La godille

L’aviron brasse l’onde en huit hélice.

Les sœurs blondes hélas tremblent 

Déjà l’eau mouille les bottines.

Elles s’excitent dans l’esquif

S’empêtrent, toutes trempées du jupon

Collé blanc transparent juste aux corps.

Échoppent, s’effrayent les ondines.

& elles se font à l’envers des films

Où la mer sans fin les chavirent, les enlisent.

~

Mirliton

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Ivre ouvert

eket

Dame de coupe

Distinguer, ivre les nuances

Comme dans son iris sans fin, voir

Le malin plaisir s’y glisser, un sourire me tente

& alanguit au creux de ta fourrure, j’y

Respire et goûte le piquant parfum musqué.

Comment ne pas se tenir plus près , à toucher,

Oubliant la distance, la salle est noire de monde

Quand l’écran scintille, s’éclairent les pupilles,

L’histoire est aux reflets. Je te regarde rêver.

Livrée au regret, à l’oubli fané

Comme la fleur séchée d’un souvenir cassé,

Écrasée, l’auréole marque à ta robe froissée

Un brillant de larmes échappées, délaissée.

Inquiet, tu la vois s’écarter, rouler de coté,

Elle n’aime pas, plus, évite même d’y penser,

Se cache de peur d’espérer d’autres baisers,

Elle en oublie sa peau hier encore à fleur de caresses.

Mirliton 2016

ombre & miel

Aux Associés du Regard

Souvenir de l’inondation

Souvenir de l’inondation

 

Décor de circonstance,

Peinturlure, badigeon

Un photographe ambulant

S’amuse à l’inondation.

Les chalands s’installent

Dans l’esquisse de l’embarcation

 

Prenez la pose!

 

Dans l’même bateau

D’un blanc évanescent

Exigu de jupons

Les demoiselles chavirent

Débordent, débarquent

À la rescousse!

Éclabousse le mousse

Emporté par l’élan,

Pagaye dans la pagaille

D’une rivière en crue.

Le courant les avale.

Dévale en cascade

Dans le jus, dans le bouillon.

 

Enfin….de l’émotion!

Mirliton

À la manille muette

~

Un tabouret en coin de table

Au centre une fillette de rouge.

À la manille muette, on se tait.

~

Le dix est manille

L’as en manillon

Couper, surcoupe

Se défausse & compte.

~

Chacun figé dans la scène,

Le verre à la main,

Sabots légers , casquettes vissées,

Pare à l’atout.

~

~rare cdv vers 1860 pas de nom de photographe

Bonnard

20150427-045739 AM.jpg

Sur les murs où la lumière des spots concentre les regards,
La toile devient écran
& les couleurs parlent
comme au vitrail des cathédrales
D’une matière que l’œil palpe,
Des reflets d’une surface sans cesse en mouvement.
La figure ici s’arrondit de surface en volume, s’humanise.
Les angles des fenêtres et des portes imposent les cassures,
D’où se déversent en flots des lumières
& se renvoient les espaces en une perspective de miroirs.
Bonnard s’acharne à découvrir l’accord des tons entremêlés.
Chaque aplat est l’enjeu minuscule, musical de la toile,
& Résonne à l’autre bout, dans un coin oublié du carrelage,
Pour qu’enfin s’impose à l’esprit, le plaisir de la sensation..

Mirliton