L’armée des Ombres & son Général

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Par dessus les toits,
ne vois-tu pas en sillons rangées,
ces têtes émergées
aux regards crénelés ?
Gangrénée par la mousse ondulée,
l’Armée des Ombres attend l’Hiver, annoncé.
Bientôt, d’un même souffle cendré,
elle découpera le ciel à la lueur étoilée….
Déjà, le général exulte !

Rouge des Prés

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Loup y’es-tu?


Dans le noir, la cachette où tu trembles,
Ne pas trop s’enfoncer dans le bois quand les feuilles bougent.

À p’tits pas, surtout ne pas craquer les branches.


& toi, tu t’arrêtes à attendre,

mais d’autres oreilles en pointes

Sont là dans un coin à entendre.


La nuit des éclaireurs au blanc de l’œil,

Imprécis et palot, où un reste de fleurs grises sombre.

& le loup, gris aussi, y’est’y lui dans l’ombre ?

Mirliton & Rouge des près

Border Line

En piste, la scène limite ses écarts.

Suspendue et plantée sur des aiguilles très fines,

La tourlourou, très cuir, luisante s’égosille

& monte sa silhouette en haut de ses talons.

Recroquevillés et finissant en pointes,

Ses pieds sont coincés au fond de ses bottines.

Le mollet reste gonflé, bloqué par l’extension

& sa voix, trémolos, (par moments) chevrotine.

Quand après le concert la v’la qui décanille,

Elle échappe aux lumières, court derrière en coulisses.

À petits pas serrés, proche du déséquilibre,

Elle se presse sous l’emprise d’une envie subite.

Mirliton
Photo Rouge des Prés

Flottement à l’arrivée

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À demi au sommeil du voyage,
Encore là- bas, maintenant là.
Le train s’est posé & se vide ;
La gare en trait d’union m’emporte
harnaché de paquets et de sacs.

Le flot remonte le quai.
Au bout comme un flottement,
Le quai des arrivées.
Si quelqu’un t’attendait?
Te dira t-il: « Comme tu as changé! »

Mirliton/ photo Rouge des Prés

L’abri

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La nature s’enchevêtre, se détourne, assimile,
Accapare & s’en balance d’aller derrière y voir,
Pendant que La Bricole, surveillé par les plantes,
Découpe à la ligne les pans d’une tour d’ivoire.

De cet observatoire, à deux pas de la rive,
Il regarde, ravi, sous son toit en cageot,
Les carpes qui le taquinent & tournent à la dérive,
Ne laissant grandir qu’une onde de ronds dans l’eau.

Mirliton

Bananes volubiles

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Acclimatés,
Les fruits, en haut, tirent la langue,
Sous les palmes des feuilles géantes.
Les serpentins roulent des trilles
À des insectes ivres d’exotisme
Qui transforment le miel en iles.

Plus loin,
La vahiné assoiffée, décoiffée, déchaussée,
mousse dans le lait
& nappe la tarte d’une peau,
Une crème, qui lentement fige,
À l’ombre des frigo.

Mirliton

La calotte

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Sous le crâne, la fumée noire gronde,
Les idées s’acheminent au sein de son esprit.

L’envie de s’attarder sous la robe,
& retrouver l’origine du frisson,
Ravive son désir de plaisirs clandestins.

Partout, autour, l’agitation le presse,
& personne ne le voit savourer l’instant,
Où Il sait lui intimer l’ordre de se taire
& de le laisser commencer.

Mirliton &
Rouge des Prés

Toilette Dame

Toutes viennent vérifier l’éclat de leur image,
La glace renvoie à chacune l’envers d’un visage.

Mais aussi, furtivement, elles s’observent,
Se jettent en oblique un regard inquisiteur.

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Fardées depuis l’aube, elles corrigent leur face,
Avant de retourner dispenser leur grâce.

La Fontaine

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L’AIGLE ET LA PIE

L’aigle, Reine des airs, avec Margot la Pie,
Différentes d’humeur, de langage et d’esprit,
Et d’habit,
Traversaient un bout de prairie.
Le hasard les assemble en un coin détourné.
L’Agasse eut peur ; mais l’Aigle, ayant fort bien dîné,
La rassure, et lui dit : Allons de compagnie.
Si le Maître des Dieux assez souvent s’ennuie,
Lui qui gouverne l’univers,
J’en puis bien faire autant, moi qu’on sait qui le sers.
Entretenez-moi donc, et sans cérémonie.
Caquet bon-bec alors de jaser au plus dru,
Sur ceci, sur cela, sur tout. L’homme d’Horace ,
Disant le bien, le mal à travers champs ,n’eût su
Ce qu’en fait de babil y savait notre Agasse.
Elle offre d’avertir de tout ce qui se passe,
Sautant, allant de place en place,
Bon espion, Dieu sait. Son offre ayant déplu,
L’Aigle lui dit tout en colère :
Ne quittez point votre séjour,
Caquet bon-bec, mamie : adieu ; je n’ai que faire
D’une babillarde à ma cour ;
C’est un fort méchant caractère.
Margot ne demandait pas mieux.
Ce n’est pas ce qu’on croit, que d’entrer chez les Dieux ;
Cet honneur a souvent de mortelles angoisses.
Rediseurs ,Espions, gens à l’air gracieux,
Au coeur tout différent, s’y rendent odieux,
Quoique ainsi que la Pie il faille dans ces lieux
Porter habit de deux paroisses .

Songe de l’ombre

La nuit progresse & grignote la scène.
« Nous nous retrouverons à la lueur qui tombe. »

Déjà, la pierre se teinte d’ocres sombres.
L’attendre,
& goûter la chaleur des derniers rayons.

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Elle est venue!

Son ombre, parée d’un charme clandestin,
Se livre à mon invitation.

Le temps se fige, quand traverse l’éclair!
Est ce bien une pointe, un soupçon d’Cupidon?

Mirliton

Illumination sévère

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Photo: l’aura à l’infini du bouchon 1,3s/f4

A la télé j’ai regardé une émission, dans laquelle un représentant du Dalaï-lama affirmait que pour obtenir la paix intérieure nous devions
> toujours finir ce que nous avions commencé, et qu’à cette condition nous bénéficierions davantage de calme dans nos existences
> J’ai regardé autour de moi, j’ai fait le tour de la maison pour trouver les choses que j’avais commencées sans les terminer…..
> Et j’ai fini une bouteille de rosé de Provence, une bouteille de Châteauneuf du pape, une bouteille de côte du Roussivon, une vouteile de bodka, un buteil de rom, le rest dwiski et zune poit de pière belch.
>
>
Tou nimaggine pa com jem sens vachamant mieu mintnan.
> Psasse el mssage a tou ceux con bsoin de paits intrieur et di leurr ke jeu lézèm.
>
> Un p’tibêtain eureu

Missy Chippie Gribouille

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Madame des près,
voit le rouge qui bouge,
Dans son lit , Douillette
Elle s’prélasse.
Son bon fond de teint carmin, cardinal,
Sur les oreillettes, les deux,
Elle rêvasse.
Faut bien,pourtant,
Qu’elle s’dérouille les guiboles,
Après tous ses sommes! Faut qu’elle y aille!
Alors, v’là t’y pas,qu’elle sort,
Innocente, en Ève & pantoufles,
& qu’elle pointe ses fesses dans le frigo,
Attrape le pot, déconfite,
Car,y’tombe l’salaud,
C’est nigaud!
Sur les beaux chaussons, tout a chu!

L’émir Liton