La godille

L’aviron brasse l’onde en huit hélice.

Les sœurs blondes hélas tremblent 

Déjà l’eau mouille les bottines.

Elles s’excitent dans l’esquif

S’empêtrent, toutes trempées du jupon

Collé blanc transparent juste aux corps.

Échoppent, s’effrayent les ondines.

& elles se font à l’envers des films

Où la mer sans fin les chavirent, les enlisent.

~

Mirliton

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Réflexions faites

L’attention donnée au chemin est soutenue.

Chaque pierre rend la marche précautionneuse. 

L’équilibre balance les bras.

La pensée s’accroche à la route,

L’instant d’après divague.

~

1

La symétrie est une habitude simplificatrice.

Une fausse symétrie amène un plaisir supplémentaire,

Une légère complexité qui oblige,

suspend le regard, le temps de savourer

cette simple variation de la forme.

~

Se voit-on trop dans le miroir,

pour ne pas se connaitre dans une photo?

~

2

Le tracé du corps en spectacle

Inverse les rapports du visible.

L’invention en chaque moment de la courbe,

d’un dos, d’une main, d’un creux…..en un trait,

doit donner à la présence de la figure entière

La forme d’une apparition.

~

Se laisser séduire au premier regard.

S’y reconnaitre.

Ne l’avions nous jamais déjà vu(e)?

~

Mirliton

Ombrella

°

Ombre blanche sur un fil

En mouton pomponné

                                    (S’ouvre à l’équilibre)

Cache un bout de nez,

Distribue les œillades

~

Et d’un geste distingué

Retourne se plier,

                                   (S’oblige à petits pas)

À la marche bridée

D’une robe resserrée.

~

Mirliton

Au hasard des silhouettes

~

Je rechigne à la tâche,

P’têt bien d’fatigue lasse,

Du dégout des couleurs.

Bien fait pour la mêlasse!

~

T’as plus qu’à r’prendre la plume,

Tirer un trait dessus, un autre,

T’avancer dans l’ étendue du noir

& t’attirer vers la forme qui passe.

~

Tu sais que tu n’veux pas

Trop vite la reconnaitre

Laisser un leurre en bois

Être ton canard de chasse.

~

L’encre qui boit-sans-soif.

navigue, nage à la rame,

laisse des traces de pas,

Silhouette des hasards.

~

Mirliton

Au départ

Au départ, c’est l’envie de partir,

De faire de l’esquif une ile solitaire,

Flottant entre deux creux de vagues,

Balloté, coque de noix du désert d’eau,

Inquiet,la nuit, de couper la route des naufrages

& ravi d’un dauphin qui tout d’un coup gambade.

Mirliton

Souvenir de l’inondation

Souvenir de l’inondation

 

Décor de circonstance,

Peinturlure, badigeon

Un photographe ambulant

S’amuse à l’inondation.

Les chalands s’installent

Dans l’esquisse de l’embarcation

 

Prenez la pose!

 

Dans l’même bateau

D’un blanc évanescent

Exigu de jupons

Les demoiselles chavirent

Débordent, débarquent

À la rescousse!

Éclabousse le mousse

Emporté par l’élan,

Pagaye dans la pagaille

D’une rivière en crue.

Le courant les avale.

Dévale en cascade

Dans le jus, dans le bouillon.

 

Enfin….de l’émotion!

Mirliton

Pris sur le fait

Pris sur le fait.

~

Les deux complices avaient en tête

L’idée d’arranger l’oranger.

~

De lui faire un air de fête

D’y creuser un nid à secret

De déterrer la hache de guerre

De mettre les racines en l’air

D’ajouter à la caisse des roulettes

& d´partir dévaler le sentier.

~

Mais attention au vieux pépé,

Moi j’le déterre, toi tu fais le pet.

~

Mirliton

Quatre feux

Quatre feux

Le grillon du foyer

Encrassé au carbone

S’aligne au cordeau.

~

Au cordon bleu corbeau

La pie cachée se fâche

& se dit désolée de le voir si beau.

~

L’oiseau se tire d’aile,

Trop chaud la discussion

& s’en va, la plaque de cuisson.

~

Mirliton