Sortir du bois

Chevalier à l’épée de bois
Écuyer en pattes de grenouille
Du zinc d’une lessiveuse
J’te fais l’éclat d’un écu
&
Teins! v’là la princesse!
Bon sang , j’cours bouter le dragon
Hors d’ici, hors du bois charmant
que j’te délivre, Mirabelle
mais
Dépêche-toi d’sortir du bois
De descendre de l’épicéa
Moi, j’débroussaille…….j’contrôle des fois
qu’y en aurait encore là.

mirliton
Par tous mes penchants d’éternel
Mes yeux et mes boucles de ciel
Je trouve que c’est gentil à toi
De vouloir me sortir du bois
&
Sûr que ta sollicitude
Rencontre toute ma gratitude
On n’a d’amis que ceux qu’on voit
Je t’avais remarqué déjà
mais
Sache que si je viens au bois
C’est pour pallier le désarroi
Celui des poules et des rois
Et des grands dragons avec ça.

Caroline D.

Remuante

Remuante

La nuit était fragile
Quand sous son air de geai
Le souvenir des corps qui exhalent
Une saveur de lave
Un bouquet de sueurs
la laisse sans sommeil
L’œil dans l’ombre écarlate.

mirliton


C’est tout le balancement qui change
de la nuit et du jour,
le sentier du rêve qui se perd
dans l’aube qui approche.


Et tandis qu’elle s’enveloppe
d’un long morceau de temps,
le ciel enlace la montagne,
fidèle à son rose serment.

Caroline D.

Maquis

Maquis

Souvent comme un voile

Sous la lèvre mordille un sourire éteint
Les couleurs maquillent le spleen, le griment
L’air d’oiseau perdu fragile d’une tristesse
légère, un instant arrête une fuite volatile.

mirliton


Tout depuis l’envers du temps


C’est ce rêve à n’en plus finir
de ce qui danse sous le yeux
par l’eau et le ciel.
De ce qui ne demande rien
qu’être et aimer le temps d’y être.

Caroline D.

S’accroche


De dos
🌕
Fine filasse
………..Sort de l’eau,
(L’onde aux canards),
Se marre, s’ébroue,
………sèche sur place,
S’accroche au rocher
………..Ébouriffe sa coiffe
se fâche contre elle même

Elle m’oublie…………
Hélas!
~
Mirliton


& tout ce temps,
la belle y voit le lien –
celui de la mygale
qui glisse à travers l’onde
sur les pourtours du vent


& si sur le rocher,
sa peau s’abime un brin –
ce n’est que l’empreinte du jour
sculptée de doux et d’inutile
de tendre et de futile

Elle y pallie le bout de blanc
sur sa bouche vermeille

caroline D.

Outre mer

Outre mer

Pas besoin d’petits bois
Quand les lèvres se contentent
Racontant le grain……..sous les doigts
D’hélice………..d’un corps de paysage.

Pas besoin d’histoires ……..bavardages
Quand rêves éveillés
Tu en sors envie……excité(e)……d’y croire
La fièvre coule à l’or………en un fil d’espoir.

Pas besoin de chercher……..là-haut à y voir
Quand dans l’arbre s’espacent
Les trilles appuyées en métal………….& sonne
La mélodie d’adieu……..d’un oiseau de passage.

Pas besoin de crier …………d’ancre & de naufrage
Quand le plus bas des vagues…….te découvre ballotée
La peau salée tendue…………dans ta coquille des flots
& toi entre deux eaux ………………à poursuivre un mirage…..

Arrimage du Mirliton

(chansonnette)

peinture sur bois
.60/80cm .j’y Beaujean 2021

Vol au vent

Rien ne presse, presque ……………………….Suivre sa piste
l’allure des petits pas, …………trace la ligne des pointillés
un peu hautaine. ………………………en trouver l’équilibre
Au croisement du regard ……………..une balance d’aigus
ne te retourne pas. ……………………..courbes aux volants.

mįrlįTōń

Facettes

Facettes
🌕
Premier couplet

Quand tu te grises & danses, virevoltes,
t’installes, madone du dancing
tu lèves la poussière, te penses sirène des toupies
fleur, jupe ombrelle & propres souliers lacés
adorent quand tu uses, rayes le fil du plancher.
Bravache, l’étourneau, un sot sombre héros
ourdit un complot : toujours t’étourdir de mots.
🌕

Refrain

Tourne un peu la tête, ma Mire ma belle
girouette, ton axe de bilboquet
Penche sur toi même, dépêche tes mirettes
Facettes, tu vois ta vie filer

🌕mirliton🌕

La délicate

Il était
Plus que temps de se faire une pelisse.
La petite au triangle ouvrait même de grands yeux
& délice d’essences ou d’un geste rapide
elle découvrait son corps à la chaleur des envieux.
L’onde l’entourait de cercles chromatiques
la fraicheur du bain lui donnait des frissons.
En elle, elle sentait poindre en une couleur exquise
la douceur d’anguille d’une langue rose ou bleue
🦚
mìîíRliTon
🦚
Mais quand même, se dit-elle,
à quoi bon traverser une esquisse
sous un ciel avaleur de charbon?
Me donnera-t-on là-bas une jambe de femme
en échange de ma jambe de biche?
Tellement que je boite, le chemin sera long.
Il faudrait que le jeu en vaille le vallon.


🦚caroline D.🦚

Envisager

Envisager
🌑
Comment envisager
La couleur qui fleurit, qui gomme aussi les traces
Une face géographique qui découpe des méandres
Une passante qui passe lentement dans le cadre
et traverse en gros plan un rose-étincelle.

MirLiTon
🌑
Peintures sur bois 123/83cm/ j’y Beaujean / 2021

🌕
C’était d’imaginer
plus loin
un immense champ de fleurs
un long mouvement de coeur
et la belle qui marche
les yeux sur le bitume
et ô coup de fortune
le saphir et l’émeraude
tournés vers le vermeil
murmurent à son oreille
qu’on traverse les jours
pendants de corps et d’âme
près d’un ciel échevelé


caroline D.

⚪️
ces pensées sombres & roses lui venaient de la nuit
détaillant dans le noir les éclats des lumières
qui pointent au lointain cet air infini de pénombre
la nuit était belle aussi
du murmure des feuilles
d’envols proches et soudain
des corps alanguis du plaisir qu’ils donnent
….

mìîírliton

La couleur en cadence

La couleur en cadence

Le chemin creux est doux
presque inexistant
L’habitude sans doute.

Plongée dans mes pensées
les souvenirs fleurissent
Une marche sans but

Juste délier l’instant
Suivre à travers les ombres
la couleur en cadence


mirliton


& d’y voir le temps
se coucher en refuge
là où l’oeil et la lèvre
se posent tête basse
comme rivière en cheveux
et vent de girond doux


caroline D.

Le guetteur

Peinture sur bois j’y beaujean 2021
🦚
Le guetteur

Immobile au creux de l’ombre
un guetteur attend, le regard éloigné,
un mirage, un mouvement,un nuage,
de la poussière d’où se détache
l’approche d’une silhouette
l’œil déjà s’agite à la reconnaitre
& d’un geste il lui montre sa présence.

mîR Lìºí Töń

🦚
Et coup d’heur,
au bord d’os et de chants fignolés
dans les sables du temps
par des chants d’océan et de ciel,
le vent verse patience
en lieux de fer et d’ambre
pour que rien ne défasse l’aurore.


cArºLįnĘ Dº
🧚🏿

J’éternue

J’éternue

J’étais renue ? encore remuée
murée dans l’admiration
du miroir de l’armoire
dans l’éther d’argent, mise à nue
à l’aise dans la profondeur de la surface
je reste un moment à l’arrêt………

…..faut quand même qu’j’me dépêche
que j’mette les voiles, la carapace
me carapate avant qu’l’émir arrive.

L’émir est, dit-on, un peu lyrique,
lubrique aussi quoi qu’il fabrique
du regard insistant y t’déshabille
Il veux toujours renouer avec la une
des mirages des mille et une nuits.

L’émir Lit-on?

🦚
Pendant ce temps l’oiseau
n’y pourra que l’oiseau
comme le vent
n’y saura que le vent


Si les nuits d’écritoire
fabriquent des images
et les voeux oratoires
tricotent des mirages
il reste que le ciel
suit son propre chemin
prêtant son soleil clair
aux matins grands ouverts

caroline D.
🦚

Courbes en Do

à l’Hurdy gurdy

🌖
Demoiselle se délasse…………………..se délace
& dés la nuit venue…….Vénus est nue et lisse.
Hélas,….l’hurluberlu qui n’la connait ni d’Ève
reste com’interloqué devant ses courbes lascives.
Il s’éprend d’la beauté & lui écrit des notes
puis sur son corps Déon……….il grave la chanson.
🌖
Mirliton

🌑
Boucle grise
🌖
Quand le bonheur lui chante
de lancer au grand vent
quelque beauté peut-être –
comme un nuage improvisé
sur une note d’accordéon –
Vénus se rend à l’océan
et lance à l’eau des bouts de jour
qui feront sourire la vague.
🌖
caroline D
🌑

Penn sardine

Penn sardine

Tes yeux grimés
de poudre d’escampette.
au loin,
le gris trouble de l’horizon
avec ces griffes d’arbres en branches
l’attente nait de l’illusion.

~
Mirliton

~
peinture sur bois.*2021* 120/80*j’y beaujean
~
🌕
Je deviens du bonheur, souffle-t-elle,
quand le rêve me reprend.
Quand couchées sur le bois
les couleurs me retracent,
donnant vie à mon âme
de bohème et de vent.
~
carOline D.
~

L’insaisissable

L’insaisissable

Figure d’un rêve
L’insaisissable
Un souvenir en âme se balade
Dans son théâtre d’ombre,
La lumière se fane .
Toi, tu veux l’approcher.
D’un sourire, elle s’efface
& fige l’instant croisé.
🌖
Mirliton
🌑
Même quand l’ombre vague
sur les blancs diaphanes,
le corps se tend vers l’aube
irrésistiblement.
C’est le rêve de l’oiseau.
L’envol, le ciel
& la tendresse.
🌑
caroLine D.
🌕

L’immobile

L’immobile
Sur le quai

Quand se croisent les idées d’une surface.
Un mouvement vague, à peine frémissant,
Où mon esprit s’agace, sous son air immobile,
À voir bouger la couverture du monde
À la lisière du vent et le pointu des vagues.

🌬 Mirliton 🌊

Et toujours de l’esprit
qui frémit devant l’aube :
Aussi sagace soit-il,
le monde l’emportera.
Le mouvement est encore
plus grand qu’une seule vague.

🌬caroline D.🌊

Chinelle

Chinelle,

Un carton marron d’emballage
Sous l’attrait du crayon
dispose
d’un corps vêtu de volutes
au passage s’impose la mine
Se pose une simple apparition
sans provocation
faut bien l’ouvrir au monde
lui donner l’horizon d’un nom.


Mirliton
Peinture sur toile /j’y Beaujean/1990

L’éblouissement

L’éblouissement

Sous la paille du chapiteau, l’ombre du chapeau.
Le soleil qui s’immisce par les pores en rayons
La chaleur baigne douce & ralentit les corps,
l’air devient épais, j’avale
& puis me relevant en deux temps trois mouvements,
La tête me tourne un moment en étoiles.
🌬………………🤸🏿
Mirliton

🤸🏿‍♂️
chap1.
« Ce fut comme une apparition. Elle était assise, au milieu du banc, toute seule; ou du moins il ne distingua personne, dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses yeux…
Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle… »

🌬…………..🤸🏿‍♂️
Flaubert. L,éducation sentimentale
🤸🏿
Et je la reconnais, tu vois.
C’est elle qui touche l’aube
du bout de son chapeau.
Elle toujours et pareil
qui laisse le soleil
lui embrasser la peau.
C’est la beauté de l’innocence
dans les jardins de la conscience.
🌬…………….🤸‍♀️
caroline D.