Dernières pâleurs des jours

Peurs
Pleurs
Pâleurs
~
La prison est dehors
Nous avalons la clef &
Venons à souhaiter en exil
L’infini coffre fort
~
~
Les pilleurs de naufrages
Aux dernières lueurs
Scrutent un souffle, un nuage
une brume de sueur.
~
Pâleurs
Pleurs
Peurs
~
°Mirliton°
~
*
On y met l’absolu.
Et l’absolu s’enfarge.
On y met l’illusion
Et l’illusion s’enfarge.
On y met le moment.
Et le moment se donne.
~
}Caroline D.{

~

Procuration

~
Maintenant que la porte est close
Restons assise à la fenêtre
Quand l’ombre des nuages passe en coton
de noirs oiseaux tracent les liens au dessus des maisons.
Un moelleux de mousse vert sombre
colle aux pattes, à l’ardoise
Immobile, je les suis dans les airs, je voyage.
~
Mirliton
~
Un banc comme une crête
au milieu de la mer.
D’où l’on voit la galère et
le tous azimuts.
Pas besoin de fracas,
la vague en fait déjà.
Là où le temps trouve maison,
le poème a mille saisons.
~
Caroline D.
~
*

Début

Mercredi 18 mars
…….

Dehors, l’activité s’endort
Le monde Occidental si frénétique
Oublie son avenir
& se carapate dans son donjon
Quand la ville assiégée par l’invincible minus
Ne sait plus que refermer ses portes.
……..
Nous nous sommes & restons attachés à notre port
& suivons aux fenêtres ouvertes le soleil qui se montre
Là bas la mer seule fait ses vagues
& les poissons , eux qui n’ont pas péchés
Sont sauvés et forniquent dans les eaux profondes.
……
J’yb en Mirliton
*
Silhouette/ première couleur
*

Tous ces lieux qu’on invente
comme autant de bateaux
amarrés dans le vide
À faire couler les heures
Naufrages – dans le jour à percer
le jour à fleur de coeur, oublié
et l’autre, dérobé
à fleur d’effroi
Et là, devant quelques hublots
en grands chevaux sur l’eau
toutes crinières au vent
l’attention et le geste
en mots et
silhouettes

Caroline *D

Navigation

~

De mémoire de coton,

Femme blanche,

oublie déjà les soins

que tu donnes en pâture!

~

L’eau n’est qu’une sensation,

Flamme blanche,

Douce & fraîche évasion.

Tu t’y glisses en bouchon.

~

Soie sombre de l’onde,

Le fil de l’eau qui

Plisse au moindre geste.

Tu t’embarques au rivage.

~

Léger moteur de palmes,

Col de cygne.

À ton embarcation

Tu ajoutes ta figure de proue.

~

Mirliton

Crachins

~

secret

de bouche à oreille

Maquiller la vérité.

~

~

« Le bleu, le gris,

et plus ou moins le ventre.

La courbe du Centaure

sous la chevelure folle.

Et sûr, d’entre les jours,

la neige, dormante.

Pour qu’une joue donnée

dans un rêve d’oiseau

se baigne enfin de lune. »

~

Caroline D.

~

~

Parfum

la couleur de l’essence

L’indifférence

~

nez au vent

Mouvement en vagues

des nuages font encore leur ciné

~

Mirliton

Les Éphémères

Les Éphémères

~

Les accents de couleurs

se glissent dans la silhouette.

Image fugitive,

Instable comme

Un instant croisé,

Un sourire qui s’efface.

~

Mirliton

~

Elle avait gardé la maison

et l’enfant le savait.

Un jour, elle-même y vivrait.

Pour l’instant, le temps était ailleurs.

Et l’espace donnait à se vivre

ce que l’errance dépose.

Comme dans les vents de l’aube.

~

Caroline D.

~

Les visages de la nuit

~

Dans le noir du sommeil

Pareil à des toiles,

Les figures de la nuit

S’entremêlent

Et dansent sans mot dire.

~

Elles entrelacent,

Attirent loin des rivages

& Cherchent dans un naufrage

À noyer en nuages

Les songes

en un rire de défi.

~

Mirliton

~

Et sur l’enfant rêveur,

la caresse tendresse.

Habituée des naufrages

et des rivages gris,

elle penche son regard

d’entre les flancs du ciel,

du ventre de la nuit.

~

Caroline D.

Découpes

Grisant de réalité,

Une pluie de lumière

cadrée par l’écrin

imagine en verre

une suite

panoramique.

~

Mirliton

~

Et elle n’y trouva rien

qui ne soit déjà là

dans l’écrin d’une pluie

suivant son cinéma

La marche sur le pont

d’un homme au pas léger

dans un matin de clair

obscur panorama

~

Caroline D.

~

Silence

Pécheur de perles

~

~

Silence

~

L’eau brume est passagère,

Chargée de minuscules morceaux.

Flottant dans la lumière,

Une neige lente se balance entre deux eaux.

Les rayons s’y perdent jusqu’au fond

Où un sable gris poussière décante.

Par endroit un vert de mousses et d’algues.

Au fond les coquilles rampent

La gueule ouverte au secret du coffre.

~

Mirliton

Son corps tiède

près des rocheux osseux,

là où l’achigan glisse, discret,

sur le coulant du sable,

l’homme étire son rêve

vers la rumeur du fond.

~

Caroline D.

~

peinture sur toile/j’ybeaujean/fond marin

adagp2019

Vert bleu

Au bord, une lumière remonte des fonds.

Le sable donne alors à l’eau sa verdeur opaline.

La mousse lèche toujours un peu plus de plage.

Un ciel lourd de nuages glisse en silence

& découvre une voûte immense.

L’air se charge de nos narines.

L’instant d’après les couleurs se mélangent.

Mirliton

La passerelle

~

Une passerelle, fine et bleue,

articulée en bois, relie les deux côtes de l’aber.

Elle se soulève et laisse, par moments, passage

aux longs mats des bateaux.

~

En dessous,

Une charpente de piliers s’enfonce dans l’eau

& forme comme un cadre, un châssis,

une chambre obscure

où se baladent, en cages,

images et reflets du paysage.

~

Mirliton

Entre deux eaux

1

Le regard loin des vagues, au creux du brouillard bleu.

~

2

Je te le dis tout bas, elle s’enfuira sous l’eau.

~

3

En état d’apesanteur sous-marine.

La mine noire sous un silence d’image.

~

4

Au fond, règne les épaves, un vent d’algues la frôle.

~

Mirliton

Tout bas aussi : il n’y aura pas d’histoire vaine.

La sienne s’emparera d’un grand ciel rose et clair, à travers la surface.

Et on verra tourner le vent sur un souffle de temps.

Caroline D.

La porte vert vermillon

La porte vert vermillon

~

Mouche, tes yeux étonnés vers la rue.

L’énigme d’habitudes, de clés

S’inscrit dans les fentes du bois.

L’ocre rouge orangé colle au Basque.

Les ferrures qui rampent, rouillent & hantent

L’éclat d’une peinture laissée à jamais seule

La dalle qui escalade sur la pointe des pieds

& l’ amygdale, l’araignée des végétations .

~

Mirliton

~