Kinklañ

🌑
« Ces ombres se figurent sortir, fuir du cadre
Un temps dans le faisceau d’un théâtre éclectique.
Elles gesticulent, s’activent à découper l’espace
& se figent en une pose, la figure agitée de grimaces. »
🌑
Mirliton

🌑
« Partout oui, les visages méfiants et les regards béants
Qu’on les orne de bleu et d’oeuvres gymnastiques
& que par la chimie – si incendiaire soit-elle –
s’ouvre le couloir vers le ciel. »

⚪️caroline D.⚪️

Se voir en peinture

Se voir en peinture

En corps!

Le corps en peinture doit apparaitre plus vrai que photographique. L’image photographique décrit surtout la forme extérieure, voire sa mise en esthétique. Le dessin doit tenter une autre expérience du corps,notre connaissance du corps . Nous nous connaissons par l’exploration de nos sensations,

(La langue au contact des dents avant la parole.),

nous nous connaissons par le toucher,la chaleur, le contact, la souplesse, l’articulation, l’odeur, le mouvement, l’ampleur, l’intérieur….Cette somme de connaissances internes, bien avant la vue, nous décrit. La vue est au mieux toujours partielle, partiale(!), extérieure.

Connaissons nous notre dos?

L’image dans le miroir est aussi une vision externe, inversée, photographique.Par habitude, certains s’y reconnaissent.

Alors que notre regard brownien est comme un phare qui balaye son champ restreint, déforme. Le sentiment de notre propre forme rassemble ces parcelles d’impressions en un arbre encyclopédique. Dépeindre un corps, c’est tenter de donner une place à ces sensations, d’amalgamer nos sens. Sans doute le peintre projette sa connaissance intime, personnelle sur d’autres corps, le nu va chercher le corps sous l’habit mais la figure de toute façon doit être imaginaire.

Alors le corps peint ressemblera à notre conscience intime.

👓

Les mémoires du Chevalier Bavard

🌒

Et le mien de corps, tout barbouillé qu’il est, j’en fais quoi?
Mes épaules bleuies par l’histoire, mes hanches blanchies de soleil, et mes bras fleuris de vermeil…

Y a-t-il moyen de tourner clair ? De n’y voir que ce qu’il n’est pas – en y voyant tout ce qu’il est?

Quoi qu’il en soit, cher chevalier, où que vous soyez dans le temps, je vous salue. Depuis le reflet d’un miroir aussi transparent que lointain. Et bien amicalement, c’est sûr.

🧚🏿caroline D.🧚🏿

L’immobile

L’immobile
Sur le quai

Quand se croisent les idées d’une surface.
Un mouvement vague, à peine frémissant,
Où mon esprit s’agace, sous son air immobile,
À voir bouger la couverture du monde
À la lisière du vent et le pointu des vagues.

🌬 Mirliton 🌊

Et toujours de l’esprit
qui frémit devant l’aube :
Aussi sagace soit-il,
le monde l’emportera.
Le mouvement est encore
plus grand qu’une seule vague.

🌬caroline D.🌊

Chinelle

Chinelle,

Un carton marron d’emballage
Sous l’attrait du crayon
dispose
d’un corps vêtu de volutes
au passage s’impose la mine
Se pose une simple apparition
sans provocation
faut bien l’ouvrir au monde
lui donner l’horizon d’un nom.


Mirliton
Peinture sur toile /j’y Beaujean/1990

L’aplomb

L’aplomb
🐞
Sous un ciel de crevettes
Quel aplomb du soleil de nous faire de l’œil
Quand l’eau aux orteils est encore aux glaçons.
Dans les cabines nous échangeons nos maillots
& remontons la cote, frigorifiés.
🐞
mirliton

Vagues à l’âme

Vagues à l’âme

Cristalline Fée moustique
Tu te guides à la chaleur du corps
Cette fièvre de vie

Piques
& t’accouples à la chair rayonnante.
La chaleur & l’envie

Vague à l’âme


Son visage en souvenir
Même la découpe de l’ombre te le rappelle.
Sans vouloir voir le paysage, lasse ,
tu somnoles au fauteuil du jardin

Caresses
« La chaleur » dit elle

Mirliton

🐞
c’est la peine qui s’accroche, ou non
l’amour qui s’effiloche à force de le porter
comme un bourgeon sans âme
devant le poste mort


je sais, c’est équivoque ou pas
ce qu’on perd ou qu’on troque
à l’envers du jardin

et pouf
v’la le soleil qui décroche ou non
et moi (ou était-ce elle) qui fait la roche
ou pas

faut sans doute l’excuser
c’est un constat d’époque
ou de poques –
comme on dit par chez nous

Amitiés
car Oline D.

L’illusion vagabonde

L’illusion vagabonde

(Survol d’un corbeau)
La sirène en vigie a l’envie vagabonde.
La ronde de l’oiseau s’étend-il en mirage?

(Attendre)
La peau encore salée quand s’ouvre la varaigne,
Elle est prête à essuyer à nouveau des lames
& entend chaque marée la délivrer, l’emporter,
La changera d’escale.

(Le sel du ciel est bleu)
Son bassin est tendu, s’ouvre à la vague,
Mais, dévisageant l’amarre,
Encore noyée de larmes,
Elle se voit à jamais prisonnière d’un rivage.

Mirliton

⚪️

(Cependant)
Étrangement la mer au milieu de sa chambre.
Tant que la vague dure, si chimérique soit-elle,
elle fuit dans les parfums de son corps et du monde
.

Caroline D.
⚪️

L’insomnie

L’insomnie

Un couvercle de coton nous cache les étoiles ;
la voie n’est plus lactée, elle est indiscernable.
Dans la nuit qui se grise d’une lumière urbaine,
une lune blonde tourne en guise de hublot .
Le silence est ponctué par le chant des sirènes
& moi, la chouette qui pose, je me colle au carreau.
🌒
Mirliton
🌔
Verdoyance


Mon olive, mon acier
Je t’imagine tendre
Sur des côtes d’ardoise
Et des blancs de soleil

Mon acier, mon olive
Je me penche et me tourne
Vers ta lune et ton vent
Pour y savoir fortune

Que j’y danse sur l’eau
Ou sous un ciel d’été
Le monde reste ma rose
Mon chant et mon miroir

Et si je vais nu-pieds
C’est pour sentir la terre
Et entre mes orteils
Le coeur des océans

Et le rouge du vin ?
c’est pour mieux boire, mon enfant

🌑
caroline D.
💎

Nuisette

Nuisette
🤸🏿
« Ta p’tite chemise, ma petite
& tes mandibules de savon
dispersent à la surface nylon
ton corps légers flocons . »
🤸‍♀️
ou épuisette
🤸🏿‍♂️
« Las de suivre en cachette
ton effeuillage, Marguerite,
ma dérive des compliments
me plonge à contre courant. »
🤸🏿
Mirliton en scaphandrier
🤸‍♀️
« D’oeil et de narine
& de génie des ombres,
le sourcil en dit long
sur l’écume de l’âme.
Le soleil d’une joue
suffit à réchauffer. »
🤸🏿‍♂️
caroline D.
🤸🏿

La femme hirondelle

La femme hirondelle

D’en haut, les voyages ressemblent à de lointains rivages
& L’air où l’on se pose, emporte la voile au large.
La terre prend des allures froissées de cartes
Où se balance, en un rêve immobile, un corps léger de femme
Une hirondelle éprise de soleil qui dérive noire d’orage
& ses lèvres s’entr’ouvrent pour qu’une plume parle,
Parte, se décolle du naufrage & cherche dans sa chute l’extase.
⚪️
Mirliton
⚪️
Ni de s’attendre au ciel, dit-elle.
Ni aux chemins dormants.
On n’y voit bien le temps qu’à hauteur d’âme.
Sans jamais trop savoir. Ni le bleu ni le noir.
Sur les lignes de brumes comme sur les courants.
Dans les vents comme ailleurs.
Au jour du temps qui passe.
⚪️
caroline D.
⚪️

Le jeu de l’image

Le jeu de l’image
~~~
Quelquefois l’ébauche d’un visage tient à sa fragilité,
à la rencontre des traits dans une ressemblance entrevue,
au feu instantané d’un visage imaginaire .
{}
Chaque élément est inventé sans approcher le détail.
Rechercher l’arrivée d’une présence, le jeu de l’image.
Qui est tu pour retenir ainsi mon attention?
}{
Un double? Un regard croisé?
Qui?
<>
Mirliton pictor
Rebonds d’âmes
🌑
Dès qu’une présence se forme, le jeu de l’attention commence.
Ainsi la suite, qui existait déjà, se déploie et marque l’histoire.
Des rebonds de crayons comme des rebonds d’âmes.

⚪️
caroline D.

Sombre

« Les bulles du bathyscaphe tachent le soupirail,
Une idylle sous cape se mouille au paysage
& leurs pleurs de soupentes serpentent sur le village. »
🕸
Mirliton
🕸
photo j’yb
🕸

« Et d’y voir l’amitié en ces toits d’épousailles,
Les escargots d’épaule blottis à l’infini
& le ciel-coton voué aux barbouilles de saison. »

🕸caroline D.🕸

Au bord de l’eau

Au bord de l’eau
⚪️
L’ arrondi du lac en plat mirage,
l’obscur miroir ondule & trouble le paysage.
Les arbres y bougent en reflets & plongent d’en haut.
Au bord, un rocher, de nature si calme, se repose.
La pluie parfois dessine des ronds dans l’eau.
⚪️
Mirliton
🌑

La langue du sommeil

La langue du sommeil

Quelques visages nous reviennent,
Des bruits. C’est ça ! Un mélange
de rires, d’éclats de pleurs, de frôlements.

Avant les paroles, toujours ce sentiment qu’une histoire s’installe.

Les voix , pas les mots,
ajoutent une profondeur au paysage.
Quelquefois le corps à corps
échange les langues,
Mot à mot sur les lèvres.

Soudain en bris de glace.
L’image en reflet s’éteint
au cri du réveil matin.
🌒
Mirliton
🌔
Oh! là, mais pas trop vite,
donnez-moi un instant!


Pendant que la nuit passe,
on peut quand même se demander :
Elle s’en va où la chanter’elle
d’entre les altitudes?


En grande eau de rivière
portée par mille morceaux de ciel?
Et là, tout près…
Le discus bariolé rêve-t-il d’un baiser de lune?
Et le singe cueilleur connaît-il le daim égaré?


Bien l’merci pour le temps.
Mais je vous l’dis ou vous l’dis pas,
c’est la folie des roses qui capture les songes.

🌒
🌬caroline D.
☁️

L’oubli

L’oubli
🌑
La nuit qui rampe
sous son air de rien faire
Les grimpantes escaladent,
lèchent les friches.
Les murs aussi lézardent
Attendant la reprise du mystère.
🌑
Le jour, les feuilles digèrent.
🌑
Mirliton

⚪️
Et tout ce qui se dit
dans l’infléchissement.
Des mots entre les feuilles
sur de longs bâillements.
Pour tout ce temps toujours,
une histoire à se lire.
⚪️
….
De quoi se souvenir.
⚪️
caroline D.