Byéri Fang

Byéri Fang

~

Elle vaquait en esprit.

Quelquefois des flots

De pensée en pensée

L’animaient loin d’ici.

~

Le paysage fouetté

D’une onde verte ,

D’un tremble courbé,

S’accrochait au coteau.

~

Elle tremblait, elle aussi,

clouée au bord de l’eau,

Restait figée, pensive,

sans avoir l’air d’entendre

~

& prenait, du Byéri,

Sans savoir, la pose.

~

Amical Mirliton

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« Va pas trop loin! »

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Le motif tendu en seconde peau

Sur un bout de serviette

Un coin de plage des dames.

Elle appelle son enfant.

~

« Va pas trop loin! »

Pour causer en maillot.

~

Peut être iront elles,

un peu plus tard dans l’eau

Ou simplement attendre.

Enfin …. passe un rayon,

Qui perce les nuages.

~

« Y’ fait même pas très chaud. »

~

Mirliton

À l’amble

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Un balancement de bras

Jambes & bras à l’amble.

Un sable tendre de plage

Qui s’enfonce en sourdine.

~

La lumière qui s’échauffe

Devient bientôt cuisante.

Le torse s’enroule de chaud,

Le dos se plait à l’ombre.

~

La mer s’échappe, revient,

fraîche & frissonnante

À lécher le badaud

À rafraichir les plantes.

~

Mirliton

~

La grande barbouilleuse

La grande barbouilleuse qu’est l’imagination superpose ainsi au monde primaire de la vision, un monde secondaire de prestigieuses icônes qui ouvre à l’ostentation une carrière pour ainsi dire infinie » Jankélévitch

Nez au vent

près des vagues

Un bruit de coquillages

L’air emporte les nuages,

Chasse un ciel d’images.

Après un bain, attendre

Je devine qu’elle frissonne

Encore humide, elle sèche,

& ouvre les doigts en peigne,

& lisse & aplatit

Enroule en boucles tendres

Sa fourrure en roulis.

Mirliton

La poupée

~

Là, la poupée s’articule.

T’en explores la plastique

Molle & douce sous l’habit

Tu soulèves un froufrou

Dessous de toile fine

Culotte à l’élastique

Ses yeux se ferment

& s’ouvrent à la renverse

Longuement, tu soignes sa tenue,

Désarticules sa gymnastique,

La brosses et la rhabilles.

~

Mirliton

~

Sous terrain

~

Le sol accumule

En couches, de fines poussières.

Une suie qui s’infiltre,

colorée grise,

Qui descend,

Cherche l’interstice.

~

Dés qu’une porte s’ouvre

La lumière suit le même chemin

S’engouffre

Rebondit aux murs

S’étouffe dans l’ombre.

nous guide vers le haut.

~

Mirliton

L’apparition

L’apparition

~

Tididili c’est ça,

Affable, tu berces ton voyage,

racontes en images,

Découpes l’encre, la bois.

Une scène où grouillent des mirages

Sombres tamis chinois.

Si c’est pas ça

C’est quoi?

~

Tididili c’est ça,

Ajoute, un air de bois,

Sombre, noir nocturne,

Ça & là des perce-lumières,

Des pas d’ombres.

Le silence rare d’oiseaux,

& un vol aux éclats.

Si c’est pas ça

C’est quoi?

~

Mirliton

Réflexions faites

L’attention donnée au chemin est soutenue.

Chaque pierre rend la marche précautionneuse. 

L’équilibre balance les bras.

La pensée s’accroche à la route,

L’instant d’après divague.

~

1

La symétrie est une habitude simplificatrice.

Une fausse symétrie amène un plaisir supplémentaire,

Une légère complexité qui oblige,

suspend le regard, le temps de savourer

cette simple variation de la forme.

~

Se voit-on trop dans le miroir,

pour ne pas se connaitre dans une photo?

~

2

Le tracé du corps en spectacle

Inverse les rapports du visible.

L’invention en chaque moment de la courbe,

d’un dos, d’une main, d’un creux…..en un trait,

doit donner à la présence de la figure entière

La forme d’une apparition.

~

Se laisser séduire au premier regard.

S’y reconnaitre.

Ne l’avions nous jamais déjà vu(e)?

~

Mirliton