Crayon ( pages de carnet)

Le dessin est brownien .

Les éléments se mettent en place

En modelant une place dans la page,

En concentrant le dessin sur l’expression du visage.

Reste ensuite juste à reconstituer

une posture possible.

De dos sur une chaise,

Elle oublie un moment

de penser

Mirliton

~°~

Pendant ce temps, ailleurs
Le monde haletant
barre les portes de l’âme.
Nos vies de lait encore
n’y savent presque rien.
Mais quelque part sur la page,
tandis que l’amour le révèle
et que la pensée plie bagage,
Apparaît l’expression,
Le Visage vivant.

Caroline D

~°~

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Faire un signe

Faire un signe,

une sorte de cygne,

Signer la nature.

~

En la hiéroglyphant,

tu te trompes!

~

Un zeste d’enfant.

L’éléphant leste

singe la rature.

~

Mirliton

~

Où pointer l’index a suffi
pour inventer le ciel.
Réinventer
l’éléphant et le reste.
D’autant que chaque fois
le jeu se prête au cygne.
Pareil au ruisseau d’âme
et au geste d’enfant.

Caroline D..

Songeuse,

Songeuse,

~

Elle nourrissait quelques pensées obscures

Qu’elle aimait reprendre;

Ajuster ses mots.

~

& quand le soir venu , allumé par la lune,

Elle voulait les redire

À son reflet dans l’eau.

Mirliton

~

Obscure
Elle voulait quelques lunes
Pour nourrir le reflet
Celui des mots et de l’eau
Dans le soir venu

Caroline D.

Bande de nuées

Ange aime à poursuivre l’histoire des nuages

Jamais rassasiée de leurs révolutions.

~

Les nuages racontent des mythologies sourdes

Où les géants paraissent au bord des précipices

~

les ondines surprises par un souffle rauque

S’enfuient,mais trop tard, se nappant de nuées.

~

& l’instant d’après, c’est une autre histoire

Où les personnes se touchent et s’évanouissent

~

Alors, souvent, elle peut s’en émouvoir

& mouiller une larme dans un coin de coton.

~

Mirliton

Entre deux eaux

1

Le regard loin des vagues, au creux du brouillard bleu.

~

2

Je te le dis tout bas, elle s’enfuira sous l’eau.

~

3

En état d’apesanteur sous-marine.

La mine noire sous un silence d’image.

~

4

Au fond, règne les épaves, un vent d’algues la frôle.

~

Mirliton

Tout bas aussi : il n’y aura pas d’histoire vaine.

La sienne s’emparera d’un grand ciel rose et clair, à travers la surface.

Et on verra tourner le vent sur un souffle de temps.

Caroline D.

Byéri Fang

Byéri Fang

~

Elle vaquait en esprit.

Quelquefois des flots

De pensée en pensée

L’animaient loin d’ici.

~

Le paysage fouetté

D’une onde verte ,

D’un tremble courbé,

S’accrochait au coteau.

~

Elle tremblait, elle aussi,

clouée au bord de l’eau,

Restait figée, pensive,

sans avoir l’air d’entendre

~

& prenait, du Byéri,

Sans savoir, la pose.

~

Amical Mirliton

À l’amble

~

Un balancement de bras

Jambes & bras à l’amble.

Un sable tendre de plage

Qui s’enfonce en sourdine.

~

La lumière qui s’échauffe

Devient bientôt cuisante.

Le torse s’enroule de chaud,

Le dos se plait à l’ombre.

~

La mer s’échappe, revient,

fraîche & frissonnante

À lécher le badaud

À rafraichir les plantes.

~

Mirliton

~

La grande barbouilleuse

La grande barbouilleuse qu’est l’imagination superpose ainsi au monde primaire de la vision, un monde secondaire de prestigieuses icônes qui ouvre à l’ostentation une carrière pour ainsi dire infinie » Jankélévitch

Nez au vent

près des vagues

Un bruit de coquillages

L’air emporte les nuages,

Chasse un ciel d’images.

Après un bain, attendre

Je devine qu’elle frissonne

Encore humide, elle sèche,

& ouvre les doigts en peigne,

& lisse & aplatit

Enroule en boucles tendres

Sa fourrure en roulis.

Mirliton