À l’amble

~

Un balancement de bras

Jambes & bras à l’amble.

Un sable tendre de plage

Qui s’enfonce en sourdine.

~

La lumière qui s’échauffe

Devient bientôt cuisante.

Le torse s’enroule de chaud,

Le dos se plait à l’ombre.

~

La mer s’échappe, revient,

fraîche & frissonnante

À lécher le badaud

À rafraichir les plantes.

~

Mirliton

~

Publicités

Construction

Chaque dessin doit être prêt à tout réinventer.

La courbe cassée comme une côte de rochers.

Un trajet.

La forme est ce sentier côtier où chaque pas est la découverte d’un nouveau panorama.

La forme en panorama.

Le corps est délié de sa description .

L’œil abandonne une rapide ressemblance pour une ligne musicale.

La beauté n’est plus dans le sujet ou dans la pose mais dans le plaisir de la promenade, du parcours des détails des éléments du corps.

~

Mirliton

Vert pianiste

Vert pianiste,

~

Le siège est vermoulu, cramoisi, en velours.

Elle, elle reste sage, figée, pâlotte

Même si sa menotte sortait de sa culotte,

la belle s’ingénierait à paraître innocente

~

& quand, longtemps coincée sur l’assise molle,

Elle sent monter un point, une douleur vive,

Elle n’ose plus bouger, de peur d’être prise

La larme triste à l’œil et la mine grimace.

~

Elle regarde passer la pendule….

lente.

Le piano qui clapote,

Quand les cordes se tendent .

~

« Vivement que les marteaux enfin se cassent,

Que ne vibre plus en pics dans toute ma carcasse

Tout ce tintouin d’enfer d’harmonie pâle.

Que se taisent les notes, que je parte, que je rentre

Rêver d’un bain chaud au creux d’un nu délasse. »

~

Mirliton

Une gallo romaine

Pays d’oubli ( Lamento )

J’allais te dire

Partir, la roue tournait,

serrée, dans ta cage dorée,

J’adorais au creux te garder

Garder ton secret sommeil.

~

J’aurais dû t’y suivre,

Pars! Courir ton sentier

Envolée, gorge serrée

Je ne retrouve plus en creux

La chaleur du lit parfumé.

~

Plus voulu de caresses,

Moi qui buvais ta bouche

Partie, ma belle lassée

Tu oublies, enfin t’essaies,

La prison d’être aimée.

~

Mirliton

~

Chat…

Chat

~

Vire, navré, le navire prend l’eau,

Peau, pas d’peau pour la poupe,

Loupe, écope & choppe,

Mot, se rire des marées,

Touille, à la godille, à vau- l’eau,

Tôt, pointe l’avant du bateau,

Lent, s’enfonce, s’abime.

~

Mirliton

Longitude

~

Du milieu de la nuit éclate les artifices.

Les lumières en fusées balisent une ligne imaginaire

Elle progresse, en suivant une rotation de sphère.

Il faudra tout un jour pour envelopper les terres

Et que tous les réveils basculent pour une année nouvelle.

~

Amical Mirliton

Regard éloigné

Brownien

Un sentiment de figuration

~

L’ abstraction naïve

D’un fouillis aux allures de jungle.

Au détour du chemin tu t’emmêles.

Tu t’en mêles ?

Vague retour à l’âme, là bas pas d’horizon,

Le flou d’une ligne invisible d’arbres palpite en fond

& d’étranges volatiles en immobiles plantons.

~

La pose suggère un certain abandon,

Une sensation que l’on reconnait au crayon

& le sombre déjà vu d’une figure d’illusion.

~

Mirliton

Statue de l’effrontée

~
J’te voyant bien tout en malice,
K’a venu glissou sa menotte
Jusqu’au fond d’sa culotte
Même qu’ j’y ai dit ma p’tite mie:
« Minou, j’y dit l’mot très doux,
Vient’ en ici chippie su’lit
Que j’te délice, que j’te délace. »
Mignotte te v’là lasse, Élise,
T’auras pu k’à t’y laisser fondre,
Katie, yeux roulants su’l’dessud’lit,
Alanguie la lippe à l’eau
& K’à l’ailloli enfin l’élue dort.
Elle est en or, mon adore.
~
Mirliton 

Breloque

Breloque
~
Ailé en or serti,
Bronzé pale vert de gris,
Tu t’acquittes de ta tâche
Taquines, troubles & grelottes.
~
Ton pendentif actif balance,
Se glisse sous la chemise.
~
Accroché à sa chaine
Comme un lépidoptère,
Il dessine la lumière
Qu’un décolleté attise.
~
Mirliton

La godille

L’aviron brasse l’onde en huit hélice.

Les sœurs blondes hélas tremblent 

Déjà l’eau mouille les bottines.

Elles s’excitent dans l’esquif

S’empêtrent, toutes trempées du jupon

Collé blanc transparent juste aux corps.

Échoppent, s’effrayent les ondines.

& elles se font à l’envers des films

Où la mer sans fin les chavirent, les enlisent.

~

Mirliton

Le ressort enroulé

1)

          Le ressort enroulé (fable)


Le commissaire d’exposition, le mécène éclairé et l’œuvre d’art


remontent comme un ressort, une mécanique culturelle bien huilée.


La spirale décisionnelle qui va nous amener à l’œuvre


est toujours le fruit d’une intense cooptation.


Avec force biscuits et pétillant, on en oublierait même l’objet,


pour lui préférer la joie de se retrouver dans un monde éclairé


& se prêter à la communion autour du jeu monopolisateur.


~

Déjà, le commissaire est là pour ( en) reprendre une ligne


Mille fois exposée et le mécène attend qu’on lui fasse de l’œil, du pied, 


Que l’on cite son extrême intérêt ; l’occasion est trop belle d’être ainsi choyé.


Tout ce p’tit monde, la fête terminée, un petit peu pompette, sortira ravi et 


bien amusé, rotant & se disant prêt à y retourner.


~

& l’œuvre, alors? oubliée sur le coté, sur une table; elle est débarrassée, jetée ou balayée 


par un personnel d’entretien qui n’aura toujours pas la qualité 


pour entendre l’ironie de sa dure réalité à l’Œuvre ;


Elle qui n’en finit pas d’oser, doser provoquer 


et qu’ainsi mise à nu sans s’écarter, s’expose à tous les dangers.


~

Signé: l’œil du Mirliton


2)

En référence:
1 )dessin non terminé de Jean – Pierre Allain 2018
http://www.jean-pierre-allain.fr/
2) rêve de bronze de j’y Beaujean 2018
https://desertoccidental.wordpress.com

Le bibi

Son bibi de travers
cerise, gâteau des îles,
empesé d’amidon,
Coloré à la diable,
Lui allait comme un gant.
~
Elle aimait se montrer à la glace
Allant presque nue
Se voir & corriger
& Sa cambrure, en suspend sur les pointes
& Son allure de tourbillon.
~
Mirliton