Fable verticale


Les fourmis zélées procéssionnent,

Elles affirment que tout tourne autour du soleil

& la nuit, inquiètes de ne plus s’y reconnaitre

Elles vont chercher le réconfort des leds.
Mirliton


Géométries simples 

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Impressions


Modeste pompon

Qui vole au vent, éternue à la moindre brise,

les hélico dévissent du pissenlit ,

Entament en formation l’ascension.


Un enduit de préparation couvre

Les jointures de plaques, les fixations

d’une simple ornementation

bientôt recouverte d’un ennui de grand blanc.


L’enchanteur débutant , pétrifiant,

Inscrit dans la roche, couverte à la marée,

L’oiseau de mer, un fou, un goéland

condamné à attendre ici la fin des vents.


Depêche, défriche, décolle.

Sous l’affiche, l’éphémère trace s’accroche,

marque le champ de sillons,

de gestes se mesurant au plan.
Mirliton

Zinc & guinguette 


Au zinc, à faire un rien grise mine,

La midinette médite le nez dans son vin.

Triste, noyant d’eau son anisette.

Un bel adonis sort clandestin 

Lucie hallucine, grimpe, bêle,

grince des dents, grimace.

Indécis, le dieu toujours déçu descend.

Imbécile, le traitre fuyant la dépasse,

Malpoli, irritant tournedos.

Le bel ado laissant là la belle

Sans son numéro d’appel, 

Sur sa faim, elle, le nie & le renie, l’irritant.


Mirliton pour La Desprée

L’Ophélie

O.  fait son lit.
J’ajoutais de l’eau au naufrage, à la noyée

Qui s’était prise d’un goût immodéré pour la flaque.


Partout le liquide s’insinuait, l’imbibait,

En une marée collant à son corsage,

Étalant en nappe sa robe en ligne de flottaison.


J’espérais qu’elle suive la dérive ,

Qu’elle coule suivant son inclination,

Mais immobile dans le bras mort,

L’Ophélie baignait dans son lit,

Juste accostée près du ponton,

Abritant de son ombre les poissons,

À attendre l’été, asséchée dans la vase.


Mirliton 

Grave

Là haut, l’étendue des branchages

 Qui enserre la chapelle 

& des oiseaux partis qui y  cachent un nid.

À la renverse,

Des feuilles dessèchent

& les racines s’accrochent au terreau. 


Le hasard des lumières pense en hublot,

Sur une découpe en planche,

En forme de ciboulot. 

Mirliton

 

Vénus griffée

Femme nue hésitante aux gargouilles tapies.

Des pierres figent les figures de chimériques engeances

Grimaçantes, le long d’un chemin sans repos.

~

Elle, en robe de lumière & les rayons la dardent

& perdue pour perdue, en tremblant elle s’agace.

Rassemblant son courage, s’écorchant au passage,

Se griffe à fleur de peau, se laisse à la ramasse.

Dans le noir qui la glace, elle cherche la façon

D’écarter les épines & d’avaler ses larmes.

~

Protégeant son sillon & démêlant sa toile,

Dans le noir, la vénus poursuivie par le soupçon des âmes,

S’ inquiète un instant d’un air, le chant des voiles.

Mirliton

Histoire de chaise

Osier,

1890-1900

Monsieur Jacques, tout jeune,

Enrubanné, se montre dans le jardin,

en pied sur le fauteuil d’osier,

Fier de tenir depuis peu son équilibre.

Il s’applaudit d’être au centre des débats,

Rit de l’attente d’un p’tit oiseau

Surgissant de l’étrange soufflet corbeau

& sa mère en coulisse s’apprête à la dégringolade.

Mirliton

L’amande amère

à A.

Tortillons & flonflons, agrippée à la scène.

Menteuse, j’aimais quand tu disais j’aime

& m’oubliant en changeant de passion,

Tu allais titubante chercher des illusions.

Tatillon imbécile de te trouver malsaine.

Menteur, je m’étais dit : c’est mieux sans elle

& oubliant mon goût pour le sel de ta peau

J’allais seul & riant préférant être sot.

Mirliton