Tomber des nues

Tomber des nues

~

Sans caricature,

Le mouvement déployé,

Chacune d’ailes s’étire

Le corps articulé

En un langage de gestes

Déforme l’espace d’un instant

Un lit de sable ou d’herbes

Où s’étire l’allusive.

~

Mirliton

~

En mer rouge ou bleue,

à bras ouverts.

Sous un ciel blanc ou gris,

d’emblée dansante sans y perdre

dans l’ocre des jours et des nuits.

Son corps éperdu de renaître,

à chaque instant,

pour toujours à vents d’éphémères.

~

Caroline D.

~

Les Éphémères

Les Éphémères

~

Les accents de couleurs

se glissent dans la silhouette.

Image fugitive,

Instable comme

Un instant croisé,

Un sourire qui s’efface.

~

Mirliton

~

Elle avait gardé la maison

et l’enfant le savait.

Un jour, elle-même y vivrait.

Pour l’instant, le temps était ailleurs.

Et l’espace donnait à se vivre

ce que l’errance dépose.

Comme dans les vents de l’aube.

~

Caroline D.

~

L’envoleur

L’envoleur

d’une cour de récré

Joue

À la course effrénée.

~

Un mélange d’envolée de plumes

Chien, effrayeur de poulettes

Au loup!

En sueur, en peur

~

& la p’tite?

Plongée dans ses pensées

Kék’ t’as encore trouvé?

~

Mirliton

~

Et y voir

l’étoffe du temps

Des parfums de terre

sur un clair d’enfance

Un instant innommable

entre les oiseaux doux

Caroline D.

~

Traits

L’intraitable

Intrépide Escalade

La nuit, la grande ourse

s’illumine de neige.

Statique, elle plonge

son regard à l’horizontale.

~

j’Y’b en Mirliton

~

Depuis les balcons de l’âme,

elle guette l’animal.

Puis elle poursuit sa danse.

Sur des états de neige,

des mouvements de novembre.

~

Caroline D.

Les visages de la nuit

~

Dans le noir du sommeil

Pareil à des toiles,

Les figures de la nuit

S’entremêlent

Et dansent sans mot dire.

~

Elles entrelacent,

Attirent loin des rivages

& Cherchent dans un naufrage

À noyer en nuages

Les songes

en un rire de défi.

~

Mirliton

~

Et sur l’enfant rêveur,

la caresse tendresse.

Habituée des naufrages

et des rivages gris,

elle penche son regard

d’entre les flancs du ciel,

du ventre de la nuit.

~

Caroline D.

Fée débutante

Qui n’a pas voulu être fée débutante?

~~~

À sa gauche, au collet rose, la fée mère regardait ailleurs

lorsque dans son petit esquif, la débutante prit le large.

Les songes seraient ce qu’ils sont, elle le savait déjà.

Ne lui restait qu’à voyager, conscience et boules de gomme,

à coups d’ailes et d’amour

& de grands éclats de rire.

~

Caroline D.

~

Carnet

Marqueur sur papier chiffon.

Le papier est rugueux

Le feutre crisse

Patinage

Le papier absorbe la moindre goutte d’encre.

Comme un fleuret, je survole la feuille

& me laisse aller à l’ effleurer

Quand la figure m’apparait.

Ne pas trop en faire

Sinon elle se brouille.

~

Mirliton

~

Et le temps d’elle qui retiendra

d’un papier et d’une figure

un feutré d’âme en gouttes d’encre

semblable aux fleurs séchées devant.

Celles qu’en tombant la neige effleure

depuis des heures maintenant.

~

Caroline D.

Découpes

Grisant de réalité,

Une pluie de lumière

cadrée par l’écrin

imagine en verre

une suite

panoramique.

~

Mirliton

~

Et elle n’y trouva rien

qui ne soit déjà là

dans l’écrin d’une pluie

suivant son cinéma

La marche sur le pont

d’un homme au pas léger

dans un matin de clair

obscur panorama

~

Caroline D.

~

Silence

Pécheur de perles

~

~

Silence

~

L’eau brume est passagère,

Chargée de minuscules morceaux.

Flottant dans la lumière,

Une neige lente se balance entre deux eaux.

Les rayons s’y perdent jusqu’au fond

Où un sable gris poussière décante.

Par endroit un vert de mousses et d’algues.

Au fond les coquilles rampent

La gueule ouverte au secret du coffre.

~

Mirliton

Son corps tiède

près des rocheux osseux,

là où l’achigan glisse, discret,

sur le coulant du sable,

l’homme étire son rêve

vers la rumeur du fond.

~

Caroline D.

~

peinture sur toile/j’ybeaujean/fond marin

adagp2019

Picoreurs

Certain picoreur

invétéré,

préoccupé de la moindre miette,

Au petit matin, au café,

se faufile en douce sous les tables.

Peut être un espoir

d’éclats adorés de croissant?

~

Mirliton

Entre le mauve et

le turquoise,

le bleu qui se prend à rêver

d’oiseaux de café et

d’ardoise

et d’ambrosiaques

quartiers de lune.

~

Caroline D.

Crayon ( pages de carnet)

Le dessin est brownien .

Les éléments se mettent en place

En modelant une place dans la page,

En concentrant le dessin sur l’expression du visage.

Reste ensuite juste à reconstituer

une posture possible.

De dos sur une chaise,

Elle oublie un moment

de penser

Mirliton

~°~

Pendant ce temps, ailleurs
Le monde haletant
barre les portes de l’âme.
Nos vies de lait encore
n’y savent presque rien.
Mais quelque part sur la page,
tandis que l’amour le révèle
et que la pensée plie bagage,
Apparaît l’expression,
Le Visage vivant.

Caroline D

~°~

Cache~cache

Cache-cache

~

Sous l’emballage

percent quelques feuilles.

d’un vert sombre de vessie.

~

Artichauts repliés sous une visière cristal

~

fleurs de roches? de tranchée?

~

Dans un papier froissé, tu caches

des pétales recroquevillés.

~

Mirliton

~

Il se cache des fleurs

de cristal d’artichaut

dans les replis du cœur défroissé

Caroline D.