Le répit

Le répit

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Peinture sur toile 2019/ j’ybeaujean

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Entre eux,

La caresse prend l’accent d’un répit.

Ils ronronnent sous la langue,

Se lèchent des blessures

& le temps d’un repli,

Ils se redonnent la force

D’affronter dans la course

Les morsures des ronces,

La griffe des épines.

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Mirliton

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Quand leurs couleurs se mêlent

d’entre la chair et l’âme,

le ciel s’ouvre à nouveau.

Tout redevient possible.

Les baisers trouvent l’oeil

comme des gouttes d’eau,

des ondées salvatrices.

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Caroline D.

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Gris neige

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Un renard et un cerf aux abords

de l’hiver ?

Sur un gris de métal, un bleu

à fendre l’air.

Patiences et passions humaines et

animales ~ et que d’heures embellies

par un parfum de neige.

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Caroline D.

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Chasseresse

Persistance du cerf mort dans ma rétine

Renard fourbe de l’hiver.

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Barbarasoleil

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Les visages de la nuit

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Dans le noir du sommeil

Pareil à des toiles,

Les figures de la nuit

S’entremêlent

Et dansent sans mot dire.

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Elles entrelacent,

Attirent loin des rivages

& Cherchent dans un naufrage

À noyer en nuages

Les songes

en un rire de défi.

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Mirliton

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Et sur l’enfant rêveur,

la caresse tendresse.

Habituée des naufrages

et des rivages gris,

elle penche son regard

d’entre les flancs du ciel,

du ventre de la nuit.

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Caroline D.

Entre deux eaux

1

Le regard loin des vagues, au creux du brouillard bleu.

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2

Je te le dis tout bas, elle s’enfuira sous l’eau.

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3

En état d’apesanteur sous-marine.

La mine noire sous un silence d’image.

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4

Au fond, règne les épaves, un vent d’algues la frôle.

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Mirliton

Tout bas aussi : il n’y aura pas d’histoire vaine.

La sienne s’emparera d’un grand ciel rose et clair, à travers la surface.

Et on verra tourner le vent sur un souffle de temps.

Caroline D.

La grande barbouilleuse

La grande barbouilleuse qu’est l’imagination superpose ainsi au monde primaire de la vision, un monde secondaire de prestigieuses icônes qui ouvre à l’ostentation une carrière pour ainsi dire infinie » Jankélévitch

Nez au vent

près des vagues

Un bruit de coquillages

L’air emporte les nuages,

Chasse un ciel d’images.

Après un bain, attendre

Je devine qu’elle frissonne

Encore humide, elle sèche,

& ouvre les doigts en peigne,

& lisse & aplatit

Enroule en boucles tendres

Sa fourrure en roulis.

Mirliton

De dos

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1

D’un trait

Tu plies tes plumes,

Écrases les mines

Ah! Rage de déraper.

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2

& bain, couler

Dans les couloirs

À déborder de couleurs

un peu trop foncées.

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3

Enfin seule su’ l’papier,

À grimer les sommets,

Les sonnets à grimaces

À affoler la déesse à fanes.

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Mirliton

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Clochette

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L’enchanteuse met ses dessous fanés.

D’une mélopée elle tire la larme,

Crisse le gravier, raye le clavier.

Ses dents vibrent à fond le gosier.

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Quand l’élégante s’égosille,

Sans ciller, sans rechigner,

Elle ouvre ses lèvres & lisse

Son rose tendre secret.

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Mirliton

L’apparition

L’apparition

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Tididili c’est ça,

Affable, tu berces ton voyage,

racontes en images,

Découpes l’encre, la bois.

Une scène où grouillent des mirages

Sombres tamis chinois.

Si c’est pas ça

C’est quoi?

~

Tididili c’est ça,

Ajoute, un air de bois,

Sombre, noir nocturne,

Ça & là des perce-lumières,

Des pas d’ombres.

Le silence rare d’oiseaux,

& un vol aux éclats.

Si c’est pas ça

C’est quoi?

~

Mirliton