Longitude

~

Du milieu de la nuit éclate les artifices.

Les lumières en fusées balisent une ligne imaginaire

Elle progresse, en suivant une rotation de sphère.

Il faudra tout un jour pour envelopper les terres

Et que tous les réveils basculent pour une année nouvelle.

~

Amical Mirliton

Regard éloigné

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Brownien

Un sentiment de figuration

~

L’ abstraction naïve

D’un fouillis aux allures de jungle.

Au détour du chemin tu t’emmêles.

Tu t’en mêles ?

Vague retour à l’âme, là bas pas d’horizon,

Le flou d’une ligne invisible d’arbres palpite en fond

& d’étranges volatiles en immobiles plantons.

~

La pose suggère un certain abandon,

Une sensation que l’on reconnait au crayon

& le sombre déjà vu d’une figure d’illusion.

~

Mirliton

Statue de l’effrontée

~
J’te voyant bien tout en malice,
K’a venu glissou sa menotte
Jusqu’au fond d’sa culotte
Même qu’ j’y ai dit ma p’tite mie:
« Minou, j’y dit l’mot très doux,
Vient’ en ici chippie su’lit
Que j’te délice, que j’te délace. »
Mignotte te v’là lasse, Élise,
T’auras pu k’à t’y laisser fondre,
Katie, yeux roulants su’l’dessud’lit,
Alanguie la lippe à l’eau
& K’à l’ailloli enfin l’élue dort.
Elle est en or, mon adore.
~
Mirliton 

Breloque

Breloque
~
Ailé en or serti,
Bronzé pale vert de gris,
Tu t’acquittes de ta tâche
Taquines, troubles & grelottes.
~
Ton pendentif actif balance,
Se glisse sous la chemise.
~
Accroché à sa chaine
Comme un lépidoptère,
Il dessine la lumière
Qu’un décolleté attise.
~
Mirliton

La godille

L’aviron brasse l’onde en huit hélice.

Les sœurs blondes hélas tremblent 

Déjà l’eau mouille les bottines.

Elles s’excitent dans l’esquif

S’empêtrent, toutes trempées du jupon

Collé blanc transparent juste aux corps.

Échoppent, s’effrayent les ondines.

& elles se font à l’envers des films

Où la mer sans fin les chavirent, les enlisent.

~

Mirliton

Le ressort enroulé

1)

          Le ressort enroulé (fable)


Le commissaire d’exposition, le mécène éclairé et l’œuvre d’art


remontent comme un ressort, une mécanique culturelle bien huilée.


La spirale décisionnelle qui va nous amener à l’œuvre


est toujours le fruit d’une intense cooptation.


Avec force biscuits et pétillant, on en oublierait même l’objet,


pour lui préférer la joie de se retrouver dans un monde éclairé


& se prêter à la communion autour du jeu monopolisateur.


~

Déjà, le commissaire est là pour ( en) reprendre une ligne


Mille fois exposée et le mécène attend qu’on lui fasse de l’œil, du pied, 


Que l’on cite son extrême intérêt ; l’occasion est trop belle d’être ainsi choyé.


Tout ce p’tit monde, la fête terminée, un petit peu pompette, sortira ravi et 


bien amusé, rotant & se disant prêt à y retourner.


~

& l’œuvre, alors? oubliée sur le coté, sur une table; elle est débarrassée, jetée ou balayée 


par un personnel d’entretien qui n’aura toujours pas la qualité 


pour entendre l’ironie de sa dure réalité à l’Œuvre ;


Elle qui n’en finit pas d’oser, doser provoquer 


et qu’ainsi mise à nu sans s’écarter, s’expose à tous les dangers.


~

Signé: l’œil du Mirliton


2)

En référence:
1 )dessin non terminé de Jean – Pierre Allain 2018
http://www.jean-pierre-allain.fr/
2) rêve de bronze de j’y Beaujean 2018
https://desertoccidental.wordpress.com

Le bibi

Son bibi de travers
cerise, gâteau des îles,
empesé d’amidon,
Coloré à la diable,
Lui allait comme un gant.
~
Elle aimait se montrer à la glace
Allant presque nue
Se voir & corriger
& Sa cambrure, en suspend sur les pointes
& Son allure de tourbillon.
~
Mirliton

Au hasard des silhouettes

~

Je rechigne à la tâche,

P’têt bien d’fatigue lasse,

Du dégout des couleurs.

Bien fait pour la mêlasse!

~

T’as plus qu’à r’prendre la plume,

Tirer un trait dessus, un autre,

T’avancer dans l’ étendue du noir

& t’attirer vers la forme qui passe.

~

Tu sais que tu n’veux pas

Trop vite la reconnaitre

Laisser un leurre en bois

Être ton canard de chasse.

~

L’encre qui boit-sans-soif.

navigue, nage à la rame,

laisse des traces de pas,

Silhouette des hasards.

~

Mirliton

Claire ( ligne )

Roc est brune,

Timide en escargot,

Légère à l’à propos

Ou à s’taire… souvent.

~

En bouchon de papier,

Le nez en tortillon,

Si j’la gronde,

Coule à la larme.

~

Sans souci

Si avec’elle aussi

Tu souris à l’envie,

Tu vois des yeux fripons.

~

Mirliton

Au départ

Au départ, c’est l’envie de partir,

De faire de l’esquif une ile solitaire,

Flottant entre deux creux de vagues,

Balloté, coque de noix du désert d’eau,

Inquiet,la nuit, de couper la route des naufrages

& ravi d’un dauphin qui tout d’un coup gambade.

Mirliton

Elles

Sortie toute droite de sa coquille

Faisant des ronds dans l’eau,

Testant d’un doigt de pied

cet étrange douceur de la vase.

 

L’eau est fraiche, pale, grise,

Pourtant, elle s’arrête transie

un soupçon de gardon

vient frôler sa cheville.

~

Mirliton

~

L’autre chemine en travers de la lande,

Toujours dans ses pensées,

S’applique à ruminer,

Refaisant sa journée.

 

Elle n’a pour paysage

Que des souvenirs mille fois repassés.

Elle ne prend pas la peine de lever le nez

& ne veut jamais se saouler d’air par bouffées.