J’ai l’droit?

La chaise ou le fauteuil sont toujours l’objet d’une négociation,

d’une tentative de prise de pouvoir.

Sachons nous faire implorant

pour conquérir la place du chat…..

Ferrotype 1890-1910?

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Vert pianiste

Vert pianiste,

~

Le siège est vermoulu, cramoisi, en velours.

Elle, elle reste sage, figée, pâlotte

Même si sa menotte sortait de sa culotte,

la belle s’ingénierait à paraître innocente

~

& quand, longtemps coincée sur l’assise molle,

Elle sent monter un point, une douleur vive,

Elle n’ose plus bouger, de peur d’être prise

La larme triste à l’œil et la mine grimace.

~

Elle regarde passer la pendule….

lente.

Le piano qui clapote,

Quand les cordes se tendent .

~

« Vivement que les marteaux enfin se cassent,

Que ne vibre plus en pics dans toute ma carcasse

Tout ce tintouin d’enfer d’harmonie pâle.

Que se taisent les notes, que je parte, que je rentre

Rêver d’un bain chaud au creux d’un nu délasse. »

~

Mirliton

Une gallo romaine

Est-ce un crime?


Scène 1

~

La chaise se fait prier, un témoin principal gênant.

D’une main ferme, on se retient ensemble,

Sous un décor planté comme une apparition.

La table s’est éloignée, elle ne va plus parler.


Scène 2

~

La coquette défrise l’astrakan en bouclettes

& s’emmitoufle; la main en peigne lisse la fourrure.

Elle dissipe ainsi sa peur du noir, des loups &

Des histoires à croquer les petites des Carpates.


Scène 3

~

La chambre est terne & grise la pellicule.

Elle s’affiche dans un coin, renversante,

Noire de gants & projette son ombre,

Son corps survêtu se démasque surréel.

~

Mirliton

Histoire de chaise

Osier,

1890-1900

Monsieur Jacques, tout jeune,

Enrubanné, se montre dans le jardin,

en pied sur le fauteuil d’osier,

Fier de tenir depuis peu son équilibre.

Il s’applaudit d’être au centre des débats,

Rit de l’attente d’un p’tit oiseau

Surgissant de l’étrange soufflet corbeau

& sa mère en coulisse s’apprête à la dégringolade.

Mirliton

Dehors

  

Accoudée au relax déployé,

Installée au creux. Autour, 

Le silence aux aguets.

Les feuilles, seules, semblent agitées

Et tu sombres au bord du laisser aller,

Quand un sursaut de plumes, d’envolées.

Les chants qui reprennent dans les branches

T’éveillent.

Tu refermes les yeux et l’espace t’apparaît

Courbe, construit de trilles en mélodies,

La perspective s’éloigne de tous cotés.

Mirliton

Libellule

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1860

Ben oui! Libellule!

Compte trente!
Le déclencheur grignote
Je m’accroche à la chaise,
Je regarde le photographe,
Lui aussi en suspend.
Une mouche, un ange passent,
N’auront pas l’air impressionné
Faut encore tenir longtemps?
Ça me chatouille
J’vais éternuer, c’est sûr!

Quatre coins

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Vers 1900/1910

Bien que les temps de poses aient changé,
Le souvenir reste tenace de la photo bougée.

Quand serons nous libre de nos mouvements?
Au dixième? Au centième?

Agrippez chacun un pied,
tenez bien la sellette!
& surtout pas bouger!

Baluchon

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Bon, me voilà sur le panier à linge,
Affuté comme un boulet de canon,
Le nœud de travers à me couper la gorge.

Faut pas bouger: « v’là l’oiseau! » comme nous dit le tonton.

Moi, je me moque que le portrait soit moche,
D’ailleurs, je sais bien qu’il préfère que je le laisse
Avec son oiseau & l’ Odette,
Celle qu’est pas très nette à cause des galipettes!
Mais lui, c’est plutôt un truc qu’il aime,
La voir cul par dessus tête.
Même qu’il se demande avec son appareil,
Si y peut pas l’arrêter en plein vol,
« L’apesanteur ! » qu’y dit,dans ses envolées lyriques,
Moi, je le soupçonne de surtout trouver l’émotion,
Plus aux dessous de l’anatomie, qu’à la gymnastique.

Mirliton