Picoreurs

Certain picoreur

invétéré,

préoccupé de la moindre miette,

Au petit matin, au café,

se faufile en douce sous les tables.

Peut être un espoir

d’éclats adorés de croissant?

~

Mirliton

Entre le mauve et

le turquoise,

le bleu qui se prend à rêver

d’oiseaux de café et

d’ardoise

et d’ambrosiaques

quartiers de lune.

~

Caroline D.

Vert bleu

Au bord, une lumière remonte des fonds.

Le sable donne alors à l’eau sa verdeur opaline.

La mousse lèche toujours un peu plus de plage.

Un ciel lourd de nuages glisse en silence

& découvre une voûte immense.

L’air se charge de nos narines.

L’instant d’après les couleurs se mélangent.

Mirliton

Crayon ( pages de carnet)

Le dessin est brownien .

Les éléments se mettent en place

En modelant une place dans la page,

En concentrant le dessin sur l’expression du visage.

Reste ensuite juste à reconstituer

une posture possible.

De dos sur une chaise,

Elle oublie un moment

de penser

Mirliton

~°~

Pendant ce temps, ailleurs
Le monde haletant
barre les portes de l’âme.
Nos vies de lait encore
n’y savent presque rien.
Mais quelque part sur la page,
tandis que l’amour le révèle
et que la pensée plie bagage,
Apparaît l’expression,
Le Visage vivant.

Caroline D

~°~

Cache~cache

Cache-cache

~

Sous l’emballage

percent quelques feuilles.

d’un vert sombre de vessie.

~

Artichauts repliés sous une visière cristal

~

fleurs de roches? de tranchée?

~

Dans un papier froissé, tu caches

des pétales recroquevillés.

~

Mirliton

~

Il se cache des fleurs

de cristal d’artichaut

dans les replis du cœur défroissé

Caroline D.

La langue vivante

~

Deux amies discutent.

Leur accord tacite

est la musique des mots.

Les paroles s’envolent

en postillons de sons,

de l’une à l’autre à l’une,

rebondissent en éclats de sourires

& doucement roulent sur leurs lèvres

des moments de silence.

~

Mirliton

~

Et le temps,
qui dessine le geste.
Jusqu’à tout y danser.
~
Cambrures belles et corps vivants.

~

Caroline D.