Silence de papier

Chambre noire

La nuit, je lis,

Retrouve mes personnages,

Gribouille entre deux pages

& en fin de chapitre, je baille.

Mirliton

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Art involontaire 10 (Section Espaces &Tableaux)

Couloir

Le mur n’est qu’une peau

Pour en colmater les blessures

Nous devons délimiter une surface,

Un sparadrap au ton nouveau;

Faire oublier la ligne des fissures

& Faire apparaitre l’intention en plan.

~

Ou encore,

Ailleurs, la transparence de coupe

laisse des signes opaques en filigranes,

Une possibilité d’imaginer derrière l’image

le reste caché et la réalité dépoli d’un plan.

~

Mirliton

Champlevé (bal)

Que veux-tu?

~

Deux

une vision décalée,

Double, de l’épaisseur d’une vitre

Les frontières translucides de l’emprise

La succession d’empreintes.

~

Mille

Le temps dilaté,

L’oubli d’usages empiriques

Les mines contraintes grimacent

Courbées d’estime ou de suppliques.

~

Dix

Aigu et rond,

Disque d’acier impressionné

De graves sillons expriment

De vagues regrets pour l’arrogante bile.

~

Huit

Juste éclos

Répète en boucle, bouche en bec

Aveugle, l’affamé oisillon pleure

L’espoir d’être encore en lice.

~

Mirliton

Est-ce un crime?


Scène 1

~

La chaise se fait prier, un témoin principal gênant.

D’une main ferme, on se retient ensemble,

Sous un décor planté comme une apparition.

La table s’est éloignée, elle ne va plus parler.


Scène 2

~

La coquette défrise l’astrakan en bouclettes

& s’emmitoufle; la main en peigne lisse la fourrure.

Elle dissipe ainsi sa peur du noir, des loups &

Des histoires à croquer les petites des Carpates.


Scène 3

~

La chambre est terne & grise la pellicule.

Elle s’affiche dans un coin, renversante,

Noire de gants & projette son ombre,

Son corps survêtu se démasque surréel.

~

Mirliton

Nocturne

 

La nuit, l’attention au silence des étoiles,

Au ciel noir d’étincelles , à l’espace qui l’enlace,

Remplit d’aise celle qui le matin même

Se morfondait chez elle

Ne sachant plus trop bien quoi faire

Des verts tristes pâturages immobiles

Ou des inconnus qui passent

À la déroute dans leur boite de métal.

 

Mirliton

Vue cavalière

(cheminer)

Le chemin s’insinue dans la torpeur ambiante,

Un cavalier s’endort et sa monture balance,

Suivi par le bourdon de mouches satellites.


(- Façon transat)


Il hallucine, il rêve aux lointaines allongées

Qu’il dévisage au fond des paysages

Quand les vallons forment en mirages des belles.


(- des nouvelles?)


Et il poursuit la route feuilletant sa mémoire

Jusqu’à ce que tout à coup, d’un écart de sabot

Il tombe à vau l’eau, entrainant la d’moiselle.

( atterrir )

Mirliton

Noir Vénus


Sortie de douche, détendue

L’éclat sombre de sa peau

Encore toute imprégnée de pluie,

apparaît luisante, lisse, vernie.


Surprise qu’un courant d’air

couvre ses bras d’un grain de nuit.

Elle se frotte avec énergie,

Se réchauffe du moelleux d’une serviette en coton..


& quand sa fourrure douce sèche,

s’enroule dans de petits roulis,

Elle ouvre les doigts en peigne

 les lisse, les aplatit.

Mirliton

Broyer

Sans dessin, le paysage se couvre

D’une pluie fine de traits hachés.

Le noir imaginé d’une antique caméra.

Le trou bleu nuit arrose en geyser les lignes,

Libérant en bouillant un jeu de spasmes,

Un jet irréductible qui plisse les entrelacs.

Un mystérieux hoquet secoue en bas,

Quand la terre se trouble et l’écume se débat

& surnage une âme, une mousse sombre de lave.

Les humeurs se mêlent, dérangent les ébats.

L’incendie de foudre inonde le rivage,

S’écoule le noyé jusqu’au calme virage.

~

Mirliton

Vénus griffée

Femme nue hésitante aux gargouilles tapies.

Des pierres figent les figures de chimériques engeances

Grimaçantes, le long d’un chemin sans repos.

~

Elle, en robe de lumière & les rayons la dardent

& perdue pour perdue, en tremblant elle s’agace.

Rassemblant son courage, s’écorchant au passage,

Se griffe à fleur de peau, se laisse à la ramasse.

Dans le noir qui la glace, elle cherche la façon

D’écarter les épines & d’avaler ses larmes.

~

Protégeant son sillon & démêlant sa toile,

Dans le noir, la vénus poursuivie par le soupçon des âmes,

S’ inquiète un instant d’un air, le chant des voiles.

Mirliton