L’œil vogue

Portrait imaginaire
(mine…jean yves beaujean …2017)

L’œil vague
~
À l’âme rêveuse
Rien ne dérive en larmes.

~
{miirliiton }
⚪️
L’âme gratitude
~
& en chantant,
la belle tendit la joue
aux caresses du Vent


S’il se trouve que souvent
j’en ai perdu mon nom
et me suis retrouvée
sans chapeau ni ombrelle,
j’y aurai vu aussi
que la mer s’invente
comme les chemins de sable
qui enlacent nos pieds,
et que le soleil vague
sur un océan d’âmes
et de rêve.
~
{caroline D.}
🌑

L’onirique

L’onirique
~
L’ironique nourrissait quelques pensées obscures.
Elle aimait les rependre en boucle aux notes
& Ajuster les mots (c’était ça sa marotte),
Fredonnant sous son air d’ingénue
D’absurdes crimes à glacer la crème.

Elle inventait l’histoire allumée par la lune
Quand le hautbois au fond là bas hulule
& qu’ton reflet flou dans l’eau
te fout même les chocottes.
~
Mirliton

~
Sûrement que j’y étais le jour où t’es venu –
on sait jamais avec le vent jusqu’où ira l’âme féconde.
De toute manière, on l’a bien vu,
l’aube est plus généreuse qu’un lundi de fortune.
Et la nuit sème souvent ce qui pousse le jour.
Et lui de même visse vers ça.


Ainsi le coeur s’assoit toujours à la bonne heure
sans en faire tout un plat.
Je n’ai faim que pour ça d’ailleurs –
le monde au milieu du monde.
~
Caroline D.
.~.

Au portrait imaginaire

Gamine/ crayon

Au portrait imaginaire
La mine doit être allusive
Comme déliée de la langue
L’intention est toujours bavarde.

Le trait prend d’abord la mesure de la page
Mouche errante sans volonté particulière
S’escrime à laisser des traces .
Puis, l’intuition d’une présence.

Dans la fenêtre de la page s’installe une forme
Un visage ? possible & le corps suit, l’envisage
Laisse lentement apparaitre la figure
Que la gamine habite de son nuage.

Pourquoi gommer l’errance?
Laisse ton chemin lisible
Tous les traits participent à l’image.
Tendre souvenir d’une rencontre.

**{miRliTon}*


Quand je vois l’ombre à travers toi,
c’est tout le sens du jour.
Toutes ces instances qui m’interpellent
et me disent que le monde y est.

J’ai les mains chaudes comme un soleil
et le coeur tremblant comme une onde.
Mon matin tourne avec les feuilles
et le ciel devient ma maison.

Je suis la folle et l’ingénue,
la force et la venue.
Par tous les vents et les vallons,
ma nature s’ingénie.

C’est dans le miracle du monde
que mon âme prend forme.
Et si je viens les yeux fermés,
c’est pour mieux les ouvrir.

*}caroline D.{*

Souvent la fable…

Tu dis quoi ?

Souvent la fable
veut nous convaincre
Du caractère animal du bon sens

Les objets en demeure de faire pareil ou même
S’arment de patience.

Ainsi
Les seaux ont bien des anses
Attendant de pouvoir voyager
& les murs des oreilles
Tout en restant très muets.

À l’inverse, il est vrai
Les sots ont des oreilles
& trainent les rumeurs
Avec certaine aisance.

mirliton


Se promener, flâner, musarder, se balader, se baguenauder, glander…le temps est radieux, un peu frais, la vague à peine retroussée, le regard se perd dans un horizon mal défini qu’une brume lumineuse estompe…Vous arrivez, courant, soufflant, je m’écrase contre la haie toute bourdonnante d’activité qui borde le chemin des douaniers. Les yeux nulle part, vous passez sans voir ; des papillons en tenue de soirée batifolent, les frelons asiatiques siphonnent avidement le suc des fleurs, un nuage d’ailes translucides crépite autour de moi. Vous avez les yeux rivés sur votre montre connectée qui indique la fréquence cardiaque et des écouteurs dans les oreilles. Pour entendre le bruit de vos entrailles ? Des mouettes crient juste au-dessus. Vous ne voyez pas, mais vous n’écoutez pas non plus. Un papillon gît tout cassé sur le chemin ; vos pieds sans doute ou ceux d’un pareil à vous, aveugle et sourd. Vous courez, excusez du peu, ou vous marchez en activant des bâtons, regard dur au loin ou sur les chiffres de vos engins, visage crispé, sans remarquer les nimbus bedonnant à l’horizon, tout luminescents du soleil qui les chauffe. Vous transpirez, vous soufflez, vous contrôlez votre masse musculaire. Et celle de votre matière grise ? Ah, il se fait tard dans la saison, les hirondelles sont parties, les mésanges s’activent dans les haies où pullulent de minuscules insectes qui leur sont friandises. Vous courez, c’est à peine si je peux passer, se promener, se balader, flâner, la chenille noire ne vous a pas vu arriver, elle a traversé, elle ne s’en remettra pas, aucune alerte sur vos instruments connectés. Attention, votre coeur atteint la fréquence maximale de sécurité, ralentissez. Pourtant vous gardez les yeux fixés sur le compteur des kilomètres, vous insistez. Hier vous avez couru plus vite, plus loin, plus fort, vos performances sont inscrites sur votre compte face book. Les nimbus s’arrondissent à l’horizon moelleux, la vague s’est creusée et clapote entre les rochers, ouf, vous avez failli m’écraser, heureusement il y a la haie, je m’y suis abritée avec les papillons, les abeilles et les frelons, les moucherons, les guêpes et toutes ces espèces dont je ne suis qu’une variété.
🧚🏿
Maddy Micheau
🧚🏽‍♀️

Sortir du bois

Chevalier à l’épée de bois
Écuyer en pattes de grenouille
Du zinc d’une lessiveuse
J’te fais l’éclat d’un écu
&
Teins! v’là la princesse!
Bon sang , j’cours bouter le dragon
Hors d’ici, hors du bois charmant
que j’te délivre, Mirabelle
mais
Dépêche-toi d’sortir du bois
De descendre de l’épicéa
Moi, j’débroussaille…….j’contrôle des fois
qu’y en aurait encore là.

mirliton
Par tous mes penchants d’éternel
Mes yeux et mes boucles de ciel
Je trouve que c’est gentil à toi
De vouloir me sortir du bois
&
Sûr que ta sollicitude
Rencontre toute ma gratitude
On n’a d’amis que ceux qu’on voit
Je t’avais remarqué déjà
mais
Sache que si je viens au bois
C’est pour pallier le désarroi
Celui des poules et des rois
Et des grands dragons avec ça.

Caroline D.

Remuante

Remuante

La nuit était fragile
Quand sous son air de geai
Le souvenir des corps qui exhalent
Une saveur de lave
Un bouquet de sueurs
la laisse sans sommeil
L’œil dans l’ombre écarlate.

mirliton


C’est tout le balancement qui change
de la nuit et du jour,
le sentier du rêve qui se perd
dans l’aube qui approche.


Et tandis qu’elle s’enveloppe
d’un long morceau de temps,
le ciel enlace la montagne,
fidèle à son rose serment.

Caroline D.

Maquis

Maquis

Souvent comme un voile

Sous la lèvre mordille un sourire éteint
Les couleurs maquillent le spleen, le griment
L’air d’oiseau perdu fragile d’une tristesse
légère, un instant arrête une fuite volatile.

mirliton


Tout depuis l’envers du temps


C’est ce rêve à n’en plus finir
de ce qui danse sous le yeux
par l’eau et le ciel.
De ce qui ne demande rien
qu’être et aimer le temps d’y être.

Caroline D.

Superpositions

Amusée ?

le pluriel est avantageux

depuis la position changeante
des heures et de l’espace
l’enchantement
dans la persévérance

et nos corps en émoi
dans l’océan des âmes


caroline D.

La grande ourse

Rencontres browniennes

à demi amusé…… suivre,déambuler
Silencieuse à regarder les murs nous approcher

à la croisée du chemin….interstices.
entre une grande au dos rond
Elle s’accroche au cadre
Le décor a un corps

à y bien regarder, l’art s’humanise
de sa présence.

à même un fond nymphé,
Seule, elle suffit à l’art du panorama,
au point de tenter de perdre la raison.

mïrlïtöñ

Articulations



Des mots zarticulées
aux rotules, aux phalanges
l’épure garde la trace
de présences changeantes
promises à la réclame
sous forme de chanson.

Ainsi la balançoire
mouvement ondulatoire
se prête à l’illusion
n’ayant de forme stable
que dans l’amplitude
de son oscillation.

D’un crayon leste & fin
suivant le métronome
cherchons l’intérêt pendulaire
de cette distraction
& attachons nous à rendre
cette balancelle plus aérienne.

mīrlīton


Et l’arbre qui s’épanche
en branches tout autour
& le ciel qui se penche
pour nous parler d’amour.


C’est d’aimer à se perdre
dans un trou tout là-haut
pour un morceau de bleu
à s’en laver les yeux.


Au vent du pendulaire
de l’extraordinaire –
dans les bras d’un géant,
redevenir le temps.


Caroline D.

« Au vent du pendulaire »,
bats, lent soir…

Diptyque ô taquet