Conte à dormir debout

L’enlèvement
*
Une bergère tournicote
sans souci,saute mouton.
Pas d’MiLoup dans l’buisson?
Danse cigale agile,
l’air éclaire ton jupon.
*
*
Un ours arrive à jeun (?)
L’énergumène l’enlève.
Pas d’Zorro en faction ?
La fille s’égosille,
La Peluche s’carapate.
*
*
Un prince vraiment charmant
Imbu de sa personne
Pas trop clair de l’oreille
La prend pour un écho
& tout de go répond:
*
« oH Hé, oH Hé …Hé oH ! »
*
🌬💨mirliton
*
On a surpris le ciel,
épris de la Bergère,
à ne faire que du bleu
d’un crépuscule à l’autre.
Il voulait de la belle
qu’elle y pose ses yeux,
son long regard de lune
en baiser de fortune.
*
Pendant ce temps précieux,
tout à l’ouest des jours…
Ni le mouton ni l’ours
ne pleurent à perdre vent,
leurs amours écarlates
habitués aux détours.
*
Hé oh… et le prince?
Un instant s’il vous plaît, ça s’en vient…
*
Quant au prince nigaud,
caché derrière la butte,
il rêve d’un crapaud
ou de la Castafiore,
c’est selon.
Et à travers tout ça,
la Bergère qui danse.
Touralala.
C’était comme ça.
*
🦚Caroline D.🦚
🤸🏿

L’écho

Écho

Matin Seule,
La réponse de l’écho
flottant, lointain,
Tournée vers la vallée
Vertige,l’ illusion parfaite
D’une impossible présence
Même un coyote scorpion
hésite à s’abreuver
L’instant reste en suspens
Déjà le son s’efface.
*•*
}mirliton{
*
rien qui ne soit ridicule
sauf le ridicule
le poème s’efface en écho
c’est quand même tactile
le printemps qui revient
le vertige dehors
elle rentre et ressort…
~
<caroline D.>
!

Repliée

~
Mine chiffon,
son visage doux grisé,
Elle s’imagine poupée.
Ses bras tombent sans façon
& Ensemble, ses deux yeux
clignent à l’unisson.
~
~
Elle s’interroge timide
N’osant, pas trop tranquille,
Regarder son reflet.
Une image enlumine,
Tracé fragile & trouble
La moue & le chignon.
~
~
« Est-ce là mon destin,
traits pour traits
arrêtée pour toujours
idéale prisonnière
d’une image de papier?»
~
°Mirliton°
~
à peine éveillée plissent les yeux
de la première dans l’ombre du matin bleu encore ensommeillée
la seconde écarquillée peine à reconnaître
à qui sont ces mêches blondes est-ce son reflet ?
elle plisse le regard et déplie son kimono froissé la troisième demoiselle attentive à sa toilette du matin est-ce une bulle de savon ou le premier rayon du soleil levant
~
*jF.RoMain*
~
L’endroit resta l’endroit.
Et le monde resta le monde.
Du bleu et des lignes.
Des yeux et des âmes.
À en faire le tour.
Le tour de soi et des jours.
Du coeur et des autres.
~
}caroline D.{
~

Bleu nuit

Bleu nuit
~
Avant de s’éventer,
Elle s’évada,
S’évanouit,
Dénudée
dans la nuit.
~
La belle
proportionnée,
Derrière un éventail,
Cache
Une peau bleue
sucrée
~
Sa face bien cachée,
Au parfum d’étoile,
Constellée
De rousseurs.
La voilà lactée.
~
°Mirliton°
~
Du flanc germe la gratitude,
c’est la sagesse d’Aquila.
En plein milieu du ciel,
au bleu vibrant d’un somme,
dans sa droiture elle sème
la Nocturnale du printemps.
~
}caroline D.{

Dernières pâleurs des jours

Peurs
Pleurs
Pâleurs
~
La prison est dehors
Nous avalons la clef &
Venons à souhaiter en exil
L’infini coffre fort
~
~
Les pilleurs de naufrages
Aux dernières lueurs
Scrutent un souffle, un nuage
une brume de sueur.
~
Pâleurs
Pleurs
Peurs
~
°Mirliton°
~
*
On y met l’absolu.
Et l’absolu s’enfarge.
On y met l’illusion
Et l’illusion s’enfarge.
On y met le moment.
Et le moment se donne.
~
}Caroline D.{

~

Sirénade

~
La pêche n’est pas miraculeuse
Les filets se démêlent,demênent, même
À sortir toutes les sirénaïades
Poissons-chats, loups de mer,
Grondins de Napoléon, chaloupes
& bernique! V’là t’y pas une sirène d’alarme
Une femme-chat miaulant
toutes les grandes eaux d’son corps
Pleurs à peur
Sérénade : « j’veux plonger en ville d’Ys!»
~
Mirliton
~
Devant son doux gémissement
depuis son aurore rompue
dans un trou de l’eau et du temps,
des ruisseaux qui passaient par là
se sont glissés ‘travers la grille
pour y retendre l’aube tendre
et chanter clair au beau matin.
Et son long corps s’est retourné.
Et tout son ventre avec.
Cependant que céda l’effroi
et que s’ouvrirent mille fleurs
comme autant de bras et de coeurs.
Et le ciel y resta penché
sur l’orange des jours.
~
Caroline D.
~
*

Virevolte

Virevolte


~
Une révolution de ballet!
Rayonnante d’énergie,
Elle s’enivre & se grise.
Sous l’emprise des spirales,
Son vertige d’étoile la délasse.
~
En espadrilles, tu glisses,
Enroules
Un volant dérobant;
Dévoiles
le diamant des regards.
~
« Au hasard heureux de l’escarpolette ».
Dixit Fragonard
~
Mirliton
~
*
~
Ô mais l’aube…
Qu’on l’emmène elle aussi…
Les rêves coulent à flot
dessous les souliers plats.
Et regarde le temps
qui s’en donne à coeur vent…
Alors en balançoire, tout l’monde!
Et n’oublions pas l’aube
pour y semer le jour!
On n’a jamais assez de jour…
Ni de nuit, d’ailleurs…
~
Caroline D.
~
*

Mines de plomb

Gris ,gris…La mine courbe l’allusion.
~
La peau de pèche?…Un velours de crayon.
~
Figures de bain,…Perspective de corps.
~
Mirliton
~
À force de les taire
ou à force d’éther, les
mots qui se déterrent,
les mines qui s’animent.
Les traits gris qui se grivifient,
c’est la lumière qui s’en échappe.
C’est vivifiant, chuchote l’une,
tellement grisant, lui répond l’autre,
y a vraiment qu’à se laisser faire,
leur chante la troisième.
Ainsi leurs courbes s’offrent
entières
à l’errance de la main
agrippeuse de bois
de bois
enveloppeur de plomb
pendant que tout un chacun
et chacune
se rêve
éperdu comme libre

Caroline D.
~
~

L’éclat

~
Le vent soulève la jupe
sous la voute d’étoiles
La toison brille d’étincelles.
Demi-ciel de saison!
Je te vois Lactée,
Emportée,isolée
Constellée
La nuit à l’abandon.
Prisonnier de sa toile
De l’écrin de charbon
brille la pointe de l’étoile,
Comme un enfant nu, rosé,
Qui se plaint sur la dalle,
Larmes oubliées de l’espace.
~
Mirliton
~

Et toison, ô tendresse
Toi qui encore l’obsèdes
N’y viens pas sans le vent surtout

Le jour a besoin d’air
Et d’or d’horizon

Le regard est géant
Jusqu’au sureau céleste
Pour autant de fruits
À y prendre

Caroline D.

Autoportrait

Le mirliton

~

Le poète s’enflamme

Y’fait feu de tout bois

Boit, dérive, s’extase

Juste encore un doigt!

~

La poésie hésite

S’arrime à un son chaud

Sa voix clame & pensa

« l’enclume, chant du marteau!»

~

Le papier a la griffe

L’encre est enfin jetée

Le stylo bave, écume

des meilleurs bouts rimés.

~

L’oiseau qui passe hélas

dit en alexandrin:

« Sous couvert de bons mots,

Mirliton n’est qu’une plume! »

~

Morale

~

Moi , je pense que l’gominé

Genre canard laqué

N’est pas le mieux placé

Pour être un plumassier.

~

Non mais!

Mirliton

~

Il danse des oiseaux

sur ses ciels de papier

mais son dos se fait rond

et sa mine chagrin

~

« Encore la même chanson »

dit l’homme diligent

« le jour pousse chez moi

son camaïeu de rose.»

~

Et sur autant de pieds,

la muse qui entonne :

« Vous m’êtes enlevant,

de pinceau comme de vers. »

~

Morale

Chacun son ciel

Huit pieds ou pas

Le temps y fait

bien mieux que soi.

~

Merci Mirliton!

~

Caroline D.

Galipette

~

Les enfants préfèrent les galipettes aux galimatias,

Ou bien

les chansonnettes aux gros zopéras,

Ou bien

Le fou rire au milieu du repas

Ou bien

Une guerre d’oreillers,

Tu m’attraperas pas!

~

Mirliton

~

Pendant ce temps

la neige tombe et fond,

d’une préférence à l’autre.

Et les jours galipettent

sur un matin de Bach.

Jouez, enfants, jouez,

que nos coeurs entonnent!

~

Caroline D.

Songeuse,

Songeuse,

~

Elle nourrissait quelques pensées obscures

Qu’elle aimait reprendre;

Ajuster ses mots.

~

& quand le soir venu , allumé par la lune,

Elle voulait les redire

À son reflet dans l’eau.

Mirliton

~

Obscure
Elle voulait quelques lunes
Pour nourrir le reflet
Celui des mots et de l’eau
Dans le soir venu

Caroline D.

À l’amble

~

Un balancement de bras

Jambes & bras à l’amble.

Un sable tendre de plage

Qui s’enfonce en sourdine.

~

La lumière qui s’échauffe

Devient bientôt cuisante.

Le torse s’enroule de chaud,

Le dos se plait à l’ombre.

~

La mer s’échappe, revient,

fraîche & frissonnante

À lécher le badaud

À rafraichir les plantes.

~

Mirliton

~

Construction

Chaque dessin doit être prêt à tout réinventer.

La courbe cassée comme une côte de rochers.

Un trajet.

La forme est ce sentier côtier où chaque pas est la découverte d’un nouveau panorama.

La forme en panorama.

Le corps est délié de sa description .

L’œil abandonne une rapide ressemblance pour une ligne musicale.

La beauté n’est plus dans le sujet ou dans la pose mais dans le plaisir de la promenade, du parcours des détails des éléments du corps.

~

Mirliton

Vert pianiste

Vert pianiste,

~

Le siège est vermoulu, cramoisi, en velours.

Elle, elle reste sage, figée, pâlotte

Même si sa menotte sortait de sa culotte,

la belle s’ingénierait à paraître innocente

~

& quand, longtemps coincée sur l’assise molle,

Elle sent monter un point, une douleur vive,

Elle n’ose plus bouger, de peur d’être prise

La larme triste à l’œil et la mine grimace.

~

Elle regarde passer la pendule….

lente.

Le piano qui clapote,

Quand les cordes se tendent .

~

« Vivement que les marteaux enfin se cassent,

Que ne vibre plus en pics dans toute ma carcasse

Tout ce tintouin d’enfer d’harmonie pâle.

Que se taisent les notes, que je parte, que je rentre

Rêver d’un bain chaud au creux d’un nu délasse. »

~

Mirliton

Une gallo romaine

Pays d’oubli ( Lamento )

J’allais te dire

Partir, la roue tournait,

serrée, dans ta cage dorée,

J’adorais au creux te garder

Garder ton secret sommeil.

~

J’aurais dû t’y suivre,

Pars! Courir ton sentier

Envolée, gorge serrée

Je ne retrouve plus en creux

La chaleur du lit parfumé.

~

Plus voulu de caresses,

Moi qui buvais ta bouche

Partie, ma belle lassée

Tu oublies, enfin t’essaies,

La prison d’être aimée.

~

Mirliton

~