De mémoire



🌑
🌬De mémoire d’éléphant
Longtemps lointain
Un souvenir d’enfant
Remonte des oubliettes
L’infini océan des pensées
D’où s’échappent
Rires, poursuites, cachettes
crier, bouder
Retrouver les visages
Laissés dans le marc de café
& S’endormir enfin content & fatigué.

🌑mìRílîtOń🌑

L’accroche cœur

L’accroche cœur

Fillette alanguie d’espérance
du gris du ciel mélange
sa pensée aux nuages.

Elle accroche
à ces figures changeantes
des visages de coton
& du blanc du mirage
ce double d’un miroir
lui parle de l’envie
de ne plus être seule.

miirliton


Elle longe des parfums
de rivières et d’embruns
de sauge et de lavande
de Paris en Mirande
et tout ce temps elle cueille
Achille aux mille feuilles

caroline D.

L’insaisissable

L’insaisissable

Figure d’un rêve
L’insaisissable
Un souvenir en âme se balade
Dans son théâtre d’ombre,
La lumière se fane .
Toi, tu veux l’approcher.
D’un sourire, elle s’efface
& fige l’instant croisé.
🌖
Mirliton
🌑
Même quand l’ombre vague
sur les blancs diaphanes,
le corps se tend vers l’aube
irrésistiblement.
C’est le rêve de l’oiseau.
L’envol, le ciel
& la tendresse.
🌑
caroLine D.
🌕

Se voir en peinture

Se voir en peinture

En corps!

Le corps en peinture doit apparaitre plus vrai que photographique. L’image photographique décrit surtout la forme extérieure, voire sa mise en esthétique. Le dessin doit tenter une autre expérience du corps,notre connaissance du corps . Nous nous connaissons par l’exploration de nos sensations,

(La langue au contact des dents avant la parole.),

nous nous connaissons par le toucher,la chaleur, le contact, la souplesse, l’articulation, l’odeur, le mouvement, l’ampleur, l’intérieur….Cette somme de connaissances internes, bien avant la vue, nous décrit. La vue est au mieux toujours partielle, partiale(!), extérieure.

Connaissons nous notre dos?

L’image dans le miroir est aussi une vision externe, inversée, photographique.Par habitude, certains s’y reconnaissent.

Alors que notre regard brownien est comme un phare qui balaye son champ restreint, déforme. Le sentiment de notre propre forme rassemble ces parcelles d’impressions en un arbre encyclopédique. Dépeindre un corps, c’est tenter de donner une place à ces sensations, d’amalgamer nos sens. Sans doute le peintre projette sa connaissance intime, personnelle sur d’autres corps, le nu va chercher le corps sous l’habit mais la figure de toute façon doit être imaginaire.

Alors le corps peint ressemblera à notre conscience intime.

👓

Les mémoires du Chevalier Bavard

🌒

Et le mien de corps, tout barbouillé qu’il est, j’en fais quoi?
Mes épaules bleuies par l’histoire, mes hanches blanchies de soleil, et mes bras fleuris de vermeil…

Y a-t-il moyen de tourner clair ? De n’y voir que ce qu’il n’est pas – en y voyant tout ce qu’il est?

Quoi qu’il en soit, cher chevalier, où que vous soyez dans le temps, je vous salue. Depuis le reflet d’un miroir aussi transparent que lointain. Et bien amicalement, c’est sûr.

🧚🏿caroline D.🧚🏿

L’immobile

L’immobile
Sur le quai

Quand se croisent les idées d’une surface.
Un mouvement vague, à peine frémissant,
Où mon esprit s’agace, sous son air immobile,
À voir bouger la couverture du monde
À la lisière du vent et le pointu des vagues.

🌬 Mirliton 🌊

Et toujours de l’esprit
qui frémit devant l’aube :
Aussi sagace soit-il,
le monde l’emportera.
Le mouvement est encore
plus grand qu’une seule vague.

🌬caroline D.🌊

À la dérive

Peinture sur bois 2021 j’ybeaujean
⚪️
À la dérive

En oubli des caciques en décalcomanies
Elle s’échappe & découpe son unique traversée
Qu’elle plisse , oh! m’épuise, puise & pisse,
écope , trou d’étoupe; elle, toute pâle & lisse
barque raz bord & elle, charmante, hélas chavire
Douce comme la réglisse sur un lit de plumeau,
elle s’écoule en feuille, en fille au fil de l’eau
Après, dégouline, elle sort nue du naufrage
Noyée légère, sans vie, sous un ciel de corbeaux.
Heureuse dame, te ressens l’âme houleuse.

Mirliton

⚪️
Dessous un ciel de nuit et un grillage d’aube,
une rose devient bleue au pied d’un coeur de lune.
Tout le corps y trouva ce que l’âme inventa –
un grand rire sur la tête, un soleil d’imagine.
Les mouvements de lumière sont des caresses vives.
De quoi s’assoir parfois, de rives en dérives.

caroline D.
⚪️

La femme hirondelle

La femme hirondelle

D’en haut, les voyages ressemblent à de lointains rivages
& L’air où l’on se pose, emporte la voile au large.
La terre prend des allures froissées de cartes
Où se balance, en un rêve immobile, un corps léger de femme
Une hirondelle éprise de soleil qui dérive noire d’orage
& ses lèvres s’entr’ouvrent pour qu’une plume parle,
Parte, se décolle du naufrage & cherche dans sa chute l’extase.
⚪️
Mirliton
⚪️
Ni de s’attendre au ciel, dit-elle.
Ni aux chemins dormants.
On n’y voit bien le temps qu’à hauteur d’âme.
Sans jamais trop savoir. Ni le bleu ni le noir.
Sur les lignes de brumes comme sur les courants.
Dans les vents comme ailleurs.
Au jour du temps qui passe.
⚪️
caroline D.
⚪️

Du crayon à bille

Le vent vitupère
Sommeil de hamac
À l’arrière Lili espère
Même désespère
Elle, qui pas sauvage,
(Sauf qu’à son âge
Tout est décalage)
laisse en jachère
Son envie de rime
S’escrime de sons
Se ruine le langage.
Dire, c’est elle tout crachée
& fuir , non,
S’enfouir
La lime des naufrages
Où donner son âme ?
Son corps en salive
Jouit-il du grimoire?
& du mauvais œil
T’Imagines l’emprise?
🌑
Mirliton
⚪️
Entre les lignes
Celles du temps
de l’instant
Lili s’indigne, non,
trépigne…
On n’arrache pas le rêve
à la rêveuse.
L’enveloppe s’il en est.
Mais jamais le rêve.
Peu importe l’emprise.
🌑
🌗caro line D. 🌓

Le mystère du persil

Le mystère du persil

L’élan autoritaire bravache
La moustache de travers
Fusilla du regard
Faucha la persillade
& fit lever un lièvre
Amène & innocent
Un goût de sang
Amère & indécent
Au bord des lèvres.
…………….
Mirliton
……………
&
Là dans la brillance
d’un vent de découpage,
il déposa la gerbe
d’une pousse en partance.
Après dans la cadence
d’un soir tué d’avance,
il y trouva le pieu
qui y tiendrait le beau.
*
…………… caroline D. …………….

Lune rose

Lune rose

Une chienne fourbue
allongée sur le flanc.
Un ciel en couverture
La lune rose est pâle
comme une langue
lente en dérive dans
l’univers de l’ombre.
Le regard bleu gris
de la nuit qui arrive
à percer les nuages.
………….
Mirliton
………….
Et le bleu coule infiniment
du fond de l’aube.
L’instant de mettre au monde
approche.
Et les yeux sur la lune
suffisent à vivre.
🌬
……………. caroline D. …………

J’y beaujean nov 2020 peintures sur bois au verso .40Fig.

Mignardise

Mignardise
*
L’ombre cache
Diane qui baigne
à deux pas du bassin.
Elle peigne en essaim
de longs cheveux fils fins
& défaisant sa tresse,
les bouclettes s’emmêlent,
& viennent s’abandonner,
balançant à tout va.
*
Mirliton
*

De quoi y voir l’amour
par le geste conquis
et le rose savant
près du noir béant.
Et de quoi voir le jour
qui s’approche doucement
en jouant de ses doigts
dans un panier de soie.

💎
* caRoline D. *

Conte à dormir debout 4

Conte à dormir debout 4
🤸‍♀️
Les croisés des chemins
possible de rencontrer
trop peur d’être mis à jour
Les endimanchés du col
Marche pressée
à l’air équilibriste
🤸🏿‍♂️
À deux doigts de tomber
Pourtant surpris du choc
mais zenfin se déroutent
Quatre fers en l’air
jupe froissée de trousse
Pas trop grave
rien vu lunettes cassées
🤸🏿
#mirliton

🍥
Près du jaune en glissade
un coup de maladresse;
juste après sa tirade
le bleu s’en va tristesse.
§
Tout ça sent la bêtise
et personne ne dit rien
ni l’homme ni le chien
pas même l’oiseau de grand chemin.
Fussent-ils moins avares
et un peu plus bavards
on verrait p’t’être le fond
de cette cannette de lard.

🤸🏼cArOliNe D.🤸🏿‍♂️

Recroquevillée

Recroquevillée
*
Au fond
Assiégée
Quand rien existe autour
Retrouve tes pensées.
*
Alentour
Impossible
Quand tu y risques un pied
L’univers bascule.
*
🌑Mirliton🌑
*
Elle sent comme une résonance.
Le lilas, le noir et le bleu
ou bien la chèvre et le caïeu?
Ou est-ce dans ce corps affalé
sur une chaise de bois masqué
dessous le céleste sanguin?
Bien sûr qu’elle y sent
sa tête en océan. 🍘Caroline D.🍘

Conte à dormir debout 3

La légende
*
Conte à dormir debout

Nue, comme une coccinelle
qui hésite à voler
Alors que tout autour des crocs
traînent à crier
Avant que l’aventure en vienne
À t’éparpiller
Ou te tire du sommeil à rêver.
Va, t’enfuit, disparait
Cherche où se cache discret
Sous la belle image bariolée
Le coin d’la tête au rocher.
*
🦚fable mirliton🦚
Peinture / bois 100/80 j’yb 2020
*


*

….et d’où venait la muse
dis-moi j’ai oublié
l’image bariolée
m’aspire le coeur avec

et debout dans l’aurore
où le matin se rose
si verte qu’elle était
éveillée de grandeur

elle s’entoura de temps

de tant

merci l’ami d’un vent
de ce beau
en dépose



°[caroline D.]°

Âme de papier


Âme de papier


🌑
Anonyme souvenir de papier tout recroquevillé
L’enfant est depuis longtemps oublié,
disparu …. encore, a-t-il vécu?
Plus personne pour le reconnaitre
L’image avait -elle une famille?
Déjà le décor sépia couché se fane.
Lentement la lumière attaque le miroir
Brûle son âme de papier.
*
🔲mirliton🔳
^
Perspective fluide
*
Le bois s’y laisse prendre
comme le regard § ailleurs.
L’histoire est déjà là;
il la voit, dessinée à l’avance.
Suffira de tracer
sur l’horizon des jours,
ces instants où le corps
ne se souciera ni de lui-
même ni de l’ombre.
Un point de vue
… suspendu…
dans l’espace donné
sur le tableau du temps.


🔘caroline D.🔘
!

Extrait lunatique

Extrait lunatique
~
Avant de s’éventer,
Elle s’évada,
S’évanouit,
Dénudée
dans la nuit.
*
La belle ensommeillée
En coiffe éventail
Sa peau bleuet
sucrée salée
L’illumine.
*
Les yeux fermés,
Un parfum d’étoile,
La vraie voie lactée
Constellée
De rousseurs.
~
🌓Mirliton🌗
~
!
Veneris
!
À vent de voile, les yeux
Bleus ici, bleus là-bas
Cent fois bleus d’océan
*
La tête penchée
Et l’échelle en offrande
*
À sang donné d’immensité
Tant de couleurs
En valse belle
~
🌗caroline D.🌓

*

Conte à dormir debout

L’enlèvement
*
Une bergère tournicote
sans souci,saute mouton.
Pas d’MiLoup dans l’buisson?
Danse cigale agile,
l’air éclaire ton jupon.
*
*
Un ours arrive à jeun (?)
L’énergumène l’enlève.
Pas d’Zorro en faction ?
La fille s’égosille,
La Peluche s’carapate.
*
*
Un prince vraiment charmant
Imbu de sa personne
Pas trop clair de l’oreille
La prend pour un écho
& tout de go répond:
*
« oH Hé, oH Hé …Hé oH ! »
*
🌬💨mirliton
*
On a surpris le ciel,
épris de la Bergère,
à ne faire que du bleu
d’un crépuscule à l’autre.
Il voulait de la belle
qu’elle y pose ses yeux,
son long regard de lune
en baiser de fortune.
*
Pendant ce temps précieux,
tout à l’ouest des jours…
Ni le mouton ni l’ours
ne pleurent à perdre vent,
leurs amours écarlates
habitués aux détours.
*
Hé oh… et le prince?
Un instant s’il vous plaît, ça s’en vient…
*
Quant au prince nigaud,
caché derrière la butte,
il rêve d’un crapaud
ou de la Castafiore,
c’est selon.
Et à travers tout ça,
la Bergère qui danse.
Touralala.
C’était comme ça.
*
🦚Caroline D.🦚
🤸🏿