Pâtés de sable

Un instant sur le pont, à la terrasse, dessous une péniche glisse

dans un lent ralenti. À peine le trouble à la surface.

Tourbillons,elle ronronne, l’imperturbable me passe.

Je vis poindre, fasciné, l’épatant marinier qui s’amuse aux pâtés

& dissipe ses nuits en marchand de sable.

               Mirliton

La traversée

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Paris-Brest

Les voyageurs à 300 à l’heure entrent lentement en léthargie profonde,
Les yeux se ferment au silence doux et grave d’un rail continu,
Balance et tremble, un vent en sifflet qui accompagne la rame.

La perspective du paysage se déforme, s’articule,
au fond, les villages tournent autour des clochers,
& l’hypnotique talus en rideau brouille le spectacle.
La lecture déraille jusqu’au prochain message.

Bientôt, sentant la fin du voyage, les endormis s’agitent,
s’alignent dans l’allée, s’en vont le bagage en sulky,
prêts à en découdre sur le quai d’arrivée.

Mirliton

Les associés du regard

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Boulevard Henri IV, Sully Morland Paris 4

Parfois, quand dans les rues,
Une boutique en jachère
Semble attendre le temps
Toute couverte de poussière.

J’aime à couvrir d’un lé sa solitude,
Lui donner quelques jours
Mes dessins encollés en devanture
& associer en ville, vos regards dans le mien.

Mirliton

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Rue Chevreul, Paris 11

L’île déserte

Chacun dans sa coquille est adepte d’escalade
& souhaite bons vents, tempêtes et crises de nerf.

Aux antipodes, sur catalogue, déjà, on rêvait d’y aller,
Pendant que eux, ici, montaient les tours Eiffel.

De loin, l’hélico s’installait stationnaire n’osant trop s’approcher
& les fourmis insulaires fuyaient à notre approche.

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Le ciel toujours clair, clément et la mer sans ride,
Nous faisaient oublier l’aimant de la boussole.

À la moindre éclaircie, c’est parti! On lançait l’escapade,
& la nuit là haut, on adorait voir monter la lune en lampadaire.

Mirliton