L’oubli fané

⚪️

Les souvenirs sont d’eau de source

Et la courbe du temps murmure

En se donnant à un froissement

Elle berce les rus de son histoire

⚪️

La vigne pend, les oiseaux chantent

Le monde est lent comme l’aumône

Il est quelques douces rivières

Qui se meurent de la mer

⚪️

Tous les sédiments s’abandonnent

Entre les doigts des âmes vives

Et qu’on n’y condamne personne

Le ciel n’y oublie pas le bleu.

⚪️

. Caroline D.

Nuisette

Nuisette
🤸🏿
« Ta p’tite chemise, ma petite
& tes mandibules de savon
dispersent à la surface nylon
ton corps légers flocons . »
🤸‍♀️
ou épuisette
🤸🏿‍♂️
« Las de suivre en cachette
ton effeuillage, Marguerite,
ma dérive des compliments
me plonge à contre courant. »
🤸🏿
Mirliton en scaphandrier
🤸‍♀️
« D’oeil et de narine
& de génie des ombres,
le sourcil en dit long
sur l’écume de l’âme.
Le soleil d’une joue
suffit à réchauffer. »
🤸🏿‍♂️
caroline D.
🤸🏿

Première nouvelle!

Première nouvelle!

Bouche à bouche à oreille, les langues se délient
« Quoi ? C’est vrai ? »
Savoureux pilori des oreilles qui trainent
« Une si jolie fille! »
S’empressent à la dépêche
« & alors le garçon? »

🌑
À la radio un woodspeaker répète
« ……& c’est sûr, 67% c’est lui !»
🌑
Moralité

La matière grise aime le sang, le pour cent
« Quand même, y’en a qui exagère! »
Aime à faire l’innocent.
👓🕶👓🕶👓🕶👓🕶
Mirliton
🕶

La langue du sommeil

La langue du sommeil

Quelques visages nous reviennent,
Des bruits. C’est ça ! Un mélange
de rires, d’éclats de pleurs, de frôlements.

Avant les paroles, toujours ce sentiment qu’une histoire s’installe.

Les voix , pas les mots,
ajoutent une profondeur au paysage.
Quelquefois le corps à corps
échange les langues,
Mot à mot sur les lèvres.

Soudain en bris de glace.
L’image en reflet s’éteint
au cri du réveil matin.
🌒
Mirliton
🌔
Oh! là, mais pas trop vite,
donnez-moi un instant!


Pendant que la nuit passe,
on peut quand même se demander :
Elle s’en va où la chanter’elle
d’entre les altitudes?


En grande eau de rivière
portée par mille morceaux de ciel?
Et là, tout près…
Le discus bariolé rêve-t-il d’un baiser de lune?
Et le singe cueilleur connaît-il le daim égaré?


Bien l’merci pour le temps.
Mais je vous l’dis ou vous l’dis pas,
c’est la folie des roses qui capture les songes.

🌒
🌬caroline D.
☁️

Le mystère du persil

Le mystère du persil

L’élan autoritaire bravache
La moustache de travers
Fusilla du regard
Faucha la persillade
& fit lever un lièvre
Amène & innocent
Un goût de sang
Amère & indécent
Au bord des lèvres.
…………….
Mirliton
……………
&
Là dans la brillance
d’un vent de découpage,
il déposa la gerbe
d’une pousse en partance.
Après dans la cadence
d’un soir tué d’avance,
il y trouva le pieu
qui y tiendrait le beau.
*
…………… caroline D. …………….

IF, le temps suspendu

Le temps suspendu

Voilà un joli jour de pluie, murmura-t-elle,
en regardant d’en haut, le dos tourné,
l’eau qui rigolait jusqu’en bas.
C’est sûrement le chemin des choses, chuchota-t-il
⚪️
… ou voulais-je dire celui des roses?
Bah, je ne sais plus, mais chose certaine,
les gouttes s’y prennent à merveille
quand elles se pendent au fil du temps.
⚪️
La fille s’était tournée vers lui.
L’histoire pourrait commencer là, dit-elle.
Deux murs blancs à la chaux anglaise
et un tout beau de l’imparfait.
⚪️
Et lui de susurrer :
Qu’il ne vous en déplaise, l’amie
mais je mettrais dans cette histoire
un vieillard à lunettes
avec son cornet plein de glaise!
⚪️
Si, si, si.
Ça me va, lui dit-elle.
Et moi de mon côté j’y verrais bien un arbre,
un beau conifère à fruits rouges.
De la famille des Taxaceae…
⚪️
caroline D.
🌒

Papier à lettre

Mots doux
Pensées à écrire!
⚪️
Déjà la lecture des mots caresse
À lire, les non dits s’effacent,
Le désir entre captif des sens.
Tu relis plusieurs fois l’esprit du corps
T’adores sa déclaration d’audace
Les langues deviennent lianes
Quant aux lèvres un léger torrent.
💎
Mirliton
✉️
Bien sûr, à y écrire le jour
jusqu’au sens de l’amour.
Bien sûr, à y danser le temps
jusqu’au sens du vent.
Et du sang. Noir de jais.
Toujours et à jamais.
🧶
caroline D.
✉️

Conte à dormir debout 3

La légende
*
Conte à dormir debout

Nue, comme une coccinelle
qui hésite à voler
Alors que tout autour des crocs
traînent à crier
Avant que l’aventure en vienne
À t’éparpiller
Ou te tire du sommeil à rêver.
Va, t’enfuit, disparait
Cherche où se cache discret
Sous la belle image bariolée
Le coin d’la tête au rocher.
*
🦚fable mirliton🦚
Peinture / bois 100/80 j’yb 2020
*


*

….et d’où venait la muse
dis-moi j’ai oublié
l’image bariolée
m’aspire le coeur avec

et debout dans l’aurore
où le matin se rose
si verte qu’elle était
éveillée de grandeur

elle s’entoura de temps

de tant

merci l’ami d’un vent
de ce beau
en dépose



°[caroline D.]°

L’oubli

L’oubli
&
Quelquefois on aimerait que les mots nous manquent,
qu’ils ne soient plus que des sons,
des zonzons zoubliés de chansons,
des Don Quichotte de carton prenant le sens du vent
& Éole à volonté.
De même
l’image en paysage microscopique
n’est jamais un lointain spectacle qu’on retrouve au fin fond de l’écran
mais une suite inconnue de plis, de fourrages;la terre fait l’ouvrage & craque.
Les tiges improvisent les sillages,
découpent et griffent le visage.
Ici les feuilles sont mortes en tâches brunes belles ou rousses,
mises aux chiffons.
& moi, l’idiot du village,
je m’enfouis la tête en bête sauvage dans une coulée
pour mieux y voir des traces, humer l’humus, le terreau.
« Braconne, Sherlock »
la baronne est sous le pavillon
& un nuage de jupons cache sa soudaine ondée.
Ailleurs les rives serpentent, les bas fonds sont sondés
& moi je m’improvise en poisson;
je m’enfuis.
*
🥨mirliton🥨
[°{•^•}°]
*
Songeuse
*
Cependant qu’on voudrait
qu’ils dérivent d’eux-mêmes.
Les mots.
D’entre les coups du vent
à en perdre la tête.
En attendant…
elle dort, tu crois?
Étendue sous sa veste
tissée d’ombre et de lin,
le soleil en mots tendres?
Peut-être.
Car n’irait-on pas sur l’eau pâle
jusqu’à la fin du jour
attendre même les idiots
pour y trouver la lune
dans les plis de leur âme?
*
🦚caroline D.🦚
•{°~°}•
¥

Mémoire de femme grenouille

Mémoire de femme grenouille
*
Pensant qu’un souvenir puisse devenir commun,
sa mémoire doit alors devenir incertaine.
*
Elle devine que refaire l’image suffisante
doit surgir en quelques traits.
*
Est-elle à la fois brune & blonde ?
Elle gronde, la couleur la dépasse.
La nuit des formes rappelle sa présence.
*
Les appâts, que veux tu,
les sirènes les tendent aux poissons.
*
°} mirliton {°
*
Écho d’hirondelle

Qu’on y fasse, dit la belle,
autant que le ciel en demande.
Petites oreilles et petit nez,
corps d’anguille en robe de Krou,

mais la grenouille ne saurait faire
sans un Picasso dans son cou.
Elle va vers un coteau de sable…
ou est-ce une patte tendue?

Enfin, enfin.
Si le grognon s’y tord à voir,
le grège l’a bel entouré.
*
🌬Caroline D.

Au hublot

au hublot
~
Le voyage de vagues
de mousses en lessives
Nous entraine au hublot
L’univers sous-marin
d’un tortillard kaléidoscopique.
~
Y baigne une culotte
Passagère oubliée
Motifs des tropiques
Rayures d’azimut
Élégant de toilette
~
Mais aussi un
Simple mouchoir pleurant
L’au revoir des départs
Le moteur essorant
L’esseulée
& son nez en trompette.
~
°} mirliton {°
~

Ballotin de l’Aricover (Aventure)

*
à l’ombre d’une douce amère,
Plongée sur son passé,
L’amande pistachère.
*
*
Le chat noir s’acharne,
S’agace à perdre la boule
Où? Là, dessous la moustache.
*
*
Y’s’balance en bleu de chauffe.
L’isolé brûle d’aller
seul, au foyer du naufrage.
*
°} Mirliton {
*
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, qu’elle lui dit
avec moi et le chat
On s’ fera une histoire
une belle histoire à trois
où y aura des cosses et des graines
bien longues et bien pleines
des graines et des cosses
loin loin de Carabosse
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, viens là-bas
autour d’un feu de bois
y aura que toi et moi
toi et moi et le chat

Caroline D.
🧶

Certaines résolutions

Certaines Résolutions
~
Brûler de désir
la langue du poète
Juste pour enflammer ses lèvres.
~
Fausset
~
L’après midi sans voix,
dire les mots qui déclenchent
une vague d’avalanche.
~
Y’aller piano
~
Caresser l’idée
de pianoter en dos
les aigus des vertèbres.
~
Saxo
~
Sourire aux lèvres,
suivre in extenso
la courbe d’une hanche.
~
Batterie
~
Baisser les yeux,
à la croisée des jambes
sans cesse trépigner.
~
Au cœur du rebond
°} Mirliton {°
!
Peintures sur bois 100×80
j’Y bEaujEan -avril 2020
!
Échos lointains
*
À s’inventer de dos
contre un beau bois de lune.
*
Long contralto de veille
*
Une ligne de désir
insinuée sur le sable.
*
Une note de mer
*
Un printemps exigu
sur une portée claire.
*
Aucun bémol à l’horizon
#
[caroline D.]
!

Les paysages de l’ombre

Les paysages de l’ombre


Le verre assez lucide
pour laisser la chaleur
nous baigner de rayons,
découpe son cadre d’ombres
& projette la lumière
d’un théâtre d’illusions.
~
°Mirliton°
~

& verse et verse
l’invisible visible
que se dessine l’heure
sur la scène du jour
Le jardinier s’avance
vers le fond de sa cour
et le soleil dépose
un grand éclat d’amour.

~

Caroline D.

~