Du trait

Carnet d’août 1

Les figures apparaissent
sans peine
comme déjà inscrites dans le papier
Carnet d’août 2 j

Je les laisse s’étendre
dans le quadrilatère blanc papier
casser les angles
Carnet d’août 3

tourne la page
déjà une nouvelle fenêtre à démaquiller
un miroir d’eau en vérité

La partition des couleurs

La partition des couleurs

Je m’arrange avec les couleurs
Je laisse un temps d’arrêt, pour les surprendre.

Le peintre est au spectacle entre deux couleurs
Il prend le temps de renier l’habitude de l’accord
Se force à goûter la dissonance
Mélange le clair à l’obscur & aux complémentaires
Peux tu imaginer un vert bronze plus sombre prés du bleu délavé ?
Il fait de l’accord une partition, une prédiction
Anticipe déjà un nouveau mélange
La surface colorée

Le tableau sera une surface sonore à observer.

J’yb en mirliton


Dans un même instant de la vague
naît un poème sans y voir.
Entre les épaules & le ciel
le chaud calé de l’anthracite.
Qu’ainsi se chantent la mer, le sombre
& la robe du temps.

Caroline D.

La rieuse

On ne peut pas

Interdire aux fourmis
De partir en vacance
Longer les brins d’épices
S’abreuver aux calices
Rejoindre un camp d’hélices
Où de compagnes en pagne
Les rieuses s’enlisent.

mirliton


Mais on peut

Suivre le chemin des roses
Jusqu’au long bord de la rivière
& si des matins elle s’oppose
Trop folle d’être pleine de pluie
Elle se laissera aimer
Aussi fort que la nuit

caro line D.

L’étonnée

Les mots

du poète en dentelles,
soulignent du bout des lèvres
la méli mélodie.

Les mots
salivent de sens;
au bout des pieds
épient les tons.

& puis le poète oublie
dans sa rage insouciante
arrimé à l’encre
alarmé par la rime.

Miirliiton


le ciel y déroulait
son grand bleu de noirceur
& l’homme au tronc de paille
laissa le soir venir.

On dira ce qu’on veut
du pas de l’armailli,
il reste solidaire
des âmes-galoches.

Les pieds tiennent du coeur
le chemin pour se rendre.

Caro line D.

Le chemin du retour

Le chemin du retour

À l’ombre des feuillages
L’origami d’éclats griffe le visage
& l’œil s’y nourrit d’étincelles.

Chaque pas à son ombre
Somnolant, la chaleur imprègne
La lumière y perce
une pluie de réveils.

Cachés dans le paysage
Abrités du passage
Des chants d’oiseaux
Complètent la perspective.

miirliiton


Ne pars pas, lui dit l’homme,
on y est sans ambages
& les bras restent grands de nos ensevelies
férues de vieilles amours.
Le nuage n’est encore qu’un coup de paysage
sur la toile dénuée de carmin.

Le grand allégorique
y trouvera bien son vent
& tes yeux s’y feront comme les miens.

Ne reste qu’à marcher à travers les prés-verts
dans les traces laissées par le bel oiseau blanc
qui a su le bonheur
au bruit qu’il y faisait.


Caroline D.

Le voyage du chat

Le voyage du chat

Costume d’apparat
Un frôlement de soie
Un velours de patte
Toujours dans les bras?

mirliton

Du temps qu’on existait à l’enseigne de la lune,
le chat se lovait là, du soir jusqu’à l’aube.
Avec mon pied fragile, mon coeur en boule de neige,
et un ciel de lilas sur ma robe de laine,
le chat le chat y trouvait mieux que moi
les matins clairs de bohème.

Caroline D.

Bleu nuit

Bleu nuit

« La nuit en courbe
dernière lumière de soleil
laissant entrevoir une lèvre rougeoyante
le paysage sombre & découpe le ciel
La forêt écoute
craque au moindre petit bois
Les sons semblent se répandre
À perte d’oreille,
Un bleu d’effroi
La nuit disparait sous un concert d’ombres
& me laisse le nez pointé vers les étoiles . »

Mirliton


« Quand tout à coup j’ai vu
les pieds de l’hirondelle
sur le ponton d’étoiles
que dessinait le soir,
un grand vent est monté
de mon sang d’amarante
& le ciel déversoir
a peint du fabuleux. »

caroline D.

La prisonnière

La prisonnière

Sur le sentier des jeux , tu la trouves prisonnière
Des garnements entonnent la victoire légendaire
Ils se couvrent d’une gloire sous couvert de poussières
& Les oiseaux interloqués se taisent au fond de la clairière.
Elle, elle ronge son frein:
« Vous allez voir un peu quand je me détache! »
Eux rigolent & préparent déjà la cavale.

Miiirliiiton


Ola!

va pas trop vite
c’est que l’histoire n’a plus d’endroit,
l’un n’y va plus & l’autre pas.
Un véritable imbroglio!
Regardes-y bien, la belle s’échappe
sur son cheval au petit bois.
Il tombe souvent d’un peu trop bas,
l’envers tournicoté du monde.

Caro line D.
Découpe

Tissus

Digit j’yb 2022

Reprendre le chemin étroit
de le fantaisie
Fouler ces foutaises d’envies
Tu l’oublies?
Dans la fente du lit
Un souvenir remonte
L’adorable parodie
Repasse, retrace dans les coussins
Son corps délié d’essences
Un parfum de sueur a gardé
Sa chaleur d’oreiller.

mirliTon

Poudre d’escampette

La poudre d’escampette

{Légère confusion des genres
Le mot-à-mot sans son son
Le sens s’échappe ensuite
à prendre avec des pincettes
Une poudre d’escampette.}

Çà sent la poudre mes archiduchesses
Celle là, la blanche de céruse
Au visage d’une grande d’Espagne
Impassible Blanche s’impatiente.

Juste une mouche à l’épate
Aux commissures des lèvres
Souligne son écart rose délice
Sourd, sous sa robe à merveille.

Lorsque tu lèves le lièvre
& que ta langue entre en lice
Tutoyant d’autres lèvres
Tu soupires d’aise, de malice.



MìîírLītOn

L’habit des fauves

L’habit des fauves


Si tu gardes ton regard posé sur ses prunelles
L’esprit en un instant s’embrase & étincelle.
Toi, qui pensais reprendre ton innocence
Retrouver la verte nature piaillante
soudain te voilà prise d’une délirante
Défaillante ta chemise trop serrée étouffante
Retrouvant un corps délivré de naissance
Dans une nuit où le ciel suspendu d’orages
À gronder chavirer … enfin te faire entendre
& soulager l’envie de graver un chemin
Pour que la terre enfin emporte le chagrin.

mirliton


C’est le noir d’hirondelle
pris dans le fil des feuilles
& les bras, lui dit-elle,
dans l’océan du vent.
Dessus les jours encore,
entre ici & là-bas,
quand tous les bleus du temps
roulent près du piano,
je souffle à la montagne
pour que la nuit se tende
& que la lune monte.

Caroline D.