Construction

Chaque dessin doit être prêt à tout réinventer.

La courbe cassée comme une côte de rochers.

Un trajet.

La forme est ce sentier côtier où chaque pas est la découverte d’un nouveau panorama.

La forme en panorama.

Le corps est délié de sa description .

L’œil abandonne une rapide ressemblance pour une ligne musicale.

La beauté n’est plus dans le sujet ou dans la pose mais dans le plaisir de la promenade, du parcours des détails des éléments du corps.

~

Mirliton

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De dos

~

1

D’un trait

Tu plies tes plumes,

Écrases les mines

Ah! Rage de déraper.

~

2

& bain, couler

Dans les couloirs

À déborder de couleurs

un peu trop foncées.

~

3

Enfin seule su’ l’papier,

À grimer les sommets,

Les sonnets à grimaces

À affoler la déesse à fanes.

~

Mirliton

~

~

Clochette

~

L’enchanteuse met ses dessous fanés.

D’une mélopée elle tire la larme,

Crisse le gravier, raye le clavier.

Ses dents vibrent à fond le gosier.

~

Quand l’élégante s’égosille,

Sans ciller, sans rechigner,

Elle ouvre ses lèvres & lisse

Son rose tendre secret.

~

Mirliton

Vert pianiste

Vert pianiste,

~

Le siège est vermoulu, cramoisi, en velours.

Elle, elle reste sage, figée, pâlotte

Même si sa menotte sortait de sa culotte,

la belle s’ingénierait à paraître innocente

~

& quand, longtemps coincée sur l’assise molle,

Elle sent monter un point, une douleur vive,

Elle n’ose plus bouger, de peur d’être prise

La larme triste à l’œil et la mine grimace.

~

Elle regarde passer la pendule….

lente.

Le piano qui clapote,

Quand les cordes se tendent .

~

« Vivement que les marteaux enfin se cassent,

Que ne vibre plus en pics dans toute ma carcasse

Tout ce tintouin d’enfer d’harmonie pâle.

Que se taisent les notes, que je parte, que je rentre

Rêver d’un bain chaud au creux d’un nu délasse. »

~

Mirliton

Une gallo romaine

Jeu de la géométrie

Le jeu de la géométrie

La balle est un objet parfait

Gardant tous ses degrés de liberté,

Elle s’échappe au moindre coup de patte.

La maitriser demande un équilibre du geste.

La poursuivre sans fin donne le plaisir de l’inattendu, du soudain.

Un jeune chien s’y entraine sans cesse.

L’apparition

L’apparition

~

Tididili c’est ça,

Affable, tu berces ton voyage,

racontes en images,

Découpes l’encre, la bois.

Une scène où grouillent des mirages

Sombres tamis chinois.

Si c’est pas ça

C’est quoi?

~

Tididili c’est ça,

Ajoute, un air de bois,

Sombre, noir nocturne,

Ça & là des perce-lumières,

Des pas d’ombres.

Le silence rare d’oiseaux,

& un vol aux éclats.

Si c’est pas ça

C’est quoi?

~

Mirliton

À toi de voir

Baribal/ ours noir

~

Comment tu sais ?

 ~

Avant même de reconnaître l’animal,

 Enfant, tu enregistres le vivant,

 l’impression fugitive de la présence

d’êtres volants, courants, immobiles

 ~

& tu te familiarises avec ceux qui sont alliés aux humains,

 Chats & chiens de chasse, chevaux…

 Eux qui se sont laissés approcher,

 Eux qui ont domestiqué l’homme.

 ~

 Ta mémoire des formes animales s’aiguise,

 Tu repères maintenant les poses, les expressions.

 D’autres savoirs ensuite te feront un catalogue d’images exotiques

 où restent figées des girafes de papier côtoyant de plates baleines.

 ~

 L’art de la représentation animale est très vite savant ;

 les gravures préhistoriques nous montrent déjà

dans cette science de l’observation,

l’aisance du tracé des premiers artistes.

 ~

 Le dessin n’est pas ici la recherche de symboles simplificateurs

(comme le feront les graveurs grecs de monnaies, Pompon ou même Franz Marc),

 & loin du graffiti, les Préhistoriques font une recherche de l’apparition,

de la présence vivante – voir le bouquetin de Niaux.

 ~

 Alors, je veux être en lien avec ces artistes

même si dans mon fouillis brownien je patauge,

je recherche dans cette expression cette promiscuité avec l’animal,

être un instant l’animal.

 ~

 J’ybeaujean

~

Squale