Copieurs & infidèles 1

Femme à la mandoline

Juan Gris copie Corot

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Crayon ( pages de carnet)

Le dessin est brownien .

Les éléments se mettent en place

En modelant une place dans la page,

En concentrant le dessin sur l’expression du visage.

Reste ensuite juste à reconstituer

une posture possible.

De dos sur une chaise,

Elle oublie un moment

de penser

Mirliton

~°~

Pendant ce temps, ailleurs
Le monde haletant
barre les portes de l’âme.
Nos vies de lait encore
n’y savent presque rien.
Mais quelque part sur la page,
tandis que l’amour le révèle
et que la pensée plie bagage,
Apparaît l’expression,
Le Visage vivant.

Caroline D

~°~

Cache~cache

Cache-cache

~

Sous l’emballage

percent quelques feuilles.

d’un vert sombre de vessie.

~

Artichauts repliés sous une visière cristal

~

fleurs de roches? de tranchée?

~

Dans un papier froissé, tu caches

des pétales recroquevillés.

~

Mirliton

~

Il se cache des fleurs

de cristal d’artichaut

dans les replis du cœur défroissé

Caroline D.

La langue vivante

~

Deux amies discutent.

Leur accord tacite

est la musique des mots.

Les paroles s’envolent

en postillons de sons,

de l’une à l’autre à l’une,

rebondissent en éclats de sourires

& doucement roulent sur leurs lèvres

des moments de silence.

~

Mirliton

~

Et le temps,
qui dessine le geste.
Jusqu’à tout y danser.
~
Cambrures belles et corps vivants.

~

Caroline D.

Faire un signe

Faire un signe,

une sorte de cygne,

Signer la nature.

~

En la hiéroglyphant,

tu te trompes!

~

Un zeste d’enfant.

L’éléphant leste

singe la rature.

~

Mirliton

~

Où pointer l’index a suffi
pour inventer le ciel.
Réinventer
l’éléphant et le reste.
D’autant que chaque fois
le jeu se prête au cygne.
Pareil au ruisseau d’âme
et au geste d’enfant.

Caroline D..

Chavire

Chavire

~

Dans mon sommeil, une barque,

Sous le feu, sous la lame,

décroche une flamme.

~

Un chat rigole en masque,

Son masque laid grimace,

Rigole en cascade.

~

La chouette, elle, me frôle le visage,

Eventail de caresses,

Monte mon désir de lèvres.

~

Mirliton

~

Et l’instant qui chavire
sur les lèvres en sommeil.
Le masque se fait cascade,
et le visage, caresse.

Caroline D.

Les choucas

Le soir tombant,

Les choucas rejoignent

des interstices de toits,

des cheminées, des soupentes

où se trouvent

leurs nids de petits bois.

~

Mirliton

~

Peinture acryl/ toile 2019 j’ybeaujean

~

Et il arrive parfois,
de nuit ou de jour, qui sait?
qu’un gazou s’attèle
à belle capture.
Y tendre une toile tendre.
Question de les aimer.
Sans les déranger.

~

Caroline D.

La passerelle

~

Une passerelle, fine et bleue,

articulée en bois, relie les deux côtes de l’aber.

Elle se soulève et laisse, par moments, passage

aux longs mats des bateaux.

~

En dessous,

Une charpente de piliers s’enfonce dans l’eau

& forme comme un cadre, un châssis,

une chambre obscure

où se baladent, en cages,

images et reflets du paysage.

~

Mirliton

Songeuse,

Songeuse,

~

Elle nourrissait quelques pensées obscures

Qu’elle aimait reprendre;

Ajuster ses mots.

~

& quand le soir venu , allumé par la lune,

Elle voulait les redire

À son reflet dans l’eau.

Mirliton

~

Obscure
Elle voulait quelques lunes
Pour nourrir le reflet
Celui des mots et de l’eau
Dans le soir venu

Caroline D.

Bande de nuées

Ange aime à poursuivre l’histoire des nuages

Jamais rassasiée de leurs révolutions.

~

Les nuages racontent des mythologies sourdes

Où les géants paraissent au bord des précipices

~

les ondines surprises par un souffle rauque

S’enfuient,mais trop tard, se nappant de nuées.

~

& l’instant d’après, c’est une autre histoire

Où les personnes se touchent et s’évanouissent

~

Alors, souvent, elle peut s’en émouvoir

& mouiller une larme dans un coin de coton.

~

Mirliton