Souvent la fable…

Tu dis quoi ?

Souvent la fable
veut nous convaincre
Du caractère animal du bon sens

Les objets en demeure de faire pareil ou même
S’arment de patience.

Ainsi
Les seaux ont bien des anses
Attendant de pouvoir voyager
& les murs des oreilles
Tout en restant très muets.

À l’inverse, il est vrai
Les sots ont des oreilles
& trainent les rumeurs
Avec certaine aisance.

mirliton

Sortir du bois

Chevalier à l’épée de bois
Écuyer en pattes de grenouille
Du zinc d’une lessiveuse
J’te fais l’éclat d’un écu
&
Teins! v’là la princesse!
Bon sang , j’cours bouter le dragon
Hors d’ici, hors du bois charmant
que j’te délivre, Mirabelle
mais
Dépêche-toi d’sortir du bois
De descendre de l’épicéa
Moi, j’débroussaille…….j’contrôle des fois
qu’y en aurait encore là.

mirliton
Par tous mes penchants d’éternel
Mes yeux et mes boucles de ciel
Je trouve que c’est gentil à toi
De vouloir me sortir du bois
&
Sûr que ta sollicitude
Rencontre toute ma gratitude
On n’a d’amis que ceux qu’on voit
Je t’avais remarqué déjà
mais
Sache que si je viens au bois
C’est pour pallier le désarroi
Celui des poules et des rois
Et des grands dragons avec ça.

Caroline D.

Remuante

Remuante

La nuit était fragile
Quand sous son air de geai
Le souvenir des corps qui exhalent
Une saveur de lave
Un bouquet de sueurs
la laisse sans sommeil
L’œil dans l’ombre écarlate.

mirliton


C’est tout le balancement qui change
de la nuit et du jour,
le sentier du rêve qui se perd
dans l’aube qui approche.


Et tandis qu’elle s’enveloppe
d’un long morceau de temps,
le ciel enlace la montagne,
fidèle à son rose serment.

Caroline D.

Plongeons dans nos pensées


Une roulotte de plage entre en scène dans la mer.
Elle en sort en tenue & descend se tremper dans le bain,
l’eau est fraîche
Nous plongeons nos pensées dans les siennes.

C’est un simple médaillon comme un regard posé sur une histoire éteinte
Impossible d’être en elle, nous en restons à la ligne de flottaison
Seuls peut être les poissons en gardent un souvenir immergé.
Nous perdons pieds à chercher où l’hippocampe.

Mirliton


….Et d’y voir l’amour
multiplié par cent,
la vie qui s’époumone
et le coeur qui s’étonne

Et d’y voir le jour
y enlacer une âme
pour la poser tranquille
sur un instant qui passe


caroline D.

Mes dames

Faites un geste
Macadam, mesdames du goudron
Loulou a pommé son ami
Le p’tit ragondin gris
la peluche à mâchouilles
L’avis de recherche du chiffon est lancé
L’hautaine, elle lit la presse
« Au clairon du crayon »
L’infâme ragot de la méduse
Là, elle trempe l’encre de sa pensée
Aiguisant ses réclames de drames
Madame se fait la belle
Dans le débord du lit
Rêvant de chavirer
Elle s’y voit, elle s’y plait.
Les esquisses / j’y Beaujean 2021

Des rails

Des rails

🎢Vive démesure dans la nature des choses
Des mobiles policés s’expriment.

L’épicé mise cul & chemise,
sur la voie rapide du discours où l’on
déplore, déploie les lèvres encore humides,
les mots sous l’emprise du rail.

À coiffer la lune d’un voile noir
ajouré de vertiges & mensonges,
la langue où tu glisses ta voix
se pourlèche toujours d’un écho.

Reste ainsi enivré l’esprit vague,
voyageur immobile du roulis.

🌪
miRliTon


🌬Mais le voile, dis-moi,
qui l’y avait mis?
Était-ce un coup du temps peut-être,
d’une plage sans personne?


Il se rendait pourtant sans mal
jusqu’au bout du matin.
Surtout là où le jour ne tenait qu’à un lac,
parfois une rivière.


Il débarquerait donc sans hâte
le moment venu.
À l’instant de l’exactitude.


D’ici là, il y avait la fenêtre.
🧚🏿
caroline D.

L’appareil du conte

L’appareil du conte

(Mode d’emploi & boniment)
💥
Par exemple le conte de l’araignée tapie dans un coin,
l’air de s’ennuyer, récolte un brin de désordre
que le vent soulève, l’accroche en trophée à sa toile.
L’éphémère se vante de pouvoir rester
longtemps à califourchon sur le fil du temps
droit et ténu,accordé comme un rayon.
💥
Ce constellateur ( breveté SGDG) est un conteur d’étoiles
remplissant les secteurs d’un ciel d’allusions.
L’appareil retord l’espace d’un instant les distances
les unies en figures imitant la divination
& constructeur de graphes, compilateur d’histoires d’éléments,
il constitue la toile, la diffusion d’étoiles qui percent la nuit,
s’amuse à définir les contours des illusions
accélère les spectres des contes
& restitue en splendides fausses couleurs
le champ, le chant de l’indéfini silence de l’horizon.
💥
Mirliton
💥
(en vente dans nos rayons)


🌬

Sans oublier, cher Mirliton,
le vent levant.
Qui une fois devenu complice,
sans retenue ni faux-semblants,
se jette en vent d’avant quand il le faut
et de devant quand ça lui chante.
Toute histoire y sert son vent.

🌬
Sans son insistante caresse,
ses moments de douceur et de tourbillonnant,
bref, sans ses carillons entoilés,
la fable ne serait
que page entre les doigts.
Et qu’on ne s’y méprenne pas :
le vent saura y faire encore, le nez au ciel,
et hop! la bouteille.
Tout conte se raconte ainsi,
sans détour ni charivari.
Ou avec, c’est selon.

🌬
caroline D.
🌬

L’x

L’x

Une parfaite inconnue
se trimbale en équilibre
sur la poutre
d’escampette.

Badour le trémolo
s’inquiète de la donzelle
l’insaisissable
oiseau du paysage.


Mìîírlīton

L’ex posa une moustache
en guise de sapin…
ou était-ce un lapin
en guise d’Appalaches?
La dam’zelle peu importe
répond du tic au toc
– ou était-ce du toc au tac…


Bref, la dindoune répondit :
« Tu te crois bien malin
espèce de champ de foin!
On voit plus que ta rouille
et plus rien de ta bouille !

CaRoLiNe D.

Le guetteur

Peinture sur bois j’y beaujean 2021
🦚
Le guetteur

Immobile au creux de l’ombre
un guetteur attend, le regard éloigné,
un mirage, un mouvement,un nuage,
de la poussière d’où se détache
l’approche d’une silhouette
l’œil déjà s’agite à la reconnaitre
& d’un geste il lui montre sa présence.

mîR Lìºí Töń

🦚
Et coup d’heur,
au bord d’os et de chants fignolés
dans les sables du temps
par des chants d’océan et de ciel,
le vent verse patience
en lieux de fer et d’ambre
pour que rien ne défasse l’aurore.


cArºLįnĘ Dº
🧚🏿

Vagues à l’âme

Vagues à l’âme

Cristalline Fée moustique
Tu te guides à la chaleur du corps
Cette fièvre de vie

Piques
& t’accouples à la chair rayonnante.
La chaleur & l’envie

Vague à l’âme


Son visage en souvenir
Même la découpe de l’ombre te le rappelle.
Sans vouloir voir le paysage, lasse ,
tu somnoles au fauteuil du jardin

Caresses
« La chaleur » dit elle

Mirliton

🐞
c’est la peine qui s’accroche, ou non
l’amour qui s’effiloche à force de le porter
comme un bourgeon sans âme
devant le poste mort


je sais, c’est équivoque ou pas
ce qu’on perd ou qu’on troque
à l’envers du jardin

et pouf
v’la le soleil qui décroche ou non
et moi (ou était-ce elle) qui fait la roche
ou pas

faut sans doute l’excuser
c’est un constat d’époque
ou de poques –
comme on dit par chez nous

Amitiés
car Oline D.

L’illusion vagabonde

L’illusion vagabonde

(Survol d’un corbeau)
La sirène en vigie a l’envie vagabonde.
La ronde de l’oiseau s’étend-il en mirage?

(Attendre)
La peau encore salée quand s’ouvre la varaigne,
Elle est prête à essuyer à nouveau des lames
& entend chaque marée la délivrer, l’emporter,
La changera d’escale.

(Le sel du ciel est bleu)
Son bassin est tendu, s’ouvre à la vague,
Mais, dévisageant l’amarre,
Encore noyée de larmes,
Elle se voit à jamais prisonnière d’un rivage.

Mirliton

⚪️

(Cependant)
Étrangement la mer au milieu de sa chambre.
Tant que la vague dure, si chimérique soit-elle,
elle fuit dans les parfums de son corps et du monde
.

Caroline D.
⚪️

À la dérive

Peinture sur bois 2021 j’ybeaujean
⚪️
À la dérive

En oubli des caciques en décalcomanies
Elle s’échappe & découpe son unique traversée
Qu’elle plisse , oh! m’épuise, puise & pisse,
écope , trou d’étoupe; elle, toute pâle & lisse
barque raz bord & elle, charmante, hélas chavire
Douce comme la réglisse sur un lit de plumeau,
elle s’écoule en feuille, en fille au fil de l’eau
Après, dégouline, elle sort nue du naufrage
Noyée légère, sans vie, sous un ciel de corbeaux.
Heureuse dame, te ressens l’âme houleuse.

Mirliton

⚪️
Dessous un ciel de nuit et un grillage d’aube,
une rose devient bleue au pied d’un coeur de lune.
Tout le corps y trouva ce que l’âme inventa –
un grand rire sur la tête, un soleil d’imagine.
Les mouvements de lumière sont des caresses vives.
De quoi s’assoir parfois, de rives en dérives.

caroline D.
⚪️

Ombres

Ombres

Sombre héros au manteau
La découpe d’un chemin en creux
Tout le portrait d’un oiseau.
⚪️
Feuille
Clairière… un temps de silence
Le soir l’entoure de clandestins
Qui se retrouvent, s’élancent.
⚪️
Flamme
Belle, te nourrit de trémolos
La voir vibrer de tout son corps
& plus si aficionados.

Mirliton

⚪️
Dessin brownien//j’y beaujean/ 2021

L’insomnie

L’insomnie

Un couvercle de coton nous cache les étoiles ;
la voie n’est plus lactée, elle est indiscernable.
Dans la nuit qui se grise d’une lumière urbaine,
une lune blonde tourne en guise de hublot .
Le silence est ponctué par le chant des sirènes
& moi, la chouette qui pose, je me colle au carreau.
🌒
Mirliton
🌔
Verdoyance


Mon olive, mon acier
Je t’imagine tendre
Sur des côtes d’ardoise
Et des blancs de soleil

Mon acier, mon olive
Je me penche et me tourne
Vers ta lune et ton vent
Pour y savoir fortune

Que j’y danse sur l’eau
Ou sous un ciel d’été
Le monde reste ma rose
Mon chant et mon miroir

Et si je vais nu-pieds
C’est pour sentir la terre
Et entre mes orteils
Le coeur des océans

Et le rouge du vin ?
c’est pour mieux boire, mon enfant

🌑
caroline D.
💎

Première nouvelle!

Première nouvelle!

Bouche à bouche à oreille, les langues se délient
« Quoi ? C’est vrai ? »
Savoureux pilori des oreilles qui trainent
« Une si jolie fille! »
S’empressent à la dépêche
« & alors le garçon? »

🌑
À la radio un woodspeaker répète
« ……& c’est sûr, 67% c’est lui !»
🌑
Moralité

La matière grise aime le sang, le pour cent
« Quand même, y’en a qui exagère! »
Aime à faire l’innocent.
👓🕶👓🕶👓🕶👓🕶
Mirliton
🕶

La femme hirondelle

La femme hirondelle

D’en haut, les voyages ressemblent à de lointains rivages
& L’air où l’on se pose, emporte la voile au large.
La terre prend des allures froissées de cartes
Où se balance, en un rêve immobile, un corps léger de femme
Une hirondelle éprise de soleil qui dérive noire d’orage
& ses lèvres s’entr’ouvrent pour qu’une plume parle,
Parte, se décolle du naufrage & cherche dans sa chute l’extase.
⚪️
Mirliton
⚪️
Ni de s’attendre au ciel, dit-elle.
Ni aux chemins dormants.
On n’y voit bien le temps qu’à hauteur d’âme.
Sans jamais trop savoir. Ni le bleu ni le noir.
Sur les lignes de brumes comme sur les courants.
Dans les vents comme ailleurs.
Au jour du temps qui passe.
⚪️
caroline D.
⚪️

Idylle de Bohême

idylle de bohème

« À son cristal de roche, je glisse mon accroche cœur;
elle rougit de bonheur & garde son air rieur.
Elle se moque de moi, m’écarte, nous jouons batailleurs. »
☁️
🌬& les rimeurs s’escriment à l’ombre des railleurs.
🤸‍♀️
Mirliton

🌑
« On dirait que la belle a appris à marcher
entre des éclats de corail & des cafés lattés,
dans des parfums de terre & de fleurs d’oranger. »
☁️
🌬& les racailles échouent qui tirent tout à la courte paille.

🤸🏿
caroLine D.
🌒
« Elle, elle tire les arcanes de soupçons d’avenir
& fait sur la comète le plan des jours d’ailleurs.
Son regard est mouvant & son ciel plein d’espoir. »
☁️
🌬& les pêcheurs d’escales désirent prendre son âme.
🤸🏿‍♂️
Mirliton

L’hésitante

Femme nue hésitante aux gargouilles tapies.
Des pierres fines la coupent,
figent sa figure d’un geste de repli,
Grimaçante, elle trouble un peu le fil de l’eau.

Elle, en robe de lumière & les rayons la dardent
& perdue pour perdue, en tremblant elle s’agace.
Rassemblant son courage, s’écorchant au passage,
Se griffe à fleur de peau, entame la surface.
Dans l’ivoire de la glace, elle cherche la façon
D’écarter les piques & d’avaler ses larmes.
Protégeant son sillon & démêlant sa toile,
La vénus poursuivie par un soupçon d’ âme,
S’ inquiète, le nez en l’air du vent des voiles.

Mirliton

🌑
C’est vrai qu’elle est belle, nue.
Plus belle encore qu’elle ne le sait.
Par tout le sel des écorchures
et du repli des larmes, et
seulement toujours dans l’instant,
elle n’a d’âme, ou presque,
que pour la soie des eaux.
Sa lumière tombante enveloppe
le bord du monde et son coeur
se suspend au ciel de l’abandon.
L’hésitation est dans le poids
de son pied qui se pose.
⚪️
caroline D.
🌑

L’habit

L’habit
🎴
L’ enfant, tout éreinté par un monde hésitant,
aime se réfugier dans la chaleur du conte .
Il prend alors l’habit aux couleurs de flammes
Pleure, chante & rit souvent même jusqu’aux larmes.
Là, il joue la parole, s’abandonne par moments
au plaisir clandestin d’être enfin un enfant.
………….
Mirliton
…………
Après, c’est une question de voir
comment les choses pensent
et là encore, l’enfant le sait…
Dans le barbeau de l’âme,
rien ne l’afflige sinon
la tristesse du monde…
Alors il s’en retourne
et chevauche l’histoire
comme sur le dos dansant
de son cheval errant.
Et tout y rêve. Jusqu’au matin.
………..
caroline D.
…………..