Idylle de Bohême

idylle de bohème

« À son cristal de roche, je glisse mon accroche cœur;
elle rougit de bonheur & garde son air rieur.
Elle se moque de moi, m’écarte, nous jouons batailleurs. »
☁️
🌬& les rimeurs s’escriment à l’ombre des railleurs.
🤸‍♀️
Mirliton

🌑
« On dirait que la belle a appris à marcher
entre des éclats de corail & des cafés lattés,
dans des parfums de terre & de fleurs d’oranger. »
☁️
🌬& les racailles échouent qui tirent tout à la courte paille.

🤸🏿
caroLine D.
🌒
« Elle, elle tire les arcanes de soupçons d’avenir
& fait sur la comète le plan des jours d’ailleurs.
Son regard est mouvant & son ciel plein d’espoir. »
☁️
🌬& les pêcheurs d’escales désirent prendre son âme.
🤸🏿‍♂️
Mirliton

Sombre

« Les bulles du bathyscaphe tachent le soupirail,
Une idylle sous cape se mouille au paysage
& leurs pleurs de soupentes serpentent sur le village. »
🕸
Mirliton
🕸
photo j’yb
🕸

« Et d’y voir l’amitié en ces toits d’épousailles,
Les escargots d’épaule blottis à l’infini
& le ciel-coton voué aux barbouilles de saison. »

🕸caroline D.🕸

La langue du sommeil

La langue du sommeil

Quelques visages nous reviennent,
Des bruits. C’est ça ! Un mélange
de rires, d’éclats de pleurs, de frôlements.

Avant les paroles, toujours ce sentiment qu’une histoire s’installe.

Les voix , pas les mots,
ajoutent une profondeur au paysage.
Quelquefois le corps à corps
échange les langues,
Mot à mot sur les lèvres.

Soudain en bris de glace.
L’image en reflet s’éteint
au cri du réveil matin.
🌒
Mirliton
🌔
Oh! là, mais pas trop vite,
donnez-moi un instant!


Pendant que la nuit passe,
on peut quand même se demander :
Elle s’en va où la chanter’elle
d’entre les altitudes?


En grande eau de rivière
portée par mille morceaux de ciel?
Et là, tout près…
Le discus bariolé rêve-t-il d’un baiser de lune?
Et le singe cueilleur connaît-il le daim égaré?


Bien l’merci pour le temps.
Mais je vous l’dis ou vous l’dis pas,
c’est la folie des roses qui capture les songes.

🌒
🌬caroline D.
☁️

L’oiseau de nuit

L’oiseau de nuit
🌑
À la lampe, le livre ,
une « histoire de la nuit »
(Laurent Mauvignier)
m’entraine dans le silence.

Mais un souffle soupire
( vent fort, risque de bourrasque)
frappe au carreau*.
Dehors m’appelle &
la nuit noire scintille.

Moi, je sors & je fais l’engoulevent
J’avale la moindre brise.
🌑
Mirliton
🌑
*(Oh!Caro, t’inquiète, c’est l’épaisseur de l’air!)


⚪️
En équilibre sur le matin laiteux
la neige forme de grands bancs
immobiles et liquides

Sur le trottoir d’en face
des corps humains se glissent

Un seul moineau pour braver la blancheur
et avaler le froid brûlant
Mais il en viendra d’autres

En attendant, la nuit se repose
et l’engoulevent sans doute

⚪️caroline D. ⚪️

L’oubli

L’oubli
🌑
La nuit qui rampe
sous son air de rien faire
Les grimpantes escaladent,
lèchent les friches.
Les murs aussi lézardent
Attendant la reprise du mystère.
🌑
Le jour, les feuilles digèrent.
🌑
Mirliton

⚪️
Et tout ce qui se dit
dans l’infléchissement.
Des mots entre les feuilles
sur de longs bâillements.
Pour tout ce temps toujours,
une histoire à se lire.
⚪️
….
De quoi se souvenir.
⚪️
caroline D.

Noir de geai

« Suspendu à tes lèvres, je te livre mes rêves … »
« J’hésite à te découvrir… »
« L’encre a encore bavé, déborda du stylo
Le sentiment d’urgence, de se jeter à l’eau
dire ce que l’esprit foudre éclaire
L’image vient à se révéler
Au bord du rêve, en trémolos. »

🌬mirliton
⚪️

« Tout ça ressemble à un oubli,
un grand soleil peut-être.
Ou un même désir
rivé au corps du monde.
De quoi aimer le vide.
Le coeur serti dans l’aube
sur le noir et le blanc. »
⚪️
🌑caroline D.🌑
☁️

L’alliage

Lorsque quelques heures sont passées sur le tableau, où depuis déjà longtemps le dessin est là, posé, fixé, interrogatif ;
reste à choisir des couleurs.

Un velours dans les sombres, brun rouge de tenture ou vert d’ombres
& l’indécis des clairs, un gris pointe polaire dans un vert à la limite du bleu ou un jaune délavé jusqu’à l’acidité.

Plus le nombre de teintes augmente, plus l’alliage est délicat. La couleur baisse le contraste du dessin mais crée l’ambiance, le climat de l’histoire, la perspective .

L’image commence à s’imposer , l’œil a retenu la figure et peut continuer , même la nuit ,à réfléchir aux teintes, à la pose. Revenir sur la tableau, reprendre la partie et savoir quoi faire.
Les journées se succèdent à polir l’accord, à chercher à le rendre d’un désir incomparable, à donner la larme à dessein.
« L’au revoir. »
Peintures sur bois
j’ybeaujean 2021
⚪️
⚪️
🌑mirliton🌑
☁️
🌬jusqu’à ce qu’il apparaisse
dans le sens
de la nuit
là où se succèdent souvent
les teintes indécises
ou du jour
en plus sombre peut-être
mais plein du désir qui monte
c’est ça
on voit déjà la pointe claire
et le dessein des larmes
même sur le velours
⚪️
⚪️ caroline D. ⚪️
⚪️

Pierrot

Pierrot

Une nuit de lune solitaire,
En chemin, où tu te désespères,
Dans un noir de loup épais,
Le silence résonne de gravier
& quand tu passes la frontière
Entre la marche et le sommeil,
les ombres t’éclairent de secrets.
……..
mirliton
……..
Mon beau Pierrot, sois pas trop triste
le monde est fou depuis toujours
chacun y fait son tour de piste
et chacun y cherche l’amour
tricoutaillé au goût du jour

…….
Tu sais Pierrot, on aura vu
autour de chaque temps venu
à travers les coeurs et la neige
autant de traces autant de pièges
de bris de vent et de manèges

……
Viens mon Pierrot, allons dehors
le ciel est si bleu ce matin
et les ombres si claires

……………. caroline D…………….
🌑

Modiste exquise

Modeste esquisse
……….
Voilà que j’y vois les accrocs
les mots soutirés au sommeil
et la réflexion qui remet
le matin à sa place

Ensuite j’y vois l’horizon
de taupe et de petit voilier
et une mer verte d’oubli
on est mardi ou mercredi?

Et même et même que j’y vois
le regard bas et le nez long
d’un homme twist au béret noir…

et toi?
Tu vois, tu vois, je n’y vois rien
et j’y vois tout ça à la fois

caroline D.
…….

L’habit

L’habit
🎴
L’ enfant, tout éreinté par un monde hésitant,
aime se réfugier dans la chaleur du conte .
Il prend alors l’habit aux couleurs de flammes
Pleure, chante & rit souvent même jusqu’aux larmes.
Là, il joue la parole, s’abandonne par moments
au plaisir clandestin d’être enfin un enfant.
………….
Mirliton
…………
Après, c’est une question de voir
comment les choses pensent
et là encore, l’enfant le sait…
Dans le barbeau de l’âme,
rien ne l’afflige sinon
la tristesse du monde…
Alors il s’en retourne
et chevauche l’histoire
comme sur le dos dansant
de son cheval errant.
Et tout y rêve. Jusqu’au matin.
………..
caroline D.
…………..

La nature du miroir

La nature du miroir
…………………………………………………………..
Qu’une eau se glisse comme une peau
Frissonne lisse à l’arrondi du paysage
Miroite en surface étendue d’éclair
Flotte à l’unisson du plat vif argent
& l’opaque mare se fige dans le miroir.
……………………….
Mirliton
…….

photo j’ybj 2020.
………….

La grande bleue

La grande bleue

……………..
Désert des eaux boréales où dérive une flottille.
Une femme d’un bleu d’aurore s’allume dans le noir.
Elle se grise d’éclairs , se baigne de néons
& se dévoile nue encore caméléon.
…………..
Quand l’aube éteint sa pâleur clandestine,
étendue sur le dos ,sans force, elle chavire
Éprise, elle caresse l’onde du bout des lèvres
Avant d’aller mouiller au fond de l’océan.
……………..
Mirliton
…………

Au tournant de l’aurore

De la vague calcaire,
et de loin, de très loin
jaillit l’âme de l’aube.
Mais qu’on y change de cap,
s’écria le marin,
je la vois qui me parle.
Il la vit qui peut-être
l’implorait du regard.
Ou ce n’était que sa manière
de lui chanter le monde..
🌑
………………………caroline D…………………..
..

Le mystère du persil

Le mystère du persil

L’élan autoritaire bravache
La moustache de travers
Fusilla du regard
Faucha la persillade
& fit lever un lièvre
Amène & innocent
Un goût de sang
Amère & indécent
Au bord des lèvres.
…………….
Mirliton
……………
&
Là dans la brillance
d’un vent de découpage,
il déposa la gerbe
d’une pousse en partance.
Après dans la cadence
d’un soir tué d’avance,
il y trouva le pieu
qui y tiendrait le beau.
*
…………… caroline D. …………….

Lune rose

Lune rose

Une chienne fourbue
allongée sur le flanc.
Un ciel en couverture
La lune rose est pâle
comme une langue
lente en dérive dans
l’univers de l’ombre.
Le regard bleu gris
de la nuit qui arrive
à percer les nuages.
………….
Mirliton
………….
Et le bleu coule infiniment
du fond de l’aube.
L’instant de mettre au monde
approche.
Et les yeux sur la lune
suffisent à vivre.
🌬
……………. caroline D. …………

J’y beaujean nov 2020 peintures sur bois au verso .40Fig.