Le voyage immobile de 徐儀

à Chu Yi , Xu Yi, 徐儀


À la côte découpée, aux chemins d’un vert sec bruissant,

Elle préférait la fuite muette des nuages ;

Le paysage du temps s’arrangeant en spectacle.

~

Ou encore la ligne répétitive des vagues

Avec son roulis de galets sans cesse en mouvement .

~

Ces deux musiques la remplissaient d’une joyeuse mélancolie.

Rêveuse, elle se sentait immobile en voyage.

~

Mirliton

Nocturne

 

La nuit, l’attention au silence des étoiles,

Au ciel noir d’étincelles , à l’espace qui l’enlace,

Remplit d’aise celle qui le matin même

Se morfondait chez elle

Ne sachant plus trop bien quoi faire

Des verts tristes pâturages immobiles

Ou des inconnus qui passent

À la déroute dans leur boite de métal.

 

Mirliton

Couvert

Le couvert 1

Un bouton de rejets de ronces et de branches.

À peine un monticule de brindilles sèches,

Rassemblées en attente, prêtes à bruler.

Dedans, des nids où sommeillent des mulots

Et la nuit, fugitifs, ils en sortent furtifs.

~


La fleur tendre est fraiche et son parfum entête.

Le pétale a été lentement grignoté par l’insecte,

Puis, gavé, il s’envole goûter ailleurs la suite.

Il laisse dans les courbes géantes sa marque,

Un reste involontaire de table mal débarrassée.

~

Le couvert 2

Mirliton

Le chevalier d’Éon


Où est – il?

Fuyant le regard, l’invisible,

Entre deux portes,quitte le secret du roi.

L’espion se carapate en coulisse.

La figure tranche sur l’habit au genre incertain

Le personnage, platement s’abstrait, sort du décor

Quand se découpe en noir, comme en ombre, son profil.
Mirliton