L’éclat

~
Le vent soulève la jupe
sous la voute d’étoiles
La toison brille d’étincelles.
Demi-ciel de saison!
Je te vois Lactée,
Emportée,isolée
Constellée
La nuit à l’abandon.
Prisonnier de sa toile
De l’écrin de charbon
brille la pointe de l’étoile,
Comme un enfant nu, rosé,
Qui se plaint sur la dalle,
Larmes oubliées de l’espace.
~
Mirliton
~

Et toison, ô tendresse
Toi qui encore l’obsèdes
N’y viens pas sans le vent surtout

Le jour a besoin d’air
Et d’or d’horizon

Le regard est géant
Jusqu’au sureau céleste
Pour autant de fruits
À y prendre

Caroline D.

Icare

Icare s´y prépare, se colle,

S’habille en noir de plumes

Semblant l’oiseau qui vole

& prendre l’air déjà

d’un rêve d’aventure.

~

Mirliton

~

Et même si à genoux

au seuil de son regard

un autre lui redit tout ce qu’il sait déjà,

la vie reste la vraie joueuse

et elle enflamme son rouge pion.

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Caroline D.

~

Tomber des nues

Tomber des nues

~

Sans caricature,

Le mouvement déployé,

Chacune d’ailes s’étire

Le corps articulé

En un langage de gestes

Déforme l’espace d’un instant

Un lit de sable ou d’herbes

Où s’étire l’allusive.

~

Mirliton

~

En mer rouge ou bleue,

à bras ouverts.

Sous un ciel blanc ou gris,

d’emblée dansante sans y perdre

dans l’ocre des jours et des nuits.

Son corps éperdu de renaître,

à chaque instant,

pour toujours à vents d’éphémères.

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Caroline D.

~

Traits

L’intraitable

Intrépide Escalade

La nuit, la grande ourse

s’illumine de neige.

Statique, elle plonge

son regard à l’horizontale.

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j’Y’b en Mirliton

~

Depuis les balcons de l’âme,

elle guette l’animal.

Puis elle poursuit sa danse.

Sur des états de neige,

des mouvements de novembre.

~

Caroline D.

Les visages de la nuit

~

Dans le noir du sommeil

Pareil à des toiles,

Les figures de la nuit

S’entremêlent

Et dansent sans mot dire.

~

Elles entrelacent,

Attirent loin des rivages

& Cherchent dans un naufrage

À noyer en nuages

Les songes

en un rire de défi.

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Mirliton

~

Et sur l’enfant rêveur,

la caresse tendresse.

Habituée des naufrages

et des rivages gris,

elle penche son regard

d’entre les flancs du ciel,

du ventre de la nuit.

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Caroline D.

Prince dormant

~

Autour des lampes

Dansent et grillent, en transe,

Les fines mouches.

~

La nuit rend volubile sous une voute d’étoiles

& le jour trop réel, elle l’oublie en dormant.

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~

~

La voilà repartie dans ses rêves

Poursuivant le jeu des idylles

Au secret des passages chimériques

Où tout est faux-semblant.

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Un soupçon de prince dans l’air ambiant

& déjà palpite à ses lèvres comme un tremblement.

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~

~

Un murmure: « impossible !», un serment,

Armant une larme, humide,

Elle s’étire en remuant.

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Mirliton

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Champlevé (bal)

Que veux-tu?

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Deux

une vision décalée,

Double, de l’épaisseur d’une vitre

Les frontières translucides de l’emprise

La succession d’empreintes.

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Mille

Le temps dilaté,

L’oubli d’usages empiriques

Les mines contraintes grimacent

Courbées d’estime ou de suppliques.

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Dix

Aigu et rond,

Disque d’acier impressionné

De graves sillons expriment

De vagues regrets pour l’arrogante bile.

~

Huit

Juste éclos

Répète en boucle, bouche en bec

Aveugle, l’affamé oisillon pleure

L’espoir d’être encore en lice.

~

Mirliton