De mémoire



🌑
🌬De mémoire d’éléphant
Longtemps lointain
Un souvenir d’enfant
Remonte des oubliettes
L’infini océan des pensées
D’où s’échappent
Rires, poursuites, cachettes
crier, bouder
Retrouver les visages
Laissés dans le marc de café
& S’endormir enfin content & fatigué.

🌑mìRílîtOń🌑

Vol au vent

Rien ne presse, presque ……………………….Suivre sa piste
l’allure des petits pas, …………trace la ligne des pointillés
un peu hautaine. ………………………en trouver l’équilibre
Au croisement du regard ……………..une balance d’aigus
ne te retourne pas. ……………………..courbes aux volants.

mįrlįTōń

Figures de flammes

Figures de flammes

La nuit tendue de noir
où seule s’agite dans la lumière d’un feu
comme un début de cendres.

L’étendue de la plage en silence crépite
& ton esprit s’en va, vague incandescente
quand tu le laisses aux flammes.

~Mir li ton~
Figures ~j’y beaujean~ 2021

L’appareil du conte

L’appareil du conte

(Mode d’emploi & boniment)
💥
Par exemple le conte de l’araignée tapie dans un coin,
l’air de s’ennuyer, récolte un brin de désordre
que le vent soulève, l’accroche en trophée à sa toile.
L’éphémère se vante de pouvoir rester
longtemps à califourchon sur le fil du temps
droit et ténu,accordé comme un rayon.
💥
Ce constellateur ( breveté SGDG) est un conteur d’étoiles
remplissant les secteurs d’un ciel d’allusions.
L’appareil retord l’espace d’un instant les distances
les unies en figures imitant la divination
& constructeur de graphes, compilateur d’histoires d’éléments,
il constitue la toile, la diffusion d’étoiles qui percent la nuit,
s’amuse à définir les contours des illusions
accélère les spectres des contes
& restitue en splendides fausses couleurs
le champ, le chant de l’indéfini silence de l’horizon.
💥
Mirliton
💥
(en vente dans nos rayons)


🌬

Sans oublier, cher Mirliton,
le vent levant.
Qui une fois devenu complice,
sans retenue ni faux-semblants,
se jette en vent d’avant quand il le faut
et de devant quand ça lui chante.
Toute histoire y sert son vent.

🌬
Sans son insistante caresse,
ses moments de douceur et de tourbillonnant,
bref, sans ses carillons entoilés,
la fable ne serait
que page entre les doigts.
Et qu’on ne s’y méprenne pas :
le vent saura y faire encore, le nez au ciel,
et hop! la bouteille.
Tout conte se raconte ainsi,
sans détour ni charivari.
Ou avec, c’est selon.

🌬
caroline D.
🌬

Facettes

Facettes
🌕
Premier couplet

Quand tu te grises & danses, virevoltes,
t’installes, madone du dancing
tu lèves la poussière, te penses sirène des toupies
fleur, jupe ombrelle & propres souliers lacés
adorent quand tu uses, rayes le fil du plancher.
Bravache, l’étourneau, un sot sombre héros
ourdit un complot : toujours t’étourdir de mots.
🌕

Refrain

Tourne un peu la tête, ma Mire ma belle
girouette, ton axe de bilboquet
Penche sur toi même, dépêche tes mirettes
Facettes, tu vois ta vie filer

🌕mirliton🌕

La délicate

Il était
Plus que temps de se faire une pelisse.
La petite au triangle ouvrait même de grands yeux
& délice d’essences ou d’un geste rapide
elle découvrait son corps à la chaleur des envieux.
L’onde l’entourait de cercles chromatiques
la fraicheur du bain lui donnait des frissons.
En elle, elle sentait poindre en une couleur exquise
la douceur d’anguille d’une langue rose ou bleue
🦚
mìîíRliTon
🦚
Mais quand même, se dit-elle,
à quoi bon traverser une esquisse
sous un ciel avaleur de charbon?
Me donnera-t-on là-bas une jambe de femme
en échange de ma jambe de biche?
Tellement que je boite, le chemin sera long.
Il faudrait que le jeu en vaille le vallon.


🦚caroline D.🦚

L’x

L’x

Une parfaite inconnue
se trimbale en équilibre
sur la poutre
d’escampette.

Badour le trémolo
s’inquiète de la donzelle
l’insaisissable
oiseau du paysage.


Mìîírlīton

L’ex posa une moustache
en guise de sapin…
ou était-ce un lapin
en guise d’Appalaches?
La dam’zelle peu importe
répond du tic au toc
– ou était-ce du toc au tac…


Bref, la dindoune répondit :
« Tu te crois bien malin
espèce de champ de foin!
On voit plus que ta rouille
et plus rien de ta bouille !

CaRoLiNe D.

Envisager

Envisager
🌑
Comment envisager
La couleur qui fleurit, qui gomme aussi les traces
Une face géographique qui découpe des méandres
Une passante qui passe lentement dans le cadre
et traverse en gros plan un rose-étincelle.

MirLiTon
🌑
Peintures sur bois 123/83cm/ j’y Beaujean / 2021

🌕
C’était d’imaginer
plus loin
un immense champ de fleurs
un long mouvement de coeur
et la belle qui marche
les yeux sur le bitume
et ô coup de fortune
le saphir et l’émeraude
tournés vers le vermeil
murmurent à son oreille
qu’on traverse les jours
pendants de corps et d’âme
près d’un ciel échevelé


caroline D.

⚪️
ces pensées sombres & roses lui venaient de la nuit
détaillant dans le noir les éclats des lumières
qui pointent au lointain cet air infini de pénombre
la nuit était belle aussi
du murmure des feuilles
d’envols proches et soudain
des corps alanguis du plaisir qu’ils donnent
….

mìîírliton

Belle

Belle

Belle adore fredonner le refrain
aimable comme un chien fou
Elle accueille en vadrouille
une souris qui piétine malhabile
dégringole attirée par le vide.

Attifée dans un gros grain de tulle
le bassin en bas flotte , ondule
de décors en fleurs de spleen.

Quand la voilà qui rentre
La nuit déjà grise mine
Elle s’inquiète d’une ombre
alors qu’une fine lune se voile
d’une larme de romance,
Une lame de cratères s’illumine.

mìíRlïtøn

La couleur en cadence

La couleur en cadence

Le chemin creux est doux
presque inexistant
L’habitude sans doute.

Plongée dans mes pensées
les souvenirs fleurissent
Une marche sans but

Juste délier l’instant
Suivre à travers les ombres
la couleur en cadence


mirliton


& d’y voir le temps
se coucher en refuge
là où l’oeil et la lèvre
se posent tête basse
comme rivière en cheveux
et vent de girond doux


caroline D.

L’accroche cœur

L’accroche cœur

Fillette alanguie d’espérance
du gris du ciel mélange
sa pensée aux nuages.

Elle accroche
à ces figures changeantes
des visages de coton
& du blanc du mirage
ce double d’un miroir
lui parle de l’envie
de ne plus être seule.

miirliton


Elle longe des parfums
de rivières et d’embruns
de sauge et de lavande
de Paris en Mirande
et tout ce temps elle cueille
Achille aux mille feuilles

caroline D.

L’oubli fané

⚪️

Les souvenirs sont d’eau de source

Et la courbe du temps murmure

En se donnant à un froissement

Elle berce les rus de son histoire

⚪️

La vigne pend, les oiseaux chantent

Le monde est lent comme l’aumône

Il est quelques douces rivières

Qui se meurent de la mer

⚪️

Tous les sédiments s’abandonnent

Entre les doigts des âmes vives

Et qu’on n’y condamne personne

Le ciel n’y oublie pas le bleu.

⚪️

. Caroline D.

Le guetteur

Peinture sur bois j’y beaujean 2021
🦚
Le guetteur

Immobile au creux de l’ombre
un guetteur attend, le regard éloigné,
un mirage, un mouvement,un nuage,
de la poussière d’où se détache
l’approche d’une silhouette
l’œil déjà s’agite à la reconnaitre
& d’un geste il lui montre sa présence.

mîR Lìºí Töń

🦚
Et coup d’heur,
au bord d’os et de chants fignolés
dans les sables du temps
par des chants d’océan et de ciel,
le vent verse patience
en lieux de fer et d’ambre
pour que rien ne défasse l’aurore.


cArºLįnĘ Dº
🧚🏿

À l’abandon

Toujours,

Griphon fait des gammes
Patine du crayon
Il cherche dans l’ébauche
L’ombre des dames comme une apparition.
Elle,
est posée,
s’installe dans un coin, sur la roche
Un sentier suit la côte
&
Son âme noyée aux algues
Elle laisse aller sa larme.
Oubliant l’horizon & le reflux en vagues
Le nez dans ses chaussons
Elle renifle son histoire d’abandon.
🌑
[mirLitOn]

J’éternue

J’éternue

J’étais renue ? encore remuée
murée dans l’admiration
du miroir de l’armoire
dans l’éther d’argent, mise à nue
à l’aise dans la profondeur de la surface
je reste un moment à l’arrêt………

…..faut quand même qu’j’me dépêche
que j’mette les voiles, la carapace
me carapate avant qu’l’émir arrive.

L’émir est, dit-on, un peu lyrique,
lubrique aussi quoi qu’il fabrique
du regard insistant y t’déshabille
Il veux toujours renouer avec la une
des mirages des mille et une nuits.

L’émir Lit-on?

🦚
Pendant ce temps l’oiseau
n’y pourra que l’oiseau
comme le vent
n’y saura que le vent


Si les nuits d’écritoire
fabriquent des images
et les voeux oratoires
tricotent des mirages
il reste que le ciel
suit son propre chemin
prêtant son soleil clair
aux matins grands ouverts

caroline D.
🦚

La cadence

La forme en cadence

La suie du crayon dérape
& griffe d’un dessin le grain du papier
Quand une gomme arrive & bave
Elle salit, l’illusion d’un terrain vague
La forme n’est plus qu’une cadence
qui gesticule dans le cadre.

Mirliton