Noir d’écrin

Tu sais, la nuit ouvre la boite à lumière
& projette, en grains blancs sur noir
Son cinéma depuis l’unique fenêtre active.

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Derrière ton remue ménage de pensées solitaires
Quelquefois résonne un éclat de vaisselle tardive
Ou encore, sans fin, l’air agite une radio plaintive.

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Faudrait penser à te coucher, le nez dans l’oreiller,
Quitter l’écran fragile du poulailler, Cocotte.
Déshabiller le volatile, noir de plumes, blanches de guiboles.

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Dans la chambre t’attend ton livre retourné,
La page cornée cherche encore à continuer l’histoire.
Faudrait te coucher sur le coté, t’allonger & poursuivre.

Mirliton

Caractères imaginaires

Caractères imaginaires

Ri , elle,voilée comme au parloir confesse:
Dessous dentelles et dessus bleu tourments.
L’habitant clandestin au grillage s’incline,
Elle cherche le mot doux qu’en douce on lui glisse
Rentre enfin en découdre dans une danse lascive,
se laisse porter, dévoile & coule dans l’interstice.

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Phi, nez au vent, la trotteuse solitaire,
Visage bruni par le feu des embruns,
Conquérante d’aventures & d’idylles de gamines
Éblouies d’être prêtes à frôler Robinson,
Qu’elles goutent la sueur poisson de l’évadé des brises
& donnent en gage leur douce saveur de fille.

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Lou, renfrognée, l’évasive,
Refusant toute approche, soupçonnant une malice,
Effrayée, calfeutrée sous la robe, serrant les cuisses,
Se voulant intraitable à en devenir grise,
Faute de mieux, rêvassant, suçotant goulument son crayon
& en croisant les jambes, est prise d’un tremblement.

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Mirliton

Encélade

Au bord du cratère, la montagne y perce les nuages,

L’air est rare, mélangé aux vapeurs des fumées.

L’homme des sommets découpe des roches en bagues.

Le soir, le géant redescend , glissant sur les rochers.

Par moment, il reprend son souffle, s’assoit sur le coté,

Attend la nuit, rêvant de voir défiler les étoiles .


& se dit que le temps est vite passé.

Tout petit il goutait au lait des femmes anthropophages.

Il restait accroché à leurs hanches rebondies.

Elles, berçaient, lui, s’endormait gavé,

Gardant cette odeur sure de caillé qui attirait les mouches.

Il s’était assoupi à un sein et rotait les yeux fermés

Et les mères cannibales attendries tournaient la fricassée.


Mirliton