Le zèbre & la taupe

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Aux dépouilles des bêtes,
Les ressorts donnaient respiration,
Chacun d’eux pouvait couiner à l’aise,
& les peaux semblaient vivre de l’air de cette chanson.

Bien sûr, la fable ne dit rien des fesses
Qui usaient & s’usaient sur les ronds.
Elle ne voulait penser qu’à l’effet de l’âge
Sur la nature des matériaux.

Du zèbre, au poil long et rêche
Ses rayures flamboyantes, savamment arrangées,
Faisaient vite décoration.
La taupe plus discrète & myope
Laissait à la lumière un effet sans sensation.

À la longue, du zèbre, les poils sont perdus,
L’animal oublié, loin de sa savane,
lentement se dessèche & ne restent que les os!
Le fouisseur à la dure sous la terre,
N’avait jamais d’accroc,
& longtemps son duvet conserva son manteau.

Moralité:
Chêne, garde toi de la rapide illusion,
Le roseau suit le vent & aime sa pression.

Mirliton

Vagues & méandres

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Elle supporte son histoire,
& d’intimes épisodes demandent la contorsion
Qu’elle voudra bien laisser, dans le creux de la nuit,
Entrevoir ou garder pour les plus proches ébats.

À la lampe, elle raconte et se tourne à la suite,
Elle se change de page.
&Quand vient un silence,
On remarque le grain de l’auréole, la fourrure,
On s’attarde à sa soie.

Le temps à priser

L’émir Liton

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À s’échapper, l’arôme de tabac,
Entête &, un gout de miel,
Vient réveiller l’envie de deux doigts à priser.

Les signes d’un mystère,sans égal,
Même en Egypte lointaine,
Rendent à l’épice sa saveur exotique.

& puis le réconfort du bois,
Souvent rencontré au fond de la poche,
Lentement usé, manipulé,
Devient le jouet d’une douce manie,
Qui rythme un temps à se laisser penser.