Dernières pâleurs des jours

Peurs
Pleurs
Pâleurs
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La prison est dehors
Nous avalons la clef &
Venons à souhaiter en exil
L’infini coffre fort
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Les pilleurs de naufrages
Aux dernières lueurs
Scrutent un souffle, un nuage
une brume de sueur.
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Pâleurs
Pleurs
Peurs
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°Mirliton°
~
*
On y met l’absolu.
Et l’absolu s’enfarge.
On y met l’illusion
Et l’illusion s’enfarge.
On y met le moment.
Et le moment se donne.
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}Caroline D.{

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L’entrevue

La lumière des voiles

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Mise à nue, lente , elle s’éternise,
Cache sa pâleur, sous un drame interlope.
*Luisante de sueurs, l’abandon l’interloque*
Elle s’enroule, pâlit,femme vive,
un suaire doucement l’enveloppe.
~
« La nuit, veux tu voir une teinte?
-L’ardent charbon me tente.»
*Dans ses yeux, luit un miroir sans tain*
Un soupçon d’ombre semble l’avoir éteinte,
Alors,elle reste en dedans,
en eau, en fuite, en cendres*
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*
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Mirliton
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La patine des jours
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Elle regarde les fantômes
s’éterniser sur l’étamage.
Se confondre et se perdre,
et s’étaler sur son image.
Jusqu’à voir autrement le monde.
Elle rêve comme rêve l’arbre.
Vêtue d’écorce, tendre et dure.
La neige peut être moins froide.
Et les feux moins brûlants.
Mais ardente ou voilée, la matière subsiste.
Belle d’eau vive ou de poussière.
~
Caroline D.
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*
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Mines de plomb

Gris ,gris…La mine courbe l’allusion.
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La peau de pèche?…Un velours de crayon.
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Figures de bain,…Perspective de corps.
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Mirliton
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À force de les taire
ou à force d’éther, les
mots qui se déterrent,
les mines qui s’animent.
Les traits gris qui se grivifient,
c’est la lumière qui s’en échappe.
C’est vivifiant, chuchote l’une,
tellement grisant, lui répond l’autre,
y a vraiment qu’à se laisser faire,
leur chante la troisième.
Ainsi leurs courbes s’offrent
entières
à l’errance de la main
agrippeuse de bois
de bois
enveloppeur de plomb
pendant que tout un chacun
et chacune
se rêve
éperdu comme libre

Caroline D.
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Carnet

Marqueur sur papier chiffon.

Le papier est rugueux

Le feutre crisse

Patinage

Le papier absorbe la moindre goutte d’encre.

Comme un fleuret, je survole la feuille

& me laisse aller à l’ effleurer

Quand la figure m’apparait.

Ne pas trop en faire

Sinon elle se brouille.

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Mirliton

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Et le temps d’elle qui retiendra

d’un papier et d’une figure

un feutré d’âme en gouttes d’encre

semblable aux fleurs séchées devant.

Celles qu’en tombant la neige effleure

depuis des heures maintenant.

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Caroline D.

La langue vivante

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Deux amies discutent.

Leur accord tacite

est la musique des mots.

Les paroles s’envolent

en postillons de sons,

de l’une à l’autre à l’une,

rebondissent en éclats de sourires

& doucement roulent sur leurs lèvres

des moments de silence.

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Mirliton

~

Et le temps,
qui dessine le geste.
Jusqu’à tout y danser.
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Cambrures belles et corps vivants.

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Caroline D.