La solitude

La solitude

Tu s’isoles dans le silence de l’image
Rejoues une pensée sombre

Le chemin n’a plus d’importance
Sinon de te fondre dans un paysage
Éloigné, lointain
Y prendre une couleur d’ombre
& marcher, dissiper le temps

Toi, tu voudrais oublier ce miroir
Où tu ne peux réfléchir.

MiRliTon


C’est tout ce verre laissé par terre
& ces boîtes
Devenues lourdes d’être vides
Tu les as vues, dis-moi?

& puis le bois
Pieds nus
Sur la vie & le temps
Pour semer des choses patientes

cArOlInE D.

Rhino féroce

Parfois
je voudrais être
rhino féroce
Croc Odile & les faons
grizzly sur sa mandoline
outarde un peu forte
& conduire une otorhinolaryngologiste
par le bout du nez.

(^mirliton^)

TU L’ES DÉJÀ, VOYONS…
TOUT ÇA ET TOUT LE NEZ AVEC
CEPENDANT QU’ICI JE JARDINE
SURTOUT POUR LA PLANTE DE MES PIEDS
BIEN NUS DESSUS LA TERRE
COMME LES CHANTS DE PIGNONS
ET COMME LES RATS BLEUS TOUT HEUREUX
DU PRINTEMPS ENFIN ARRIVÉ !

(<caroline>)

L’accoudée

L’accoudée

Elle fait rien qu’à r’garder le paysage
À se tordre la colonne à voir passer les nuages
même qu’elle s’imagine y voir ses mirages
Se prendre en féérique comme un coléoptère
Cendrillon en chaussons s’y croit en hélico
Elle rumine, elle alpine les flancs de ses sofas
Voudrait bien dévoiler l’ébat de ses frissons
Là bas y respirer un parfum de chanson.

🧚🏽‍♀️mirliton🧚🏽‍♀️
🧚🏿
Peau de pêche sur le soir
goût de crème dans le noir
y a qu’à voir pour y voir
qu’elle se gave de ciel
de jour & de mystère

🧚🏽‍♀️
S’éprenant au passage
d’un danseur éphémère
son désir joue d’un oeil
posé sur le printemps
aux arômes de cerfeuil
sur la route du vent


🌬carOline D.⚪️

Dos

Au dos du ferrotype
D’un noir profond de laque
le fer s’y pique de rouille
& l’effaceur y grave l’homme nu empêtré,
Lourde taille, embarras d’un fouillis d’adhésif.
Là,
Il se contorsionne dans une nuit de marais.

miRliTon
{J’yb blanc effaceur au digital}


Tous ces exposés de lumière
par autant de jeux d’ombre
de brûlures de cuivre & de fer.
Fut-ce par le ventre d’un homme
ou celui d’une femme –
une main tendre sur le dos
pour une terre à vivre.
L’effaceur l’aura dit :
N’arrive jamais qu’avec le temps
qui repart déjà dans le vent.

CaROLine D.

L’esprit vagabond

L’esprit vagabond

L’hilarité
Ce son des onomatopées
articule, gesticule à mi mots
Ia marche vagabonde


Au vestibule des langues
De mimiques en grimaces
Incongrues, l’inconnu
Arrive au cœur de l’hilarité
L’oralité n’a pu ka bien s’tenir.

°} MirLiTon {°


Vagabond dessin crème j’y beaujean 2022

Oh ! mais qui vient là
Tout près du mont de terre
Que regarde mon chien, un oiseau?

Les montagnes sont belles
Oh ! ma Noma Topay
J’ignore le cruel
Pour le bleu en échange

Tranquille sur la route
Mon grand chapeau d’hilare
‘vec mon sac à l’épaule
Pour un banc doux de lierre
Je traîne mon lilas
Mon riz avec mon thé

… {caRoline D.}

L’exercice du rivage

Crayon j’y beaujean 2022

L’exercice du rivage

Par tout temps
Le rivage exerce un attrait
Un trait, une frontière au désert de la mer
Le bout du monde y laisse miroiter des reflets
Avec des nuages qui font tourner la terre
& le vent qui nous donne des ailes
Immobile, je suis le paysage.

miRLiTon…


Chaque fois
c’est un brûlant de ciel
un éclair entre la mer & moi
quand son eau vient enlacer ma peau
que son vent me souffle qui je suis
& que toute ma langueur y épouse la vague
mes pieds enfoncés dans son sable mouillé
mon corps accordé à son infinité
je me comprends électrique
un faisceau de mer
un arbre de sel


caroLine D.

En un clin d’œil

peinture 120/89cm
jean-yves beaujean 2022


En un clin d’œil
Tout me revient
le souvenir de chaque virage
le vieil arbre à l’écorce gravée
toujours là à m’attendre
Juste la couverture du feuillage change
à chacun sa saison
& l’oiseau « huit! » quelque part sur une branche
me pose au cœur du paysage.

miRliton

Ah!
pour l’instant qu’on laisse derrière
avec le coup d’aile donné
et tous les bourgeons éployés
dans cette humidité d’avril

Pour la lettre de chaque instant
échevelée par le vent
et la peau trempée par la pluie

Pour autant que les gouttes perlent
je me souviendrai, dit-elle –
quand bien même j’oublie

caRoLine D.

La branche dénudée

La branche dénudée

Derrière un perchoir, mirador,
La nuit la lune
découpe les plumages.
L’oiseau à l’étroit sous la lampe,
À l’effroi d’être reconnu.

Heureusement,
un nuage lent passe
& masque une lune endormie.

« J’ai le temps d’aller m’cacher! »

[°miRliTon°]

🌖

Mais faut s’le dire –
tout ça c’était la nuit dernière…


Une étoile glissée sous son aile
accord de lune & d’horizon


À sève d’âme et d’astre clair,
quand même il nous répond :


Pour que la montagne soit mienne
il suffisait que l’arbre chante


J’aurais dormi entre vos bras
que je saurais le tendre




°]carOline D.[°

Le crayon libre


Fable

Un crayon hésitant de bien trop en faire,
de trop faire du particulier,
laisse son âme noire libre,
libre de patiner
& de sa lame fine
file sur un miroir de papier,
trace le blanc de la glace,
imprime en mémoire un reflet.

{miRliTon}
Carnet j’yb 2022

& voilà qu’assise
près de l’ombre d’elle-même,
elle regarde le monde
sans ni savoir ni rien vouloir.
Tant que le soleil est là,
tout tourne et chante.
Et le vent fait la suite.


{caRoLine}

Solution

peinture j’yb 2022

🌕
Entre deux eaux
Choisir ce moment suspendu
Où les gestes se dansent.
🌑
Tout en apesanteur
Un rêve d’insouciance
Où s’enfonce la nuit.

🌒miRliTon🌘

J’ai été rattrapée, dit-elle
Par une balle lancée dans ma cour
Une petite balle bondissante

& je saute encore autour d’elle
Moi odonate & mélusine
& femme à mes jours

Par chance
Ma cour est grande

🌘caRoline D.🌒