Crayon ( pages de carnet)

Le dessin est brownien .

Les éléments se mettent en place

En modelant une place dans la page,

En concentrant le dessin sur l’expression du visage.

Reste ensuite juste à reconstituer

une posture possible.

De dos sur une chaise,

Elle oublie un moment

de penser

Mirliton

~°~

Pendant ce temps, ailleurs
Le monde haletant
barre les portes de l’âme.
Nos vies de lait encore
n’y savent presque rien.
Mais quelque part sur la page,
tandis que l’amour le révèle
et que la pensée plie bagage,
Apparaît l’expression,
Le Visage vivant.

Caroline D

~°~

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Danse

Le

danseur

écarlate

Gesticule

arpente

& le

parquet

résonne

d’une

musique

de

pas.

Mirliton

~

Et elle cède
au grand coup
d’espoir bleu.
Par son pied, emportée.
Vers le vide
si plein
de l’instant.

Caroline D

Cache~cache

Cache-cache

~

Sous l’emballage

percent quelques feuilles.

d’un vert sombre de vessie.

~

Artichauts repliés sous une visière cristal

~

fleurs de roches? de tranchée?

~

Dans un papier froissé, tu caches

des pétales recroquevillés.

~

Mirliton

~

Il se cache des fleurs

de cristal d’artichaut

dans les replis du cœur défroissé

Caroline D.

La langue vivante

~

Deux amies discutent.

Leur accord tacite

est la musique des mots.

Les paroles s’envolent

en postillons de sons,

de l’une à l’autre à l’une,

rebondissent en éclats de sourires

& doucement roulent sur leurs lèvres

des moments de silence.

~

Mirliton

~

Et le temps,
qui dessine le geste.
Jusqu’à tout y danser.
~
Cambrures belles et corps vivants.

~

Caroline D.

Chavire

Chavire

~

Dans mon sommeil, une barque,

Sous le feu, sous la lame,

décroche une flamme.

~

Un chat rigole en masque,

Son masque laid grimace,

Rigole en cascade.

~

La chouette, elle, me frôle le visage,

Eventail de caresses,

Monte mon désir de lèvres.

~

Mirliton

~

Et l’instant qui chavire
sur les lèvres en sommeil.
Le masque se fait cascade,
et le visage, caresse.

Caroline D.

Songeuse,

Songeuse,

~

Elle nourrissait quelques pensées obscures

Qu’elle aimait reprendre;

Ajuster ses mots.

~

& quand le soir venu , allumé par la lune,

Elle voulait les redire

À son reflet dans l’eau.

Mirliton

~

Obscure
Elle voulait quelques lunes
Pour nourrir le reflet
Celui des mots et de l’eau
Dans le soir venu

Caroline D.

Bande de nuées

Ange aime à poursuivre l’histoire des nuages

Jamais rassasiée de leurs révolutions.

~

Les nuages racontent des mythologies sourdes

Où les géants paraissent au bord des précipices

~

les ondines surprises par un souffle rauque

S’enfuient,mais trop tard, se nappant de nuées.

~

& l’instant d’après, c’est une autre histoire

Où les personnes se touchent et s’évanouissent

~

Alors, souvent, elle peut s’en émouvoir

& mouiller une larme dans un coin de coton.

~

Mirliton

Entre deux eaux

1

Le regard loin des vagues, au creux du brouillard bleu.

~

2

Je te le dis tout bas, elle s’enfuira sous l’eau.

~

3

En état d’apesanteur sous-marine.

La mine noire sous un silence d’image.

~

4

Au fond, règne les épaves, un vent d’algues la frôle.

~

Mirliton

Tout bas aussi : il n’y aura pas d’histoire vaine.

La sienne s’emparera d’un grand ciel rose et clair, à travers la surface.

Et on verra tourner le vent sur un souffle de temps.

Caroline D.

La porte vert vermillon

La porte vert vermillon

~

Mouche, tes yeux étonnés vers la rue.

L’énigme d’habitudes, de clés

S’inscrit dans les fentes du bois.

L’ocre rouge orangé colle au Basque.

Les ferrures qui rampent, rouillent & hantent

L’éclat d’une peinture laissée à jamais seule

La dalle qui escalade sur la pointe des pieds

& l’ amygdale, l’araignée des végétations .

~

Mirliton

~

Byéri Fang

Byéri Fang

~

Elle vaquait en esprit.

Quelquefois des flots

De pensée en pensée

L’animaient loin d’ici.

~

Le paysage fouetté

D’une onde verte ,

D’un tremble courbé,

S’accrochait au coteau.

~

Elle tremblait, elle aussi,

clouée au bord de l’eau,

Restait figée, pensive,

sans avoir l’air d’entendre

~

& prenait, du Byéri,

Sans savoir, la pose.

~

Amical Mirliton

À l’amble

~

Un balancement de bras

Jambes & bras à l’amble.

Un sable tendre de plage

Qui s’enfonce en sourdine.

~

La lumière qui s’échauffe

Devient bientôt cuisante.

Le torse s’enroule de chaud,

Le dos se plait à l’ombre.

~

La mer s’échappe, revient,

fraîche & frissonnante

À lécher le badaud

À rafraichir les plantes.

~

Mirliton

~