L’appareil du conte

L’appareil du conte

(Mode d’emploi & boniment)
💥
Par exemple le conte de l’araignée tapie dans un coin,
l’air de s’ennuyer, récolte un brin de désordre
que le vent soulève, l’accroche en trophée à sa toile.
L’éphémère se vante de pouvoir rester
longtemps à califourchon sur le fil du temps
droit et ténu,accordé comme un rayon.
💥
Ce constellateur ( breveté SGDG) est un conteur d’étoiles
remplissant les secteurs d’un ciel d’allusions.
L’appareil retord l’espace d’un instant les distances
les unies en figures imitant la divination
& constructeur de graphes, compilateur d’histoires d’éléments,
il constitue la toile, la diffusion d’étoiles qui percent la nuit,
s’amuse à définir les contours des illusions
accélère les spectres des contes
& restitue en splendides fausses couleurs
le champ, le chant de l’indéfini silence de l’horizon.
💥
Mirliton
💥
(en vente dans nos rayons)


🌬

Sans oublier, cher Mirliton,
le vent levant.
Qui une fois devenu complice,
sans retenue ni faux-semblants,
se jette en vent d’avant quand il le faut
et de devant quand ça lui chante.
Toute histoire y sert son vent.

🌬
Sans son insistante caresse,
ses moments de douceur et de tourbillonnant,
bref, sans ses carillons entoilés,
la fable ne serait
que page entre les doigts.
Et qu’on ne s’y méprenne pas :
le vent saura y faire encore, le nez au ciel,
et hop! la bouteille.
Tout conte se raconte ainsi,
sans détour ni charivari.
Ou avec, c’est selon.

🌬
caroline D.
🌬

Belle

Belle

Belle adore fredonner le refrain
aimable comme un chien fou
Elle accueille en vadrouille
une souris qui piétine malhabile
dégringole attirée par le vide.

Attifée dans un gros grain de tulle
le bassin en bas flotte , ondule
de décors en fleurs de spleen.

Quand la voilà qui rentre
La nuit déjà grise mine
Elle s’inquiète d’une ombre
alors qu’une fine lune se voile
d’une larme de romance,
Une lame de cratères s’illumine.

mìíRlïtøn

Noir de geai

« Suspendu à tes lèvres, je te livre mes rêves … »
« J’hésite à te découvrir… »
« L’encre a encore bavé, déborda du stylo
Le sentiment d’urgence, de se jeter à l’eau
dire ce que l’esprit foudre éclaire
L’image vient à se révéler
Au bord du rêve, en trémolos. »

🌬mirliton
⚪️

« Tout ça ressemble à un oubli,
un grand soleil peut-être.
Ou un même désir
rivé au corps du monde.
De quoi aimer le vide.
Le coeur serti dans l’aube
sur le noir et le blanc. »
⚪️
🌑caroline D.🌑
☁️

Bzz…bzz…bzz

Bzz…bzz…bzz

~
Lestes, comme elles butinent
Presqu’utiles au matin.
~
Une bande de mandolines
se mêlent du refrain.
Des fleurs aux étamines,
Au chantier des pétales
Elles se sentent parfum.
~
Jusqu’à en être ivres,
Le pétard en nectar,
Revient vite alors
le tournis du retour
Au dédale du chemin.
~
Rentrez pas trop tard!
La reine indigne s’inquiète.
~
°} Mirliton {°
~
tournis, tu dis
pareil il faut rouler
bouger
sur le jour et la nuit
les interprétations qui fusent
à en rire encore et encore
comme si l’hiver jamais
cherchait son chemin
*
{ caroline D.}
¥

Jouet

~
Plastique irréprochable,
Dans le bain,
J’fais l’halluciné
La pente est savonneuse
(pas m’mettre d’la mousse aux yeux)
~
& puis, quoi, jamais j’coule,
Je le suis même plutôt.
Pluto, c’est un ami
Qui galère sous l’lit
Que j’retrouve la nuit
& qui tient bien au chaud.
~
*
Mirliton!
*
~
Et moi j’te suis…
Non mais t’y penses
Dessous l’vrai ciel
Y a d’autres comme moi
Qui s’la coulent douce
Sur des eaux claires
Des lacs tranquilles
Loin de la ville
Et moi dans c’bain
L’halluciné
J’ai d’la mousse jusque
Dans mon nez…
*
~
*
Caroline D.
~

Navigation

~

De mémoire de coton,

Femme blanche,

oublie déjà les soins

que tu donnes en pâture!

~

L’eau n’est qu’une sensation,

Flamme blanche,

Douce & fraîche évasion.

Tu t’y glisses en bouchon.

~

Soie sombre de l’onde,

Le fil de l’eau qui

Plisse au moindre geste.

Tu t’embarques au rivage.

~

Léger moteur de palmes,

Col de cygne.

À ton embarcation

Tu ajoutes ta figure de proue.

~

Mirliton

Décors

L’ultime sapin s’accroche

Le vert verdure clignote

Les décors bringuebalent

Sous la chaleur de l’âtre.

~

Des êtres imaginaires,

Lapins noir chocolat

Ours doux en peluche

Sont là,en mémoire de la faune.

~

Mirliton

Et l’enfant trimballait

son coeur en guirlande.

Ce faisant, il chantait

pour la caresse des notes.

« Petit chien sous ce chat

que fais-tu, que fais-tu là?

Est-ce que tu rêves d’un cygne

et d’un lapin tralala? »

~

Caroline D.

~

Le répit

Le répit

~

Peinture sur toile 2019/ j’ybeaujean

~

Entre eux,

La caresse prend l’accent d’un répit.

Ils ronronnent sous la langue,

Se lèchent des blessures

& le temps d’un repli,

Ils se redonnent la force

D’affronter dans la course

Les morsures des ronces,

La griffe des épines.

~

Mirliton

~

~

Quand leurs couleurs se mêlent

d’entre la chair et l’âme,

le ciel s’ouvre à nouveau.

Tout redevient possible.

Les baisers trouvent l’oeil

comme des gouttes d’eau,

des ondées salvatrices.

~

Caroline D.

~

L’envoleur

L’envoleur

d’une cour de récré

Joue

À la course effrénée.

~

Un mélange d’envolée de plumes

Chien, effrayeur de poulettes

Au loup!

En sueur, en peur

~

& la p’tite?

Plongée dans ses pensées

Kék’ t’as encore trouvé?

~

Mirliton

~

Et y voir

l’étoffe du temps

Des parfums de terre

sur un clair d’enfance

Un instant innommable

entre les oiseaux doux

Caroline D.

~

Faire un signe

Faire un signe,

une sorte de cygne,

Signer la nature.

~

En la hiéroglyphant,

tu te trompes!

~

Un zeste d’enfant.

L’éléphant leste

singe la rature.

~

Mirliton

~

Où pointer l’index a suffi
pour inventer le ciel.
Réinventer
l’éléphant et le reste.
D’autant que chaque fois
le jeu se prête au cygne.
Pareil au ruisseau d’âme
et au geste d’enfant.

Caroline D..