Peau >•< Aime

Fleur de peau >•< Aime la lyre

La poésie n’épouse les contours de rien

Elle épouse entièrement la pente ombrée du ravin

Le goulet de la nuit qui s’incurve sur ses reins

Et si elle crie c’est du froid que laisse l’absence de tes mains

Parties rejoindre le premier envol d’oiseaux illimités

Au langage incertain et peuplé d’exils

La poésie est une émeute à huis clos L’ivraie indocile

Et écarlate d’un formidable chagrin

Qui meurt dans un lit de sel érigé en cimetière de mots

Où la chair éclate de la fleur rendue à la fleur

 

Barbara Auzou.

https://lireditelle.wordpress.com

Le ressort enroulé

1)

          Le ressort enroulé (fable)


Le commissaire d’exposition, le mécène éclairé et l’œuvre d’art


remontent comme un ressort, une mécanique culturelle bien huilée.


La spirale décisionnelle qui va nous amener à l’œuvre


est toujours le fruit d’une intense cooptation.


Avec force biscuits et pétillant, on en oublierait même l’objet,


pour lui préférer la joie de se retrouver dans un monde éclairé


& se prêter à la communion autour du jeu monopolisateur.


~

Déjà, le commissaire est là pour ( en) reprendre une ligne


Mille fois exposée et le mécène attend qu’on lui fasse de l’œil, du pied, 


Que l’on cite son extrême intérêt ; l’occasion est trop belle d’être ainsi choyé.


Tout ce p’tit monde, la fête terminée, un petit peu pompette, sortira ravi et 


bien amusé, rotant & se disant prêt à y retourner.


~

& l’œuvre, alors? oubliée sur le coté, sur une table; elle est débarrassée, jetée ou balayée 


par un personnel d’entretien qui n’aura toujours pas la qualité 


pour entendre l’ironie de sa dure réalité à l’Œuvre ;


Elle qui n’en finit pas d’oser, doser provoquer 


et qu’ainsi mise à nu sans s’écarter, s’expose à tous les dangers.


~

Signé: l’œil du Mirliton


2)

En référence:
1 )dessin non terminé de Jean – Pierre Allain 2018
http://www.jean-pierre-allain.fr/
2) rêve de bronze de j’y Beaujean 2018
https://desertoccidental.wordpress.com

Renard dans le poulailler

Le renard dans le poulailler.

Bambous & cordages/ acrylique blanche sur un plastique noir

(Environ 6m x 4m) Paris – Grand Palais 1987

~

Jadis j’installais ce cerf volant suspendu en arrêt.

Sous l’immense coupole, j’aimais son air de papillon instable

……& la pagaille mise par le renard de l’histoire dans ce poulailler.

La rage est au renard & la fuite des poules pas assez volatile.

~

N’est il pas?

~

L’image (que je croyais) perdue refait surface.

Higelin

Pire que Pierrot dans sa nuit attique,

Vers Galilée à la lunette déployée,

L’étrange roulette historique

Grave Higelin au sillon électrique

sa voix lactée & le dirige

De l’ éphémère au phonétique.

Mirliton

Veilleuses

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Photo Jack Ouessant

Au début du XVII° siècle, Michel Le Nobletz, natif de Plouguerneau,  » vit des pratiques étranges: on adorait à genoux la nouvelle lune; le jour de l’an, on offrait du pain beurré aux fontaines publiques; à la Saint Jean, on disposait autour du feu rituel des pierres plates pour que les morts vinssent s’asseoir; des femmes menaçaient les saints et fouettaient leurs statues quand ils ne leur ramenaient pas assez vite les hommes partis en mer. »

Face au couchant, Brest, la côte et les iles, Auguste Dupouy 1934

Dehors

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Photo Catherine à Tokyo 2014

Une nuit, sans vent,
Immobile,
Que les arbres illuminent
De bouquets de neige.

風がないと見えてもかなり吹雪いていた。その翌週も大雪。写真の左の椿「太郎冠者」は雪の重みで折れそうなった。庭の主人たちはびっくりして不吉な前兆に思ったが、雪を下しやったら椿がたったので、不吉は吉に変わった。

Vertiges du nouvel an

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Marie à Mexico 1janvier 2014

La fête électrique de la nuit,
En une guerre d’étoiles agitent les enfants,
Le rire aux visages, un instant, éclairés,
Ne veulent plus dormir, restent le nez en l’air,
Transpirant, la sueur collée à l’odeur de poudre.
Une peur d’éclats se dérobe sous les pas,
Prudence,on roule déjà sur de vagues bouteilles,
Comme au flot des boissons, tu veux noyer ta peine.
Mouiller, sentir la chaleur te couler dans les veines,
& laisser le vertige passer le nouvel an.

Deep Cove (Vancouver)

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En face, comme un nuage posé, là bas,
L’autre rive retient une brume lente.
& sous son vert pelage,
L’ile se détache, gardant son quant à soi.

In front, like a cloud that landed, there,
The other shore carries a slow mist.
And, under its green coat,
The island breaks away, keeping to itself.

Photo & traduction Jny

La croyante

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Sarcophage de Fayoum

Dans une contrée magique, le champs
Du Monastère nourrissait la prière.
Je crois, je vois le paradis du Chant
Aux portes de l’enfer et de la Terre.

C’est la beauté secrète de l’Orient
Prières et chants, arbres et lumière.
La Vierge attend le rire de l’Amant,
Dans le sillon, jette la graine amère.

Qu’ils sont heureux les reclus ! Ô Voyant
Gardien des lieux à la main tendue,
La Vierge lapidaire ensemençant
La terre dans la vallée suspendue.

Astre de soif où croît la vie pourtant,
Les corps, les âmes, graciles, austères,
Anges de l’Algérie vêtus de blanc,
Face aux tueurs noirs des Monastères.

Ô toges blanches, Faces éblouies
Par la bonté des hymnes ; mais la mort
Plane, aux mines d’orgueil, désunies,
Érugineuses, assoiffées d’or.

Aux portes de l’enfer, il y a l’homme.
Au fond du Monastère, il y a l’homme.
La Croyante en son pays redonne
Vie aux fruits de la Terre, toujours bonne.

Camille Aubaude

Tanguer à Venise

La lagune immobile où passe l’embarcation,
Frétillante d’amour, fait bouger les maquereaux,
& la voix éraillée d’un pizzaiolo (défroqué)
Qui rythme à la barre les clapots.

Quand au meilleur passage,
le doux chant,en ut, des poissons, s’élève du caisson
Ça plonge le marin saumâtre dans le soupçon?

Vol de Jack , paroles du Mirliton

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