Nocturne

 

La nuit, l’attention au silence des étoiles,

Au ciel noir d’étincelles , à l’espace qui l’enlace,

Remplit d’aise celle qui le matin même

Se morfondait chez elle

Ne sachant plus trop bien quoi faire

Des verts tristes pâturages immobiles

Ou des inconnus qui passent

À la déroute dans leur boite de métal.

 

Mirliton

Publicités

Vue cavalière

(cheminer)

Le chemin s’insinue dans la torpeur ambiante,

Un cavalier s’endort et sa monture balance,

Suivi par le bourdon de mouches satellites.


(- Façon transat)


Il hallucine, il rêve aux lointaines allongées

Qu’il dévisage au fond des paysages

Quand les vallons forment en mirages des belles.


(- des nouvelles?)


Et il poursuit la route feuilletant sa mémoire

Jusqu’à ce que tout à coup, d’un écart de sabot

Il tombe à vau l’eau, entrainant la d’moiselle.

( atterrir )

Mirliton

Noir Vénus


Sortie de douche, détendue

L’éclat sombre de sa peau

Encore toute imprégnée de pluie,

apparaît luisante, lisse, vernie.


Surprise qu’un courant d’air

couvre ses bras d’un grain de nuit.

Elle se frotte avec énergie,

Se réchauffe du moelleux d’une serviette en coton..


& quand sa fourrure douce sèche,

s’enroule dans de petits roulis,

Elle ouvre les doigts en peigne

 les lisse, les aplatit.

Mirliton

Broyer

Sans dessin, le paysage se couvre

D’une pluie fine de traits hachés.

Le noir imaginé d’une antique caméra.

Le trou bleu nuit arrose en geyser les lignes,

Libérant en bouillant un jeu de spasmes,

Un jet irréductible qui plisse les entrelacs.

Un mystérieux hoquet secoue en bas,

Quand la terre se trouble et l’écume se débat

& surnage une âme, une mousse sombre de lave.

Les humeurs se mêlent, dérangent les ébats.

L’incendie de foudre inonde le rivage,

S’écoule le noyé jusqu’au calme virage.

~

Mirliton

Vénus griffée

Femme nue hésitante aux gargouilles tapies.

Des pierres figent les figures de chimériques engeances

Grimaçantes, le long d’un chemin sans repos.

~

Elle, en robe de lumière & les rayons la dardent

& perdue pour perdue, en tremblant elle s’agace.

Rassemblant son courage, s’écorchant au passage,

Se griffe à fleur de peau, se laisse à la ramasse.

Dans le noir qui la glace, elle cherche la façon

D’écarter les épines & d’avaler ses larmes.

~

Protégeant son sillon & démêlant sa toile,

Dans le noir, la vénus poursuivie par le soupçon des âmes,

S’ inquiète un instant d’un air, le chant des voiles.

Mirliton

Encélade

Au bord du cratère, la montagne y perce les nuages,

L’air est rare, mélangé aux vapeurs des fumées.

L’homme des sommets découpe des roches en bagues.

Le soir, le géant redescend , glissant sur les rochers.

Par moment, il reprend son souffle, s’assoit sur le coté,

Attend la nuit, rêvant de voir défiler les étoiles .


& se dit que le temps est vite passé.

Tout petit il goutait au lait des femmes anthropophages.

Il restait accroché à leurs hanches rebondies.

Elles, berçaient, lui, s’endormait gavé,

Gardant cette odeur sure de caillé qui attirait les mouches.

Il s’était assoupi à un sein et rotait les yeux fermés

Et les mères cannibales attendries tournaient la fricassée.


Mirliton

L’autopsie

20131104-234628.jpg

À Hidéo Morié

L’autopsie de la démolition montre des liens,
Des organes qui s’unissent aux réseaux souterrains.
Le désordre s’explique ou s’applique à révéler l’usage.
L’équilibre fragile éclate en tas, sous différentes poussières ,
On organise le départ des matières brisées, classées devenues neutres
& à la force du marteau, au vide, répond l’écho.