Zinc & guinguette 


Au zinc, à faire un rien grise mine,

La midinette médite le nez dans son vin.

Triste, noyant d’eau son anisette.

Un bel adonis sort clandestin 

Lucie hallucine, grimpe, bêle,

grince des dents, grimace.

Indécis, le dieu toujours déçu descend.

Imbécile, le traitre fuyant la dépasse,

Malpoli, irritant tournedos.

Le bel ado laissant là la belle

Sans son numéro d’appel, 

Sur sa faim, elle, le nie & le renie, l’irritant.


Mirliton pour La Desprée

Le chevalier d’Éon


Où est – il?

Fuyant le regard, l’invisible,

Entre deux portes,quitte le secret du roi.

L’espion se carapate en coulisse.

La figure tranche sur l’habit au genre incertain

Le personnage, platement s’abstrait, sort du décor

Quand se découpe en noir, comme en ombre, son profil.
Mirliton

Vue cavalière

(cheminer)

Le chemin s’insinue dans la torpeur ambiante,

Un cavalier s’endort et sa monture balance,

Suivi par le bourdon de mouches satellites.


(- Façon transat)


Il hallucine, il rêve aux lointaines allongées

Qu’il dévisage au fond des paysages

Quand les vallons forment en mirages des belles.


(- des nouvelles?)


Et il poursuit la route feuilletant sa mémoire

Jusqu’à ce que tout à coup, d’un écart de sabot

Il tombe à vau l’eau, entrainant la d’moiselle.

( atterrir )

Mirliton

Air de Java

La nuit inassouvie garde à la lampe

Le lecteur en haleine, en attente.

& sous le couvert des mots, trémolos,

Y’se prend derechef pour l’héros.

~

(Qu’est ce qui lui prend à l’hélico?

Java à nous tourner la tête.

L’air à l’entête du pas chaloupe,

Illico, il lui hache ses mots.)


& pis, l’innocent gamberge,

chavire l’écarlate du lit,

dérange savamment les plis

& pis, doucement, délie

Les rubans d’sa chemise de nuit.

~
& chaloupe un air de piano, à courte paille,

Grelot, gros dos à gogo … tout l’tremblement.

La nuit affutant les couteaux,

Chevauchant la piste d’la gazelle,

Il lui mit un peu trop prés, aimant,

D’un doigt, offusquer la Rosette.

~
& pis sans arrêt, sans un mot, à quatre pattes

Alléchant, souvent goûter sa bouche coquette.


Mirliton

Art involontaire 5


art involontaire
Section « Orthogone & Éclats »

~

Un monde orthogonal d’écrans plats nous fait face.

Le tableau est posé, seul, laissé en plans.

Des fioritures d’éclats de placage s’échappent.

Sur la rouille, la peinture se détache en écailles.

~

Un temps d’intempéries s’écoule sur les panneaux

& du fond, serpente l’imprévisible tâche

des fissures du mur ou d’une ombre au tableau.

Mirliton

L’Ophélie

O.  fait son lit.
J’ajoutais de l’eau au naufrage, à la noyée

Qui s’était prise d’un goût immodéré pour la flaque.


Partout le liquide s’insinuait, l’imbibait,

En une marée collant à son corsage,

Étalant en nappe sa robe en ligne de flottaison.


J’espérais qu’elle suive la dérive ,

Qu’elle coule suivant son inclination,

Mais immobile dans le bras mort,

L’Ophélie baignait dans son lit,

Juste accostée près du ponton,

Abritant de son ombre les poissons,

À attendre l’été, asséchée dans la vase.


Mirliton 

Noir Vénus


Sortie de douche, détendue

L’éclat sombre de sa peau

Encore toute imprégnée de pluie,

apparaît luisante, lisse, vernie.


Surprise qu’un courant d’air

couvre ses bras d’un grain de nuit.

Elle se frotte avec énergie,

Se réchauffe du moelleux d’une serviette en coton..


& quand sa fourrure douce sèche,

s’enroule dans de petits roulis,

Elle ouvre les doigts en peigne

 les lisse, les aplatit.

Mirliton

Grave

Là haut, l’étendue des branchages

 Qui enserre la chapelle 

& des oiseaux partis qui y  cachent un nid.

À la renverse,

Des feuilles dessèchent

& les racines s’accrochent au terreau. 


Le hasard des lumières pense en hublot,

Sur une découpe en planche,

En forme de ciboulot. 

Mirliton

 

Broyer

Sans dessin, le paysage se couvre

D’une pluie fine de traits hachés.

Le noir imaginé d’une antique caméra.

Le trou bleu nuit arrose en geyser les lignes,

Libérant en bouillant un jeu de spasmes,

Un jet irréductible qui plisse les entrelacs.

Un mystérieux hoquet secoue en bas,

Quand la terre se trouble et l’écume se débat

& surnage une âme, une mousse sombre de lave.

Les humeurs se mêlent, dérangent les ébats.

L’incendie de foudre inonde le rivage,

S’écoule le noyé jusqu’au calme virage.

~

Mirliton

Le médaillon forain


Dans un coin de la foire, le ferrotypiste
Dépose dans la boite, une découpe de fer noir,

Précédemment trempée à l’abri dans les sels.

Enfin dans l’appareil en attente de modèle.

Quand le ciel illumine, le sujet se pose dehors

Calé sur une chaise.


L’orifice s’ouvre & compte les secondes

& bascule dans le bain, la plaque

& blanchit la gélatine du métal.


Enfin sec et collé en médaillon

Tu te vois au centre de la carte,

& inscris en souvenir au dos ton nom.


Monsieur Déclic