Couleurs sombres

Peinture j’y beaujean 2020

La reine de la nuit

Pénombre, figée, sombre
L’air s’encombre de végétal
La couleur se replie
& m’oblige à percer la nuit.

Sous couvert d’ombres
Tu t’agites enfermée
À ruminer l’histoire
& te laisses envahir
Par le noir des pensées.

mirliton


Quand depuis la lumière
j’ai vu jaillir le bleu,
m’en suis vêtue enfin
comme d’une soie céleste.

Quand l’entour se fait sombre,
presque noir comme nuit,
c’est qu’il m’emmène là
où le jour s’endort.


Caroline D.

Au fond



La plage le soir est pleine de trous
Car toute la journée
Chacun y fait le sien
Non, pas les chiens
Ils sont interdits
Mais les humains
A la pelle, à la main
Ils font des trous
Pour jouer, pour rien
C’est amusant à regarder
Tous ces trous creusés
Puis abandonnés à la marée
Tous ces deriières levés
Et ces mains et ces pelles en activité
Pour faire un trou
Chacun le sien
A côté de celui du voisin
Quel vide l’humanité a-t-elle à combler
Pour creuser les plages entre deux marées?
La plage le soir est pleine de trous
Attention on peut tomber.

M.Micheau

L’échappée

L’échappée

Quelquefois
le sujet s’échappe du cadre.

Nos souvenirs
suffisent à inventer l’illusion
qui comme
un cinéma sans parole,
déroulerait un miroir
sans mémoire des histoires.

💨mirliton🌑


Nue au matin,
vêtue d’éclats de lune,
elle part plaquer tout l’exigu
pour emboiter le pas au vent,
toucher le tendre sortilège,
l’entièreté du vaste.

🌑caroline D.🌬

Les amitiés calquées

Les amitiés calquées

Bras dessus dessous
Là bas vers la croisée
Elles s’ disent la vérité :

« Y s’croit joli garçon
du genre dégingandé
pourtant tu l’verrais
tout emberlificoté
dans son opéra comique
toujours incertain, malhabile

toujours comme un fait exprès
le verre y c’est cassé !
& son regard de coté
rougissant à pas m’voir
quand j’me déshabillais. »

mirliton

Les gamines

poudreuse

À leurs pieds

s’étale un tapis blanc feutré
Dans un silence de neige

résonnent
Des ombres

Des gamines
Elles

Elles ricanent
sous le ciel étoilé.

🌘mirliton🌒


J’ai rempli ma besace, pas toi?

Viens, viens
on ira loin comme ça
sur nos sentiers de garance
à pas de pas, de jolis pas

On y fera neige de rose
parfum de primevère
en prenant de très longues pauses
sous le ciel de l’hiver

En attendant, n’attendons pas
dansons sur le bis des étoiles

J’ai rempli ma besace, pas toi?

🧚🏿Caroline D.🧚🏻‍♂️

Enivré

Chlorophylle

Un ciel éclaté de couleurs
La terre , elle, a un goût déterré
souterrain à même l’odeur de terreau
Humide chemin des sueurs suspendues
la valse brune des décompositions de fleurs,
Les couleurs lentes dessous découlent
Dégoulinent en découpes de fanes de papillon
En cavales furtives dans d’obscurs canaux.
Fourmille


🧚🏿mirliton🧚🏻‍♂️


Qu’à cela ne tienne
depuis les doigts du monde
le flambeau de la rouille
Parole d’océan
Mais de se languir pour le ciel
depuis l’humus tiède
C’est le béant des grands silences
imprégnés d’eau salée
Le ventre du temps
dans sa tendre équivoque

🧚🏽‍♀️caroline D.🧚🏿

À l’ombre

À l’ombre

La terre se tourne vers la nuit
Les lumières ne décrivent plus qu’une ville en pointillés
& sur la côte, à l’abri ,
l’ombre d’une terre parasol découvre les étoiles
Un paradis d’épingles
Impossible de s’y retrouver
Alors
je dessine d’un doigt de nouvelles constellations.

& vous, voulez vous leurs trouver des noms ?

mirliton

Constellations des fleurs d’été,
des âmes vives & des concertos de Bach.

Pendant ce temps, dis-moi
qui d’autre pourrait dessiner le ciel
qu’une fillette au coeur de menthe.
Chaque fois depuis l’ombre du vent.

Sinon qu’en serait-il du monde
& des histoires d’amour ?

Caroline D

La pensée

La penseuse

Faisait une poésie de cédilles
Où la moindre graphie
Devenait une danse imprononçable
& sur une plage, arrimée au roc
Traçait à même le sable (en Gutaï)
Les accroche-cœurs de ses pensées
Tournant cent fois sa langue de brindilles.

De mirliTon à
🔳lin


具 体

voilà que sous le ciel
le grand d’après l’orage
elle entend les enfants
qui jouent dans la ruelle


voilà que sous le ciel

caroline D.

Don Quixote

Don Quixote

Une nuit
que l’allure des moulins
prenait des airs de spectres
faisant tourner lentement la terre
de leurs bras de machines

À m’y perdre
que jamais je ne trouve mon chemin
dans cette Infinie rotation
Le ciel se défilant, retroussant les nuages

À mes pieds comme un vide
Il fallait que j’arrête ce grincement mécanique
Que je plante mon nez dans les étoiles
& que de mon arme, je fixe le paysage.

mirliton en DQXt