Le dormeur

Hommage à Qi Baishi

L’encre bleue comme
une eau sèche
en une pluie transparente.
~
Dessous s’agite
un monde miniature de crabe,
de rocailles, d’algues en nuages.
~
Chacun attend l’instant
où la mer les recouvre,

les libère d’une vague.
~
miRLiTon

~
🌑peinture sur papier 89x180cm🌑
~
⚪️jean’yves beaujean 2022⚪️

Un ruban de soie
s’éployait en mémoire.
Poissons et bois d’eau
se dessinaient dans l’aube.
Peut-être qu’il ne tenait qu’à moi
d’avancer sur la grève.
Que seule la mer savait déjà la suite.

~
💨caROline D.

Dégaine

Dégaine

Les enfants barboteuses
À l’âge de l’accroche
Découvrent dans les paquets
Un rêve de déguisé.

Cape & pic
Toc de plastique
Brillent sous la cellophane
En tenue d’apparat.

L’apache de salon
Aux couleurs de bonbons
Autour d’une table active
La criarde à tue tête.

Mirliton

Le passager de l’ombre


La nuit enveloppe le paysage
Tout se dessine d’un brin de lumière
On y devine les herbes
Le rythme du vent
La terre, d’éclats de pierres
&
l’animal, passager de l’ombre.

miRLiton

🌚

&
d’y savoir là-bas
tandis que la nuit tombe
le regard endormi
d’un rongeur tranquille

C’est tout le coeur ouvert
d’un soleil qui attend
le passage des saisons
sans y perdre la lune

🌒caroline D.🌘

Grondeurs

Grondeurs

Lape, Lip, Loupe
Ajuste ton regard noir
Binoculaire!

Rapide sur les pattes
Croq, Cric, Crac
Une fuite éperdue
Pouce! Patte en l’air!

Si on jouait : loup y es tu?
Où ça qu’on s’carapate ?
Même qu’on se cachecache

Toujours, c’est p’u’pti qui gagne.

miRliTon

L’appareil du conte

L’appareil du conte

(Mode d’emploi & boniment)
💥
Par exemple le conte de l’araignée tapie dans un coin,
l’air de s’ennuyer, récolte un brin de désordre
que le vent soulève, l’accroche en trophée à sa toile.
L’éphémère se vante de pouvoir rester
longtemps à califourchon sur le fil du temps
droit et ténu,accordé comme un rayon.
💥
Ce constellateur ( breveté SGDG) est un conteur d’étoiles
remplissant les secteurs d’un ciel d’allusions.
L’appareil retord l’espace d’un instant les distances
les unies en figures imitant la divination
& constructeur de graphes, compilateur d’histoires d’éléments,
il constitue la toile, la diffusion d’étoiles qui percent la nuit,
s’amuse à définir les contours des illusions
accélère les spectres des contes
& restitue en splendides fausses couleurs
le champ, le chant de l’indéfini silence de l’horizon.
💥
Mirliton
💥
(en vente dans nos rayons)


🌬

Sans oublier, cher Mirliton,
le vent levant.
Qui une fois devenu complice,
sans retenue ni faux-semblants,
se jette en vent d’avant quand il le faut
et de devant quand ça lui chante.
Toute histoire y sert son vent.

🌬
Sans son insistante caresse,
ses moments de douceur et de tourbillonnant,
bref, sans ses carillons entoilés,
la fable ne serait
que page entre les doigts.
Et qu’on ne s’y méprenne pas :
le vent saura y faire encore, le nez au ciel,
et hop! la bouteille.
Tout conte se raconte ainsi,
sans détour ni charivari.
Ou avec, c’est selon.

🌬
caroline D.
🌬

Belle

Belle

Belle adore fredonner le refrain
aimable comme un chien fou
Elle accueille en vadrouille
une souris qui piétine malhabile
dégringole attirée par le vide.

Attifée dans un gros grain de tulle
le bassin en bas flotte , ondule
de décors en fleurs de spleen.

Quand la voilà qui rentre
La nuit déjà grise mine
Elle s’inquiète d’une ombre
alors qu’une fine lune se voile
d’une larme de romance,
Une lame de cratères s’illumine.

mìíRlïtøn

Noir de geai

« Suspendu à tes lèvres, je te livre mes rêves … »
« J’hésite à te découvrir… »
« L’encre a encore bavé, déborda du stylo
Le sentiment d’urgence, de se jeter à l’eau
dire ce que l’esprit foudre éclaire
L’image vient à se révéler
Au bord du rêve, en trémolos. »

🌬mirliton
⚪️

« Tout ça ressemble à un oubli,
un grand soleil peut-être.
Ou un même désir
rivé au corps du monde.
De quoi aimer le vide.
Le coeur serti dans l’aube
sur le noir et le blanc. »
⚪️
🌑caroline D.🌑
☁️

Bzz…bzz…bzz

Bzz…bzz…bzz

~
Lestes, comme elles butinent
Presqu’utiles au matin.
~
Une bande de mandolines
se mêlent du refrain.
Des fleurs aux étamines,
Au chantier des pétales
Elles se sentent parfum.
~
Jusqu’à en être ivres,
Le pétard en nectar,
Revient vite alors
le tournis du retour
Au dédale du chemin.
~
Rentrez pas trop tard!
La reine indigne s’inquiète.
~
°} Mirliton {°
~
tournis, tu dis
pareil il faut rouler
bouger
sur le jour et la nuit
les interprétations qui fusent
à en rire encore et encore
comme si l’hiver jamais
cherchait son chemin
*
{ caroline D.}
¥

Jouet

~
Plastique irréprochable,
Dans le bain,
J’fais l’halluciné
La pente est savonneuse
(pas m’mettre d’la mousse aux yeux)
~
& puis, quoi, jamais j’coule,
Je le suis même plutôt.
Pluto, c’est un ami
Qui galère sous l’lit
Que j’retrouve la nuit
& qui tient bien au chaud.
~
*
Mirliton!
*
~
Et moi j’te suis…
Non mais t’y penses
Dessous l’vrai ciel
Y a d’autres comme moi
Qui s’la coulent douce
Sur des eaux claires
Des lacs tranquilles
Loin de la ville
Et moi dans c’bain
L’halluciné
J’ai d’la mousse jusque
Dans mon nez…
*
~
*
Caroline D.
~