Au hublot

au hublot
~
Le voyage de vagues
de mousses en lessives
Nous entraine au hublot
L’univers sous-marin
d’un tortillard kaléidoscopique.
~
Y baigne une culotte
Passagère oubliée
Motifs des tropiques
Rayures d’azimut
Élégant de toilette
~
Mais aussi un
Simple mouchoir pleurant
L’au revoir des départs
Le moteur essorant
L’esseulée
& son nez en trompette.
~
°} mirliton {°
~

Bzz…bzz…bzz

Bzz…bzz…bzz

~
Lestes, comme elles butinent
Presqu’utiles au matin.
~
Une bande de mandolines
se mêlent du refrain.
Des fleurs aux étamines,
Au chantier des pétales
Elles se sentent parfum.
~
Jusqu’à en être ivres,
Le pétard en nectar,
Revient vite alors
le tournis du retour
Au dédale du chemin.
~
Rentrez pas trop tard!
La reine indigne s’inquiète.
~
°} Mirliton {°
~
tournis, tu dis
pareil il faut rouler
bouger
sur le jour et la nuit
les interprétations qui fusent
à en rire encore et encore
comme si l’hiver jamais
cherchait son chemin
*
{ caroline D.}
¥

Les paysages de l’ombre

Les paysages de l’ombre


Le verre assez lucide
pour laisser la chaleur
nous baigner de rayons,
découpe son cadre d’ombres
& projette la lumière
d’un théâtre d’illusions.
~
°Mirliton°
~

& verse et verse
l’invisible visible
que se dessine l’heure
sur la scène du jour
Le jardinier s’avance
vers le fond de sa cour
et le soleil dépose
un grand éclat d’amour.

~

Caroline D.

~

Début

Mercredi 18 mars
…….

Dehors, l’activité s’endort
Le monde Occidental si frénétique
Oublie son avenir
& se carapate dans son donjon
Quand la ville assiégée par l’invincible minus
Ne sait plus que refermer ses portes.
……..
Nous nous sommes & restons attachés à notre port
& suivons aux fenêtres ouvertes le soleil qui se montre
Là bas la mer seule fait ses vagues
& les poissons , eux qui n’ont pas péchés
Sont sauvés et forniquent dans les eaux profondes.
……
J’yb en Mirliton
*
Silhouette/ première couleur
*

Tous ces lieux qu’on invente
comme autant de bateaux
amarrés dans le vide
À faire couler les heures
Naufrages – dans le jour à percer
le jour à fleur de coeur, oublié
et l’autre, dérobé
à fleur d’effroi
Et là, devant quelques hublots
en grands chevaux sur l’eau
toutes crinières au vent
l’attention et le geste
en mots et
silhouettes

Caroline *D

L’entrevue

La lumière des voiles

~
Mise à nue, lente , elle s’éternise,
Cache sa pâleur, sous un drame interlope.
*Luisante de sueurs, l’abandon l’interloque*
Elle s’enroule, pâlit,femme vive,
un suaire doucement l’enveloppe.
~
« La nuit, veux tu voir une teinte?
-L’ardent charbon me tente.»
*Dans ses yeux, luit un miroir sans tain*
Un soupçon d’ombre semble l’avoir éteinte,
Alors,elle reste en dedans,
en eau, en fuite, en cendres*
~
*
~
Mirliton
~
La patine des jours
~
Elle regarde les fantômes
s’éterniser sur l’étamage.
Se confondre et se perdre,
et s’étaler sur son image.
Jusqu’à voir autrement le monde.
Elle rêve comme rêve l’arbre.
Vêtue d’écorce, tendre et dure.
La neige peut être moins froide.
Et les feux moins brûlants.
Mais ardente ou voilée, la matière subsiste.
Belle d’eau vive ou de poussière.
~
Caroline D.
~
*
~

Navigation

~

De mémoire de coton,

Femme blanche,

oublie déjà les soins

que tu donnes en pâture!

~

L’eau n’est qu’une sensation,

Flamme blanche,

Douce & fraîche évasion.

Tu t’y glisses en bouchon.

~

Soie sombre de l’onde,

Le fil de l’eau qui

Plisse au moindre geste.

Tu t’embarques au rivage.

~

Léger moteur de palmes,

Col de cygne.

À ton embarcation

Tu ajoutes ta figure de proue.

~

Mirliton

L’envoleur

L’envoleur

d’une cour de récré

Joue

À la course effrénée.

~

Un mélange d’envolée de plumes

Chien, effrayeur de poulettes

Au loup!

En sueur, en peur

~

& la p’tite?

Plongée dans ses pensées

Kék’ t’as encore trouvé?

~

Mirliton

~

Et y voir

l’étoffe du temps

Des parfums de terre

sur un clair d’enfance

Un instant innommable

entre les oiseaux doux

Caroline D.

~

Vert bleu

Au bord, une lumière remonte des fonds.

Le sable donne alors à l’eau sa verdeur opaline.

La mousse lèche toujours un peu plus de plage.

Un ciel lourd de nuages glisse en silence

& découvre une voûte immense.

L’air se charge de nos narines.

L’instant d’après les couleurs se mélangent.

Mirliton

La passerelle

~

Une passerelle, fine et bleue,

articulée en bois, relie les deux côtes de l’aber.

Elle se soulève et laisse, par moments, passage

aux longs mats des bateaux.

~

En dessous,

Une charpente de piliers s’enfonce dans l’eau

& forme comme un cadre, un châssis,

une chambre obscure

où se baladent, en cages,

images et reflets du paysage.

~

Mirliton

La porte vert vermillon

La porte vert vermillon

~

Mouche, tes yeux étonnés vers la rue.

L’énigme d’habitudes, de clés

S’inscrit dans les fentes du bois.

L’ocre rouge orangé colle au Basque.

Les ferrures qui rampent, rouillent & hantent

L’éclat d’une peinture laissée à jamais seule

La dalle qui escalade sur la pointe des pieds

& l’ amygdale, l’araignée des végétations .

~

Mirliton

~