La femme hirondelle

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Dans le noir, brille le feu de la piste.

D’aventure la femme est invisible,
Pourtant, tapie dans sa place au donjon,
L’impalpable reine des airs,
La femme joue à être l’illusion, l’hirondelle.

Est elle :
L’ hirondelle éloignée d’un faubourg?
La queue d’aronde effilée en pointes sèches?
La tête ronde inquiète en boulet charbonné?

Attifée de plumes en flèches à déployer,
Sa voile prés du corps, l’éventail est rangé.

Familière des rumeurs des alcôves d’étable,
À l’abri dans la grange où sèche déjà la paille,
Dans un coin de charpente, la terre du nid bave
Un trou rond, l’entrée, longtemps lissée au bec.

Dedans, elle se change et se jette en étoile,
déployant d’un coup sec des ailes de papier
&, s’en allant défier l’harmonie du public,
Elle défile, là bas dans un coin de vallée,
Sur des fils où s’accrochent déjà les autres notes.

Un soir, j’aimerais sentir son regard sous sa note.

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نور_الهدى  Nour Al Houda

Ya Jarata Al Wadi              Riveraine de la rivière

Chanté par Nour al Houda     diva du Liban

Poëme de Ahmed Chawki

Emu, ô riveraine de la rivière, j’ai revu à ton souvenir comme des rêves

Je me suis représenté ton amour dans ma mémoire et dans mon songe car les souvenirs sont l’écho volubile des années

Je suis passé par les jardins de la colline verdoyante où j’avais l’habitude de te voir

Des visages et des regards m’ont souri j’ai alors retrouvé dans leur souffle ton sourire

Je ne savais ce qu’était la vraie étreinte jusqu’au jour où, tendrement, mon bras t’a enlacée

Les formes de ton corps ondoyèrent sous ma main et tes joues s’en enflammèrent

Je suis alors entré dans deux nuits : ta chevelure et le soir qui descendait et j’ai embrassé comme un clair matin ta bouche

Les paroles se sont tues et mes yeux se sont dans le langage de l’amour adressés aux tiens

Ni la veille ni le lendemain ne faisaient plus partie du temps qui n’était plus tout entier que l’instant de ta confiance.

Traduction de Jalel El Gharbi