Sous terrain

~

Le sol accumule

En couches, de fines poussières.

Une suie qui s’infiltre,

colorée grise,

Qui descend,

Cherche l’interstice.

~

Dés qu’une porte s’ouvre

La lumière suit le même chemin

S’engouffre

Rebondit aux murs

S’étouffe dans l’ombre.

nous guide vers le haut.

~

Mirliton

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L’apparition

L’apparition

~

Tididili c’est ça,

Affable, tu berces ton voyage,

racontes en images,

Découpes l’encre, la bois.

Une scène où grouillent des mirages

Sombres tamis chinois.

Si c’est pas ça

C’est quoi?

~

Tididili c’est ça,

Ajoute, un air de bois,

Sombre, noir nocturne,

Ça & là des perce-lumières,

Des pas d’ombres.

Le silence rare d’oiseaux,

& un vol aux éclats.

Si c’est pas ça

C’est quoi?

~

Mirliton

Réflexions faites

L’attention donnée au chemin est soutenue.

Chaque pierre rend la marche précautionneuse. 

L’équilibre balance les bras.

La pensée s’accroche à la route,

L’instant d’après divague.

~

1

La symétrie est une habitude simplificatrice.

Une fausse symétrie amène un plaisir supplémentaire,

Une légère complexité qui oblige,

suspend le regard, le temps de savourer

cette simple variation de la forme.

~

Se voit-on trop dans le miroir,

pour ne pas se connaitre dans une photo?

~

2

Le tracé du corps en spectacle

Inverse les rapports du visible.

L’invention en chaque moment de la courbe,

d’un dos, d’une main, d’un creux…..en un trait,

doit donner à la présence de la figure entière

La forme d’une apparition.

~

Se laisser séduire au premier regard.

S’y reconnaitre.

Ne l’avions nous jamais déjà vu(e)?

~

Mirliton

Sablées

~

L’étendue du ciel blanc

en paquets de nuages,

sous la ligne descend

au bout, jusqu’à une plage

où le mica en éclats étincelle .

~

Sous le sel des vents,

Le goëmon qui traine,

les belles qui s’étalent

en rangée de serviettes

& qui nonchalamment miment la sieste.

~

Moi, le vieux qui gribouille

Celui qui mine noire, croque mitaine,

j’imagine dans des traces incertaines

les bretelles de maillot

ou les empreintes du sable.

~

Mirliton

Elles

Sortie toute droite de sa coquille

Faisant des ronds dans l’eau,

Testant d’un doigt de pied

cet étrange douceur de la vase.

 

L’eau est fraiche, pale, grise,

Pourtant, elle s’arrête transie

un soupçon de gardon

vient frôler sa cheville.

~

Mirliton

~

L’autre chemine en travers de la lande,

Toujours dans ses pensées,

S’applique à ruminer,

Refaisant sa journée.

 

Elle n’a pour paysage

Que des souvenirs mille fois repassés.

Elle ne prend pas la peine de lever le nez

& ne veut jamais se saouler d’air par bouffées.

 

Deux états ou les sept erreurs

Au figuré

~

Reposée,

Comme une souche endormie, l’indolente,

Couche au chaud en biais .

L’insolente aux roses pommettes

pousse un peu sa bouche en o.

~

Stylée,

Diverses mines aiguisées en pointe

Tracent les délices que d’autres gomment

Tu grimes un petit peu trop tôt

tes yeux en accents Corbeau.

~

Glissée,

De traits de glace, patine,

Parallèles en lames. Mutine,

l’idée de passer en lice, te fascine,

Patatras, larmes à grise mine.

~

Destinée,

partage pour la forme

Tes formes en plans colorés

Le trouble, tu peux l’offrir

À tes lèvres ,« rouge désir ».

~

Mirliton

~