Le sens des aimants

Le sens des aimants

~

Les pôles s’aiment

& s’amantent

S’orientent.

Mais rien ne dure.

Des lignes de fuite

déprennent les liens,

Débordent à l’aventure.

~

Mirliton

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Ivre ouvert

eket

Dame de coupe

Distinguer, ivre les nuances

Comme dans son iris sans fin, voir

Le malin plaisir s’y glisser, un sourire me tente

& alanguit au creux de ta fourrure, j’y

Respire et goûte le piquant parfum musqué.

Comment ne pas se tenir plus près , à toucher,

Oubliant la distance, la salle est noire de monde

Quand l’écran scintille, s’éclairent les pupilles,

L’histoire est aux reflets. Je te regarde rêver.

Livrée au regret, à l’oubli fané

Comme la fleur séchée d’un souvenir cassé,

Écrasée, l’auréole marque à ta robe froissée

Un brillant de larmes échappées, délaissée.

Inquiet, tu la vois s’écarter, rouler de coté,

Elle n’aime pas, plus, évite même d’y penser,

Se cache de peur d’espérer d’autres baisers,

Elle en oublie sa peau hier encore à fleur de caresses.

Mirliton 2016

ombre & miel

Aux Associés du Regard

Associer du regard

L’une était d’un monde sous marin débardant de glaçures.

Quand tout sera bien sec’

le saulnier raclera la fine fleur de sel.

& attendant le temps d’une autre marée,

il brise quelques grains;

Du poivre pour l’autre coté.

L’autre, plus sourde, se peuplait des brisures de vagues,

De brins d’algues et petits cailloux.

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Mirliton

photos 1 & 3 j’y beaujean

Éclats

L’éclat inactinique des vénus immobiles

Le coup d’œil appuyé s’est figé en cliché

Comme un regret à dérober en silence.

~

En échange, restait dans l’air environnant

Un parfum irrésistible de demoiselle.

~

Les visages s’estompaient fuyant les lampadaires

Le soir déjà rendait synonyme ombre et solitaire.

~

Souvent, enfant, j’aimais croire en un simple miroir

& le voir s’animer d’une histoire; histoire d’y croire.

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Mirliton

Le voyage immobile de 徐儀

à Chu Yi , Xu Yi, 徐儀


À la côte découpée, aux chemins d’un vert sec bruissant,

Elle préférait la fuite muette des nuages ;

Le paysage du temps s’arrangeant en spectacle.

~

Ou encore la ligne répétitive des vagues

Avec son roulis de galets sans cesse en mouvement .

~

Ces deux musiques la remplissaient d’une joyeuse mélancolie.

Rêveuse, elle se sentait immobile en voyage.

~

Mirliton

Couvert

Le couvert 1

Un bouton de rejets de ronces et de branches.

À peine un monticule de brindilles sèches,

Rassemblées en attente, prêtes à bruler.

Dedans, des nids où sommeillent des mulots

Et la nuit, fugitifs, ils en sortent furtifs.

~


La fleur tendre est fraiche et son parfum entête.

Le pétale a été lentement grignoté par l’insecte,

Puis, gavé, il s’envole goûter ailleurs la suite.

Il laisse dans les courbes géantes sa marque,

Un reste involontaire de table mal débarrassée.

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Le couvert 2

Mirliton

Col de cygne, beurre d’escargot

( air affable)

Tout à son habitude d’explorer le rivage.

L’oiseau aime surtout la lumière des couleurs 

& à paraitre soyeux sur un lac vert opaque.

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L’immaculé navire accoste dans un nuage.

Une coque de gâteau, une crème en traineau,

Un son de crapaud sur un air de trompette,

Maladroit à la marche, il s’ empêtre à l’envol .

~

Mais le cygne flotte. Garde sa ligne de flottaison.

& dérive d’un lent mouvement de tête, 

Parodiant l’essence en suspend de la danse.

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Au bout de sa piste luisante ,

Le dos rond, l’œil en lanterne, 

L’insensible mouvement de mollusque

S’offre au regard du plumeau.

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Pierre /ciseaux, coquille à bec,

Chacun arme à sa manière,

Son corps au désir du beau.
Mirliton