Charme flou

Pas l’ombre d’un doute:

« Se souvenir de surprendre les appareils automatiques pour qu’ils ne restituent que la découpe & la couleur. »

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Construction

Chaque dessin doit être prêt à tout réinventer.

La courbe cassée comme une côte de rochers.

Un trajet.

La forme est ce sentier côtier où chaque pas est la découverte d’un nouveau panorama.

La forme en panorama.

Le corps est délié de sa description .

L’œil abandonne une rapide ressemblance pour une ligne musicale.

La beauté n’est plus dans le sujet ou dans la pose mais dans le plaisir de la promenade, du parcours des détails des éléments du corps.

~

Mirliton

À toi de voir

Baribal/ ours noir

~

Comment tu sais ?

 ~

Avant même de reconnaître l’animal,

 Enfant, tu enregistres le vivant,

 l’impression fugitive de la présence

d’êtres volants, courants, immobiles

 ~

& tu te familiarises avec ceux qui sont alliés aux humains,

 Chats & chiens de chasse, chevaux…

 Eux qui se sont laissés approcher,

 Eux qui ont domestiqué l’homme.

 ~

 Ta mémoire des formes animales s’aiguise,

 Tu repères maintenant les poses, les expressions.

 D’autres savoirs ensuite te feront un catalogue d’images exotiques

 où restent figées des girafes de papier côtoyant de plates baleines.

 ~

 L’art de la représentation animale est très vite savant ;

 les gravures préhistoriques nous montrent déjà

dans cette science de l’observation,

l’aisance du tracé des premiers artistes.

 ~

 Le dessin n’est pas ici la recherche de symboles simplificateurs

(comme le feront les graveurs grecs de monnaies, Pompon ou même Franz Marc),

 & loin du graffiti, les Préhistoriques font une recherche de l’apparition,

de la présence vivante – voir le bouquetin de Niaux.

 ~

 Alors, je veux être en lien avec ces artistes

même si dans mon fouillis brownien je patauge,

je recherche dans cette expression cette promiscuité avec l’animal,

être un instant l’animal.

 ~

 J’ybeaujean

~

Squale

Le ressort enroulé

1)

          Le ressort enroulé (fable)


Le commissaire d’exposition, le mécène éclairé et l’œuvre d’art


remontent comme un ressort, une mécanique culturelle bien huilée.


La spirale décisionnelle qui va nous amener à l’œuvre


est toujours le fruit d’une intense cooptation.


Avec force biscuits et pétillant, on en oublierait même l’objet,


pour lui préférer la joie de se retrouver dans un monde éclairé


& se prêter à la communion autour du jeu monopolisateur.


~

Déjà, le commissaire est là pour ( en) reprendre une ligne


Mille fois exposée et le mécène attend qu’on lui fasse de l’œil, du pied, 


Que l’on cite son extrême intérêt ; l’occasion est trop belle d’être ainsi choyé.


Tout ce p’tit monde, la fête terminée, un petit peu pompette, sortira ravi et 


bien amusé, rotant & se disant prêt à y retourner.


~

& l’œuvre, alors? oubliée sur le coté, sur une table; elle est débarrassée, jetée ou balayée 


par un personnel d’entretien qui n’aura toujours pas la qualité 


pour entendre l’ironie de sa dure réalité à l’Œuvre ;


Elle qui n’en finit pas d’oser, doser provoquer 


et qu’ainsi mise à nu sans s’écarter, s’expose à tous les dangers.


~

Signé: l’œil du Mirliton


2)

En référence:
1 )dessin non terminé de Jean – Pierre Allain 2018
http://www.jean-pierre-allain.fr/
2) rêve de bronze de j’y Beaujean 2018
https://desertoccidental.wordpress.com

Cake-walk

À voir absolument sur vos écrans:

https://fr.wikipedia.org/wiki/cake-walk

& maintenant donnons les langues au chat:

Allemand : wenn die Katze aus dem Haus ist, tanzen die Mäuse auf dem Tisch (de) (quand le chat n’est pas à la maison, les souris dansent sur la table)

Anglais : when the cat’s away the mice will play (en) (quand le chat est loin les souris jouent)

Chinois : 天高皇帝远 (zh) (天高皇帝遠) (tiān gāo huángdì yuǎn) (le ciel est haut et l’empereur est loin)

Danois : når katten er ude, spiller musene på bordet (da) (quand le chat est dehors, les souris jouent sur la table)

Espagnol : cuando el gato se ausenta, los ratones bailan (es) (quand le chat s’en va, les souris dansent)

Espéranto : kiam kato promenas, la musoj festenas (eo) (quand un chat se promène, les souris font un festin)

Estonien : kui kassid läinud, on hiirtel pidu (et) (quand les chats sont allés, les souris ont la fête)

Finnois : kun kissa on poissa, hiiret hyppivät pöydällä (fi) (quand le chat n’est pas là, les souris sautent sur la table)

Hongrois : ha nincs otthon a macska, cincognak az egerek (hu) (si le chat n’est pas là, les souris font du bruit)

Italien : quando il gatto non c’è, i topi ballano (it) (quand il n’y a pas le chat, les souris dansent)

Japonais : 鬼の居ぬ間に洗濯 (ja) (oni no inu ma ni sentaku) (le démon vient pendant le lavage)

Néerlandais : als de kat van huis is, dansen de muizen op tafel (nl) (quand le chat n’est pas là, les souris dansent sur la table)

Norvégien : når katten er borte, danser musene på bordet (no) (quand le chat n’est pas à la maison, les souris dansent sur la table)

Polonais : gdy kota nie ma, myszy harcują (pl) (quand le chat n’est pas là, les souris dansent sur la table)

Portugais : quando o gato sai, os ratos fazem a festa (pt) (quand le chat sort, les souris font la fête)

Roumain : când pisica nu-i acasă, joacă șoarecii pe masă (ro) (quand le chat n’est pas à la maison, les souris jouent sur la table)

Russe : без кота мышам раздолье (ru) (bez kota mycham razdol’e) (sans chat c’est la liberté pour les souris)

Serbe : где мачке у кући нема ту мишеви коло воде (sr) (gde mačke u kući nema tu miševi kolo vode) (où il n’y a pas de chat dans la maison, on trouve des souris)

Suédois : när katten är borta, dansar råttorna på bordet (sv) (quand le chat n’est pas là, les souris dansent sur la table)

Tchèque : myši mají pré (cs) (les souris dansent), když kocour není doma, mají myši pré (cs)

Télougou : రౌతు మెత్తనైతే గుర్రం మూడు కాళ్ళ మీద పరిగెత్తుతుంది (te) (Rautu mettanaitae Gurram moodu kaalla meeda parigettutumdi) (si le cavalier est mou, le cheval court sur trois pattes)

Vietnamien : vắng chủ nhà, gà vọc niêu tôm (vi) (propriétaire absent, les poulets fouillent dans les pots de crevettes)

Du dessin ( recette)

Cuisine

~

D’abord il semble nécessaire de prendre la mesure de la page,

du blanc vierge de toute trace,

Encore cadre limpide et néant muet.

Le sens du rectangle détermine des usages.

Qu’importe, tu pourras découper dans la feuille.

Les diagonales s’imposent et créent même un centre.

Ce point trop stratégique ne doit être qu’une fuite.

~

La mine large et souple ne marque pas encore,

Mais dans l’air, la main s’agite, imagine la trace,

caresse juste le grain et laisse un gris soupçon,

un treillis de lignes, mêlant dans un désordre actif

les courbes & l’arabesque qui font les corps.

~

Dans la fenêtre d’un cadre trop rectiligne

& par des zones d’ombre grise,

Brise le blanc étincelant du papier

pour donner l’illusion d’un relief, de l’épaisseur en plans.

Laisse apparaitre les formes qui s’y développent.

~

Souligne çà et là sans trop te décider sur la forme

Car l’expression des extrémités, des mouvements

doit aussi se trouver une place

Et à être trop séduit par un apparition,

Il se peut qu’ensuite on butte sur les détails,

que l’on gâte la figure en lui imposant sa vision.

~

Il est toujours difficile de capter cette légèreté,

Cette liberté du mouvement entrevu.

par nature, la forme est impalpable

Et doit rester telle un soupçon d’irréel

Où chacun reconnait son possible idéal.

~

Mirliton

L’usage de la cacophonie

Quelquefois l’image est fragile.

Si le trait volubile disperse l’intention,

Dans son apparition, la figure est toujours un prétexte

À une lecture de la profondeur du champ.

On organise alors sa propre vision.

Nul besoin de cadrage pour rendre vie à la scène.

Elle se joue d’elle même & reste muette, livrée à l’interprétation,

Comme une conversation inaudible entraperçue derrière la vitre.

Mirliton

Art involontaire 10 (Section Espaces &Tableaux)

Couloir

Le mur n’est qu’une peau

Pour en colmater les blessures

Nous devons délimiter une surface,

Un sparadrap au ton nouveau;

Faire oublier la ligne des fissures

& Faire apparaitre l’intention en plan.

~

Ou encore,

Ailleurs, la transparence de coupe

laisse des signes opaques en filigranes,

Une possibilité d’imaginer derrière l’image

le reste caché et la réalité dépoli d’un plan.

~

Mirliton

Éclats

L’éclat inactinique des vénus immobiles

Le coup d’œil appuyé s’est figé en cliché

Comme un regret à dérober en silence.

~

En échange, restait dans l’air environnant

Un parfum irrésistible de demoiselle.

~

Les visages s’estompaient fuyant les lampadaires

Le soir déjà rendait synonyme ombre et solitaire.

~

Souvent, enfant, j’aimais croire en un simple miroir

& le voir s’animer d’une histoire; histoire d’y croire.

~

Mirliton