La p’tite vendeuse de poissons

Fillette au poisson

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À l’étal, l’écaille encore luit,

D’un papier chiffon elle l’emballe.

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Son corps, elle l’ondule,

Sirène si loin des marées,

Elle règne en devanture.

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Mirliton

L’inconnu

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L’éblouissement

L’éblouissement

~

Rose pâle, papier mâché,

En poussières d’étoiles,

L’œil au briquet solaire

Éclate en étincelles.

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Des disques de Saturne

En anneaux me portent

& sur un pied je tremble

D’échapper au système.

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Mirliton

Juste au corps

Juste au corps

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Décor,

L’aconit tue loup,

Un tapis de montagne

Un désordre de capuchons,

Gueule de loup en campagne

Griffes dans les broussailles.

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Juste,

La petite accroupie

À l’abri tremble et larmes

& reste cachée longtemps

Jusqu’au débordement.

Elle s’est tapie souris.

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Encore & graphes,

Juste au corps

Mal aux pieds?

Perdue, tordue cheville

Le chemin forestier défoncé

Les bras en moulinet.

Mirliton

Prince dormant

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Autour des lampes

Dansent et grillent, en transe,

Les fines mouches.

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La nuit rend volubile sous une voute d’étoiles

& le jour trop réel, elle l’oublie en dormant.

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La voilà repartie dans ses rêves

Poursuivant le jeu des idylles

Au secret des passages chimériques

Où tout est faux-semblant.

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Un soupçon de prince dans l’air ambiant

& déjà palpite à ses lèvres comme un tremblement.

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Un murmure: « impossible !», un serment,

Armant une larme, humide,

Elle s’étire en remuant.

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Mirliton

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Guetteurs

À la pêche, elle s’déhanche,

pointe la flèche, cligne de l’œil

& enfonce l’hameçon en fin fond des cœurs.

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Son regard aiguisé & son doux teint de pêche

Les tirent du sommeil. En haleine, ils aboient

Déjà pieds & poings liés à leur belle Hélène.

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Là, où elle tient lieu de loup, dans l’ombre du sous-bois,

aux aguets, elle joue & toi, tu suis l’appât,

Sauras-tu toujours la garder bien éloignée de toi?

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Mirliton