Copieur!

Photographié
Par dessus l’épaule
~
Page blanche
pointe fine
~
En traits
Une mine noire gratte en lacet
Entrainé au passage des nuages
La figure s’imagine lui ressembler
La main gauche sculpte le virage
Le papier freine le dérapé
Un drapé doux de visage
N’est pas un front fripé.
~
Mirliton
~
*
On copie qui
On copie quoi
Et la trace
Monte, monte
Les yeux fermés
Tu l’y trouveras
Mine, mine
Cherche, cherche
Ce qui s’y trouve déjà
~
Caroline D.
~
*

Divaguer

(Peinture sur bois-2020)
*
Divaguer
~
Arrondir les anges
~
Tourterelles sans aile
~
Les pictes s’expliquent
~
le tournis Coriolis
~
En volant d’hélice
Hélas entre en lice
La malice élastique
d’un saut en précipice
~
Mirliton
~
*
~
Vas-y, j’te vois,
Nage jusqu’au coucher de lune
Le ciel dans son allant
Sera partant de nous
Et le jour, joli fou
N’y verra que du temps
Alors vas-y, vers ça
Vases communicants
Le jour versera
Mille champs en pignons
Près de nids bien rondelles
En bordure de l’étang
Où la grande diva
Embrasée sur le bois
Qu’elle soit gation ou pas
Y est encore si belle…
~
Caroline D.
~
*

Procuration

~
Maintenant que la porte est close
Restons assise à la fenêtre
Quand l’ombre des nuages passe en coton
de noirs oiseaux tracent les liens au dessus des maisons.
Un moelleux de mousse vert sombre
colle aux pattes, à l’ardoise
Immobile, je les suis dans les airs, je voyage.
~
Mirliton
~
Un banc comme une crête
au milieu de la mer.
D’où l’on voit la galère et
le tous azimuts.
Pas besoin de fracas,
la vague en fait déjà.
Là où le temps trouve maison,
le poème a mille saisons.
~
Caroline D.
~
*

Sirénade

~
La pêche n’est pas miraculeuse
Les filets se démêlent,demênent, même
À sortir toutes les sirénaïades
Poissons-chats, loups de mer,
Grondins de Napoléon, chaloupes
& bernique! V’là t’y pas une sirène d’alarme
Une femme-chat miaulant
toutes les grandes eaux d’son corps
Pleurs à peur
Sérénade : « j’veux plonger en ville d’Ys!»
~
Mirliton
~
Devant son doux gémissement
depuis son aurore rompue
dans un trou de l’eau et du temps,
des ruisseaux qui passaient par là
se sont glissés ‘travers la grille
pour y retendre l’aube tendre
et chanter clair au beau matin.
Et son long corps s’est retourné.
Et tout son ventre avec.
Cependant que céda l’effroi
et que s’ouvrirent mille fleurs
comme autant de bras et de coeurs.
Et le ciel y resta penché
sur l’orange des jours.
~
Caroline D.
~
*

Début

Mercredi 18 mars
…….

Dehors, l’activité s’endort
Le monde Occidental si frénétique
Oublie son avenir
& se carapate dans son donjon
Quand la ville assiégée par l’invincible minus
Ne sait plus que refermer ses portes.
……..
Nous nous sommes & restons attachés à notre port
& suivons aux fenêtres ouvertes le soleil qui se montre
Là bas la mer seule fait ses vagues
& les poissons , eux qui n’ont pas péchés
Sont sauvés et forniquent dans les eaux profondes.
……
J’yb en Mirliton
*
Silhouette/ première couleur
*

Tous ces lieux qu’on invente
comme autant de bateaux
amarrés dans le vide
À faire couler les heures
Naufrages – dans le jour à percer
le jour à fleur de coeur, oublié
et l’autre, dérobé
à fleur d’effroi
Et là, devant quelques hublots
en grands chevaux sur l’eau
toutes crinières au vent
l’attention et le geste
en mots et
silhouettes

Caroline *D

La fabrique des images

Portrait imaginaire
Peinture/bois •100/80•2020•j’yb
~
La fabrique des images
Reste ouverte
Quand le nez au vent des tempêtes,
Cloitrés dans nos cabines,
un fou de Bassan survole
La cabane qui grince des dents.

~
Gardez l’œil a l’écran
Que nos esprits voyagent
S’échappent,se retrouvant
ensemble toujours maintenant.
~
Nous n’y verrons pas d’histoire
Pas de défilés arrogants
Mais le silence des images
Où les souvenirs se puisent,
Où se dessinent les semblants.
~
Amical Mirliton
~
*
~
Qu’on m’y voie ou qu’on m’y voie pas,
je plonge dans ce bleu des yeux
Le monde appartient au soleil
et au clair d’un regard
Aux oiseaux sur les rochers blancs
qui font fi de nos fièvres
À ceux qui s’abandonnent au vent
Et au rose d’un ciel.
~
Caroline D.
~
*

Virevolte

Virevolte


~
Une révolution de ballet!
Rayonnante d’énergie,
Elle s’enivre & se grise.
Sous l’emprise des spirales,
Son vertige d’étoile la délasse.
~
En espadrilles, tu glisses,
Enroules
Un volant dérobant;
Dévoiles
le diamant des regards.
~
« Au hasard heureux de l’escarpolette ».
Dixit Fragonard
~
Mirliton
~
*
~
Ô mais l’aube…
Qu’on l’emmène elle aussi…
Les rêves coulent à flot
dessous les souliers plats.
Et regarde le temps
qui s’en donne à coeur vent…
Alors en balançoire, tout l’monde!
Et n’oublions pas l’aube
pour y semer le jour!
On n’a jamais assez de jour…
Ni de nuit, d’ailleurs…
~
Caroline D.
~
*

Jouet

~
Plastique irréprochable,
Dans le bain,
J’fais l’halluciné
La pente est savonneuse
(pas m’mettre d’la mousse aux yeux)
~
& puis, quoi, jamais j’coule,
Je le suis même plutôt.
Pluto, c’est un ami
Qui galère sous l’lit
Que j’retrouve la nuit
& qui tient bien au chaud.
~
*
Mirliton!
*
~
Et moi j’te suis…
Non mais t’y penses
Dessous l’vrai ciel
Y a d’autres comme moi
Qui s’la coulent douce
Sur des eaux claires
Des lacs tranquilles
Loin de la ville
Et moi dans c’bain
L’halluciné
J’ai d’la mousse jusque
Dans mon nez…
*
~
*
Caroline D.
~

Mines de plomb

Gris ,gris…La mine courbe l’allusion.
~
La peau de pèche?…Un velours de crayon.
~
Figures de bain,…Perspective de corps.
~
Mirliton
~
À force de les taire
ou à force d’éther, les
mots qui se déterrent,
les mines qui s’animent.
Les traits gris qui se grivifient,
c’est la lumière qui s’en échappe.
C’est vivifiant, chuchote l’une,
tellement grisant, lui répond l’autre,
y a vraiment qu’à se laisser faire,
leur chante la troisième.
Ainsi leurs courbes s’offrent
entières
à l’errance de la main
agrippeuse de bois
de bois
enveloppeur de plomb
pendant que tout un chacun
et chacune
se rêve
éperdu comme libre

Caroline D.
~
~

Notes nocturnes

Découpes de fugitives
facilement lointaines.
grimée d’ombres
Passe une souris.
nuages épais
La lune cachée sombre
dévorée de caresses
Comme tu l’aimes.
Tapi sous les fougères
L’œil en bille de lumière
Enveloppé de peurs
Couve la nuit.

Mirliton
~
Qu’elle s’y love et s’y noie,
penchée sur le faiseur de nuits
et l’orbe caché des couleurs.
Bien sûr, et pourquoi pas.
C’est toujours si bon et vivant.
Le corbeau et le daim. Le lapin et le chat.
Et là que la taupe s’en mêle.
Autant de beaux minois.
Non mais vraiment, pourquoi pas.
Ainsi. Voilà.
Vois là, qui s’y love et s’y noie.
~
Caroline D.
~
~

L’éclat

~
Le vent soulève la jupe
sous la voute d’étoiles
La toison brille d’étincelles.
Demi-ciel de saison!
Je te vois Lactée,
Emportée,isolée
Constellée
La nuit à l’abandon.
Prisonnier de sa toile
De l’écrin de charbon
brille la pointe de l’étoile,
Comme un enfant nu, rosé,
Qui se plaint sur la dalle,
Larmes oubliées de l’espace.
~
Mirliton
~

Et toison, ô tendresse
Toi qui encore l’obsèdes
N’y viens pas sans le vent surtout

Le jour a besoin d’air
Et d’or d’horizon

Le regard est géant
Jusqu’au sureau céleste
Pour autant de fruits
À y prendre

Caroline D.

Icare

Icare s´y prépare, se colle,

S’habille en noir de plumes

Semblant l’oiseau qui vole

& prendre l’air déjà

d’un rêve d’aventure.

~

Mirliton

~

Et même si à genoux

au seuil de son regard

un autre lui redit tout ce qu’il sait déjà,

la vie reste la vraie joueuse

et elle enflamme son rouge pion.

~

Caroline D.

~

Carnet : Destins

Être alerte.À l’arme.La larme vacille.Trop docile.Certes,elle,habile,se déshabille.c’est l’abîme. Le pli est pris.la piscine couverte.

& y plongeons.et ta bouée? T’es pas gonflée. Tu vas couler.

Être amer.À rames. La barque coquille.Trop oscille.Soudain,elle s’abîme, s’échoue. C’est l’abysse. Le repli,la dérive. La panique assurée .

& y cherchons la bouée.la brasse agitée et pas couler.

Dessins & couleurs j’yb 2020

~

Et son abîme qui s’excite

à la vue du charbon

Le pli est clair

la coulée franche

Elle y lit l’endroit de papier

docile, certes, mais habile

la volée entrouverte

comme autant d’âmes au bord de l’eau

rêvant devant l’oiseau.

~

Caroline D.

~

Bleu Vénus

~

L’atmosphère féerique de l’oxyde de cobalt.

Lèvres pourpres, pulpes sanguines.

Nus bleus propre au trouble d’une planète.

Quant au sol,il résonne en lapis-lazuli.

Nous irons & rirons en éclats de zircon.

~

Mirliton

~

« Le jour du bleu Vénus,

le vent fut binaire.

Et les corps, fidèles,

thermiques et métalliques,

se donnèrent à la lettre.

Mais librement toujours.

Sans ad litteram. »

~

Caroline D.

~

Autoportrait

Le mirliton

~

Le poète s’enflamme

Y’fait feu de tout bois

Boit, dérive, s’extase

Juste encore un doigt!

~

La poésie hésite

S’arrime à un son chaud

Sa voix clame & pensa

« l’enclume, chant du marteau!»

~

Le papier a la griffe

L’encre est enfin jetée

Le stylo bave, écume

des meilleurs bouts rimés.

~

L’oiseau qui passe hélas

dit en alexandrin:

« Sous couvert de bons mots,

Mirliton n’est qu’une plume! »

~

Morale

~

Moi , je pense que l’gominé

Genre canard laqué

N’est pas le mieux placé

Pour être un plumassier.

~

Non mais!

Mirliton

~

Il danse des oiseaux

sur ses ciels de papier

mais son dos se fait rond

et sa mine chagrin

~

« Encore la même chanson »

dit l’homme diligent

« le jour pousse chez moi

son camaïeu de rose.»

~

Et sur autant de pieds,

la muse qui entonne :

« Vous m’êtes enlevant,

de pinceau comme de vers. »

~

Morale

Chacun son ciel

Huit pieds ou pas

Le temps y fait

bien mieux que soi.

~

Merci Mirliton!

~

Caroline D.