Du dessin ( recette)

Cuisine

~

D’abord il semble nécessaire de prendre la mesure de la page,

du blanc vierge de toute trace,

Encore cadre limpide et néant muet.

Le sens du rectangle détermine des usages.

Qu’importe, tu pourras découper dans la feuille.

Les diagonales s’imposent et créent même un centre.

Ce point trop stratégique ne doit être qu’une fuite.

~

La mine large et souple ne marque pas encore,

Mais dans l’air, la main s’agite, imagine la trace,

caresse juste le grain et laisse un gris soupçon,

un treillis de lignes, mêlant dans un désordre actif

les courbes & l’arabesque qui font les corps.

~

Dans la fenêtre d’un cadre trop rectiligne

& par des zones d’ombre grise,

Brise le blanc étincelant du papier

pour donner l’illusion d’un relief, de l’épaisseur en plans.

Laisse apparaitre les formes qui s’y développent.

~

Souligne çà et là sans trop te décider sur la forme

Car l’expression des extrémités, des mouvements

doit aussi se trouver une place

Et à être trop séduit par un apparition,

Il se peut qu’ensuite on butte sur les détails,

que l’on gâte la figure en lui imposant sa vision.

~

Il est toujours difficile de capter cette légèreté,

Cette liberté du mouvement entrevu.

par nature, la forme est impalpable

Et doit rester telle un soupçon d’irréel

Où chacun reconnait son possible idéal.

~

Mirliton

Mélancolie

Mélancolique

Certains visages évanescents

Nous plongent dans des pensées hypnotiques.

~

Bien qu’une robe en toupie

Noire de volants évoque le deuil

& qu’un appui, une chaise vide,

Laisse la place du revenant;

~

Un regard, pareil

au portrait romantique d’Aline Chassériau,

inscrit dans l’ovale parfait de son visage,

Une langueur mélatonique.

~

Mirliton

Higelin

Pire que Pierrot dans sa nuit attique,

Vers Galilée à la lunette déployée,

L’étrange roulette historique

Grave Higelin au sillon électrique

sa voix lactée & le dirige

De l’ éphémère au phonétique.

Mirliton

Crayon 4B


Crayon 4B~

Bois mâchouillé, la mine tendre mouillée. 

En suspend… un temps d’hésitation,

Lance ta pointe en équilibre su’ l’ papier 

Glacé, tu glisses des courbes, 

Tu te figures un style,

Éclaboussant ton patinage de mines.

~

Mirliton

Dehors

  

Accoudée au relax déployé,

Installée au creux. Autour, 

Le silence aux aguets.

Les feuilles, seules, semblent agitées

Et tu sombres au bord du laisser aller,

Quand un sursaut de plumes, d’envolées.

Les chants qui reprennent dans les branches

T’éveillent.

Tu refermes les yeux et l’espace t’apparaît

Courbe, construit de trilles en mélodies,

La perspective s’éloigne de tous cotés.

Mirliton