Pierrot

Pierrot

Une nuit de lune solitaire,
En chemin, où tu te désespères,
Dans un noir de loup épais,
Le silence résonne de gravier
& quand tu passes la frontière
Entre la marche et le sommeil,
les ombres t’éclairent de secrets.
……..
mirliton
……..
Mon beau Pierrot, sois pas trop triste
le monde est fou depuis toujours
chacun y fait son tour de piste
et chacun y cherche l’amour
tricoutaillé au goût du jour

…….
Tu sais Pierrot, on aura vu
autour de chaque temps venu
à travers les coeurs et la neige
autant de traces autant de pièges
de bris de vent et de manèges

……
Viens mon Pierrot, allons dehors
le ciel est si bleu ce matin
et les ombres si claires

……………. caroline D…………….
🌑

Modiste exquise

Modeste esquisse
……….
Voilà que j’y vois les accrocs
les mots soutirés au sommeil
et la réflexion qui remet
le matin à sa place

Ensuite j’y vois l’horizon
de taupe et de petit voilier
et une mer verte d’oubli
on est mardi ou mercredi?

Et même et même que j’y vois
le regard bas et le nez long
d’un homme twist au béret noir…

et toi?
Tu vois, tu vois, je n’y vois rien
et j’y vois tout ça à la fois

caroline D.
…….

L’habit

L’habit
🎴
L’ enfant, tout éreinté par un monde hésitant,
aime se réfugier dans la chaleur du conte .
Il prend alors l’habit aux couleurs de flammes
Pleure, chante & rit souvent même jusqu’aux larmes.
Là, il joue la parole, s’abandonne par moments
au plaisir clandestin d’être enfin un enfant.
………….
Mirliton
…………
Après, c’est une question de voir
comment les choses pensent
et là encore, l’enfant le sait…
Dans le barbeau de l’âme,
rien ne l’afflige sinon
la tristesse du monde…
Alors il s’en retourne
et chevauche l’histoire
comme sur le dos dansant
de son cheval errant.
Et tout y rêve. Jusqu’au matin.
………..
caroline D.
…………..

La nature du miroir

La nature du miroir
…………………………………………………………..
Qu’une eau se glisse comme une peau
Frissonne lisse à l’arrondi du paysage
Miroite en surface étendue d’éclair
Flotte à l’unisson du plat vif argent
& l’opaque mare se fige dans le miroir.
……………………….
Mirliton
…….

photo j’ybj 2020.
………….

La grande bleue

La grande bleue

……………..
Désert des eaux boréales où dérive une flottille.
Une femme d’un bleu d’aurore s’allume dans le noir.
Elle se grise d’éclairs , se baigne de néons
& se dévoile nue encore caméléon.
…………..
Quand l’aube éteint sa pâleur clandestine,
étendue sur le dos ,sans force, elle chavire
Éprise, elle caresse l’onde du bout des lèvres
Avant d’aller mouiller au fond de l’océan.
……………..
Mirliton
…………

Au tournant de l’aurore

De la vague calcaire,
et de loin, de très loin
jaillit l’âme de l’aube.
Mais qu’on y change de cap,
s’écria le marin,
je la vois qui me parle.
Il la vit qui peut-être
l’implorait du regard.
Ou ce n’était que sa manière
de lui chanter le monde..
🌑
………………………caroline D…………………..
..

Le mystère du persil

Le mystère du persil

L’élan autoritaire bravache
La moustache de travers
Fusilla du regard
Faucha la persillade
& fit lever un lièvre
Amène & innocent
Un goût de sang
Amère & indécent
Au bord des lèvres.
…………….
Mirliton
……………
&
Là dans la brillance
d’un vent de découpage,
il déposa la gerbe
d’une pousse en partance.
Après dans la cadence
d’un soir tué d’avance,
il y trouva le pieu
qui y tiendrait le beau.
*
…………… caroline D. …………….

Lune rose

Lune rose

Une chienne fourbue
allongée sur le flanc.
Un ciel en couverture
La lune rose est pâle
comme une langue
lente en dérive dans
l’univers de l’ombre.
Le regard bleu gris
de la nuit qui arrive
à percer les nuages.
………….
Mirliton
………….
Et le bleu coule infiniment
du fond de l’aube.
L’instant de mettre au monde
approche.
Et les yeux sur la lune
suffisent à vivre.
🌬
……………. caroline D. …………

J’y beaujean nov 2020 peintures sur bois au verso .40Fig.

Icare

Icare


L’ange dénudé s’apprête,
fabrique une gabrielle,
se drape d’un empennage
& se montre à l’envie
allumant les regards .

Dans la nuit étoilée,
dans le noir de la salle
Icare brille écarlate.

Les lumières le détaillent,
couvent son anatomie
& ses regrets s’envolent
quand dans ces yeux qui brillent
il retrouve son désir de baisers.
🌬
Mirliton
Photo j’y beaujean
🎴
De toutes ces histoires
qu’on pourrait chuchoter…
comme celle du gars qui prie
au ras de ton visage,
ou celle du singe qui rêve
le coude contre ta nuque…
de toutes ces histoires, dis-je,
je dirai seulement
que le bleu qui t’emporte
vers un vert soleil
te va infiniment
de corps et de merveille.
Bon désir et bon vol, Icare.
🌑
🦉 caroline D.🦉

IF, le temps suspendu

Le temps suspendu

Voilà un joli jour de pluie, murmura-t-elle,
en regardant d’en haut, le dos tourné,
l’eau qui rigolait jusqu’en bas.
C’est sûrement le chemin des choses, chuchota-t-il
⚪️
… ou voulais-je dire celui des roses?
Bah, je ne sais plus, mais chose certaine,
les gouttes s’y prennent à merveille
quand elles se pendent au fil du temps.
⚪️
La fille s’était tournée vers lui.
L’histoire pourrait commencer là, dit-elle.
Deux murs blancs à la chaux anglaise
et un tout beau de l’imparfait.
⚪️
Et lui de susurrer :
Qu’il ne vous en déplaise, l’amie
mais je mettrais dans cette histoire
un vieillard à lunettes
avec son cornet plein de glaise!
⚪️
Si, si, si.
Ça me va, lui dit-elle.
Et moi de mon côté j’y verrais bien un arbre,
un beau conifère à fruits rouges.
De la famille des Taxaceae…
⚪️
caroline D.
🌒

L’indécise mélancolie

Peut être ?
⚪️
Peut-être est-ce l’odeur de l’hiver
le coup des aubes que je sens là
et qu’à l’idée du gel, dit-elle
je sourcille déjà
🌑
Mon coeur et mes prunelles
s’accordent pour sombrer
dans mes ravins d’automne
🌑
Mais l’horizon fera bouquet
je sais
de fleurs-de-froid immaculées
et ma mélancolie de terre
se fera grand courant de fond
tout blanc d’autant d’éclats
vague et farouche d’alentour
j’aurai de quoi danser les jours
et réchauffer les nuits



⚪️caroline D⚪️

Faire des remarques! (2)

Par exemple

« Le dessin est un jeu de patinage sur la page.

Le pinceau doit conserver une certaine grâce !

La figure donne un but au spectateur

Elle doit être générique , allusive , pas forcément jolie.

Sans doute la profusion des traits concentre le regard

& oblige à démêler l’image.

Chacun forme son image,

(une lecture possible)

aime s’y retrouver,

& peut aimer aussi le jeu de la complexité.

Quelques traits suffisent à installer le corps dans le paysage.

( revoir Krazy Kat!)

L’attitude rejoint une réalité connue, simple

mais surtout pas une pose artistique.

Les visages sont plus facilement critiqués

Sans doute cette habitude du regard à dévisager,

à porter une attention à l’expression, aux mimiques

. Instaurer un climat de proximité, de présence…

Utiliser la couleur pour accentuer la perspective

& permettre une simplification de la compréhension,

mais ne pas hésiter à surcharger quelques zones colorées de nuances pour briser l’aplat , pour ne pas paraître trop systématique.

Que faire du verso?

( voir carte à jouer!)

Que dire de plus? »

Mirliton

🕶🕶🕶🕶

°} aplat ou double marque
sur l’image naissante
le rapprochement
comme un sens donné
le trait
qui aime
… {°
caroline D.

Loup y es tu?

« loup y es tu? »
⚪️
À l’orée de la forêt
Y’a tout l’temps un loup,
Dès le moindre arbre caché
Y’a une entourloupe!
Qui trick, qui crac la chaumière
V’là la petite aux abois.
Pas l’temps dire ouf!
L’innocente interloque.
⚪️

Pourtant, les chaperons,
C’est gourmand,c’est charmant
Quand ils mordent à l’hameçon,
Çà s’dit:
« Voyons voir où qu’y
Vivent & piquent les colégram,
l’univers où se trame
le plus drôle de la fable.»
⚪️
Sans compter que ça m’a
un arrière goût de drame,
Dans le noir de la nuit,
la chair est faible, hélas!
⚪️
Mirliton
🐺
Lou, Lou, que fais-tu?
🌔

Qui se cache derrière Lou
quand Lou ne cherche rien
ni soir ni ciel ni gare au loup
ni trace de vaurien…
⚪️
Apportez-moi de quoi
faire briller mes diamants
je vous donnerai de quoi
y arroser le temps

⚪️
Au fond, l’effroi vous traque
jusqu’à la sépulture
les vieux matins patraques
la tête dans vos murs
⚪️
N’y voyez pas le pire
le plaisir est sans roi
cueillez-y mon sourire
multiplié par trois

⚪️
… et petit chat retrousse
bain d’orée, bain de mousse.
⚪️
🐺caroline D.🐺

La disparue

La disparue
🌔
Des traces de rouge à lèvres
elle était donc réelle!
Rouge betterave, écrasé de tomate, sang, mystère
& la pantoufle de vair oubliée par mégarde.

Des gardes? Y en avait pas hier, de mémoire volatile d’écureuil.

La vue depuis les airs étant la plus perçante,
Sans doute du creux des branches
là où se trouve sa cache,
l’animal sans vair dit avoir tout vu.

& la fuite éperdue de l’éternelle absente,
la disparue perdue & la fourrure tentante

je ne peux que relire en doux ses mots
& tracer son visage dans la buée des carreaux.

Petit gris en profite pour reprendre son manteau.
Il retrouve son velours & moi,le trémolo.
🌖
Mirliton
🦚
L’étang

Sans l’absente, chantait-il,
le ciel n’a qu’à cligner de l’oeil
et ma tête penche en musaraigne
comme un blanc de cerfeuil.


Mais elle danse à la même enseigne,
chuchota l’écureuil.
Allez, viens, suis-moi.
Et oublie la pantoufle.


Au bout de quelques vers
sur le velours des heures,
dans le remous des jours
et l’ancrage des âmes,
ils la trouvèrent assise
sur le bord d’un étang.
Baignée qu’elle
était de lenteur.
🦚
caroline.D.
🦚