L’échappée

L’échappée

Quelquefois
le sujet s’échappe du cadre.

Nos souvenirs
suffisent à inventer l’illusion
qui comme
un cinéma sans parole,
déroulerait un miroir
sans mémoire des histoires.

💨mirliton🌑


Nue au matin,
vêtue d’éclats de lune,
elle part plaquer tout l’exigu
pour emboiter le pas au vent,
toucher le tendre sortilège,
l’entièreté du vaste.

🌑caroline D.🌬

En un clin d’œil

peinture 120/89cm
jean-yves beaujean 2022


En un clin d’œil
Tout me revient
le souvenir de chaque virage
le vieil arbre à l’écorce gravée
toujours là à m’attendre
Juste la couverture du feuillage change
à chacun sa saison
& l’oiseau « huit! » quelque part sur une branche
me pose au cœur du paysage.

miRliton

Ah!
pour l’instant qu’on laisse derrière
avec le coup d’aile donné
et tous les bourgeons éployés
dans cette humidité d’avril

Pour la lettre de chaque instant
échevelée par le vent
et la peau trempée par la pluie

Pour autant que les gouttes perlent
je me souviendrai, dit-elle –
quand bien même j’oublie

caRoLine D.

Obscur

Obscur

La nuit enveloppe un obscur vol d’éphémères
se jetant dans l’eau.
Un plongeon disparait,
& Je le cherche entre deux eaux,
Retenant mon souffle.

Au bruit de mes pas, un chemin de chants se brise.
Les oiseaux se taisent.
🌘
Mirliton

🌑

Je l’avais vue pourtant
au vent du jour en contre-lune,
son corps poussé dans l’avant-ciel
vers un bateau ensaché d’âmes


Je l’avais vue sans rien y faire
d’autre que vivre à sa beauté


Or le matin où elle posa
son regard sur un champ de neige –


Le monde avait changé

🌒
caroline D.
⚪️

L’entrevue des regards

L’entrevue des regards

L’image fugitive d’un passage
De visage
N’est que le sentiment
Entre aperçu à la lumière
Des miens.

Toujours

Je m’y reconnais
À l’amertume des espoirs
Déployés
En regards lointains

Pourtant

Une voile m’emporte
Dés qu’un paysage
S’enfuit en vagues de nuages
& d’un air malin
Je lui prends la main.

miiirliton
⚪️

Qu’on s’y voie
Qu’on s’y voie pas
Le coeur est à la donne


S’y promettre à rien ni personne
& pourtant tout y faire
Pour que le monde soit sourire
Avant que d’être enfer


Les lèvres claires de ma mère
Me faisaient tant rêver
Que j’y voulais poser le rouge
Vermiller leur douceur


Elle me laissait mettre le bleu
Au gré de ses paupières
& partait le regard heureux
Danser avec mon père

cArOliNe D.
⚪️

Vitrage

Le désordre des reflets
Se couvre insensiblement d’une fine buée.

À la vitre encrassée
Un décor d’éléments d’une géométrie parfaite
se répète en effets.

Seule tinte par moments une sonnette
déglinguée d’avoir trop sonné.

Absorbé par ce paysage,
J’attends son arrivée.

MiiirliTon

Articulations



Des mots zarticulées
aux rotules, aux phalanges
l’épure garde la trace
de présences changeantes
promises à la réclame
sous forme de chanson.

Ainsi la balançoire
mouvement ondulatoire
se prête à l’illusion
n’ayant de forme stable
que dans l’amplitude
de son oscillation.

D’un crayon leste & fin
suivant le métronome
cherchons l’intérêt pendulaire
de cette distraction
& attachons nous à rendre
cette balancelle plus aérienne.

mīrlīton


Et l’arbre qui s’épanche
en branches tout autour
& le ciel qui se penche
pour nous parler d’amour.


C’est d’aimer à se perdre
dans un trou tout là-haut
pour un morceau de bleu
à s’en laver les yeux.


Au vent du pendulaire
de l’extraordinaire –
dans les bras d’un géant,
redevenir le temps.


Caroline D.

« Au vent du pendulaire »,
bats, lent soir…

Diptyque ô taquet

IF, le temps suspendu

Le temps suspendu

Voilà un joli jour de pluie, murmura-t-elle,
en regardant d’en haut, le dos tourné,
l’eau qui rigolait jusqu’en bas.
C’est sûrement le chemin des choses, chuchota-t-il
⚪️
… ou voulais-je dire celui des roses?
Bah, je ne sais plus, mais chose certaine,
les gouttes s’y prennent à merveille
quand elles se pendent au fil du temps.
⚪️
La fille s’était tournée vers lui.
L’histoire pourrait commencer là, dit-elle.
Deux murs blancs à la chaux anglaise
et un tout beau de l’imparfait.
⚪️
Et lui de susurrer :
Qu’il ne vous en déplaise, l’amie
mais je mettrais dans cette histoire
un vieillard à lunettes
avec son cornet plein de glaise!
⚪️
Si, si, si.
Ça me va, lui dit-elle.
Et moi de mon côté j’y verrais bien un arbre,
un beau conifère à fruits rouges.
De la famille des Taxaceae…
⚪️
caroline D.
🌒

L’oiseau de nuit

Oiseau de nuit
🌓🌗
Alors le ciel s’assombrit,
& l’artifice de la lumière s’alluma.
la traineuse de nuit s’ennuie
son verre demi rempli
la paille mesure du temps.
🌖🌑🌔
Mirliton
🌕
Alors qu’elle prenne son temps,
la traîneuse de nuit.
Pour qu’on l’y voie encore, et longtemps,
traîner son âme belle sous un couvert d’étoiles.
Et ses heures tranquilles
à regarder vivre le monde.
🌑caroline D.🌖

Dernières pâleurs des jours

Peurs
Pleurs
Pâleurs
~
La prison est dehors
Nous avalons la clef &
Venons à souhaiter en exil
L’infini coffre fort
~
~
Les pilleurs de naufrages
Aux dernières lueurs
Scrutent un souffle, un nuage
une brume de sueur.
~
Pâleurs
Pleurs
Peurs
~
°Mirliton°
~
*
On y met l’absolu.
Et l’absolu s’enfarge.
On y met l’illusion
Et l’illusion s’enfarge.
On y met le moment.
Et le moment se donne.
~
}Caroline D.{

~

Procuration

~
Maintenant que la porte est close
Restons assise à la fenêtre
Quand l’ombre des nuages passe en coton
de noirs oiseaux tracent les liens au dessus des maisons.
Un moelleux de mousse vert sombre
colle aux pattes, à l’ardoise
Immobile, je les suis dans les airs, je voyage.
~
Mirliton
~
Un banc comme une crête
au milieu de la mer.
D’où l’on voit la galère et
le tous azimuts.
Pas besoin de fracas,
la vague en fait déjà.
Là où le temps trouve maison,
le poème a mille saisons.
~
Caroline D.
~
*

Début

Mercredi 18 mars
…….

Dehors, l’activité s’endort
Le monde Occidental si frénétique
Oublie son avenir
& se carapate dans son donjon
Quand la ville assiégée par l’invincible minus
Ne sait plus que refermer ses portes.
……..
Nous nous sommes & restons attachés à notre port
& suivons aux fenêtres ouvertes le soleil qui se montre
Là bas la mer seule fait ses vagues
& les poissons , eux qui n’ont pas péchés
Sont sauvés et forniquent dans les eaux profondes.
……
J’yb en Mirliton
*
Silhouette/ première couleur
*

Tous ces lieux qu’on invente
comme autant de bateaux
amarrés dans le vide
À faire couler les heures
Naufrages – dans le jour à percer
le jour à fleur de coeur, oublié
et l’autre, dérobé
à fleur d’effroi
Et là, devant quelques hublots
en grands chevaux sur l’eau
toutes crinières au vent
l’attention et le geste
en mots et
silhouettes

Caroline *D

Navigation

~

De mémoire de coton,

Femme blanche,

oublie déjà les soins

que tu donnes en pâture!

~

L’eau n’est qu’une sensation,

Flamme blanche,

Douce & fraîche évasion.

Tu t’y glisses en bouchon.

~

Soie sombre de l’onde,

Le fil de l’eau qui

Plisse au moindre geste.

Tu t’embarques au rivage.

~

Léger moteur de palmes,

Col de cygne.

À ton embarcation

Tu ajoutes ta figure de proue.

~

Mirliton