Le chemin du retour

Le chemin du retour

À l’ombre des feuillages
L’origami d’éclats griffe le visage
& l’œil s’y nourrit d’étincelles.

Chaque pas à son ombre
Somnolant, la chaleur imprègne
La lumière y perce
une pluie de réveils.

Cachés dans le paysage
Abrités du passage
Des chants d’oiseaux
Complètent la perspective.

miirliiton


Ne pars pas, lui dit l’homme,
on y est sans ambages
& les bras restent grands de nos ensevelies
férues de vieilles amours.
Le nuage n’est encore qu’un coup de paysage
sur la toile dénuée de carmin.

Le grand allégorique
y trouvera bien son vent
& tes yeux s’y feront comme les miens.

Ne reste qu’à marcher à travers les prés-verts
dans les traces laissées par le bel oiseau blanc
qui a su le bonheur
au bruit qu’il y faisait.


Caroline D.

Le voyage du chat

Le voyage du chat

Costume d’apparat
Un frôlement de soie
Un velours de patte
Toujours dans les bras?

mirliton

Du temps qu’on existait à l’enseigne de la lune,
le chat se lovait là, du soir jusqu’à l’aube.
Avec mon pied fragile, mon coeur en boule de neige,
et un ciel de lilas sur ma robe de laine,
le chat le chat y trouvait mieux que moi
les matins clairs de bohème.

Caroline D.

Bleu nuit

Bleu nuit

« La nuit en courbe
dernière lumière de soleil
laissant entrevoir une lèvre rougeoyante
le paysage sombre & découpe le ciel
La forêt écoute
craque au moindre petit bois
Les sons semblent se répandre
À perte d’oreille,
Un bleu d’effroi
La nuit disparait sous un concert d’ombres
& me laisse le nez pointé vers les étoiles . »

Mirliton


« Quand tout à coup j’ai vu
les pieds de l’hirondelle
sur le ponton d’étoiles
que dessinait le soir,
un grand vent est monté
de mon sang d’amarante
& le ciel déversoir
a peint du fabuleux. »

caroline D.

Tissus

Digit j’yb 2022

Reprendre le chemin étroit
de le fantaisie
Fouler ces foutaises d’envies
Tu l’oublies?
Dans la fente du lit
Un souvenir remonte
L’adorable parodie
Repasse, retrace dans les coussins
Son corps délié d’essences
Un parfum de sueur a gardé
Sa chaleur d’oreiller.

mirliTon

Poudre d’escampette

La poudre d’escampette

{Légère confusion des genres
Le mot-à-mot sans son son
Le sens s’échappe ensuite
à prendre avec des pincettes
Une poudre d’escampette.}

Çà sent la poudre mes archiduchesses
Celle là, la blanche de céruse
Au visage d’une grande d’Espagne
Impassible Blanche s’impatiente.

Juste une mouche à l’épate
Aux commissures des lèvres
Souligne son écart rose délice
Sourd, sous sa robe à merveille.

Lorsque tu lèves le lièvre
& que ta langue entre en lice
Tutoyant d’autres lèvres
Tu soupires d’aise, de malice.



MìîírLītOn

L’habit des fauves

L’habit des fauves


Si tu gardes ton regard posé sur ses prunelles
L’esprit en un instant s’embrase & étincelle.
Toi, qui pensais reprendre ton innocence
Retrouver la verte nature piaillante
soudain te voilà prise d’une délirante
Défaillante ta chemise trop serrée étouffante
Retrouvant un corps délivré de naissance
Dans une nuit où le ciel suspendu d’orages
À gronder chavirer … enfin te faire entendre
& soulager l’envie de graver un chemin
Pour que la terre enfin emporte le chagrin.

mirliton


C’est le noir d’hirondelle
pris dans le fil des feuilles
& les bras, lui dit-elle,
dans l’océan du vent.
Dessus les jours encore,
entre ici & là-bas,
quand tous les bleus du temps
roulent près du piano,
je souffle à la montagne
pour que la nuit se tende
& que la lune monte.

Caroline D.

Plumes

Indiens

Plumes

D’une légère incision grise la page
D’un trait de plume libre d’espace
Découpes contre jour des visages
Trouve des plumes de passage

Drôle d’indien de rivage
Courir à tue-tête, dérape
Poursuite le long de la plage
Roulé de sable jusqu’à la vague
Éclabousses cavalcade

mirliton
Poussière

Carnet j’y beaujean juin 2022

Mica

Les paillettes sur ta peau

Au sable qui s’emporte dans un bouillon de vagues
La mousse déjà y brille mica
& fête sur ta peau comme un frisson d’éclats.

Quand ta vague arrive chavire
& roule rousse portée par le rouleau
Tu rives ton museau à l’écume,
T’enivres & de bruits & de flots.

Pendant que tu t’emplies
De la saveur des algues
Moi, noyé sous l’eau
Tranquille entre deux eaux
Je dérive & me laisse
enchainer aux épaves.

…mirliton…


Quand l’aube un peu s’oublie
au pied de l’arbre noir
Le sable mercenaire désarrime la vague


La grande eau sait bleuir
les désirs clairs de l’une


C’est cette chose, tu vois
par-dessus mon épaule
Un autre ciel, dit-elle
Du jamais vu


carOline D….

Vénus dévêtue


Vénus dévêtue

La pose oblique oblige
à envisager une perspective.

L’œil décalé d’un spectateur
À la grise mine allongée,
accoudée,raz du plancher.

Par exemple, dos au parapet
Te mirer de la tête aux pieds
la nuit t’admirer au miroir
Rechercher tes coins secrets
Pour mieux te les dessiner.

mir Liton


Le vent se fait sentir, tu vois
c’est une histoire de nuit
Tout le bleu qui se mêle
d’une autre fin de jour

Sur les accords d’un dimanche
Même si l’oiseau chante bas
La belle l’y entend

Vers l’horizon du soir
son regard se tourne

On y sera à temps, dit-elle


… caroline D.