Nuit grise

La nuit grise

D’un carnet
Les figures en serpentes découvrent le papier
Une crème de brume, une nuit incertaine,
Grise & grisée de mine.

& le jour se lève

mirliton
Crayon j’y beaujean 2022

La nuit en grands morceaux
Avec du temps pour naître
Couver la pulpe d’or
Pour y couler l’ombre des mines
& voir tout ce qui danse

caroline D.

Couleurs sombres

Peinture j’y beaujean 2020

La reine de la nuit

Pénombre, figée, sombre
L’air s’encombre de végétal
La couleur se replie
& m’oblige à percer la nuit.

Sous couvert d’ombres
Tu t’agites enfermée
À ruminer l’histoire
& te laisses envahir
Par le noir des pensées.

mirliton


Quand depuis la lumière
j’ai vu jaillir le bleu,
m’en suis vêtue enfin
comme d’une soie céleste.

Quand l’entour se fait sombre,
presque noir comme nuit,
c’est qu’il m’emmène là
où le jour s’endort.


Caroline D.

À l’ombre

À l’ombre

La terre se tourne vers la nuit
Les lumières ne décrivent plus qu’une ville en pointillés
& sur la côte, à l’abri ,
l’ombre d’une terre parasol découvre les étoiles
Un paradis d’épingles
Impossible de s’y retrouver
Alors
je dessine d’un doigt de nouvelles constellations.

& vous, voulez vous leurs trouver des noms ?

mirliton

Constellations des fleurs d’été,
des âmes vives & des concertos de Bach.

Pendant ce temps, dis-moi
qui d’autre pourrait dessiner le ciel
qu’une fillette au coeur de menthe.
Chaque fois depuis l’ombre du vent.

Sinon qu’en serait-il du monde
& des histoires d’amour ?

Caroline D

Bleu nuit

Bleu nuit

« La nuit en courbe
dernière lumière de soleil
laissant entrevoir une lèvre rougeoyante
le paysage sombre & découpe le ciel
La forêt écoute
craque au moindre petit bois
Les sons semblent se répandre
À perte d’oreille,
Un bleu d’effroi
La nuit disparait sous un concert d’ombres
& me laisse le nez pointé vers les étoiles . »

Mirliton


« Quand tout à coup j’ai vu
les pieds de l’hirondelle
sur le ponton d’étoiles
que dessinait le soir,
un grand vent est monté
de mon sang d’amarante
& le ciel déversoir
a peint du fabuleux. »

caroline D.

Les figures du crayon

Elle / dessin j’y beaujean 2022

De la figure

Que chaque geste prenne une tournure
L’allure d’un corps en mouvement
Lentement elle se retourne
Il est proche
Un grand dos troublant
L’axe s’y désarticule
La colonne monte de guingois
& lui donne l’air d’être dans le temps
Une figure qui tire d’une grimace
Un oh! T’es embêtant!

mīrLīTon
Crayon / j’y beaujean 2022

La mine descend d’aplomb
Pour faire belle averse
& glisse le crayon
vers un long creux de dos

Elle erre dans le dédale
Sans raison ni fanal
Mais cache quelques briques
Pour mater les bourriques !



caroline D.

Ange

Vieux dessin barbouillé de noir / j’y beaujean 18/22

La barbouilleuse

L’argile fragile de l’enfance
Pitou, précieuse gamine volubile
Trempe son humeur versatile
Dans le noir chemin des pensées.

Faudra bien qu’elle se démaquille
nettoyant son museau rusé
Qu’apparaisse la p’tite nubile
Ève gracile comme énamourée.

m’miRliTon

En un clin d’œil

peinture 120/89cm
jean-yves beaujean 2022


En un clin d’œil
Tout me revient
le souvenir de chaque virage
le vieil arbre à l’écorce gravée
toujours là à m’attendre
Juste la couverture du feuillage change
à chacun sa saison
& l’oiseau « huit! » quelque part sur une branche
me pose au cœur du paysage.

miRliton

Ah!
pour l’instant qu’on laisse derrière
avec le coup d’aile donné
et tous les bourgeons éployés
dans cette humidité d’avril

Pour la lettre de chaque instant
échevelée par le vent
et la peau trempée par la pluie

Pour autant que les gouttes perlent
je me souviendrai, dit-elle –
quand bien même j’oublie

caRoLine D.

Le crayon libre


Fable

Un crayon hésitant de bien trop en faire,
de trop faire du particulier,
laisse son âme noire libre,
libre de patiner
& de sa lame fine
file sur un miroir de papier,
trace le blanc de la glace,
imprime en mémoire un reflet.

{miRliTon}
Carnet j’yb 2022

& voilà qu’assise
près de l’ombre d’elle-même,
elle regarde le monde
sans ni savoir ni rien vouloir.
Tant que le soleil est là,
tout tourne et chante.
Et le vent fait la suite.


{caRoLine}

Légère dérobée

J’yb 2022 crayon
🌬💨
Légère dérobée



Sur un banc de l’allée sans ombrage,
je la vois,
nez trompette en avant,
un vent léger flotte à
sa robe en fin coton glacé.

Déjà un jour ensoleillé,
la brume s’est envolée.

Sous un bleu ciel gommé,
dans une nature désordonnée
une passante transparaît

miRliTon


À fleurs et corps donnés,
tracés d’inoubliables.


Sois mon ombre, dit-elle
juste le temps d’y voir.
Souffle-moi au crayon
une vie en miroir.

Moi qui ai fait des lieues
et des lieues sous la lune –
de par ta mine vive
je danse sur papier.

Mon nez joli
dans l’aube caracole.

Caroline D.

Le dormeur

Hommage à Qi Baishi

L’encre bleue comme
une eau sèche
en une pluie transparente.
~
Dessous s’agite
un monde miniature de crabe,
de rocailles, d’algues en nuages.
~
Chacun attend l’instant
où la mer les recouvre,

les libère d’une vague.
~
miRLiTon

~
🌑peinture sur papier 89x180cm🌑
~
⚪️jean’yves beaujean 2022⚪️

Un ruban de soie
s’éployait en mémoire.
Poissons et bois d’eau
se dessinaient dans l’aube.
Peut-être qu’il ne tenait qu’à moi
d’avancer sur la grève.
Que seule la mer savait déjà la suite.

~
💨caROline D.

L’envol

Décor pour un spectacle

L’envol des choucas


Peinture sur papier
jean- yves beaujean/ 180×90/2022
(Hommage à Shitao 石涛 )
🌕

Les choucas dérivent
Cherchant d’un regard un abri
Au vent des tempêtes.


Leurs ailes s’étirent,se posent
dans un ciel lourd et bas

la lune pâle sombre.

⚪️
mirliton

🌑

« Papier kraft ô bonheur. Ô ma soeur.
Un horizon de vin et un champ de maïs.
Beau décor s’il en est pour l’envol de l’oiseau !
»
🌬caroline D.

Graver dans les mémoires

Graver dans nos mémoires

Pas grave d’être perdus
Gratter à même le sol
le blanc d’Espagne
comme en jachère.

partir
En vacances de sable
où les jeux enfantins
nous sont enfin permis.
& le
Soir de fumée, la braise
de tes yeux dans le noir
noir tout autour des yeux
du feu, pour s’y reconnaître
se barbouiller de cendres.

miRliton
🌒
caRoliNe

Doucement se pencher
pour étirer les ombres
et tracer un soleil
aussi beau que la nuit.

Tirer de longs traits clairs
entre les crépuscules
en sachant bien qu’au bout du conte,
on y tisse un tapis de tendre,
de limon et de temps.

🌕

De dos

Étiquette

Le dos ensoleillé
assoiffé d’un limon
pareil à la pierre ponce

Immobile affinité d’une

Encre, sèche au soleil,
Un noir sommeil profond
&
D’un jaune d’or luisant
d’un contraste de lumens
A l’éclat d’étiquette
D’une boite d’allumettes

Mirliton


Pour un sachet De ciel
voir De près & De loin
& Dans la courbe longue
un tenDre avertissement


attenDre le matin
ou y prenDre le soir


on parsème les jours
De sel & De Déboires
autant pour y fuir le prie-Dieu
que l’objet Déambulatoire


ma mère, ma granD-mère
le jaune & le noir


caroline D.

Les p’tits perdus

Les petits perdus

Le monde vaste souvent nous oublie en chemin.
Incertain embranchement,
silence d’une clairière
& le ciel qui, soudain sombre,
nous laisse inquiets dans le soir qui monte.

Le bois n’a plus de chemin
et un frisson ensemble nous parcoure
quand au fond, comme une ombre, se découpe au loin
& ces branches qui prennent un plaisir malin à griffer
& nous apeurés à pleurer.

Mirliton

🌒
« Nos vies servent à l’aurore
& nos yeux à la vie
On vague sans détour
nos corps sans abri

Il est tout petit
& si grand le monde
mille tours & encore
tant d’histoires à pleurer

En attendant, mon frère
ne va pas sans me dire
combien de fois le temps
veille à nous faire renaître
combien de fois l’oiseau
à nous faire s’envoler »

🌘
càRôLįnĘ D.