Veilleuses

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Photo Jack Ouessant

Au début du XVII° siècle, Michel Le Nobletz, natif de Plouguerneau,  » vit des pratiques étranges: on adorait à genoux la nouvelle lune; le jour de l’an, on offrait du pain beurré aux fontaines publiques; à la Saint Jean, on disposait autour du feu rituel des pierres plates pour que les morts vinssent s’asseoir; des femmes menaçaient les saints et fouettaient leurs statues quand ils ne leur ramenaient pas assez vite les hommes partis en mer. »

Face au couchant, Brest, la côte et les iles, Auguste Dupouy 1934

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Dehors

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Photo Catherine à Tokyo 2014

Une nuit, sans vent,
Immobile,
Que les arbres illuminent
De bouquets de neige.

風がないと見えてもかなり吹雪いていた。その翌週も大雪。写真の左の椿「太郎冠者」は雪の重みで折れそうなった。庭の主人たちはびっくりして不吉な前兆に思ったが、雪を下しやったら椿がたったので、不吉は吉に変わった。

Vertiges du nouvel an

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Marie à Mexico 1janvier 2014

La fête électrique de la nuit,
En une guerre d’étoiles agitent les enfants,
Le rire aux visages, un instant, éclairés,
Ne veulent plus dormir, restent le nez en l’air,
Transpirant, la sueur collée à l’odeur de poudre.
Une peur d’éclats se dérobe sous les pas,
Prudence,on roule déjà sur de vagues bouteilles,
Comme au flot des boissons, tu veux noyer ta peine.
Mouiller, sentir la chaleur te couler dans les veines,
& laisser le vertige passer le nouvel an.

Deep Cove (Vancouver)

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En face, comme un nuage posé, là bas,
L’autre rive retient une brume lente.
& sous son vert pelage,
L’ile se détache, gardant son quant à soi.

In front, like a cloud that landed, there,
The other shore carries a slow mist.
And, under its green coat,
The island breaks away, keeping to itself.

Photo & traduction Jny

La croyante

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Sarcophage de Fayoum

Dans une contrée magique, le champs
Du Monastère nourrissait la prière.
Je crois, je vois le paradis du Chant
Aux portes de l’enfer et de la Terre.

C’est la beauté secrète de l’Orient
Prières et chants, arbres et lumière.
La Vierge attend le rire de l’Amant,
Dans le sillon, jette la graine amère.

Qu’ils sont heureux les reclus ! Ô Voyant
Gardien des lieux à la main tendue,
La Vierge lapidaire ensemençant
La terre dans la vallée suspendue.

Astre de soif où croît la vie pourtant,
Les corps, les âmes, graciles, austères,
Anges de l’Algérie vêtus de blanc,
Face aux tueurs noirs des Monastères.

Ô toges blanches, Faces éblouies
Par la bonté des hymnes ; mais la mort
Plane, aux mines d’orgueil, désunies,
Érugineuses, assoiffées d’or.

Aux portes de l’enfer, il y a l’homme.
Au fond du Monastère, il y a l’homme.
La Croyante en son pays redonne
Vie aux fruits de la Terre, toujours bonne.

Camille Aubaude