Air de Java

La nuit inassouvie garde à la lampe

Le lecteur en haleine, en attente.

& sous le couvert des mots, trémolos,

Y’se prend derechef pour l’héros.

~

(Qu’est ce qui lui prend à l’hélico?

Java à nous tourner la tête.

L’air à l’entête du pas chaloupe,

Illico, il lui hache ses mots.)


& pis, l’innocent gamberge,

chavire l’écarlate du lit,

dérange savamment les plis

& pis, doucement, délie

Les rubans d’sa chemise de nuit.

~
& chaloupe un air de piano, à courte paille,

Grelot, gros dos à gogo … tout l’tremblement.

La nuit affutant les couteaux,

Chevauchant la piste d’la gazelle,

Il lui mit un peu trop prés, aimant,

D’un doigt, offusquer la Rosette.

~
& pis sans arrêt, sans un mot, à quatre pattes

Alléchant, souvent goûter sa bouche coquette.


Mirliton

Lutina Doña

20160922-023234 PM.jpg

Conte du lutin qu’anima la Doña

L’eût-il nommée l’ailée Doña
Elle, elle ne s’en souvient pas
Ni du goût de fruit écrasé,
Du fer du sang léché.

Lui, il rumine cherchant la voie.
Quand elle le retrouve aux parois,
Fuyant le noir, l’ombre dressée,
Tremblant tel un fier à bras.

20160922-023616 PM.jpg L’éliminer allait de soi, pourtant

Elle semble l’accoster, l’observe

Mais cache en dessous son venin
Comme un bruit sourd et familier.

20160922-023732 PM.jpg

Un ultime baiser à sa proie, elle,
Se prête aux poses et s’allonge
Griffe à la dérobée la soie,
Tisse du bout des doigts.

Lutinée & amidonnée
Elle s’adonne, adore et s’exhibe,
Un parfum monte de ses draps.
Elle reste d’onyx, lui se débat.

Mirliton

L’encerclé


 Quelquefois, faut qu’on s’habille en clowns,

Pour essayer de les faire rigoler.

Moi, J’aime pas trop qu’on me fasse sauter.

C’est toujours moi dans le cercle,

Paraitrait que je suis le plus « adapté ».

Lui y fait juste le geste à me dire d’y aller

& aprés y prend l’air d’m’avoir dompté.

Moi, J’aime pas trop ça, être dompté.

Mirliton

Rose chou

20150801-065128 PM.jpg

Alors qu’une salamandre, habituée au climat,
S’approche d’un foyer, se suffit d’une flamme.
La mandragore se plaint d’être poussée dehors,
Là, sur un terrain où jamais rien n’arrive
& s’exclame,s’étirant comme un nouveau né,
cambrée comme une flèche, pointant ses balconnets:
 » je regarde alentour, un monde sans pareil,
Où tout semble n’être que l’éclat du reflet
& Pourtant, aussi loin que mon regard se pose,
Je ne vois que dédain, que manœuvres, que fraudes
Sous réserve d’habiter de nobles causes. »

Damer le pion

20150218-015603 PM.jpg

À Günther Förg

Le jeu énonce sa règle.
Tout nouveau domino doit continuer la chaine
& chercher en un sens à nous damer le pion.

Encore que l’habitude de laisser au mur les choses telles,
Retienne le quidam d’en proposer une autre,

J’aimerais imaginer pourtant la belle,
Quand nous serons de haute lutte à égalité.

Pratique

20140108-041913 PM.jpg

Que l’aiguille agile transforme à plaisir,
Des tissus fins, fragiles, prompts à l’effiloche.
Suit la ligne courbe, le dessin des patrons
De l’éventail & du col romantique.

Puis l’œil dans le vague & l’âme,
Lance toi, toupie cavalière,
Dans les flots d’une valse,
Où tu seras en nage.