.
Ici les feuilles sont mortes en tâches brunes belles ou rousses,
mises aux chiffons.
& moi, l’idiot du village,
je m’enfouis la tête en bête sauvage dans une coulée
pour mieux y voir des traces, humer l’humus, le terreau.
« Braconne, Sherlock »
la baronne est sous le pavillon
& un nuage de jupons cache sa soudaine ondée.
Ailleurs les rives serpentent, les bas fonds sont sondés
& moi je m’improvise en poisson;
je m’enfuis.
*
🥨mirliton🥨
[°{•^•}°]
*
Songeuse
*
Cependant qu’on voudrait
qu’ils dérivent d’eux-mêmes.
Les mots.
D’entre les coups du vent
à en perdre la tête.
En attendant…
elle dort, tu crois?
Étendue sous sa veste
tissée d’ombre et de lin,
le soleil en mots tendres?
Peut-être.
Car n’irait-on pas sur l’eau pâle
jusqu’à la fin du jour
attendre même les idiots
pour y trouver la lune
dans les plis de leur âme?
*
🦚caroline D.🦚
•{°~°}•
¥

Ballotin de l’Aricover (Aventure)

*
à l’ombre d’une douce amère,
Plongée sur son passé,
L’amande pistachère.
*
*
Le chat noir s’acharne,
S’agace à perdre la boule
Où? Là, dessous la moustache.
*
*
Y’s’balance en bleu de chauffe.
L’isolé brûle d’aller
seul, au foyer du naufrage.
*
°} Mirliton {
*
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, qu’elle lui dit
avec moi et le chat
On s’ fera une histoire
une belle histoire à trois
où y aura des cosses et des graines
bien longues et bien pleines
des graines et des cosses
loin loin de Carabosse
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, viens là-bas
autour d’un feu de bois
y aura que toi et moi
toi et moi et le chat

Caroline D.
🧶

Certaines résolutions

Certaines Résolutions
~
Brûler de désir
la langue du poète
Juste pour enflammer ses lèvres.
~
Fausset
~
L’après midi sans voix,
dire les mots qui déclenchent
une vague d’avalanche.
~
Y’aller piano
~
Caresser l’idée
de pianoter en dos
les aigus des vertèbres.
~
Saxo
~
Sourire aux lèvres,
suivre in extenso
la courbe d’une hanche.
~
Batterie
~
Baisser les yeux,
à la croisée des jambes
sans cesse trépigner.
~
Au cœur du rebond
°} Mirliton {°
!
Peintures sur bois 100×80
j’Y bEaujEan -avril 2020
!
Échos lointains
*
À s’inventer de dos
contre un beau bois de lune.
*
Long contralto de veille
*
Une ligne de désir
insinuée sur le sable.
*
Une note de mer
*
Un printemps exigu
sur une portée claire.
*
Aucun bémol à l’horizon
#
[caroline D.]
!

Les p’tits phénomènes

Les p’tits phénomènes
~
Quelquechose se pointe à la mine du crayon
Démarche en trame
Descente d’escalier
La chouette effraie.
…..

La lumière projette l’aventure sur les murs
Un conte à dormir debout
S’arrache au cœur de la nuit
Quand nos destins se croisent.
~
Mirliton
~
Passé leurs palis réciproques,
deux corps s’invitent en souriant.
Sous un coeur tatoué en l’air,
ils engagent le vent.
De son côté, beau comme l’heure,
le chat-pianiste joue.
Mais pointe là ou pointe ailleurs,
l’horizon trace tout.
~
Caroline D.
~
*

Notes nocturnes

Découpes de fugitives
facilement lointaines.
grimée d’ombres
Passe une souris.
nuages épais
La lune cachée sombre
dévorée de caresses
Comme tu l’aimes.
Tapi sous les fougères
L’œil en bille de lumière
Enveloppé de peurs
Couve la nuit.

Mirliton
~
Qu’elle s’y love et s’y noie,
penchée sur le faiseur de nuits
et l’orbe caché des couleurs.
Bien sûr, et pourquoi pas.
C’est toujours si bon et vivant.
Le corbeau et le daim. Le lapin et le chat.
Et là que la taupe s’en mêle.
Autant de beaux minois.
Non mais vraiment, pourquoi pas.
Ainsi. Voilà.
Vois là, qui s’y love et s’y noie.
~
Caroline D.
~
~