L’alliage

Lorsque quelques heures sont passées sur le tableau, où depuis déjà longtemps le dessin est là, posé, fixé, interrogatif ;
reste à choisir des couleurs.

Un velours dans les sombres, brun rouge de tenture ou vert d’ombres
& l’indécis des clairs, un gris pointe polaire dans un vert à la limite du bleu ou un jaune délavé jusqu’à l’acidité.

Plus le nombre de teintes augmente, plus l’alliage est délicat. La couleur baisse le contraste du dessin mais crée l’ambiance, le climat de l’histoire, la perspective .

L’image commence à s’imposer , l’œil a retenu la figure et peut continuer , même la nuit ,à réfléchir aux teintes, à la pose. Revenir sur la tableau, reprendre la partie et savoir quoi faire.
Les journées se succèdent à polir l’accord, à chercher à le rendre d’un désir incomparable, à donner la larme à dessein.
« L’au revoir. »
Peintures sur bois
j’ybeaujean 2021
⚪️
⚪️
🌑mirliton🌑
☁️
🌬jusqu’à ce qu’il apparaisse
dans le sens
de la nuit
là où se succèdent souvent
les teintes indécises
ou du jour
en plus sombre peut-être
mais plein du désir qui monte
c’est ça
on voit déjà la pointe claire
et le dessein des larmes
même sur le velours
⚪️
⚪️ caroline D. ⚪️
⚪️

Faire des remarques! (2)

Par exemple

« Le dessin est un jeu de patinage sur la page.

Le pinceau doit conserver une certaine grâce !

La figure donne un but au spectateur

Elle doit être générique , allusive , pas forcément jolie.

Sans doute la profusion des traits concentre le regard

& oblige à démêler l’image.

Chacun forme son image,

(une lecture possible)

aime s’y retrouver,

& peut aimer aussi le jeu de la complexité.

Quelques traits suffisent à installer le corps dans le paysage.

( revoir Krazy Kat!)

L’attitude rejoint une réalité connue, simple

mais surtout pas une pose artistique.

Les visages sont plus facilement critiqués

Sans doute cette habitude du regard à dévisager,

à porter une attention à l’expression, aux mimiques

. Instaurer un climat de proximité, de présence…

Utiliser la couleur pour accentuer la perspective

& permettre une simplification de la compréhension,

mais ne pas hésiter à surcharger quelques zones colorées de nuances pour briser l’aplat , pour ne pas paraître trop systématique.

Que faire du verso?

( voir carte à jouer!)

Que dire de plus? »

Mirliton

🕶🕶🕶🕶

°} aplat ou double marque
sur l’image naissante
le rapprochement
comme un sens donné
le trait
qui aime
… {°
caroline D.

Réflexions faites

L’attention donnée au chemin est soutenue.

Chaque pierre rend la marche précautionneuse. 

L’équilibre balance les bras.

La pensée s’accroche à la route,

L’instant d’après divague.

~

1

La symétrie est une habitude simplificatrice.

Une fausse symétrie amène un plaisir supplémentaire,

Une légère complexité qui oblige,

suspend le regard, le temps de savourer

cette simple variation de la forme.

~

Se voit-on trop dans le miroir,

pour ne pas se connaitre dans une photo?

~

2

Le tracé du corps en spectacle

Inverse les rapports du visible.

L’invention en chaque moment de la courbe,

d’un dos, d’une main, d’un creux…..en un trait,

doit donner à la présence de la figure entière

La forme d’une apparition.

~

Se laisser séduire au premier regard.

S’y reconnaitre.

Ne l’avions nous jamais déjà vu(e)?

~

Mirliton

Le neveu de Picasso

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Le neveu de Picasso
ou la foi paradoxale du charbonnier.
~Le charbonnier
Quand dans les allées du musée, je croise tous ces admirateurs de l’art,
Je ne peux imaginer comment ils relient tous ces objets en une même culture.
~Le commissaire:
Le lieu étant dédié à la culture, pas besoin de cohérence,
Le miracle de l’art englobe tout, fabrique du recueillement,
Présentation & Recueillement, comme deux moments de l’élévation de l’âme!
~Le charbonnier
Mais alors, comment peut surgir la culture?
~Le commissaire:
Dans la révélation!
D’abord l’objet est reconnu, exhumé du grenier des mémoires,
Il est connu en timbre, en autocollant, en boite de chocolats.
Partagé, il dépasse son propre objet et devient sa propre icône
L’admirateur est alors bien trop heureux de le retrouver!
Il tremble de le redécouvrir; il lui est enfin révélé!
Et là, il est seul un instant à l’étreindre, enfin, en vrai!
~Le charbonnier
Une icône?
~le commissaire:
Oui! Désirable et inaccessible!
~Le charbonnier
& ça marche avec n’importe quoi?
~Le commissaire:
Oh! Bien sûr, il suffit de réaffirmer les valeurs du moment ou les impérissables en diffusant en petit et en grand, par affiches, posters, calendriers & autres dérivés, les images des objets cachés à découvrir.
Le touriste culturel, lui, dérive alors dans un gigantesque jeu de piste.
Son besoin indéfini de culture justifie ces randonnées.
Il est l’homme moderne, mal adapté à la nature, il a fui vers les villes
& s’isole, se protège de la nature, se rassure dans la culture.
~Le charbonnier
Comment choisir les objets à présenter?
~Le commissaire
Vous pensez bien que j’ai été placé là pour affirmer non pas le goût mais la certitude hésitante de mon goût. Chaque époque a tenté l’exercice, puis remet en cause sa vision des choses, l’adapte à son usage.
L’hypothèse de l’intérêt de chaque œuvre se transmet, se transforme par la reconnaissance, comme par l’oubli. Les œuvres sont souvent détournées, retrouvées pour être intégrées dans de nouvelles catégories.
Je ne peux que choisir les objets à mon goût et espérer que ma compréhension saura résister aux critiques , au vieillissement de l’exposition, l’usure des regards.
Mirliton

Chaussons nos pommes!

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LOM dormait encore.
Ce matin là, le soleil traînait sur l’oreiller.
Le pommier s’étira noueusement derrière la fenêtre qui baillait un peu.
LOM ne bougeait pas.
Un frisson le réveilla :
Non pas le frisson frippon qui vous surprend et vous écaille le modem
mais le doux, le tendre, le merveilleux*
enfin le violon frisson qui irise vos papilles et vous chemine jusqu’au bout des yeux !
UN FRISSON AUX POMMES !
LOM se leva, mit ses chaussons et ferma la fenêtre.

* l’auteur: la Rouge des prés dit » on dirait du Brel »

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Diner des philosophes

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Jeu d’été de  Paul : Les règles de jeu sont sur wikipédia

Le problème

La situation est la suivante :

  • cinq philosophes (initialement mais il peut y en avoir beaucoup plus) se trouvent autour d’une table ;
  • chacun des philosophes a devant lui un plat de spaghetti ;
  • à gauche de chaque plat de spaghetti se trouve une fourchette.

Un philosophe n’a que trois états possibles :

  • penser pendant un temps indéterminé ;
  • être affamé (pendant un temps déterminé et fini sinon il y a famine) ;
  • manger pendant un temps déterminé et fini.

Des contraintes extérieures s’imposent à cette situation :

  • quand un philosophe a faim, il va se mettre dans l’état « affamé » et attendre que les fourchettes soient libres ;
  • pour manger, un philosophe a besoin de deux fourchettes : celle qui se trouve à gauche de sa propre assiette, et celle qui se trouve à droite (c’est-à-dire les deux fourchettes qui entourent sa propre assiette) ;
  • si un philosophe n’arrive pas à s’emparer d’une fourchette, il reste affamé pendant un temps déterminé, en attendant de renouveler sa tentative.

Le problème consiste à trouver un ordonnancement des philosophes tel qu’ils puissent tous manger, chacun à leur tour. Cet ordre est imposé par la solution que l’on considère comme celle de Dijkstra avec sémaphores ou Courtois avec des compteurs.

Secrets :élémentaires

1740,l’abbé Nollet joue à l’électricité statique.

a La roue entraine le globe de verre.

c L’isolant frotté à la peau de chat électrise la surface du globe.

e recueille les charges électriques & les donne à g.

g isolé sur son tonneau avance la main vers des petits papiers

h ces papiers  vont vaincre la pesanteur ,sous l’effet du champ électrique.

Faire des propositions

FAUX & MANIFESTES_PARIS 2009

Bravo,

Vous venez d ‘être choisi(e) pourconstituer la nouvelle collection

 » Faux & Manifestes« 

Cet album qui vous est présenté sans aucun engagement de votre part , doit vous permettre de décider de prendre une part active dans cette collection.

Vous pouvez consulter cet ouvrage pendant 8 jours , sans aucun engagement de votre part et nous le retourner si vous ne souhaitez pas aller plus loin.

Cependant ,que risquez-vous ?

Si vous conservez cet ouvrage qui fait partie de

la collection « Faux & manifestes » :

1)Vous décidez de participer à cette nouvelle collection

2)Vous allez constituer à votre tour un album de « Faux & Manifeste »,

3)Vous pourrez ,enfin, en faire cadeau à un de vos ami(e)s les plus chers.

Et encore, toutes nos félicitations !

PS : laissez votre adresse, copiez !

Charme

photo-négatif

Particulièrement charmé

Face au miroir, notre visage nous attend ; peu de temps pour nous reconnaître, mais on y installe notre portrait. Nous nous reconnaissons figés dans cette sérénité interrogative que nous ne voulons pas laisser aux photographies. Pour elles, le bonheur du sourire est de circonstance. Forçons un peu nos sens, regardons le miroir ; déjà ce face-à-face a perdu une dimension. Nous ne sommes plus aussi sûrs de nous y voir. Cherchons en quelques mouvements furtifs à recomposer les facettes pour regagner notre profondeur, prendre du volume.  Nous avons du mal à nous y retrouver : notre profil nous surprend, comme fait notre voix qui ne résonne qu’aux autres. Nous ne nous connaissons que par cette voix de tête qui vibre dans le crâne.

Où est le charme alors que nous croyons à notre voix de tête et notre image bien plate ?

Nous n’en saurons rien puisque les autres sont, pour nous, charmants par leurs mimiques, leurs mouvements, un brin de déhanchement, leurs rires.

Sommes nous désenchantés ? Que cherche notre contemplation ? A fixer notre expression qui n’en sera pas une ? Cette représentation n’est qu’à notre seul usage.

Nous faire bonne mine ?

C’est ça. Mais, au fait, a-t-on bonne mine ? Pas vraiment lorsque nous devenons inquisiteurs du moindre bouton, soucieux de nos airs fatigués.

Bon. Sourions, cherchons au moins à nous charmer et lançons ces regards que nous croyons aimables, nos sourires intérieurs qui nous plissent les yeux et partons du bon pied, rassurés des audaces que, sans doute un jour, nous nous promettons de tenter.

Promettons !

Aux regards alentours, nous serons et vivaces et graciles et timides ; enfin tout ce que nous souhaitons échanger un instant avec les complices, les comparses de nos clins d’oeil de charme.