Conte à dormir debout

L’enlèvement
*
Une bergère tournicote
sans souci,saute mouton.
Pas d’MiLoup dans l’buisson?
Danse cigale agile,
l’air éclaire ton jupon.
*
*
Un ours arrive à jeun (?)
L’énergumène l’enlève.
Pas d’Zorro en faction ?
La fille s’égosille,
La Peluche s’carapate.
*
*
Un prince vraiment charmant
Imbu de sa personne
Pas trop clair de l’oreille
La prend pour un écho
& tout de go répond:
*
« oH Hé, oH Hé …Hé oH ! »
*
🌬💨mirliton
*

Mémoire de femme grenouille

Mémoire de femme grenouille
*
Pensant qu’un souvenir puisse devenir commun,
sa mémoire doit alors devenir incertaine.
*
Elle devine que refaire l’image suffisante
doit surgir en quelques traits.
*
Est-elle à la fois brune & blonde ?
Elle gronde, la couleur la dépasse.
La nuit des formes rappelle sa présence.
*
Les appâts, que veux tu,
les sirènes les tendent aux poissons.
*
°} mirliton {°
*
Écho d’hirondelle

Qu’on y fasse, dit la belle,
autant que le ciel en demande.
Petites oreilles et petit nez,
corps d’anguille en robe de Krou,

mais la grenouille ne saurait faire
sans un Picasso dans son cou.
Elle va vers un coteau de sable…
ou est-ce une patte tendue?

Enfin, enfin.
Si le grognon s’y tord à voir,
le grège l’a bel entouré.
*
🌬Caroline D.

Portrait imaginaire 3

Peintures sur bois -100/80 – j’y beaujean – 2020
*
Combien tombera-t-il
de jade et de corbeaux
où le corps in situ
y prend l’âme d’assaut?
Pour autant qu’il se rive
à la vie toute entière
et coule de feuilles tendres
et de brûlures vives,
c’est la peine parente
sur l’envol du matin,
l’abandon tout de bleu
dans l’espoir à s’y faire.
Il y eut la main chercheuse
qui allongeait les doigts.
Depuis la peau qui ose
l’ambrosiaque overdose.

°} caroline D {°

Au hublot

au hublot
~
Le voyage de vagues
de mousses en lessives
Nous entraine au hublot
L’univers sous-marin
d’un tortillard kaléidoscopique.
~
Y baigne une culotte
Passagère oubliée
Motifs des tropiques
Rayures d’azimut
Élégant de toilette
~
Mais aussi un
Simple mouchoir pleurant
L’au revoir des départs
Le moteur essorant
L’esseulée
& son nez en trompette.
~
°} mirliton {°
~

Ballotin de l’Aricover (Aventure)

*
à l’ombre d’une douce amère,
Plongée sur son passé,
L’amande pistachère.
*
*
Le chat noir s’acharne,
S’agace à perdre la boule
Où? Là, dessous la moustache.
*
*
Y’s’balance en bleu de chauffe.
L’isolé brûle d’aller
seul, au foyer du naufrage.
*
°} Mirliton {
*
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, qu’elle lui dit
avec moi et le chat
On s’ fera une histoire
une belle histoire à trois
où y aura des cosses et des graines
bien longues et bien pleines
des graines et des cosses
loin loin de Carabosse
Chauffe, chauffe, je veux bien
mais viens, L’isolé, viens là-bas
autour d’un feu de bois
y aura que toi et moi
toi et moi et le chat

Caroline D.
🧶

Un chemin tracé d’ocre

Un chemin tracé d’ocre.
~
Autour, la florescence,
en courbes, en oriflammes
qui naviguent au vent
avec un bruit très lent.
~
De grandes feuilles déployées
s’échappent à mes côtés;
je les frôle, elles me guident
& balancent un moment.
~
°} mirliton {°
~
(Peinture sur bois 100×80)
j’Y.b
~
& mon coeur qui se mêle
à la danse des jours,
pieds nus dessus l’argile
à y toucher l’amour.
*
& mon corps qui se prend
aux nervures de tout
issues de matière d’âme,
de poussières de nous.
~
🌬caroline D
^

Du lait!

Débit de lait
*
Dans ma rue, y a deux boutiques
Dans l’une on vend de l’eau dans l’autre on vend du lait
La première n’est pas sympathique
Mais la seconde en revanche où l’on vend du lait l’est
Et c’est pour ça que tous les passants
La montrent du doigt en disant
Ah qu’il est beau le débit de lait
Ah qu’il est laid le débit de l’eau
Débit de lait si beau débit de l’eau si laid
S’il est un débit beau c’est bien le beau débit de lait

Charles Trenet
Paroles, Francis Blanche, Musique, Charles Trenet, 1943. Republié chez Abeille Musique en 2005 sur l’album « Le concert de la Varenne 1954 »
*

Certaines résolutions

Certaines Résolutions
~
Brûler de désir
la langue du poète
Juste pour enflammer ses lèvres.
~
Fausset
~
L’après midi sans voix,
dire les mots qui déclenchent
une vague d’avalanche.
~
Y’aller piano
~
Caresser l’idée
de pianoter en dos
les aigus des vertèbres.
~
Saxo
~
Sourire aux lèvres,
suivre in extenso
la courbe d’une hanche.
~
Batterie
~
Baisser les yeux,
à la croisée des jambes
sans cesse trépigner.
~
Au cœur du rebond
°} Mirliton {°
!
Peintures sur bois 100×80
j’Y bEaujEan -avril 2020
!
Échos lointains
*
À s’inventer de dos
contre un beau bois de lune.
*
Long contralto de veille
*
Une ligne de désir
insinuée sur le sable.
*
Une note de mer
*
Un printemps exigu
sur une portée claire.
*
Aucun bémol à l’horizon
#
[caroline D.]
!

Bzz…bzz…bzz

Bzz…bzz…bzz

~
Lestes, comme elles butinent
Presqu’utiles au matin.
~
Une bande de mandolines
se mêlent du refrain.
Des fleurs aux étamines,
Au chantier des pétales
Elles se sentent parfum.
~
Jusqu’à en être ivres,
Le pétard en nectar,
Revient vite alors
le tournis du retour
Au dédale du chemin.
~
Rentrez pas trop tard!
La reine indigne s’inquiète.
~
°} Mirliton {°
~
tournis, tu dis
pareil il faut rouler
bouger
sur le jour et la nuit
les interprétations qui fusent
à en rire encore et encore
comme si l’hiver jamais
cherchait son chemin
*
{ caroline D.}
¥

L’écho

Écho

Matin Seule,
La réponse de l’écho
flottant, lointain,
Tournée vers la vallée
Vertige,l’ illusion parfaite
D’une impossible présence
Même un coyote scorpion
hésite à s’abreuver
L’instant reste en suspens
Déjà le son s’efface.
*•*
}mirliton{
*
rien qui ne soit ridicule
sauf le ridicule
le poème s’efface en écho
c’est quand même tactile
le printemps qui revient
le vertige dehors
elle rentre et ressort…
~
<caroline D.>
!

Songeur

Songeur
Peinture sur bois 1/80 j’yb 2020
~
Plongé dans ses pensées
Il oublie l’instant.

L’ombre grise
s’est mise
à suspendre le temps.

Les souvenirs reviennent,
défilent au ralenti
Trop plein de sentiments.
~
°} mirliton {°
~
Tout autrement assis
mais comme d’habitude,
des pensées qui se suivent
comme un courant tracé
sans jamais y penser.
Tout aussi bien le ciel,
tout aussi bien le temps.
Aussi bien le tranquille
sur la pierre donnée.
~
[caroline D.]
*

Les danseuses du sillon

Les danseuses du sillon

~
Les drôlesses s’égaillaient dans la nature,
pareilles à des oiseaux, à même le sillon,
arrachant d’une soif irrépressible
les mauvaises herbes, les chardons.
Une glaise collante que l’on malaxe
sous les pieds en faisait un plaisir attachant.
~
La confession du soir à la badine
ne permettait pas toujours de tout dire.
Sous la capuche, elles durent rire,
mais à la réflexion, prises de remords
comme soumises à un désir solitaire,
elles se forçaient à se tordre les mains.
~
}L’ancien Mirliton{
~
Le goudron avec ça.
Les confessions qu’on tait,
trop gluantes qu’elles seraient
pour les oreilles tendres.
Or si l’on doit tant s’y taire,
aussi bien s’égayer, disent-elles.
Bien enfoncer les pieds,
et le corps s’il y tient,
dans le matin venant.
~
°caroline D.°

Au balcon

~

&

leste elle s’offrait

à toutes les surfaces

aux rêches comme aux tendres

et au bois comme à l’air

Tandis qu’elle faisait courbe

dans ses couleurs de jour

tandis qu’elle faisait danse

dans ses couleurs d’amour.

~

Caroline D.

~

~

Haut perchoir

Le vertige, accrochée à la rampe

Tenir

l’habit, l’enveloppe

décrivant l’extérieur d’une courbe

Figée dans l’impatience.

~

Approchez!

Dehors, elle prend un air ambiant.

La retient de pleurer

Renifle

Tourmente le silence

d’un regard qui plonge.

~

°} mirliton {°