Art involontaire 5


art involontaire
Section « Orthogone & Éclats »

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Un monde orthogonal d’écrans plats nous fait face.

Le tableau est posé, seul, laissé en plans.

Des fioritures d’éclats de placage s’échappent.

Sur la rouille, la peinture se détache en écailles.

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Un temps d’intempéries s’écoule sur les panneaux

& du fond, serpente l’imprévisible tâche

des fissures du mur ou d’une ombre au tableau.

Mirliton

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L’Ophélie

O.  fait son lit.
J’ajoutais de l’eau au naufrage, à la noyée

Qui s’était prise d’un goût immodéré pour la flaque.


Partout le liquide s’insinuait, l’imbibait,

En une marée collant à son corsage,

Étalant en nappe sa robe en ligne de flottaison.


J’espérais qu’elle suive la dérive ,

Qu’elle coule suivant son inclination,

Mais immobile dans le bras mort,

L’Ophélie baignait dans son lit,

Juste accostée près du ponton,

Abritant de son ombre les poissons,

À attendre l’été, asséchée dans la vase.


Mirliton 

Noir Vénus


Sortie de douche, détendue

L’éclat sombre de sa peau

Encore toute imprégnée de pluie,

apparaît luisante, lisse, vernie.


Surprise qu’un courant d’air

couvre ses bras d’un grain de nuit.

Elle se frotte avec énergie,

Se réchauffe du moelleux d’une serviette en coton..


& quand sa fourrure douce sèche,

s’enroule dans de petits roulis,

Elle ouvre les doigts en peigne

 les lisse, les aplatit.

Mirliton

Grave

Là haut, l’étendue des branchages

 Qui enserre la chapelle 

& des oiseaux partis qui y  cachent un nid.

À la renverse,

Des feuilles dessèchent

& les racines s’accrochent au terreau. 


Le hasard des lumières pense en hublot,

Sur une découpe en planche,

En forme de ciboulot. 

Mirliton

 

Broyer

Sans dessin, le paysage se couvre

D’une pluie fine de traits hachés.

Le noir imaginé d’une antique caméra.

Le trou bleu nuit arrose en geyser les lignes,

Libérant en bouillant un jeu de spasmes,

Un jet irréductible qui plisse les entrelacs.

Un mystérieux hoquet secoue en bas,

Quand la terre se trouble et l’écume se débat

& surnage une âme, une mousse sombre de lave.

Les humeurs se mêlent, dérangent les ébats.

L’incendie de foudre inonde le rivage,

S’écoule le noyé jusqu’au calme virage.

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Mirliton