Certaines résolutions

Certaines Résolutions
~
Brûler de désir
la langue du poète
Juste pour enflammer ses lèvres.
~
Fausset
~
L’après midi sans voix,
dire les mots qui déclenchent
une vague d’avalanche.
~
Y’aller piano
~
Caresser l’idée
de pianoter en dos
les aigus des vertèbres.
~
Saxo
~
Sourire aux lèvres,
suivre in extenso
la courbe d’une hanche.
~
Batterie
~
Baisser les yeux,
à la croisée des jambes
sans cesse trépigner.
~
Au cœur du rebond
°} Mirliton {°
!
Peintures sur bois 100×80
j’Y bEaujEan -avril 2020
!
Échos lointains
*
À s’inventer de dos
contre un beau bois de lune.
*
Long contralto de veille
*
Une ligne de désir
insinuée sur le sable.
*
Une note de mer
*
Un printemps exigu
sur une portée claire.
*
Aucun bémol à l’horizon
#
[caroline D.]
!

Fantasmagorie 1

Présences
*
Je lui accorde tout.
Le bonheur et l’espoir,
l’aventure et le ciel.
Malgré un coup de noir.
Et l’autre qui le toise
perd joliment son temps
avec ses sorts jetés
et ses jets venimeux.
Malgré un coup de blues,
le brave s’enhardira.
J’vous en passe un papier.
*
°} caroline D. {°
!

L’écho

Écho

Matin Seule,
La réponse de l’écho
flottant, lointain,
Tournée vers la vallée
Vertige,l’ illusion parfaite
D’une impossible présence
Même un coyote scorpion
hésite à s’abreuver
L’instant reste en suspens
Déjà le son s’efface.
*•*
}mirliton{
*
rien qui ne soit ridicule
sauf le ridicule
le poème s’efface en écho
c’est quand même tactile
le printemps qui revient
le vertige dehors
elle rentre et ressort…
~
<caroline D.>
!

Au balcon

~

&

leste elle s’offrait

à toutes les surfaces

aux rêches comme aux tendres

et au bois comme à l’air

Tandis qu’elle faisait courbe

dans ses couleurs de jour

tandis qu’elle faisait danse

dans ses couleurs d’amour.

~

Caroline D.

~

~

Haut perchoir

Le vertige, accrochée à la rampe

Tenir

l’habit, l’enveloppe

décrivant l’extérieur d’une courbe

Figée dans l’impatience.

~

Approchez!

Dehors, elle prend un air ambiant.

La retient de pleurer

Renifle

Tourmente le silence

d’un regard qui plonge.

~

°} mirliton {°

Bleu nuit

Bleu nuit
~
Avant de s’éventer,
Elle s’évada,
S’évanouit,
Dénudée
dans la nuit.
~
La belle
proportionnée,
Derrière un éventail,
Cache
Une peau bleue
sucrée
~
Sa face bien cachée,
Au parfum d’étoile,
Constellée
De rousseurs.
La voilà lactée.
~
°Mirliton°
~
Du flanc germe la gratitude,
c’est la sagesse d’Aquila.
En plein milieu du ciel,
au bleu vibrant d’un somme,
dans sa droiture elle sème
la Nocturnale du printemps.
~
}caroline D.{

Sirénade

~
La pêche n’est pas miraculeuse
Les filets se démêlent,demênent, même
À sortir toutes les sirénaïades
Poissons-chats, loups de mer,
Grondins de Napoléon, chaloupes
& bernique! V’là t’y pas une sirène d’alarme
Une femme-chat miaulant
toutes les grandes eaux d’son corps
Pleurs à peur
Sérénade : « j’veux plonger en ville d’Ys!»
~
Mirliton
~
Devant son doux gémissement
depuis son aurore rompue
dans un trou de l’eau et du temps,
des ruisseaux qui passaient par là
se sont glissés ‘travers la grille
pour y retendre l’aube tendre
et chanter clair au beau matin.
Et son long corps s’est retourné.
Et tout son ventre avec.
Cependant que céda l’effroi
et que s’ouvrirent mille fleurs
comme autant de bras et de coeurs.
Et le ciel y resta penché
sur l’orange des jours.
~
Caroline D.
~
*

Icare

Icare s´y prépare, se colle,

S’habille en noir de plumes

Semblant l’oiseau qui vole

& prendre l’air déjà

d’un rêve d’aventure.

~

Mirliton

~

Et même si à genoux

au seuil de son regard

un autre lui redit tout ce qu’il sait déjà,

la vie reste la vraie joueuse

et elle enflamme son rouge pion.

~

Caroline D.

~

Décors

L’ultime sapin s’accroche

Le vert verdure clignote

Les décors bringuebalent

Sous la chaleur de l’âtre.

~

Des êtres imaginaires,

Lapins noir chocolat

Ours doux en peluche

Sont là,en mémoire de la faune.

~

Mirliton

Et l’enfant trimballait

son coeur en guirlande.

Ce faisant, il chantait

pour la caresse des notes.

« Petit chien sous ce chat

que fais-tu, que fais-tu là?

Est-ce que tu rêves d’un cygne

et d’un lapin tralala? »

~

Caroline D.

~

Faire un signe

Faire un signe,

une sorte de cygne,

Signer la nature.

~

En la hiéroglyphant,

tu te trompes!

~

Un zeste d’enfant.

L’éléphant leste

singe la rature.

~

Mirliton

~

Où pointer l’index a suffi
pour inventer le ciel.
Réinventer
l’éléphant et le reste.
D’autant que chaque fois
le jeu se prête au cygne.
Pareil au ruisseau d’âme
et au geste d’enfant.

Caroline D..

Les choucas

Le soir tombant,

Les choucas rejoignent

des interstices de toits,

des cheminées, des soupentes

où se trouvent

leurs nids de petits bois.

~

Mirliton

~

Peinture acryl/ toile 2019 j’ybeaujean

~

Et il arrive parfois,
de nuit ou de jour, qui sait?
qu’un gazou s’attèle
à belle capture.
Y tendre une toile tendre.
Question de les aimer.
Sans les déranger.

~

Caroline D.

Brownien

Un sentiment de figuration

~

L’ abstraction naïve

D’un fouillis aux allures de jungle.

Au détour du chemin tu t’emmêles.

Tu t’en mêles ?

Vague retour à l’âme, là bas pas d’horizon,

Le flou d’une ligne invisible d’arbres palpite en fond

& d’étranges volatiles en immobiles plantons.

~

La pose suggère un certain abandon,

Une sensation que l’on reconnait au crayon

& le sombre déjà vu d’une figure d’illusion.

~

Mirliton