Naïve chanson

Peinture sur bois 70/89 j’y beaujean
⚪️
Naïve chanson

Les bourgeons au bout des arbres
Se tendent & du bout des lèvres,
Des oiseaux inquiets se chantent,
D’arbre en branche, la fin de l’hiver.



Les fenêtres chauffent aux rayons.
Derrière, baigne une douce paresse.
Ton bleu ciel de papillons,
Viens reprendre les caresses.

Le sol s’ouvre sous l’impression.
Dehors, pointent les premières graines.
Les lombrics sortent & se taisent
Quand fredonnent les mirlitons.

Mirliton

⚪️
Postlude

lapin joli
lapin midi
qui saute au ciel
et à l’envie

ciel de maïs
et terre de lait
serait-ce pour l’amour
d’une rose ?

une chanson
comme de raison
trois petits tours
et mirliton


🌬caroLine D.
⚪️

La femme hirondelle

La femme hirondelle

D’en haut, les voyages ressemblent à de lointains rivages
& L’air où l’on se pose, emporte la voile au large.
La terre prend des allures froissées de cartes
Où se balance, en un rêve immobile, un corps léger de femme
Une hirondelle éprise de soleil qui dérive noire d’orage
& ses lèvres s’entr’ouvrent pour qu’une plume parle,
Parte, se décolle du naufrage & cherche dans sa chute l’extase.
⚪️
Mirliton
⚪️
Ni de s’attendre au ciel, dit-elle.
Ni aux chemins dormants.
On n’y voit bien le temps qu’à hauteur d’âme.
Sans jamais trop savoir. Ni le bleu ni le noir.
Sur les lignes de brumes comme sur les courants.
Dans les vents comme ailleurs.
Au jour du temps qui passe.
⚪️
caroline D.
⚪️

Le mystère du persil

Le mystère du persil

L’élan autoritaire bravache
La moustache de travers
Fusilla du regard
Faucha la persillade
& fit lever un lièvre
Amène & innocent
Un goût de sang
Amère & indécent
Au bord des lèvres.
…………….
Mirliton
……………
&
Là dans la brillance
d’un vent de découpage,
il déposa la gerbe
d’une pousse en partance.
Après dans la cadence
d’un soir tué d’avance,
il y trouva le pieu
qui y tiendrait le beau.
*
…………… caroline D. …………….

Loup y es tu?

« loup y es tu? »
⚪️
À l’orée de la forêt
Y’a tout l’temps un loup,
Dès le moindre arbre caché
Y’a une entourloupe!
Qui trick, qui crac la chaumière
V’là la petite aux abois.
Pas l’temps dire ouf!
L’innocente interloque.
⚪️

Pourtant, les chaperons,
C’est gourmand,c’est charmant
Quand ils mordent à l’hameçon,
Çà s’dit:
« Voyons voir où qu’y
Vivent & piquent les colégram,
l’univers où se trame
le plus drôle de la fable.»
⚪️
Sans compter que ça m’a
un arrière goût de drame,
Dans le noir de la nuit,
la chair est faible, hélas!
⚪️
Mirliton
🐺
Lou, Lou, que fais-tu?
🌔

Qui se cache derrière Lou
quand Lou ne cherche rien
ni soir ni ciel ni gare au loup
ni trace de vaurien…
⚪️
Apportez-moi de quoi
faire briller mes diamants
je vous donnerai de quoi
y arroser le temps

⚪️
Au fond, l’effroi vous traque
jusqu’à la sépulture
les vieux matins patraques
la tête dans vos murs
⚪️
N’y voyez pas le pire
le plaisir est sans roi
cueillez-y mon sourire
multiplié par trois

⚪️
… et petit chat retrousse
bain d’orée, bain de mousse.
⚪️
🐺caroline D.🐺

Parole d’Aigrette

Parole d’aigrette
☁️
Ma plume cavaleuse s’envole
sur la coiffe d’un robin malin.
☁️
L’aventurier des bois soudain
se retrouve à chercher un coin.
☁️
Moi qui le suis de ma branche,
Je vois bien que c’est un gamin.
☁️
Quand il s’oubliera sur les plantes,
J’irai récupérer mon bien.
⛅️
🦚Mirliton🦚

Sur l’intervalle humaine


La belle déposait des coeurs bleus
dans sa tête de nid.

C’est toujours ainsi, disait-elle,
que les oiseaux naissent.

Aigrettes sur le coup de midi
ou robins en caresse.


Il n’est point de paresse
dans le vent qui se donne.


🦚caroline D.🦚
💎

L’incommuniqué

*

L’incommuniqué
*
Un vieil if
Toujours indécis
Redoutant l’approche de la scie
Si semblable à l’adolescent
N’osa
*


Aimer toujours
Un instant perdu,
suspendu aux pupilles dilatées,
à de si délicats sémaphores
s’enivre.
*
La belle à l’Iris
à l’intérieur pétille.
Décide de ne pas entendre,
Retenue d’être tendre
l’ignore.
*
🌬💨mirliton
*
Le visible

À l’arrière, une colline
plantée dans la mer

Par elle, foetus
et son regard déjà
Le rêve qui existe
avant même de naître

Toujours celui du coeur
Par télégraphe ou pas
Au vent des seules aurores
du ciel des sans-oublis

🌬💨Caroline D.
Dessins j’y bEaujEan 2020

L’oubli

L’oubli
&
Quelquefois on aimerait que les mots nous manquent,
qu’ils ne soient plus que des sons,
des zonzons zoubliés de chansons,
des Don Quichotte de carton prenant le sens du vent
& Éole à volonté.
De même
l’image en paysage microscopique
n’est jamais un lointain spectacle qu’on retrouve au fin fond de l’écran
mais une suite inconnue de plis, de fourrages;la terre fait l’ouvrage & craque.
Les tiges improvisent les sillages,
découpent et griffent le visage.
Ici les feuilles sont mortes en tâches brunes belles ou rousses,
mises aux chiffons.
& moi, l’idiot du village,
je m’enfouis la tête en bête sauvage dans une coulée
pour mieux y voir des traces, humer l’humus, le terreau.
« Braconne, Sherlock »
la baronne est sous le pavillon
& un nuage de jupons cache sa soudaine ondée.
Ailleurs les rives serpentent, les bas fonds sont sondés
& moi je m’improvise en poisson;
je m’enfuis.
*
🥨mirliton🥨
[°{•^•}°]
*
Songeuse
*
Cependant qu’on voudrait
qu’ils dérivent d’eux-mêmes.
Les mots.
D’entre les coups du vent
à en perdre la tête.
En attendant…
elle dort, tu crois?
Étendue sous sa veste
tissée d’ombre et de lin,
le soleil en mots tendres?
Peut-être.
Car n’irait-on pas sur l’eau pâle
jusqu’à la fin du jour
attendre même les idiots
pour y trouver la lune
dans les plis de leur âme?
*
🦚caroline D.🦚
•{°~°}•
¥

Ballotin de l’Aricover (Aventure)

*
à l’ombre d’une douce amère,
Plongée sur son passé,
L’amande pistachère.
*
*
Le chat noir s’acharne,
S’agace à perdre la boule
Où? Là, dessous la moustache.
*
*
Y’s’balance en bleu de chauffe.
L’isolé brûle d’aller
seul, au foyer du naufrage.
*
°} Mirliton {
*
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, qu’elle lui dit
avec moi et le chat
On s’ fera une histoire
une belle histoire à trois
où y aura des cosses et des graines
bien longues et bien pleines
des graines et des cosses
loin loin de Carabosse
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, viens là-bas
autour d’un feu de bois
y aura que toi et moi
toi et moi et le chat

Caroline D.
🧶

Certaines résolutions

Certaines Résolutions
~
Brûler de désir
la langue du poète
Juste pour enflammer ses lèvres.
~
Fausset
~
L’après midi sans voix,
dire les mots qui déclenchent
une vague d’avalanche.
~
Y’aller piano
~
Caresser l’idée
de pianoter en dos
les aigus des vertèbres.
~
Saxo
~
Sourire aux lèvres,
suivre in extenso
la courbe d’une hanche.
~
Batterie
~
Baisser les yeux,
à la croisée des jambes
sans cesse trépigner.
~
Au cœur du rebond
°} Mirliton {°
!
Peintures sur bois 100×80
j’Y bEaujEan -avril 2020
!
Échos lointains
*
À s’inventer de dos
contre un beau bois de lune.
*
Long contralto de veille
*
Une ligne de désir
insinuée sur le sable.
*
Une note de mer
*
Un printemps exigu
sur une portée claire.
*
Aucun bémol à l’horizon
#
[caroline D.]
!

Les p’tits phénomènes

Les p’tits phénomènes
~
Quelquechose se pointe à la mine du crayon
Démarche en trame
Descente d’escalier
La chouette effraie.
…..

La lumière projette l’aventure sur les murs
Un conte à dormir debout
S’arrache au cœur de la nuit
Quand nos destins se croisent.
~
Mirliton
~
Passé leurs palis réciproques,
deux corps s’invitent en souriant.
Sous un coeur tatoué en l’air,
ils engagent le vent.
De son côté, beau comme l’heure,
le chat-pianiste joue.
Mais pointe là ou pointe ailleurs,
l’horizon trace tout.
~
Caroline D.
~
*

Notes nocturnes

Découpes de fugitives
facilement lointaines.
grimée d’ombres
Passe une souris.
nuages épais
La lune cachée sombre
dévorée de caresses
Comme tu l’aimes.
Tapi sous les fougères
L’œil en bille de lumière
Enveloppé de peurs
Couve la nuit.

Mirliton
~
Qu’elle s’y love et s’y noie,
penchée sur le faiseur de nuits
et l’orbe caché des couleurs.
Bien sûr, et pourquoi pas.
C’est toujours si bon et vivant.
Le corbeau et le daim. Le lapin et le chat.
Et là que la taupe s’en mêle.
Autant de beaux minois.
Non mais vraiment, pourquoi pas.
Ainsi. Voilà.
Vois là, qui s’y love et s’y noie.
~
Caroline D.
~
~

Icare

Icare s´y prépare, se colle,

S’habille en noir de plumes

Semblant l’oiseau qui vole

& prendre l’air déjà

d’un rêve d’aventure.

~

Mirliton

~

Et même si à genoux

au seuil de son regard

un autre lui redit tout ce qu’il sait déjà,

la vie reste la vraie joueuse

et elle enflamme son rouge pion.

~

Caroline D.

~

Découpes & couleurs

L’ombre s’achemine

Les découpes en sont jetées

D’une matière grise

Le noir tire les éléments.

~

« En grande conversation « ~ coloriage~ j’yb~2020

~

Et j’y saurai le monde

Comme elles l’auront su

Dans la vérité pure

Et le mensonge vif

Le vert, le bleu, le rouge

Olive royale et prune

Tout sera vrai et faux

Mais je serai vivante.

~

Caroline D.

~

Carnet : Destins

Être alerte.À l’arme.La larme vacille.Trop docile.Certes,elle,habile,se déshabille.c’est l’abîme. Le pli est pris.la piscine couverte.

& y plongeons.et ta bouée? T’es pas gonflée. Tu vas couler.

Être amer.À rames. La barque coquille.Trop oscille.Soudain,elle s’abîme, s’échoue. C’est l’abysse. Le repli,la dérive. La panique assurée .

& y cherchons la bouée.la brasse agitée et pas couler.

Dessins & couleurs j’yb 2020

~

Et son abîme qui s’excite

à la vue du charbon

Le pli est clair

la coulée franche

Elle y lit l’endroit de papier

docile, certes, mais habile

la volée entrouverte

comme autant d’âmes au bord de l’eau

rêvant devant l’oiseau.

~

Caroline D.

~

Autoportrait

Le mirliton

~

Le poète s’enflamme

Y’fait feu de tout bois

Boit, dérive, s’extase

Juste encore un doigt!

~

La poésie hésite

S’arrime à un son chaud

Sa voix clame & pensa

« l’enclume, chant du marteau!»

~

Le papier a la griffe

L’encre est enfin jetée

Le stylo bave, écume

des meilleurs bouts rimés.

~

L’oiseau qui passe hélas

dit en alexandrin:

« Sous couvert de bons mots,

Mirliton n’est qu’une plume! »

~

Morale

~

Moi , je pense que l’gominé

Genre canard laqué

N’est pas le mieux placé

Pour être un plumassier.

~

Non mais!

Mirliton

~

Il danse des oiseaux

sur ses ciels de papier

mais son dos se fait rond

et sa mine chagrin

~

« Encore la même chanson »

dit l’homme diligent

« le jour pousse chez moi

son camaïeu de rose.»

~

Et sur autant de pieds,

la muse qui entonne :

« Vous m’êtes enlevant,

de pinceau comme de vers. »

~

Morale

Chacun son ciel

Huit pieds ou pas

Le temps y fait

bien mieux que soi.

~

Merci Mirliton!

~

Caroline D.