Clochette

FLORE

Un soir de grande chaleur, le tangage doux & lancinant, sous le regard perfide des moustiques. Un tortillon sous les pieds pour les chasser & l’orchestre qui fait rien qu’à enchainer nos oreilles.
boJJi
Le quai roti sous le soleil blanc. Le ciel, une cruauté bleue. Une nouvelle gare, une nouvelle ville. Dissoute, l’impatience de mes débuts, je me suis glissé dans le rythme de ce pays. Il y a peu, des tonnes d’eau claquaient sur les terres rouges,, menaçaient d’avaler les collines. Cette colère liquide a été engloutie. Le monde neuf comme le sourire de l’ainée, de la scarifiée.
DéeSSe.

 

Annoncer la couleur


Lorsque l’on s’attache à lire les couleurs, on est surpris de voir que, bien que l’usage de la couleur soit culturellement partagé, la couleur n’a pas de sens en elle-même. L’ensemble des textes sur la couleur a pourtant tenté d’orienter la vision, surchargeant chaque teinte d’un sentiment, d’un rapport analogique ou la classant dans une répartition symbolique ou chromatique.

La science elle-même n’a pu que constater que les écarts de longueurs d’onde et a laissé le rythme et la mélodie sans voix. L’âme publicitaire ou signalétique n’a utilisé la coloration que sous le mode autoritaire et contrasté. Pourtant, une expérience de la couleur en dehors des définitions scientistes ou mystiques est chaque jour pratiquée. Elle a pour base la reconnaissance des objets. Regardons la nourriture : ce citron est-il juste jaune pour être acide, cette viande assez rouge pour être bonne et cette souris assez grise pour être gibier. De cela, nous sommes amenés à penser que la couleur aide à la forme. Ces couleurs partagées, lieux communs de la reconnaissance, ne parviennent pas à laisser les teintes livrées à elles-même. Même lorsque la lumière baisse, notre mémoire n’est-elle pas en train de colorer l’image pour bien la retrouver ? Longtemps, l’art attaché à la ressemblance a tenté de restituer l’image que nous souhaitions voir.

Aujourd’hui, seuls face aux coloris, nous errons sas but, distribuant les teintes en aveugle et, satisfaits des rapports rencontrés, nous pouvons décorer. L’ascétisme des années passées a bien tenté d’établir la grammaire à repenser, d’asseoir l’art contemporain sur la morale de l’universalité ; la couleur s’en est toujours tirée. Cacophonique par essence, elle ne se laisse jamais téléguider ; utilisée en excès, elle n’a jamais démérité. Et nous, nous restons face aux motifs colorés et vous les admirez.                               jean yves beaujean