Galipette

~

Les enfants préfèrent les galipettes aux galimatias,

Ou bien

les chansonnettes aux gros zopéras,

Ou bien

Le fou rire au milieu du repas

Ou bien

Une guerre d’oreillers,

Tu m’attraperas pas!

~

Mirliton

~

Pendant ce temps

la neige tombe et fond,

d’une préférence à l’autre.

Et les jours galipettent

sur un matin de Bach.

Jouez, enfants, jouez,

que nos coeurs entonnent!

~

Caroline D.

Chaperon

Le chaperon

~

Le vois-tu ce Filou Velu

Foula-t-il le talus à mains nues?

Gambadant à bride abattue

Sous les bois il s’est dissout

Malin plaisir caché sous la cendre

Reprends ton souffle, expire,

L’empire du conte respire.

Toi, tu t’époumones à tue-tête

T’épouvantes, te lamentes déçue

Réduite à l’amande perdue.

~

Mirliton

~

Mambila

~

~

Et la cendre, et le souffle, et l’amande.

Tu chantes à bois perdu

et dans la minute qui suit,

te voilà gambadant où le plaisir entend.

Surtout restes-y nue,

tous les filous s’y trompent.

~

Caroline D.

~

Décors

L’ultime sapin s’accroche

Le vert verdure clignote

Les décors bringuebalent

Sous la chaleur de l’âtre.

~

Des êtres imaginaires,

Lapins noir chocolat

Ours doux en peluche

Sont là,en mémoire de la faune.

~

Mirliton

Et l’enfant trimballait

son coeur en guirlande.

Ce faisant, il chantait

pour la caresse des notes.

« Petit chien sous ce chat

que fais-tu, que fais-tu là?

Est-ce que tu rêves d’un cygne

et d’un lapin tralala? »

~

Caroline D.

~

Le répit

Le répit

~

Peinture sur toile 2019/ j’ybeaujean

~

Entre eux,

La caresse prend l’accent d’un répit.

Ils ronronnent sous la langue,

Se lèchent des blessures

& le temps d’un repli,

Ils se redonnent la force

D’affronter dans la course

Les morsures des ronces,

La griffe des épines.

~

Mirliton

~

~

Quand leurs couleurs se mêlent

d’entre la chair et l’âme,

le ciel s’ouvre à nouveau.

Tout redevient possible.

Les baisers trouvent l’oeil

comme des gouttes d’eau,

des ondées salvatrices.

~

Caroline D.

~

Peau >•< Aime

Fleur de peau >•< Aime la lyre

La poésie n’épouse les contours de rien

Elle épouse entièrement la pente ombrée du ravin

Le goulet de la nuit qui s’incurve sur ses reins

Et si elle crie c’est du froid que laisse l’absence de tes mains

Parties rejoindre le premier envol d’oiseaux illimités

Au langage incertain et peuplé d’exils

La poésie est une émeute à huis clos L’ivraie indocile

Et écarlate d’un formidable chagrin

Qui meurt dans un lit de sel érigé en cimetière de mots

Où la chair éclate de la fleur rendue à la fleur

 

Barbara Auzou.

https://lireditelle.wordpress.com

Figures

L’élégante

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Géante emmitouflée

La crête vire écarlate

L’ombre sur le nez

L’hiver fourrée, gantée

L’envers de soie léger.

Casaque rayée.

~

Figures

~

Lassée des entrelacs,

Petit chat entre pas,

La rate tutu est là

Déjà joue les grands bras.

~

Blessée des roses d’acier

l’entrechat à petits pas

L’écart…saut de coté,

Retombe, souliers pointés.

~

Encore … Recommencez!

~

~

Robinson a crû Zoé

~

Vient-en,j’m’en va t’aimer!

Te laisser m’enlacer,

Mimer des zébats doux zosés

& m’bécoter à la rose l’adorée.

~

Mirliton

~

~

Et l’hiver fut géant.

De quoi mimer l’écart, le pas léger,

sur un grand lac d’acier.

Jusqu’à même la crête écarlate

au petit vent de rose.

Et c’est tant mieux, bien sûr.

Puisqu’avec ses souliers

d’amours ou d’entrechats,

elle embrassa son ombre

et enlaça le monde.

~

Caroline D.

~

Tomber des nues

Tomber des nues

~

Sans caricature,

Le mouvement déployé,

Chacune d’ailes s’étire

Le corps articulé

En un langage de gestes

Déforme l’espace d’un instant

Un lit de sable ou d’herbes

Où s’étire l’allusive.

~

Mirliton

~

En mer rouge ou bleue,

à bras ouverts.

Sous un ciel blanc ou gris,

d’emblée dansante sans y perdre

dans l’ocre des jours et des nuits.

Son corps éperdu de renaître,

à chaque instant,

pour toujours à vents d’éphémères.

~

Caroline D.

~

Les Éphémères

Les Éphémères

~

Les accents de couleurs

se glissent dans la silhouette.

Image fugitive,

Instable comme

Un instant croisé,

Un sourire qui s’efface.

~

Mirliton

~

Elle avait gardé la maison

et l’enfant le savait.

Un jour, elle-même y vivrait.

Pour l’instant, le temps était ailleurs.

Et l’espace donnait à se vivre

ce que l’errance dépose.

Comme dans les vents de l’aube.

~

Caroline D.

~