Colégram

Colégram

Au mariage des caresses
De l’écorcheuse de mots,
Je préfère la levée du mystère
De sa tenue rustique
Un poil bien détendue


Qu’elle se montre enfin décalée & dévoile
L’adorable drapée dans un silence doré
Où se dérobent à la manière bigorne
Les muses nues tournées & outragées.

Çà m’amuse de la savoir sans fin
Un grain léger de frisson à la peau
& la fourrure féline en boucles si câlines


Cette dame de Pique
Épique & le Cœur gros
S’interroge quand même

Sur son brin de beauté
« Eh! Dis ,suis je bien une exotique,
Qu’en penses-tu, Carreau ? »

miiirLiiiiiTon


Pour l’âme qui se gramme
& toujours qui se trame

Naître à moitié dans l’herbe
C’est connaître la danse
De mille brins dans le vent
& de gerbes d’errance

C’est faire un feu de noir
Un feu d’ombre & de soir
Un grand rouge de fièvre
Pour chauffer le printemps

C’est enchanter les rives
De chardons & de grives
De trèfle rouge ou blanc
& sentiers avenants

C’est le rêve d’un sous-bois
D’une mer d’entre les branches
& mille z’arbrisseaux
Qui embrassent la peau

Pour l’âme qui se trame
& toujours qui se gramme


..carooline D.

Souvent la fable…

Tu dis quoi ?

Souvent la fable
veut nous convaincre
Du caractère animal du bon sens

Les objets en demeure de faire pareil ou même
S’arment de patience.

Ainsi
Les seaux ont bien des anses
Attendant de pouvoir voyager
& les murs des oreilles
Tout en restant très muets.

À l’inverse, il est vrai
Les sots ont des oreilles
& trainent les rumeurs
Avec certaine aisance.

mirliton


Se promener, flâner, musarder, se balader, se baguenauder, glander…le temps est radieux, un peu frais, la vague à peine retroussée, le regard se perd dans un horizon mal défini qu’une brume lumineuse estompe…Vous arrivez, courant, soufflant, je m’écrase contre la haie toute bourdonnante d’activité qui borde le chemin des douaniers. Les yeux nulle part, vous passez sans voir ; des papillons en tenue de soirée batifolent, les frelons asiatiques siphonnent avidement le suc des fleurs, un nuage d’ailes translucides crépite autour de moi. Vous avez les yeux rivés sur votre montre connectée qui indique la fréquence cardiaque et des écouteurs dans les oreilles. Pour entendre le bruit de vos entrailles ? Des mouettes crient juste au-dessus. Vous ne voyez pas, mais vous n’écoutez pas non plus. Un papillon gît tout cassé sur le chemin ; vos pieds sans doute ou ceux d’un pareil à vous, aveugle et sourd. Vous courez, excusez du peu, ou vous marchez en activant des bâtons, regard dur au loin ou sur les chiffres de vos engins, visage crispé, sans remarquer les nimbus bedonnant à l’horizon, tout luminescents du soleil qui les chauffe. Vous transpirez, vous soufflez, vous contrôlez votre masse musculaire. Et celle de votre matière grise ? Ah, il se fait tard dans la saison, les hirondelles sont parties, les mésanges s’activent dans les haies où pullulent de minuscules insectes qui leur sont friandises. Vous courez, c’est à peine si je peux passer, se promener, se balader, flâner, la chenille noire ne vous a pas vu arriver, elle a traversé, elle ne s’en remettra pas, aucune alerte sur vos instruments connectés. Attention, votre coeur atteint la fréquence maximale de sécurité, ralentissez. Pourtant vous gardez les yeux fixés sur le compteur des kilomètres, vous insistez. Hier vous avez couru plus vite, plus loin, plus fort, vos performances sont inscrites sur votre compte face book. Les nimbus s’arrondissent à l’horizon moelleux, la vague s’est creusée et clapote entre les rochers, ouf, vous avez failli m’écraser, heureusement il y a la haie, je m’y suis abritée avec les papillons, les abeilles et les frelons, les moucherons, les guêpes et toutes ces espèces dont je ne suis qu’une variété.
🧚🏿
Maddy Micheau
🧚🏽‍♀️

L’oubli fané

⚪️

Les souvenirs sont d’eau de source

Et la courbe du temps murmure

En se donnant à un froissement

Elle berce les rus de son histoire

⚪️

La vigne pend, les oiseaux chantent

Le monde est lent comme l’aumône

Il est quelques douces rivières

Qui se meurent de la mer

⚪️

Tous les sédiments s’abandonnent

Entre les doigts des âmes vives

Et qu’on n’y condamne personne

Le ciel n’y oublie pas le bleu.

⚪️

. Caroline D.

Les promeneurs

Les promeneurs

Un chemin d’ombre où les feuilles frémissent.
Sans doute l’hélice du vent.
Voilà Médor arrive.
Épris d’une folie cavalière,
Il se grise, ironise au moindre bout de bois.
Des oiseaux aux abois s’interrogent
Vite se volatilisent.

🪶Mirliton🪶

La grande bleue

La grande bleue

……………..
Désert des eaux boréales où dérive une flottille.
Une femme d’un bleu d’aurore s’allume dans le noir.
Elle se grise d’éclairs , se baigne de néons
& se dévoile nue encore caméléon.
…………..
Quand l’aube éteint sa pâleur clandestine,
étendue sur le dos ,sans force, elle chavire
Éprise, elle caresse l’onde du bout des lèvres
Avant d’aller mouiller au fond de l’océan.
……………..
Mirliton
…………

Au tournant de l’aurore

De la vague calcaire,
et de loin, de très loin
jaillit l’âme de l’aube.
Mais qu’on y change de cap,
s’écria le marin,
je la vois qui me parle.
Il la vit qui peut-être
l’implorait du regard.
Ou ce n’était que sa manière
de lui chanter le monde..
🌑
………………………caroline D…………………..
..

La petite étonnée


La petite étonnée

n’en revient pas de tout

-de l’épaisseur de l’air-d’un bruit dans l’atmosphère -un coup sec de tonnerre ?-de la pluie tout autour-d’éclairer le velours- de lire des feuilles du chou- du sentier de guerre des fourmis – du hibou qu’est fou – d’un charmant Tourlourou

& sous un arbre rêve qu’elle est peut être sans cesse endormie en princesse.
⚪️
Mirliton
🌑
Et dire que tout ce temps
j’y tournaillais mon bois de rose, dit-elle
à chercher son visage par-dessus mon épaule
et dire que tout ce temps
il se trouvait tout près
mon Pinocchio d’amour
tendre malgré l’embrasement
son parfum de fleur équivoque
entier dans la périphérie
des instants à aimer…
🍁
🌓caroline D.🌗
🌪


Loup y es tu?

« loup y es tu? »
⚪️
À l’orée de la forêt
Y’a tout l’temps un loup,
Dès le moindre arbre caché
Y’a une entourloupe!
Qui trick, qui crac la chaumière
V’là la petite aux abois.
Pas l’temps dire ouf!
L’innocente interloque.
⚪️

Pourtant, les chaperons,
C’est gourmand,c’est charmant
Quand ils mordent à l’hameçon,
Çà s’dit:
« Voyons voir où qu’y
Vivent & piquent les colégram,
l’univers où se trame
le plus drôle de la fable.»
⚪️
Sans compter que ça m’a
un arrière goût de drame,
Dans le noir de la nuit,
la chair est faible, hélas!
⚪️
Mirliton
🐺
Lou, Lou, que fais-tu?
🌔

Qui se cache derrière Lou
quand Lou ne cherche rien
ni soir ni ciel ni gare au loup
ni trace de vaurien…
⚪️
Apportez-moi de quoi
faire briller mes diamants
je vous donnerai de quoi
y arroser le temps

⚪️
Au fond, l’effroi vous traque
jusqu’à la sépulture
les vieux matins patraques
la tête dans vos murs
⚪️
N’y voyez pas le pire
le plaisir est sans roi
cueillez-y mon sourire
multiplié par trois

⚪️
… et petit chat retrousse
bain d’orée, bain de mousse.
⚪️
🐺caroline D.🐺

Légende des pôles

La ballade des pôles
⚪️
L’aimant à beau faire,
l’attraction des flots
courbe l’élan des mots.
Un phare micro onde
navigue dans l’espoir,
caresse ton ombre.
🌬
Est-ce toi,l’esquif?
Qui prend l’air d’attendre,
d’entendre & d’ouvrir la voix?
Toi,l’exquise sirène qui chante,
qui prend la pose & se noie?
🌬💨
Si tu peux surprendre
un son doux d’guingois,
un corps qui s’échine
à tendre les lèvres.
Comment suivre ton rêve
d’une piste d’éther
au cirque clandestin?
🌬💨🌊
La belle sans appel
Saute, par delà l’irréel
Trouve le chemin étrange
t’attire en son secret miroir
tendu d’une peau d’chagrin.
🌬💨🌊🤸🏿
Mirliton

🌑


Au nord ou bien au sud,
à l’est et même à l’ouest,
d’autres belles se demandent :
Est-ce triste à ce point
qu’on doive cesser de rire?
Ou est-ce comme la fleur
à travers les saisons,
l’oiseau dessus l’épaule
qui nous souffle raison :
sous un ciel barbouillé,
autant que le jour reste,
parole d’empaillé,
vous trouverez chanson.
💎
⚪️caroline D.🌑

Retour de toupie

retour de toupie
*
Pas de deux, seule, l’entrechat
le clandestin rit sous cape
Pointez,lancez,l’épate quoi!
elle se lasse du tourniquet
d’être muse à corps perdu &
retourne au miroir s’y mirer.
Lala,lui,se tourne: « Tu rimais?»
*
Mirliton
*
Elle revient, en repart
comme si la danse et
les dos qui se tournent
faisaient la tête qui se détourne
et les yeux qui se ferment.
Lala, elle, se tourne: « Tu m’aimais »?

*
Caroline D.
*

Bzz…bzz…bzz

Bzz…bzz…bzz

~
Lestes, comme elles butinent
Presqu’utiles au matin.
~
Une bande de mandolines
se mêlent du refrain.
Des fleurs aux étamines,
Au chantier des pétales
Elles se sentent parfum.
~
Jusqu’à en être ivres,
Le pétard en nectar,
Revient vite alors
le tournis du retour
Au dédale du chemin.
~
Rentrez pas trop tard!
La reine indigne s’inquiète.
~
°} Mirliton {°
~
tournis, tu dis
pareil il faut rouler
bouger
sur le jour et la nuit
les interprétations qui fusent
à en rire encore et encore
comme si l’hiver jamais
cherchait son chemin
*
{ caroline D.}
¥

Découpes & couleurs

L’ombre s’achemine

Les découpes en sont jetées

D’une matière grise

Le noir tire les éléments.

~

« En grande conversation « ~ coloriage~ j’yb~2020

~

Et j’y saurai le monde

Comme elles l’auront su

Dans la vérité pure

Et le mensonge vif

Le vert, le bleu, le rouge

Olive royale et prune

Tout sera vrai et faux

Mais je serai vivante.

~

Caroline D.

~

Autoportrait

Le mirliton

~

Le poète s’enflamme

Y’fait feu de tout bois

Boit, dérive, s’extase

Juste encore un doigt!

~

La poésie hésite

S’arrime à un son chaud

Sa voix clame & pensa

« l’enclume, chant du marteau!»

~

Le papier a la griffe

L’encre est enfin jetée

Le stylo bave, écume

des meilleurs bouts rimés.

~

L’oiseau qui passe hélas

dit en alexandrin:

« Sous couvert de bons mots,

Mirliton n’est qu’une plume! »

~

Morale

~

Moi , je pense que l’gominé

Genre canard laqué

N’est pas le mieux placé

Pour être un plumassier.

~

Non mais!

Mirliton

~

Il danse des oiseaux

sur ses ciels de papier

mais son dos se fait rond

et sa mine chagrin

~

« Encore la même chanson »

dit l’homme diligent

« le jour pousse chez moi

son camaïeu de rose.»

~

Et sur autant de pieds,

la muse qui entonne :

« Vous m’êtes enlevant,

de pinceau comme de vers. »

~

Morale

Chacun son ciel

Huit pieds ou pas

Le temps y fait

bien mieux que soi.

~

Merci Mirliton!

~

Caroline D.

Chaperon

Le chaperon

~

Le vois-tu ce Filou Velu

Foula-t-il le talus à mains nues?

Gambadant à bride abattue

Sous les bois il s’est dissout

Malin plaisir caché sous la cendre

Reprends ton souffle, expire,

L’empire du conte respire.

Toi, tu t’époumones à tue-tête

T’épouvantes, te lamentes déçue

Réduite à l’amande perdue.

~

Mirliton

~

Mambila

~

~

Et la cendre, et le souffle, et l’amande.

Tu chantes à bois perdu

et dans la minute qui suit,

te voilà gambadant où le plaisir entend.

Surtout restes-y nue,

tous les filous s’y trompent.

~

Caroline D.

~

L’île noire

L’île noire

~

Circonvolutions de rivages

Nuit de ciel chargée de toiles

sable noir : l’éruption de lave

Tout autour,

La mer comme blanche et bleue, corail.

(En hommage à Présence Panchounette)

~

& les oiseaux qui tournent et planent

Rêvent au large de nuages.

Ils approchent des côtes

Se posent & nichent près des feuillages.

(art involontaire breton)

~

Grondeur, tapi dans l’ombre

Défend son équipage.

Empêcheur d’oiseaux ,

De ceux qui

volent les fruits du cabotage.

~

Mirliton