L’impatiente


Ne pas tenir en place
Avoir la bougeotte.
Elle gigote !


mir li ton

C’est vrai pour l’impatience.
Mais serait-ce l’automne
envers tout & personne?
Ou à force de monde
quand le téléphone sonne?

C’est vrai pour l’impatience
& pour la chance aussi.
Des avalées de ciel,
d’origans & de miels.

Caroline D.

La découpe

La découpe

Au fil du crayon
d’un trait, une mine
la silhouette découpe
assis dans l’rayon
l’air sable solitaire
l’enfant qui mime
immobile & gestes
d’une mouette
en vol stationnaire

miRliTon


Dès que son corps bascule
entre le hibou & la lune
le sommeil s’étend sur la belle
dans la maison sous le grand pin

Perséphone éteint la lumière

La saison passera tranquille
sous l’édredon d’hiver

caroline D.

Copieur & Infidèle 1

à Eduardo Arroyo

« Copieurs & Infidèles »
Cette nouvelle rubrique pourrait rejouer l’esprit,
les manières, les couleurs ou les sujets d’autres artistes.

Du proche au lointain
De l’ancien au présent
De l’’anonyme au connu

Tout est affaire d’influence et d’interprétation.
Nous tentons tous de comprendre ces liens,
Ces lignages entre les œuvres
qui nous construisent, nous conduisent
dans des histoires d’arts

On ne donne pas assez aux peintres ce rôle d’interprète.

j’yb en miroir mirliton

figure de proue

Figure de proue

Le jour enclin à se lever
Annonce en éclaircies la découverte
Au fil du long tunnel d’un orifice
la longue vue au loin
découpe un désert encore inconnu
une mer de poussières des grains illimités

Plissée en vagues régulières
Une onde de sable lignes de tempête
Où tu restes accablée , fixée à ta charpente
Tu hantes la carcasse la dérive enchainée

La nuit maintenant t’attend
& se coule en silence au cimetière marin.
Le sable était mouvant le naufrage clandestin
L’épave s’endormit en moins que rien.

mirliton


Les épis sont rebelles
les cellules arabesques
& les courbes du jour
en terre d’océan


Quand le vent fait le temps
comment faire autrement?
Devant le ciel sanguin
comment faire semblant?


La vague est longue


caroline D

Le ver luisant

Le ver luisant

La clairière comme une pluie de lumière

Quelques témoins Les yeux cachés, derrière
Là où le sol se dérobe
S’ouvre aux partisans
Le récitant en habit de poussières
Enchante le silence du bois charmant

mirliton


Bien sûr la danse
& le chapeau d’envers
Pour les venants
Du demain en hier

& le corps se réjouit

Que l’âme y trouve
Un chemin de travers
Le monde est stone
& le gazon est vert


caroline D.

La Vertueuse

La vertueuse

L’émotion fait son chemin
d’abord une peur bleue
Interloquée, la blanche d’Espagne
vire au vert de rage.

Ménine, passe par tous les airs
l’arc en ciel fait déjà grise mine
La lippe facile ne trouve plus ses mots
Aux gros yeux préfère les gros mots.

J’te jure!
La peinture en reste muette
Son cinéma n’est pas parlant
du quand-à-soi, plutôt que d’l’à propos.

miRLitoN


À travers un écran
de mots faits ou défaits
ça reste une foulée d’envers
le regard bleu d’un jour

De reine ou de roi en azur
le temps y coule sa rivière
à y faire glisser l’âme claire
vers son chemin de nuit


caroLine D.

La Carrée

La carrée

Dans le creux du lit
Un microsillon diffuse
Sous sa pointe saphir
Une mélodie.

La Carrée divague
trouble son microsillon
Quand elle saute du lit
Le sillon répète , à l’envie,
Une rayure en forme d’allitération.


🤸🏿miRliton🤸‍♀️


Sans thé ni toux,
la belle se réveilla.
Le thé lui aurait-il ôté
qu’on n’aurait même pas su quoi.


Peut-être est-ce encore que le bois
silencieux & tranquille
infuse dans la chair
un café de coquille.


Peu importe l’histoire
foi de bruisse & de soie
le café de broussailles
te ravigotera.

🧚🏽‍♀️caroline D.🧚🏽‍♀️

À l’écran

« Bien le bonjour, madame »
L’ Écran
Peinture bjy 2022



Une dernière fois
L’écran se souvient de l’image.

Du noir & blanc de sentiments
Où les sous titres défilent
à la musique d’une langue.

J’y découvre la géographie des mots.

mirliton


Chapeau
Y’avait qu’à le soulever
d’un petit centimètre
La main sur une hanche
comme dans un western
Pour que tout l’horizon
se dessine lui-même.

Caroline D.

Encore un peu

Encore un peu
Garder le contact
je le cherche, il me trouve
De la cote, je ne distingue qu’une allure
Un chapeau qui s’agite
Dans l’ombre, peut être l’étincelle d’un regard
Moi, je reste dans la lumière
Je scintille & renifle.

mirliton


Ça prend de la patience
& un manteau d’absence
pour que l’âme s’amène
contre l’ombre ou le vent

Comme dans la contredanse
de l’humain & du chat
Ça prend une évidence
où le temps se faufile

caroline D.

Au mur

Au mur

Un papier peint ancien
L’équipage des jours
Dessus s’installe
En quelques traces
La comédie d’un théâtre
Un personnage.

🪞mirliton🪞


Il y tourna son dos
terreux de rouille d’ocre
manière d’offrir au vent
autant d’amour possible
dans un jardin géant
un corps entre les fleurs
.

🪞Caroline D.🪞

Les contours

Théâtre

Maintenant la nuit bascule
Dehors, la rue prend un air de bitume
les phares découpent les passants
& s’échappent sur les murs
les figures d’un théâtre d’ombres.

Y’a toujours l’ange
du temps qui passe
& quand enfin le rideau s’ouvre
sur la rue de l’oblique
la mirabelle gratte le noir
& y trouve le blanc
ou est-ce le blanc
pour le noir
?

Caroline D.

Somnole

Souvent lui prend une fatigue soudaine
Un lent silence
La tête dodelinant
Quand, ne sachant plus où donner de la tête
Elle somnole, s’oublie, se détend un instant.



🌘mirliton🌒

Un répit salutaire, dit-elle
Pour tout réinventer
Du silence sous le ciel
Jusqu’à la trace du rêve
La main posée
Sur mon corps vivant


💨caroline D.🌊

Délicatesse

Petit carnet d’octobre – crayon-bj’y

Le regard vague tout le passé dépasse comme un oubli un flot indifférencié de tristesse sans raison ou plutôt trop d’elle de jours sans faim Sans dire sa soif L’absence de délicatesse et ce chat qui rode dans ma tête.


⚪️mirliton⚪️

Tout le beau qui émane de son âme tendre Avec rien à défaire ni non plus à y faire C’est encore l’éphémère qui danse à l’infini La force vive à force de mine claire.

🧚🏻‍♂️caroline D.🧚🏽‍♀️

Figure d’automne

Figure d’automne

Voila la lumière du chemin
Qui se teinte des saveurs d’automne.


Nos pas soulèvent du tapis un coin
où les feuilles rouillent & s’abandonnent
.

Les choucas disputent aux écureuils leur butin,
des châtaignes qui éclatent en arrivant au sol.

mirliton

La rencontre

La rencontre

Je lui aurais bien dit
mais les mots semblaient inutiles

Sur son visage,
là , raconte
L’animal s’échappe craintif
Ses yeux brillants s’alarment
Plisse , c’est inutile
Garde en mémoire présent
l’instant d’un regard
Une légère brise .

🌒mirliton🌘


Le temps de respirer
un vent tiède d’automne,
la parole qui s’exhale
d’entre les lèvres closes.
Les yeux comme les feuilles
flamboient sans y penser.

🌘Caroline D.🌒